William Ferris

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William Ferris

Nom de naissance William Reynolds Ferris
Alias
Bill Ferris
Naissance 5 février 1942
Vicksburg Mississippi Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Américain
Profession
Professeur de folklore à l'Université de Chapel Hill
Autres activités
Radio, écriture
Formation
Famille
Marcie Cohen Ferris (femme); Virginia Ferris (fille); Shelby Ferris (mère), William Ferris Sr. (père); Grey Ferris (frère); Shelby Ferris (soeur); Hester Ferris (soeur); Martha Ferris (soeur)
William Ferris et B. B. King. Delta Queen, 1993.

William R. Ferris (né le 5 février 1942) est un folkloriste, réalisateur, consultant, photographe, animateur radio et universitaire américain. Il a dirigé avec Charles Reagan Wilson l'Encyclopedia of Southern Culture (UNC Press, 1988) et a fondé avec Judy Peiser, le Center for Southern Culture. Spécialiste éminent de la culture du Sud des États-Unis, William Ferris a publié de nombreux ouvrages sur le blues du Mississippi dont Blues From the Delta (Da Capo Press Inc, 1970) et Les Voix du Mississippi (Papa Guédé, 2013) traduction française de son ouvrage Give My Poor Heart Ease (UNC Press, 2009). Il a notamment contribué à la découverte du bluesman, James Son Ford Thomas. Il vit et enseigne actuellement à Chapel Hill en Caroline du Nord.

Biographie[modifier | modifier le code]

William Reynolds Ferris est né le 5 février 1942 à Vicksburg, Mississippi. Son père, William Ferris Sr. et sa mère, Shelby Ferris, l'élèvent avec ses frères et sœurs, dans une ferme dont ils sont propriétaires. Alors que la ségrégation est toujours vivace, ils lui inculquent le respect de l'autre, quelle que soit sa couleur de peau et l'importance de la transmission orale. Ses parents le confient au soin de Mary Gordon, une employée de leur ferme qui l'entraine aux offices de l'église de Rose Hill, où il découvre les spirituals, le gospel et la profondeur de la culture noire américaine[1]. Il commence à recueillir dès son adolescence, les témoignages de la communauté noire qui l'entoure, par le biais d'enregistrements et de photographies. Ses travaux en matière de cultural studies, s'inscrivent dans la ligne directe de ceux de ses idoles, Alan Lomax et son père John Lomax, qui quelques années auparavant, permirent la découverte de figures fondamentales du blues comme Leadbelly, Muddy Waters ou Fred McDowell.

En 1964, William Ferris participe au Freedom Summer où il fait la connaissance de l'activiste Robert Moses[2]. Il s'engage intensément dans le mouvement des droits civiques et inscrit son travail de collecte de témoignages afro-américains dans sa démarche politique.

Diplômé en littérature anglaise à la Northwestern University de Chicago en 1962 ainsi qu'en folklore à l'université de Pennsylvanie en 1969, William Ferris suit un brillant parcours universitaire qui l'amène au poste de professeur d'étude de culture américaine et afro-américaine à l'université Yale de 1972 à 1979. Il réalise depuis 1968 des films en compagnie de Judy Peiser, avec qui il fonde le Center for Southern Culture qu'il dirige de 1972 à 1984 dans l'état du Mississippi. De 1979 à 1997, il enseigne le folklore et l'anthropologie à l'université d'Oxford, Mississippi. Il y crée the Faulkner and Yoknapatawpha Conference qui célèbre chaque année les travaux de l'écrivain William Faulkner. En 1997, le président américain Bill Clinton choisit William Ferris pour diriger le National Endowment for the Humanities (NEH)[3], poste qu'il conservera jusqu'en 2001. En 2002, il devient professeur d'histoire et senior associate director du Center for the Study of the American South à l'université de Caroline du Nord à Chapel hill.

En 1989, il dirige avec Charles Reagan Wilson, la rédaction de l'Encyclopedia of Southern Culture qui est nommée pour le Prix Pulitzer.

William Ferris et le blues[modifier | modifier le code]

Le travail de collecte musicale de William Ferris est l'un des plus importants dans le Mississippi, après ceux d'Alan et John Lomax. Il couvre la période des années 1960-1970 et ses enregistrements résonnent avec ceux des autres folkloristes de l'époque, Georges Mitchell et David Evans. William Ferris a entre autres, recueilli des témoignages ainsi que des enregistrements essentiels de personnalités du blues comme B. B. King, Willie Dixon, Otha Turner, Scott Dunbar, Fred McDowell, Fannie Bell Chapman, Louis Dotson, Lovey Williams et Lee Kizart.

Il entretient une relation privilégiée avec le bluesman et sculpteur de Leland, James Son Ford Thomas, qu'il invite à ses cours d'université et qu'il amènera en 1982 jusqu'à la Maison-Blanche pour un concert, prélude à une conférence de presse sous l'administration du président Ronald Reagan[4]. Son travail de collecte se différencie de celui des autres folkloristes par une maîtrise et un investissement conséquent dans l'art de filmer. Il s'entoure d'une petite équipe pour réaliser ses films en Super-16mm et ses talents de photographe donnent à ses travaux une qualité cinématographique certaine.

En 1982, Bertrand Tavernier fait appel à William Ferris pour le guider à travers les univers religieux et profanes du Mississippi qui constituent la dernière partie de son film Mississippi Blues, co-réalisé avec Robert Parrish[5]. Pendant 10 ans durant les années 1990, il a animé sur les ondes de la Mississippi Public Radio, l'émission radiophonique hebdomadaire Highway 61 consacrée au blues. Il est l'un des contributeurs régulier du magazine Living Blues crée en 1970.

Famille[modifier | modifier le code]

William Ferris a été marié à Josette Rossi, une française qui travailla en tant que monteuse sur ses premiers films. Son frère ainé Grey Ferris, a été sénateur de l'état du Mississippi de 1992 à 2001 avant de succomber à un cancer en 2008[6]. Ferris est actuellement marié à Marcie Cohen Ferris, spécialiste de la culture culinaire du Sud des États-Unis. Ils ont une fille prénommée Virginia.

Récompenses[modifier | modifier le code]

William Ferris a obtenu de nombreuses récompenses couronnant sa carrière universitaire et littéraire dans son pays. Parmi elles, citons le Charles Frankel Prize in the Humanities en 1995[7] et le W.C. Handy Blues Award. Il a notamment vu son livre Blues from the Delta érigé au rang de classique de la littérature blues par le Blues Hall of Fame et a figuré dans le classement des 10 meilleurs professeurs d'université du magazine Rolling Stone en 1991.

En France, William Ferris a été sacré Chevalier des Arts et des Lettres en 1986 et Officier des Arts et des Lettres en 1996. La traduction française de son livre Give my Poor Heart Ease (Les Voix du Mississippi, ed. Papa Guédé, 2013) a obtenu le Coup de Cœur Musiques du Monde 2014[8] de l'Académie Charles-Cros.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Blues from the Delta (Da Capo Press Inc, 1970)
  • Mississippi Black Folklore: A Research Bibliography and Discography (University & College Press, 1971)
  • Black Prose Narrative from the Mississippi Delta (Jazzforshung, 1974)
  • Images of the South: Visits with Eudora Welty and Walker Evans (Center for Southern Folklore, 1978)
  • Folk Music and Modern Sound (avec Mary L. Hart, University Press of Mississippi, 1982)
  • Afro-American Folk Art and Crafts (University Press of Mississippi, 1986)
  • Encyclopedia of Southern Culture (avec Charles Reagan Wilson, UNC Press, 1988)
  • Local Color : A Sense of Place in Folk Art (Anchor Books, 1992)
  • Mule Trader: Ray Lum’s Tales of Horses, Mules and Men (University Press of Mississippi, 1998)
  • Les Voix du Mississippi (Papa Guédé, 2013)
  • The Storied South (UNC Press, 2013)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • The Blues are Alive and Well (XTRA, 1970)
  • Blues from the Delta (SDM, 1976)
  • Mississippi Folk Voices (Southern Folklore Records, 1983)
  • I Have to Paint My Face : Mississippi Blues (Arhoolie, 1995)
  • Mississippi Fred McDowell - Come and Found You Gone : The Bill Ferris Recordings (DevilDown, 2010)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

  • Black Delta (avec Josette Ferris, Center for Southern Folklore, 1968)
  • Parchman Penitentiary (Center for Southern Folklore, 1968)
  • Sonny Ford, Delta Artist (avec Josette Ferris, Center for Southern Folklore, 1969)
  • Gravel Springs Fife and Drums (avec David Evans et Judy Peiser, Center for Southern Folklore, 1972)
  • Ray Lum : Mule Trader (Center for Southern Folklore, 1972)
  • Mississippi Delta Blues: Film Facts (avec Judy Peiser, Center for Southern Folklore, 1974)
  • Give my Poor Heart Ease (Center for Southern Folklore, 1975)
  • I Ain't Lying : Folkstales from Mississippi (Yale University Media Design Studio en association avec le Center for Southern Folklore, 1975)
  • Fannie Bell Chapman : Gospel Singer (avec Judy Peiser et Bobby Taylor, Center for Southern Folklore, 1975)
  • Made in Mississippi : Black Folk Art and Crafts (Yale University Media Design Studio en association avec le Center for Southern Folklore, 1975)
  • Two Black Churches (Yale University Media Design Studio en association avec le Center for Southern Folklore, 1975)
  • Hush, Hoggie, Hush : Tom Johnson's Praying Pigs (avec Judy Peiser et Bobby Taylor, Center For Southern Folklore, 1978)
  • Bottle Up and Go (avec Judy Peiser, Center For Southern Folklore, 1980)

Comme consultant[modifier | modifier le code]

En tant que spécialiste de la culture du Sud des États-Unis, William Ferris a été fréquemment amené à tenir le rôle de consultant pour le cinéma.

Notes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Ça Va Jazzer du 03/01/2014 par Bruno Pfeiffer
  2. Les Voix du Mississippi, Papa Guédé, 2013. p. 17
  3. [2] (en)Clinton names Ferris to National Endowment For the Humanities 23/10/1997
  4. [3] (en)Biographie de James Son Ford Thomas sur All About the Blues Music
  5. [4] Yuzu Melodies 7/01/2014
  6. [5] (en)Hommage du Winter Institute à Grey Ferris
  7. [6] (en)UNC Department of American Studies
  8. [7] Coups de Cœur Musique du Monde 2014 de l'Académie Charles-Cros

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]