Willem Visser 't Hooft

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Visser.
W.A. Visser 't Hooft, Francfort, 1966

Willem Adolph Visser 't Hooft (Haarlem, 20 septembre 1900 - 4 juillet Genève, 1985) était un pasteur et théologien réformé néerlandais qui fut l'un des pionniers du mouvement œcuménique et fut le premier secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises de 1948 à 1966

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse chrétienne[modifier | modifier le code]

Wim 't Hooft a grandi dans une famille de remonstrants libéraux à Haarlem. Durant son adolescence, il s'engage dans un mouvement chrétien d’étudiants, la NCSV[1] où il rencontre la vocation. En 1918, il entreprend des études de théologie à l'université de Leyde qu'il mène de front, à la demande de son père, avec des études de droit. Il occupe alors différentes fonctions au sein du NCSV et en devient le délégué lors de diverses conférences à l'étranger. En 1923, il obtient une maîtrise de théologie et découvre les commentaires sur les Épître aux Romains de Karl Barth, théologien qui aura une influence durable sur lui.

En 1924, jeune marié, il devient secrétaire de l'Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG)[2] à Genève et se passionne dès lors pour le mouvement œcuménique naissant, participant à de nombreuses rencontres et conférences inter-ecclésiales sur le sujet. Il assiste John R. Mott, l’un des fondateurs du mouvement œcuménique moderne, à la Conférence mondiale des UCJG de 1926 à Helsinki où il est « initié à l’art de diriger une conférence mondiale compliquée »[3]. En 1928, il soutient avec succès une thèse de doctorat à Leyde sur le Social Gospel aux États-Unis avant de devenir, en 1931, secrétaire général de la Fédération universelle des associations chrétiennes d'étudiants (FUACE)[4].

La guerre[modifier | modifier le code]

En 1938, à Utrecht, il est désigné malgré son jeune âge au poste de secrétaire général du Comité provisoire du Conseil œcuménique des Églises (COE) en cours de création. Face à la montée du nazisme et de la menace tant spirituelle que politique qu'il représente, Visser't Hooft organise une conférence mondiale de la jeunesse protestante en 1939[5].

A Genève lorsque la guerre éclate, il déploie une intense activité pour aider les réfugiés et persécutés fuyant le régime nazie envahissant l'Europe et travaille à maintenir des liens entre les Églises des zones occupées et le monde extérieur. Avec la Cimade de Madeleine Barot qu'il soutient dans son action pour les réfugiés, il prend l'initiative de la Conférence de Pomeyrol qui, rassemblant treize pasteurs ou théologiens et trois laïcs de la zone sud, de Genève et de Strasbourg se réunissent les 16 et 17 septembre 1941 pour évaluer la situation et voir quelle attitude tenir pour l'Église protestante[5]. Il en résulte les huit Thèses de Pomeyrol, rédigées avec Madeleine Barot par Visser't Hooft, un message adressé au monde qui, inspiré de l'acte de résistance spirituel initié par Karl Barth en 1934 traduit dans les thèses de Barmen, propose «  une réflexion théologique engagée sur les fondements évangéliques d'une prise de parole publique de l'Église » et dénonce la persécution des juifs[5].

En 1944, les contacts noués entre des résistants d'Italie, de France et d'Allemagne amènent à la rédaction de la Déclaration des résistances européennes.

Le Conseil œcuménique des Églises[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale retarde les travaux du comité provisoire du COE et ce n'est qu'en 1948 qu'a lieu la première Assemblée du COE à Amsterdam. Visser 't Hooft y prend en charge le poste de secrétaire général du COE qu’il conserva jusqu’à sa retraite en 1966. Fervent partisan de l'unité de l'Église, il entreprend d’innombrables voyages à travers le monde, multipliant les rencontres et les contacts personnels, nouant de solides amitiés dans toutes les Églises, donnant des conférences et assistant à de multiples réunions.

Après sa retraite, Visser ’t Hooft continue d'exercer différentes tâches au sein du COE, dont il est élu président d’honneur en 1968, participant régulièrement aux débats des Comités central et exécutif. Il demeure à Genève, dont il est fait bourgeois d’honneur et où il meurt en 1985 peu après avoir terminé une grande étude sur les relations entre le COE et l’Église catholique.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bon théologien, Visser ’t Hooft a constitué une œuvre abondante comptant 15 livres, 1500 textes parus sous forme de publications diverses et quelque 50 000 lettres. Il a également créé la revue The Ecumenical Review à laquelle il continuera de collaborer après sa retraite. À part son autobiographie, parue en français, en 1975, aucun livre n'est encore paru sur lui.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Textes présentés par Jacques Maury, "W.A. Visser't Hooft, pionnier de l'œcuménisme"; Préfaces du cardinal Roger Etchegaray et du pasteur Konrad, éd. du Cerf,‎ 2001
  • W. A. Visser ‘t Hooft (trad. François Larlenque), Le temps du rassemblement : mémoires, Paris, éditions du Seuil,‎ 1975
  • W. A. Visser ‘t Hooft, Has the Ecumenical Movement a Future, éd. John Knox Press, Atlanta, 1974 ISBN 0-8042-0917-0
  • No Other Name: The Choice between Syncretism and Christian Universalism, London, SCM, 1963
  • Les exigences de notre vocation commune, Genève, éd. Labor et Fides, 1960
  • Philip Potter and Willem Adolph Visser 't Hooft and J. G. M. Willebrands, The Gospel for All Realms of Life: Reflections on the Universal Christian Conference on Life and Work, Stockholm 1925 by, Hardcover, World Council of Churches, ISBN 2-8254-0522-1
  • Docteurs et autorité doctrinale : Magistri et magisterium

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Nederlandsche Christen-Studenten Vereeniging
  2. En anglais la Young Men's Christian Association ou YMCA
  3. Jacques Maury, p. 27
  4. En anglais la World Student Christian Federation ou WSCF
  5. a, b et c Christine Prieto, « Les thèses de Pomeyrol : Une position protestante méconnue », Autres Temps. Cahiers d'éthique sociale et politique, no 63,‎ 1999, p. 99-113 (DOI 10.3406/chris.1999.2153, lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]