William Beveridge

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William Beveridge

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William Beveridge

Naissance
Rangpur (britannique)
Décès (à 84 ans)
Oxford
Nationalité britannique
Champs économiste et homme politique britannique
Renommé pour rapport de 1942, Social Insurance and Allied Services

Lord William Henry Beveridge ( à Rangpur (à 84 ans) à Oxford), 1er baron Beveridge de Tuggal, est un économiste et homme politique britannique.

Il est surtout connu pour son rapport de 1942, Social Insurance and Allied Services (connu sous le nom de « Premier rapport Beveridge »), qui fournit les bases de réflexion à l’instauration de l'État-providence par le gouvernement travailliste d’après-guerre.

Jeunesse et débuts de carrière[modifier | modifier le code]

William Beveridge est le dernier fils d’un juge de l’Indian Civil Service, né au Bengale en 1879. Après des études secondaires à la Charterhouse School, il étudie la littérature classique à Oxford. Il commence une carrière dans le droit, qu'il abandonne au bout de quelques mois en 1902 pour travailler à temps plein dans une fondation charitable de l'Est de Londres, Toynbee Hall (cf : (en) [1]). À la fin de 1905, il devient journaliste au quotidien conservateur Morning Post, où il écrit sur les problèmes sociaux.

Il est présenté à Winston Churchill à la fin de 1907. Quand celui-ci est nommé « President of the Board of Trade (en) », c'est-à-dire ministre de l'économie, dans le gouvernement libéral d’Herbert Henry Asquith (1908-1915), il recrute Beveridge. Devenu haut fonctionnaire, Beveridge contribue à la mise en place des services officiels de chômage, dont il prend la direction en 1909. Ses idées influencent Lloyd George et mènent au vote du National Insurance Act de 1911. Il recommande la mise en place d’un système de retraite pour les personnes âgées et d'un système de sécurité sociale. En 1919, il devient, grâce à l’entremise des socialistes de la Fabian society, directeur de la London School of Economics, poste qu’il occupe jusqu’en 1937 ; ses travaux portent alors essentiellement sur l'histoire des prix, notamment par le biais du Comité international d'histoire des prix, qu'il fonde en 1929, et aboutiront à la publication en 1939 de ses Prices and Wages in England from the 12th to the 19th Century.

Dans ses premiers écrits, Beveridge attribue le chômage aux fluctuations de la demande et à la mauvaise circulation de la main d'œuvre de secteur en secteur (chômage structurel) ainsi qu'au niveau trop élevé des salaires. À la suite des travaux keynésiens, il modifie son point de vue et explique la hausse du chômage par l'insuffisance de la demande effective (concept keynésien) et prône alors l'intervention de l'État pour parvenir au plein emploi.

Les « rapports Beveridge »[modifier | modifier le code]

En 1940, Ernest Bevin, le ministre du Travail, lui demande des recommandations sur la sécurité sociale, qui s’est jusqu’alors développée sans réelle cohérence. C’est donc logiquement que le gouvernement choisit l’année suivante Beveridge pour rédiger un rapport visant à proposer un modèle de reconstruction pour l’après-guerre.

Le rapport, intitulé Report to the Parliament on Social Insurance and Allied Services, ou Rapport au Parlement sur la sécurité sociale et les prestations connexes, est rendu public en novembre 1942. C'est pour la Grande-Bretagne l'année la plus noire du conflit contre l'Axe. Ce rapport préconise que chaque citoyen en âge de travailler paye des cotisations sociales hebdomadaires, afin de profiter en retour de prestations en cas de maladie, chômage, retraite etc. Beveridge pense que ce système permettra d’assurer un niveau de vie minimum en dessous duquel personne ne devrait tomber. Il s'agit de lutter contre ce que Beveridge appelle les « cinq grands maux » : pauvreté, insalubrité, maladie, ignorance, chômage. Afin de convaincre les conservateurs sceptiques, Beveridge explique que la prise en charge de la maladie et du problème des retraites, permettra à l'industrie nationale de bénéficier d’une productivité, et donc d’une compétitivité, accrues.

En 1944, il publia un ouvrage qui est parfois appelé le second rapport Beveridge (Full Employment in a Free society, soit : Du travail pour tous dans une société libre) qui énonce que la mise en place d’un système efficace de protection sociale requiert le plein-emploi. Il converge sur ce point avec les idées avancées par un autre économiste britannique, John Maynard Keynes.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, le parti travailliste de Clement Attlee remporte les élections face au premier ministre sortant, Winston Churchill. Le nouveau premier ministre annonce alors la mise en place de l’État-providence, tel qu’il est décrit dans le premier rapport Beveridge de 1942. L'interventionnisme public ne prétend pas pour Beveridge abolir l'économie de marché mais au contraire garantir son meilleur fonctionnement pour améliorer le bien-être des individus.

En 1944, Beveridge est élu à la Chambre des communes pour le parti libéral. En 1946, il est anobli et devient baron de Tugall, puis prend la tête du groupe libéral à la Chambre des Lords.

Il meurt le 16 mars 1963.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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