William Brodie

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William Brodie (28 septembre 1741 – 1er octobre 1788), plus communément connu sous le nom de Deacon Brodie, était un Écossais qui était ébéniste, président d'une guilde de marchands et conseiller municipal de la ville d'Édimbourg. Il menait une vie secrète de voleur, partiellement pour l'excitation et partiellement pour payer ses dettes de jeux.

Biographie[modifier | modifier le code]

De jour, il menait une vie d'homme d'affaires et était membre du conseil de ville et président de la Incorporation of Wrights and Masons. En tant qu'ébéniste, il fabriquait et réparait des meubles, ce qui comprenait du travail sur mécanismes de sécurité (serrures, par exemple). Il socialisait avec la noblesse d'Édimbourg et connaissait le poète Robert Burns et le peintre Sir Henry Raeburn.

La nuit, Brodie se transformait en voleur. Il utilisait son travail de jour pour connaître les secrets des mesures de sécurité de ses clients, allant jusqu'à copier les clés. En tant que ébéniste le mieux connu de la ville, il travaillait régulièrement dans les demeures des plus riches propriétaires de la ville. L'argent ainsi obtenu lui servait à faire vivre cinq enfants et deux maîtresses qui ne se connaissaient pas, tout comme à maintenir des habitudes de jeux de hasard. Il aurait entamé sa carrière de voleur vers 1768 quand il prit copie de clés ouvrant la porte d'une banque où il aurait volé 800 £. En 1786, il a recruté une bande de trois voleurs (Brown, Smith et Ainslie).

Sa capture survint en 1786 lorsqu'il organisa un vol armé contre une officine du fisc britannique à Canongate. Son plan échoua et Ainslie fut capturé. Ce dernier, pour éviter la peine de mort, témoigna contre les autres voleurs. Brodie parvint à s'enfuir aux Pays-Bas, mais fut arrêté à Amsterdam et renvoyé à Édimbourg pour y subir un procès.

Le procès débuta le 27 août 1788. Au début, il n'y avait pas de preuves solides contre lui, mais plusieurs objets furent découverts chez lui : des copies de clés, un déguisement et des pistolets. Le jury déclara que Brodie et Smith étaient coupables (Smith était un serrurier anglais responsable de plusieurs vols).

Brodie et Smith furent pendus au centre administratif de Tolbooth le 1er octobre 1788, par une potence qu'il avait conçu et subventionnée l'année d'avant. Selon une rumeur, Brodie portait un collet en acier et un tube en argent pour éviter que la pendaison ne lui soit fatale. Il aurait versé un pot-de-vin au bourreau pour qu'il soit rapidement détaché après la pendaison, souhaitant prévenir une trop longue suffocation. Le plan échoua. Brodie fut enterré dans une tombe anonyme de la paroisse de Buccleuch. Des rumeurs circulèrent comme quoi il avait été aperçu par la suite à Paris.

La mythologie populaire affirme que Brodie fut le premier pendu par « sa » potence. William Roughead dans Classic Crimes affirme que, selon ses recherches, Brodie avait en partie conçu la potence, mais qu'elle « n'était pas son oeuvre, ni qu'elle fut utilisée la première fois pour lui ». La dichotomie entre la vie publique et la vie de voleur de Brodie servit d'inspiration à Robert Louis Stevenson pour écrire L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (le père de Stevenson possédait des meubles fabriqués par Brodie).

En 1975, la maison d'édition Hamish Hamilton a publié un ouvrage à son sujet : The Strange Case of Deacon Brodie (ISBN 9780241892923, ISBN 0241892929). En 1997, un film pour la télévision fut diffusé[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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