Wilhelm Heinrich Immanuel Bleek

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Wilhelm Bleek
(1827-1875)

Wilhelm Heinrich Immanuel Bleek (né le 8 mars 1827, à Berlin, Allemagne - mort le 17 août 1875 à Le Cap) était un linguiste et fokloriste allemand du XIXe siècle. Son œuvre majeure est une grammaire comparée des langues sud-africaines.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wilhelm Bleek est né à Berlin, dans le royaume de Prusse. De 1845 à 1848, il étudia la théologie à Bonn et retourna ensuite à Berlin pour apprendre l'hébreu. Il fut élève du célèbre orientaliste Karl Richard Lepsius. Dans sa thèse de doctorat, en 1851, il s'intéressa aux « classes nominales ».

En 1853, Bleek se rendit en Afrique du Sud, où il avait obtenu un poste de chercheur linguistique. Là-bas, il entreprit des recherches comparatives entre différents langages, notamment entre les langues bantoue et xhosa. Il a écrit, entre autres, une grammaire du zoulou, et s'est attaché à analyser les classes nominales dans les différents dialectes de la langue bantoue. Il a mis au point un système de numérotation pour les classes nominales, système phonétique que les linguistes utilisent encore de nos jours, pour transcrire les clicks et les sons caractéristiques de la langue xam.

Wilhelm Bleek est —avec le missionnaire allemand Wilhelm Sigismund Koelle (1823-1902) qui, le premier, a procédé au regroupement des langues ouest-africaines— un pionnier du comparatisme linguistique en Afrique. En 1859, il pose les bases de la Bantuistik (ou science des langues bantoues) moderne dans le cadre de l’analyse comparée des langues des régions australe et centrale de l’Afrique, auxquelles il donne le nom « bantoues ».

Les travaux de ces linguistes sont d’abord des tentatives de classifications des langues à partir desquelles sont ensuite formulées des hypothèses sur l’histoire de la mise en place de leurs locuteurs. Ils ont permis de rendre autonome la linguistique africaniste, l’étude des langues africaines, appelée Afrikanistik, étant au départ du ressort de l’orientalisme.

Le Dr Bleek s'est intéressé aux San en 1870, à l'époque où il était conservateur de la Collection Grey à la South African Library du Cap. Quand il apprit que 28 prisonniers « bochimans » travaillaient sur la digue du port du Cap, sachant que l'usage de la langue xam s'amenuisait de jour en jour et qu'il avait là une occasion unique de l'étudier, il commença à noter leur langue et leur folklore. Plus tard, des San furent confiés à sa garde et vécurent chez lui. Il forma sa belle-sœur, Lucy Lloyd (1834-1914), pour qu'elle l'aide dans sa tâche, qu'elle poursuivit quelques années après sa mort. Sa fille, Dorothea Bleek (1873-1948) mit en forme et publia un grand nombre des travaux de recherche de son père et de sa tante. De plus, elle fit des relevés de vocabulaires, de généalogies et de peintures rupestres san au cours de plusieurs expéditions. Son œuvre majeure a été le Dictionnaire Bochiman, paru en 1956, huit ans après sa mort ; on y retrouve le lexique commencé par son père près d'un siècle auparavant, et augmenté par Lucy Lloyd.

Wilhelm Bleek est décédé en 1875, à l'âge de 48 ans, dans un hôpital de Kapstadt, des suites d'une maladie contractée en Afrique du Sud. Après sa mort, sa fille Dorothea et sa belle-sœur, Lucy Lloyd, ont poursuivi son travail de recherche.

Depuis 1997, la Collection Bleek - conservée à l'Université et à la South African Library du Cap - qui rassemble les papiers du Dr W.H.I. Bleek, de sa belle-sœur Lucy Lloyd, de sa fille Dorothea Bleek, et de G.W. Stow (1822-1882), qui ont trait aux recherches qu'ils ont menées sur la langue et le folklore san (bochimans), ainsi que des albums de photographies, est classée sur la Liste Mémoire du monde, de l'Unesco. L'essentiel de la collection est constitué par les carnets dans lesquels Bleek et Lloyd ont consigné leurs observations sur la langue et la mythologie des Xam, une société de chasseurs-cueilleurs maintenant disparue et qui faisait partie du groupe des Bochimans du sud, ou San. Ces documents donnent un aperçu précieux et exceptionnel sur la langue, la vie quotidienne, la religion, la mythologie, le folklore et les récits de cette population du dernier âge de la pierre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • W.H.I. Bleek et L.C. Lloyd, Specimens of Bushman Folklore (1911)


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