Wilfrid d'York

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Wilfrid, ou saint Wilfrid, est un évêque anglais né en 634 à Ripon et décédé le à Oundle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wilfrid naît à Ripon en Northumbrie. Son père est de petite noblesse.

À 13 ans, il est placé à la maison du roi Oswiu, et devient le favori de la reine Eanflæd qui l'envoie à Lindisfarne pour son éducation, dont se charge Cudda, un ancien noble devenu moine.

Vers 653, Eanflede autorise Wilfrid à se rendre à Rome en compagnie du jeune moine Benoît Biscop. À Lyon, le caractère agréable de Wilfrid et sa vive intelligence conduisent l'archevêque Ennemond à lui offrir de l'adopter et de le marier à sa nièce. Déclinant ces propositions, le jeune homme va à Rome, reçoit la bénédiction papale, puis, respectant sa promesse, revient à Lyon, où il reste trois ans, jusqu'au meurtre de son protecteur, dont les exécuteurs ne lui auraient pas laissé partager le destin. À son retour en 658, Alchfrith, fils d'Oswiu, lui donne un monastère à Ripon et, peu de temps après, Agilbert, évêque des Gewissae (Saxons du Wessex), l'ordonne prêtre.

Wilfrid était probablement considéré comme le principal défenseur de l'Église catholique romaine quand son discours au synode de Whitby conduisit au renversement du parti celtique (664).

En 664, il est nommé évêque d'York, mais refuse d'être consacré en Northumbrie par les évêques du nord de l'Angleterre qui ont refusé les décisions de Whitby, qu'il considère comme schismatiques. Comme Agilbert est devenu évêque de Paris, Wilfrid se fait consacrer à Compiègne[1].

À son retour de voyage, il échappe de peu aux naufrageurs païens du Sussex, et quand il arrive dans son propre pays, c'est pour trouver Chad (saint Chad) installé dans son évêché.

Le restant de sa vie est en grande partie une succession d'errements et de malheurs. Pendant trois ans (665 - 668), il dirige son monastère de Ripon en paix, tout en se chargeant des épiscopats de Mercie et du Kent pendant les vacances de ces évêchés. À l'arrivée de Théodore en 669, récemment nommé archevêque de Cantorbéry, il est rétabli dans son évêché, et y consacre neuf années d'une débordante activité, particulièrement dans la construction d'églises.

Le roi Egfrid avait succédé à Oswiu, et Wilfrid s'en était fait un ennemi en encourageant sa femme, Etheldreda, à refuser au roi ses droits maritaux et à devenir nonne à Coldingham. En 678, sur les instances d'Egfrid, l'archevêque Théodore divise l'évêché d'York en quatre diocèses malgré les protestations de Wilfrid, qui est déposé.

Wilfrid se rend à Rome pour faire appel de cette décision. Le pape Agathon tient un synode en octobre 679 au cours duquel il ordonne sa réintégration. Wilfrid doit s'être rendu en Austrasie pendant ce temps, car d'après son biographe Eddius Stephanus, Wilfrid quitte l'Austrasie après la mort de Dagobert II, menacé par les partisans du maire du palais Ébroïn.

En 680, Wilfred revient en Angleterre. Le roi Ecgfrith refuse d'accéder à la demande de réintégration de Wilfrid et l'emprisonne pendant 9 mois. Libéré, Wilfrid se réfugie à Selsey, dans le Sussex. À partir de là, il évangélise les Saxons païens du Sud, convertissant la quasi-totalité de la population. Il construit un monastère à Selsey sur une terre qui lui a été donnée par le roi Æthelwalh.

Après la mort du roi Egfrith en 685, Wilfrid rencontre Théodore, qui lui demande son pardon pour l'avoir déposé, et avoir ordonné les quatre évêques des nouveaux diocèses dans la cathédrale d'York.

En 686, à la demande de Théodore, le roi Aldfrid rappelle Wilfrid et le rétablit à Ripon. Mais cinq ans plus tard, Aldfrid se querelle avec Wilfrid et l'exile en 691 : Wilfrid se rend en Mercie, où il administre l'évêché vacant de Litchfield, à la demande du roi Ethelred.

En 703, saint Berhtwald, le successeur de Théodore, convoque un synode qui, sur l'instigation d'Aldfrid, ordonne à Wilfrid de renoncer à l'épiscopat et de se retirer à Ripon. Il n'accepte toujours pas la division de son évêché, et se rend à nouveau à Rome, où le pape Jean VI le soutient et ordonne à Berhtwald de convoquer un synode afin de blanchir Wilfrid. Ce n'est qu'au moment de la mort d'Aldfrid en 705, celui-ci se repentant de ses actions contre Wilfrid, qu'un compromis est trouvé par lequel Wilfrid est nommé évêque de Hexham tandis que Jean de Beverley prend l'évêché de York.

Wilfrid meurt en 709 au monastère saint André d'Oundle, dans le Northamptonshire, au cours d'une tournée des monastères qu'il avait fondés en Mercie.

Culte[modifier | modifier le code]

Fête le 12 octobre[2].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Page 120 dans L'Angleterre chrétienne avant les Normands (1909) de Fernand Cabrol
  2. Omer Englebert, La fleur des saints, Paris, Albin Michel,‎ 1998, 469 p. (ISBN 9782226095428), p. 333
Précédé par Wilfrid d'York Suivi par
Chad de Mercie
Évêque des Northumbriens
664-678
Bosa
Cuthwine
Évêque de Leicester
692-705
Headda
Jean de Beverley
Évêque de Hexham
705-709
Acca