Wilhelminisme

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Guillaume II en 1890.

Le wilhelminisme n'est pas une conception de société liée au nom de l'empereur Guillaume II, conception qui serait le fruit de sa réflexion, il se rapporte bien plus à l'habitus de l'empereur et de l'image qu'il renvoie. Il ferme l'époque wilhelmienne, c'est-à-dire la période allant de 1871 à 1918 et comprenant les règnes de Guillaume Ier, Frédéric III et Guillaume II.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce décorum s'exprime à travers les parades militaires pompeuses et l'orgueil de l'empereur que l'on retrouve lorsqu'il n'était que prince sous le règne de son grand-père Guillaume Ier (1871/1888) et Otto von Bismarck. Guillaume II combat également l'idéologie socialiste. Sa politique conditionnée par ses ambitions impériales vise à l'établissement de l'Allemagne comme une puissance mondiale. Elle va trouver son court apogée au début de la Première Guerre mondiale après quelques acquisitions coloniales dans les mers du sud et sur le continent africain.

Même s'il n'était pas seulement présent dans l'Empire allemand, le casque à pointe fait figure de symbole de cette époque et de l'armée allemande. Ainsi, dans diverses langues des signes, l'index tendu placé devant le front, figurant un casque à pointe, est le signe pour le qualificatif « allemand ».

La fascination de Guillaume II pour la marine allemande et ses tentatives de l'imposer comme une puissance mondiale (face au Royaume-Uni) se reflètent également dans la vie quotidienne du peuple. Jusqu'au milieu du XXe siècle, des garçons sont habillés du costume de marin afin de les habituer aux valeurs de la marine.

L'année 1890 marque en principe le début de l'époque wilhelmienne avec le renvoi par le jeune empereur Guillaume II du prince von Bismarck, ministre-président de Prusse depuis 1862, fondateur et chancelier du Reich depuis sa fondation en 1871. La fin en est l'abdication de l'empereur en 1918.

Le concept de wilhelminisme désigne aussi le climat socio-culturel du règne de Guillaume II qui trouve son expression dans des orientations conservatrices rigides. Cette époque se caractérise également par une croyance extraordinaire dans le progrès qui favorise fortement la prospérité de l'empire tout en exerçant cependant une tension constante par rapport au conservatisme ambiant. De la même manière, le concept est employé dans le domaine des arts figuratifs et de l'architecture. Le style qui le définit est un style essentiellement néobaroque et extraordinairement figuratif devant exprimer la revendication de pouvoir de l'Empire allemand. La Siegesallee de Berlin surnommée l'« allée des poupées »[1] par la population est un exemple de ce style officialisé le 18 décembre 1901 par le Rinnsteinrede (littéralement discours du caniveau) prononcé par Guillaume II lors de l'ouverture du lieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Anja Lemke, Gedächtnisräume des Selbst. Walter Benjamins „Berliner Kindheit um neunzehnhundert", Würzburg, 2005, p.90.