William Bradford

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William Bradford
La signature du Mayflower Compact, tableau d’Edward Percy Moran, exposé aujourd'hui au Pilgrim Hall Museum
La signature du Mayflower Compact, tableau d’Edward Percy Moran, exposé aujourd'hui au Pilgrim Hall Museum
Fonctions
Gouverneur
16211657
(avec interruptions)
Prédécesseur John Carver (1621)
Thomas Prence (1635 & 1639)
Edward Winslow (1637 & 1645)
Successeur Edward Winslow (1633, 1636 & 1644)
Thomas Prence (1638 & 1657)
Biographie
Date de naissance 19 mars 1590
Lieu de naissance Austerfield dans le Yorkshire
Date de décès 9 mai 1657
Lieu de décès Plymouth (Massachusetts)
Nationalité Anglais
Profession Tisserand

William Bradford (né le 19 mars 1590, mort le 9 mai 1657) est le chef de la communauté séparatiste des colons de Plymouth au Massachusetts. À la mort de John Carver, il fut réélu trente fois au poste de gouverneur de la colonie. Il fut le second signataire et l'un des principaux rédacteurs du Mayflower Compact à Provincetown Harbor. Son journal (1620–47), publié sous le titre Of Plymouth Plantation, est l'une des principales sources historiques sur les premiers mois de la colonisation de la Nouvelle-Angleterre. On attribue généralement à Bradford l'institution du Thanksgiving.

Biographie[modifier | modifier le code]

Manor House, la maison natale de William Bradford à Austerfield, près de Doncaster, dans le Yorkshire.

William Bradford fut très jeune attiré par l'église presbytérienne primitive de la ville voisine de Scrooby, et devint membre actif de ce qu'on appela par la suite l'église séparatiste, parce que ses fondateurs souhaitaient faire scission avec l’Église d'Angleterre. Au contraire des Puritains qui avaient l'ambition de purifier de l'intérieur l’Église d'Angleterre, les Séparatistes étaient d'avis que, s'étant écartée de la Bible par son enseignement et son dogme, celle-ci n'était plus susceptible de rédemption.

Lorsqu’en 1609 Jacques Ier commença à persécuter les Séparatistes, Bradford et plusieurs membres de sa congrégation s'enfuirent aux Pays-Bas. Ces Séparatistes, arrivés d'abord à Amsterdam (Bradford y épousa sa première femme, Dorothy May[1] le 10 décembre 1613), s'établirent finalement à Leyde. Là, Bradford gagnait sa vie comme tisserand.

La modification du jeu d'alliances entre les puissances européennes (par suite de leurs différences religieuses, des rivalités entre monarchies et des intrigues au sein de la dynastie des Habsbourg) firent craindre au gouvernement des Provinces-Unies une reprise des hostilités avec l’Espagne catholique, et l'incita à se rapprocher de Jacques Ier d'Angleterre. Les séparatistes durent affronter la méfiance et même l'hostilité des citoyens hollandais. Le chef de leur congrégation, John Robinson, approuva la suggestion de fonder une colonie outre-mer. Bradford en était partisan dès le début. Si les séparatistes désiraient demeurer sujets anglais (même s'ils résidaient aux Pays-Bas), ils souhaitaient se tenir le plus loin possible de l’Église d'Angleterre et du gouvernement pour jouir de la paix. Ils armèrent un navire, recrutèrent quelques hommes, et c'est ainsi que William et sa femme quittèrent Leyde en 1620 à bord du Mayflower.

Bas-relief dans Bradford Street à Provincetown représentant la signature du Mayflower Compact.

Le 7 décembre 1620, avant même que la colonie soit établie, Dorothy Bradford mourut[2], alors que le Mayflower était au mouillage au lieu-dit Provincetown Harbor. Sa mort a fait l'objet de bien des spéculations, car s’il n'y a aucun récit détaillé des circonstances de ce drame (Bradford ne s'y attarde guère dans son journal), le pasteur puritain Cotton Mather (1663-1728) indique quelques décennies plus tard dans ses Magnalia Christi Americana[3] qu'elle est morte noyée. La principale hypothèse est qu'elle se serait suicidée, parce qu'alors le Mayflower était amarré[4].

Le premier hiver de la petite colonie s'avéra une terrible expérience. La moitié des colons périt, dont le chef John Carver. Bradford fut élu à sa place au printemps 1621. À partir de cette date, le récit est indissolublement lié à l'histoire de la colonie de Plymouth.

La seconde femme de William Bradford, Alice Carpenter Southworth, veuve d’Edward Southworth, débarqua à Plymouth à bord du Anne en juillet 1623[5] : le « gouverneur » Bradford l'épousa le 14 août 1623. Elle lui donna trois enfants : William, Mercy, et Joseph. Alice éleva également John, le fils de Dorothy Bradford ; les fils d’Alice et d’Edward Southworth, Constant et Thomas, débarquèrent à Plymouth peu après 1627 et vivaient sans doute, eux aussi, dans la maison de William Bradford[6].

William Bradford mourut à Plymouth, et fut inhumé à Plymouth Burial Hill. Sur sa tombre est gravée cette épitaphe :

qua patres difficillime adepti sunt nolite turpiter relinquere
« Ce que vos pères ont amassé avec tant de peine, gardez-vous de le négliger ».

Journal[modifier | modifier le code]

Bradford a tenu un journal qui offre une chronique des 30 premières années de la colonie de Plymouth. De larges extraits de ce journal ont été publiés sous le titre Of Plymouth Plantation. Bradford, avec Edward Winslow et d'autres, a contribué au recueil de textes de George Morton intitulé Mourt's Relation, et publié à Londres en 1622 : il s’agit d'un récit des premières années de la colonie de Plymouth.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 7 décembre 1620.
  2. Patricia Scott Deetz, James Deetz, « Mayflower Passenger Deaths, 1620-1621 », The Plymouth Colony Archive Project (consulté le 21 mai 2006)
  3. « William Bradford in 17 Century Records », Pilgrim Hall Museum (consulté le 21 mai 2006)
  4. Cette hypothèse a principalement été avancée dans un roman historique publié dans le n° de juin 1869 du Harper's New Monthly Magazine (Jane Goodwin Austin, « William Bradford's Love Life », Harper's New Monthly Magazine, vol. 39, no 229,‎ 1777, p. 135–140 (lire en ligne). L'auteur avance que le couple aurait abandonné son enfant aux Pays-Bas, une séparation que Dorothy n'aurait pas supportée. Hormis cette évocation romancée, il n'y a aucune preuve de suicide.
  5. Eugene Aubrey Stratton, Plymouth Colony: Its History & People 1620-1691, USA, Ancestry Incorporated,‎ 1986, 365-366 p. (ISBN 0-916489-13-2, lire en ligne)
  6. Cf. Alice Bradford sur le site www.pilgrimhall.org

Source de traduction[modifier | modifier le code]