William de la Pole

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William de la Pole
Duc de Suffolk
Image illustrative de l'article William de la Pole

Naissance 16 octobre 1396
à Cotton, Suffolk
Décès 2 mai 1450
54
Origine England Arms 1340.svg Anglais
Grade Capitaine
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Bataille de la Brossinière
Siège d'Orléans
Bataille de Jargeau

William de la Pole (16 octobre 1396, Cotton, Suffolk[1] – assassiné au large de Calais le 2 mai 1450), comte, marquis, puis duc de Suffolk, est un des grands capitaines anglais de la guerre de Cent Ans.

Il est appelé dans les chroniques de l'époque William de La Poole dit « Guillaume La Poule », comte de Suffort[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Michael de la Pole, 2e comte de Suffolk, et de Katherine, fille de Hugh Stafford, 2e comte de Stafford. Il est le petit-fils de Michael de la Pole, 1er comte de Suffolk, chancelier d'Angleterre, et l'arrière-petit-fils de William de la Pole, marchand de laine et financier.

Il est sérieusement blessé lors du siège d'Harfleur (1415) au cours duquel son père est tué[3]. Quelques mois plus tard, son frère aîné, Michael, est tué à la bataille d'Azincourt et c'est William qui lui succède. Il commande les forces anglaises conjointement avec le comte de Salisbury et John Talbot lors du siège d'Orléans[4] en 1428. Le 12 juin 1429, il est pris lors de l'assaut contre Jargeau par les troupes de Jeanne d'Arc et restera prisonnier de Charles VII pendant trois ans[5].

Libéré en 1431, il devient l'allié de Henri Beaufort contre Humphrey de Gloucester dans sa lutte pour le pouvoir. Henri Beaufort est pour une trêve avec la France. Suffolk négocie[6] le mariage de Henri VI avec Marguerite d'Anjou en 1444. Comme récompense, le roi l'élève au rang de marquis. À la même époque, il épouse Alice Chaucer, petite-file du poète Geoffrey Chaucer. En 1434, il devient seigneur de Wallingford.

En février 1447, il fait arrêter et probablement exécuter l'oncle du roi, Humphrey de Gloucester. En avril, après la mort de Henri Beaufort, il est le véritable maître du pouvoir, dirigeant l'Angleterre au nom du faible et influençable Henri VI[7]. Celui-ci le nomme chambellan, amiral d'Angleterre et son comté de Suffolk est érigé en duché.

Mais il est déjà en perte de popularité auprès du Parlement et des autres barons. Un traité secret cédant le Maine à la France lui met à dos une bonne partie du public anglais[8]. La perte de la Normandie en 1450 est la goutte qui fait déborder le vase. Le 28 janvier, il est arrêté et emprisonné à la Tour de Londres[9]. Il est banni pour cinq ans mais son bateau l'emmenant en France est intercepté par une bande de soldats mécontents appartenant au duc d'Exeter qui le condamnent à mort et le décapitent[10] le 2 mai 1450.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Napier, pp. 47, 64–5.
  2. Jean Alexandre C. Buchon, Chronique et procès de la pucelle d'Orlèans, Verdière, 1827, p. 287
  3. D’après Napier, p. 48.
  4. D’après les Chroniques d’E. de Monstrelet, vol. IV, p. 360 ; et Ramsay, vol. I, p. 384
  5. D’après les Chroniques du Mont Saint-Michel, i, note de la p. 156 ; et Napier, op. cit., p. 317.
  6. D’après Stevenson, i. 67–79, vol. ii. pt. i. preface pp. xxxvi–xxxviii; et Ramsay, op.cit., vol. II, pp. 58–60
  7. D’après Basin, i. 187, 190; et Escouchy, i. p. 115;
  8. D’après Gascoigne, Loci e Libro Veritatum, pp. 190, et 204–5 ; et Ramsay, op.cit., vol. II, p. 62
  9. D’après les Rolls of Parliament, v. 176–177
  10. Cf. Ramsay, op.cit., vol. II, p. 121; le recueil des Paston Letters, vol; I, p. 125; et Gascoigne, op. cit., p. 7

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edgar Trevor Williams, Christine Stephanie Nicholls, The Dictionary of national biography, Oxford University Press,‎ 1981 (ISBN 0-19-865207-0, lire en ligne), p. 1178
  • Douglas Richardson, Plantagenet ancestry : a study in colonial and medieval families., Baltimore, Genealogical Publishing Co.,‎ 2004 (ISBN 0-80631-750-7), p. 945
  • Henry Alfred Napier, Historical Notices of the Parishes of Swyncombe and Ewelme, James Wright,‎ 1858, relié avec 21 ill. en plein-texte, 39 planches, xxi + 454 p.
  • Enguerrand de Monstrelet, Chroniques, Paris, Verdière,‎ 1826, 8 vol. in-octavo
  • James Henry Ramsay, Lancaster and York: a century of English history (A.D. 1399-1485), Oxford, Clarendon press,‎ 1892 (réimpr. 2002 par Elibron Classics), 702 p.
  • Anon. (comm. et notes de Siméon Luce), Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468), Paris, Firmin Didot,‎ 1879-1883, XXIII+322 soit 348 p.
  • Gascoigne, Loci e Libro Veritatum, James E. Thorold Rogers, M. P.,‎ 1881, 346 p. (lire en ligne)
  • Thomas Basin, Histoire de Charles VII, Paris, Les Belles Lettres,‎ 1933 (réimpr. éd. et trad. Charles Samaran)
  • Mathieu d'Escouchy, Chronique, Paris, G. Du Fresne de Beaucourt pour la Société de l'histoire de France,‎ 1863 (lire en ligne)