Wikipédia:Pastiches/Pifomètre

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… calibrage manuel d'un pifomètre

Le pifomètre (du radical piff- indiquant la grosseur et du grec ancien μέτρον, mesure[1]) est un instrument de mesure scalaire analogique portatif non gradué permettant d'estimer un nombre ou une quantité de matière, une longueur ou un temps.

Il fut créé et ainsi nommé par l'ingénieure Martha Rhein-Blair en 1929[2],[3], en l'honneur de son chien Pif.

Description de l'instrument[modifier | modifier le code]

Influence des rayons X sur un pifomètre.

L'instrument se présente généralement sous la forme d'une petite pièce souple de forme variable, de quelques centimètres de long, percée de deux trous d'environ un demi-centimètre débouchant sur une cavité de quelques centimètres. Ces trous et cette cavité, destinés à laisser passer l'air dans les deux sens, sont recouverts de senseurs qui constituent la partie importante du dispositif. Ils ne doivent pas être employés pour faire passer des solides (par exemple, un doigt) sous peine de détérioration (perte de sensibilité passagère) de l'instrument.

La présence de certains gaz peuvent dérégler ou détériorer l'appareil, notamment le gaz moutarde, l'ammoniac, la vapeur d'éthanol. Les dépôts solides peuvent également dérégler l'appareil. Les plus communs sont les goudrons en association avec le THC.

L'appareil, portatif, est généralement placé au milieu du visage.

On notera que parfois, la mesure par pifomètre est aidée par l'intermédiaire d'ustensiles tous aussi performants et standardisés que sont :

Pour les mesures de longueurs
  • La bouteille : une pratique semble-t-il abandonnée, mais longtemps utilisée par certains corps de métier dans la construction des habitations. Cela consiste simplement à utiliser une bouteille comme unité de référence ;
  • À l'œil : technique qui s'apparente beaucoup au pifomètre
  • Au doigt mouillé[4]: les résultats obtenus par cette technique observent généralement la même distribution qu'une même mesure faite au pifomètre. Les très rares mesures faites au doigt sec par contre ne montrent aucune corrélation statistique avec celles obtenues par pifométrie ; et par conséquent la technique du doigt sec est peu utilisée. Il existe quelques cas indécidables, où l'on ignore le degré d'hygrométrie de l'instrument : dans ce cas, le doigt est simplement utilisé comme unité de mesure du système pifométrique lui-même, avec la particularité de donner un résultat toujours juste[5].
  • Le feeling : technique généralisée s'appuyant sur les statistiques
Dans les mathématiques
  • Par ajout/multiplication/division/soustraction/etc. de l'âge du capitaine et/ou de la vitesse du vent

Système d'unités pifomètriques[modifier | modifier le code]

La section qui suit reprend le document Système d'Unités Pifométriques, référence UNM 00-003 - octobre 2007, document diffusé dans le format des normes publiées par l'AFNOR[6] dont les précédentes éditions datent d'avril 1996 (édition no 1[7]), janvier 2002 (édition no 2,[8] 13 pages) et février 2003 (édition no 3). Ces documents ont été diffusés de façon anonyme. le site de l'union de normalisation de la mécanique (UNM) a repris à son compte la mise à jour et l'édition d'un document de synthèse à publier après validation (travaux en cours en 2011)[9].

Principes de la pifométrie[modifier | modifier le code]

Les quelques scientifiques qui se sont penchés sur le problème ont établi les principes de base de la pifométrie.

  • Premier principe :

Le pifomètre est strictement personnel, inaliénable, consubstantiel à l'individu et inutilisable par autrui.

Exemple : La notion de pétaouchnok évoque, selon le cas, le hameau voisin pour l'autochtone rural, une ville du Nord pour le juge méridional, ou une capitale africaine pour le normalisateur parisien.
  • Deuxième principe :

Deux pifômes de sens contraire ne s'annulent pas.

Exemple : Les deux expressions « Ça fait une plombe que je t'ai dit de me remettre ton rapport ! » et « Ça ne fait pas une plombe que tu m'as remis ton rapport! » indiquent de façon identique qu'un subordonné va bientôt se faire remonter les bretelles par son chef pour peu que celui-ci prenne le temps de jeter un œil sur son rapport bâclé.
  • Troisième principe :

Il n'y a rien d'intéressant à tirer d'une moyenne pifométrique.

Exemple : La moyenne entre le bon bout de chemin et le sacré bout de chemin est calculée comme étant le sacré bon bout de chemin, ce qui n'apporte aucune information supplémentaire quant à la longueur réelle du chemin.
  • Quatrième principe :

Une mesure pifométrique est incontestable.

Exemple : Le cours de la bourse devrait connaître une embellie à moyen terme. Personne n’ira contester une mesure à dire d’expert.

Règles de la pifométrie[modifier | modifier le code]

Les règles de la pifomètrie n'ont jamais été rédigées mais chacun les applique d'instinct. La liste qui suit n'a pas l'ambition de les citer toutes, mais seulement les principales :

  • Règle 1 :

Le produit d'une unité pifométrique par un scalaire quelconque est égal à l'unité pifométrique initiale.

Exemple 1 : « Deux minutes, s'il vous plaît ! » ou « Trois minutes, s'il vous plaît ! » représentent exactement la même durée que « Une minute, s'il vous plaît ! »
Cas limite (et inverse) : l’interaction d'une personne avec espoir de changer la valeur initiale (en réduction) de l'unité augmentera toujours cette dernière significativement (= effet inverse, se rapproche quelque peu de la Loi de Murphy sur les effets indésirables d'une "loi").
Exemple 2 : « Deux secondes, s'il vous plaît !  »pour une première personne, suivit d'un « Vous êtes sur que vous ne pouvez pas aller plus vite ? » pour une seconde personne qui attend : la valeur de l'unité annoncée est alors inévitable augmentée de « beaucoup, beaucoup plus » que la valeur énoncée initialement (par excès de la première personne), cela, quelle que soit ladite unité (temps, distance, etc...). Cela se rapproche de la règle 3.
  • Règle 2 :

Deux grandeurs pifomètriques égales ne sont pas superposables.

Exemple : La longueur réelle d'un poisson manqué n'a aucun rapport avec celle exprimée en unité non dénommée par l'écartement des mains du pêcheur, d'autant que celles-ci ont tendance à s'éloigner à chaque itération du récit des faits.
  • Règle 3 :

Une unité pifomètrique peut représenter des grandeurs différentes pour des individus différents (découle de la pifogénèse).

Exemple : La giclée d'huile ordonnée à l'apprenti mécanicien par le contremaître conserve toute son efficacité quelle que soit l'interprétation volumétrique donnée.

Les unités du système pifomètrique[modifier | modifier le code]

Unités de quantité[modifier | modifier le code]

Les différentes unités sont utilisées suivant l’importance qualitative ou quantitative des grandeurs. Il faut également tenir compte de la nature concrète ou non de la chose mesurée. Pour le tangible, les unités recommandées sont les suivantes.

  • méga : préfixe d’amplification d’unité ou d’action

Exemple : C’est la méga-merde.

  • La palanquée : unité de grande quantité, éventuellement dénombrable avec une bonne dose (voir plus bas) de courage.

Exemple : J'ai une palanquée de dossiers en retard.

  • La tapée : unité de grande quantité, avec une connotation de dégoût.

Exemple : J'ai encore une tapée de dossiers à me farcir.

  • La flopée : unité de grande quantité, avec une connotation d’excès.

Exemple : À la dernière réunion, il y avait une flopée de directeurs.

  • La tripotée : unité de grande quantité, avec une connotation de mépris.

Exemple : Dans cette boîte, il y a une tripotée de bons-à-rien.

  • La chiée : unité générique très populaire, voire triviale, de grande quantité pouvant avantageusement sinon élégamment se substituer à chacune des unités précédentes (c’est vrai, essayez !). Dans sa grande universalité, elle connote naturellement à la fois le dégoût, l’excès et le mépris. Certains la limitent à 11 (puisque onze fait chier).

Aucun exemple n'est cité pour conserver à ce document une certaine dignité. Signalons toutefois les multiples bien connus : la mégachiée et surtout la tétrachiée, qui permet d’accéder à l’ampleur galactique.

  • La ribambelle : unité désignant une longue suite d'objets ou de personnes, généralement ennuyeux et sans intérêt.

Exemple : La réunion s’est éternisée à cause d’une ribambelle de questions.

  • Le max : unité de très grande quantité situant la mesure aux limites du raisonnable, voire même au-delà.

Exemple : Au pot de Machin, le chef a torché un max.

  • Le fifrelin : unité de petite quantité qui admet une forme adjective, fifrelinesque, qualifiant une quantité infinitésimale. Son synonyme immigré est le chouïa. Dans le Sud-Ouest, on lui préfère son équivalent, le brinborion, qui a l’avantage de rimer avec le substantif monosyllabique ponctuant, traditionnellement, chaque fin de phrase.

Exemple : Mon salaire a augmenté d'un fifrelin, ou d’un chouïa (dans certaines entreprises), ou d’un brinborion, con.

  • La lichette : unité de petite quantité souvent associée à une notion de minceur (ex. 1) ou de raisonnable (ex. 2).

Exemple 1 : Ma prime ? Une lichette !

Exemple 2 : Un petit calva pour finir ? OK, hips !, mais une lichette alors !

  • dalle ou dal (que ...) : unité de quantité nulle, ou de réponse négative.

Exemple : Ma prime ? Que dalle !

  • Le iota : unité de quantité nulle qui marque une constance désespérante.

Exemple : Ma situation financière n'a pas bougé d'un iota.

  • bézef : unité adverbiale synonyme de « beaucoup » mais toujours utilisée dans la forme négative.

Exemple : Je travaille un max, pour pas bézef.

  • lerche : synonyme de bézef. S’emploie dans les mêmes conditions.

Exemple : Machin travaille pas lerche, et il gagne un max !

  • (1) tantinet : unité de petite quantité utilisée comme substantif par nos ancêtres, et synonyme de « un tout petit peu de... ».

Exemple : Le chef, il lui reste un tantinet de cheveux !

(2) tantinet : unité adverbiale de petite quantité synonyme de « un peu ». Exemple : Le chef, il est un tantinet chauve !

Note : d’aucuns ne manqueront pas de noter que la locution tend à prendre de nos jours une sémantique inverse de celle d’origine. Dire que la tenue de votre collègue est un tantinet ridicule n’induit plus l’idée de « un peu » !

Pour le moins tangible, les unités suivantes sont préconisées :

  • La dose : unité de grande quantité souvent associée à des valeurs humaines ou intellectuelles. (Peut quelquefois être utilisée, notamment en alcoolométrie, comme unité de volume constatée a posteriori). Les multiples en termes de valeurs sont la bonne dose et la sacrée dose (à ne pas confondre avec la sacrée couche).

Exemple 1 : Pour supporter Machin, il faut une bonne dose de patience !

Exemple 2 : Pour travailler dans cette boîte, il faut une sacrée dose de ... !

  • pinuts : unité de quantité de valeur, minimale ou nulle.

Exemple : Ça vaux pinuts !

  • La ration : unité de grande quantité synonyme de dose, mais évoquant, étymologiquement parlant, une certaine idée de rationalité ou de perfection parfaitement inaccessible. Les multiples sont la bonne ration et la sacrée ration.

Exemple 1 : Si on ne glande pas on pourra peut-être tenir les délais, avec une bonne ration d’optimisme. Note : la sacrée ration implique un dangereux voisinage de l'excès.

Exemple 2 : On a un peu glandé mais on pourra peut-être tenir les délais, avec une sacrée ration d’optimisme.

  • La couche : unité de grande quantité. Bizarrement, la grandeur à laquelle s’applique cette unité est rarement précisée. Parfois, l’unité elle-même est omise (cas unique de licence pifométrique). Les multiples sont la bonne couche et la sacrée couche. Au pluriel, l’unité s’exprime en de ces couches.

Exemple 1 : Machin en tient une (de ces) couche(s) !

Exemple 2 : Celui qui a pris cette décision en tient une sacrée.

  • La tonne : unité de très grande quantité toujours utilisée au pluriel pour renforcer l’idée de lourdeur ostentatoire inhérente à la mesure.

Exemple : La secrétaire en fait des tonnes avec le nouveau chef.

  • Le ouat milliard : unité de quantification démesurée, incroyable, supérieure à la tonne

Exemple : Y’a ouat millard d’erreurs dans ce programme.

  • Le foin (tout un...) : unité de quantification démesurée, incroyable, sur une constatation d'état navrant ou insignifiant à la base.

Exemple : C'est pas la peine d'en faire tout un foin.

  • X grammes dans chaque œil ou X grammes dans chaque bras : unité de quantification très personnelle de l'état d'ébriété d'une personne.

Le X indiquant alors le taux, inversement relatif/proportionnel, à l'espérance d'un retour vertical (sur ses deux pieds) de ladite personne. Exemple : J'vais encore rentrer avec 3 grammes dans chaque œil.

  • Autres unités

De nombreuses autres unités de quantité sont communément employées mais n'ont pas été définies ici. Il incombe à chacun de se reporter à son dictionnaire favori pour en connaître le sens et l'application. Le présent document se limitera à citer les plus connues : grain, soupçon, doigt, goutte, larme, nuage, pointe, débauche, orgie, monceau, nuée, arsenal, myriade, kyrielle, avalanche.

Exemple : Il faut un grain de folie et une pointe de masochisme pour accepter sans moufter la kyrielle d'ennuis et l’orgie de travail que va te procurer ce dossier, sans compter l'avalanche d’engueulades de la part du chef.

Notons au passage que la pifométrie ne se borne pas à mesurer une grandeur. Elle permet également, et c’est là sa grande richesse, de suggérer suivant le contexte des valeurs profondément humaines que le pifométricien compétent discerne aisément.

Exemple : « Je prendrais bien un(e) <pifôme> de lait dans mon thé ». Le commun des mortels comprend que son interlocutrice souhaite simplement un peu de lait dans son thé. Le pifométricien averti saura interpréter plus finement le pifôme :

pifôme valeur(?) révélée
soupçon : la jalousie
larme : le sentimentalisme
nuage : l’onirisme
goutte : l’incontinence
doigt : la virginité

Il convient néanmoins de se méfier des interprétations abusives.

Exemple : « Je me ferais bien un doigt de Porto » ne signifie pas systématiquement que l’interlocutrice envisage une escapade lusitanienne.

Unités de valeur[modifier | modifier le code]

Dans sa grande modestie, la pifométrie n’envisage que des valeurs nulles ou inconsistantes. L’expérience montre en effet que toute valeur conséquente n’est que pure illusion car, résultant d’une usurpation ou d’une auto-attribution, elle ne résiste jamais au verdict des faits.

  • tripette : unité associée au verbe valoir dans sa forme négative et servant à nuancer la mesure d’une valeur nulle.

Exemple : Le compte rendu de Machin ne vaut pas tripette.

  • La roupie de sansonnet : unité se rapportant toujours à une valeur faible, sinon insignifiante. Utilisée avec une forme verbale négative, elle sert à exprimer une valeur jugée imméritée.

Exemple 1 : Ma rallonge ? De la roupie de sansonnet !

Exemple 2 : Le chef gagne … fois mon salaire. C’est pas de la roupie de sansonnet.

  • La crotte de bique : unité équivalente à la précédente mais qui s'applique plus à l'individu qu'à l'objet. S’emploie dans les mêmes conditions.

Exemple : Dis donc, ton chef, y’se prend pas pour de la crotte de bique !

  • que dal ! ou que dalle ! : unité de valeur stricte zéro, et d'appréciation personnelle négative.

Exemple : Ce truc, ca vaut que dalle !

  • La crotte de nez : unité n’ayant plus cours, mais citée pour mémoire, pifométrie oblige.

Unités d'estimation et d’ajustage[modifier | modifier le code]

En raison de son caractère subjectif, la pifométrie ne souffre pas l’imprécision. Elle a donc dû définir des unités très particulières destinées soit à rendre compte de mesures délibérément arrondies, soit à corriger ce que les systèmes conventionnels ont d’approximatif.

  • au pif : unité d’estimation permettant une approximation des grandeurs, des valeurs ou des attitudes. Lorsque l’approximation est manifestement faite par excès, il est recommandé, par souci de précision, de lui préférer à la louche.

Exemple : Le patron a calculé les rallonges au pif.

Note : Dans l’exemple ci-dessus, l’usage de à la louche n’est jamais nécessaire.

  • à vue de nez : unité dérivée de la précédente.

Exemple : À vue de nez, il est l'heure de se casser ! Note : Cette unité met en évidence le grand avantage de la pifométrie sur les systèmes conventionnels. La finesse de la mesure est garantie par l’utilisation conjointe de deux sens complémentaires. Il est en effet scientifiquement notoire, et la pratique courante le confirme, que la vision et l’odorat sont des sens qui coopèrent étroitement : quelqu'un qui « manque de flair » se met souvent « le doigt dans l'œil ».

  • Le cheval (ou la vache) près : unité d'estimation grossière, indiquant que la mesure effectuée eût mérité une plus grande acuité. Elle s’applique également pour exprimer une notion d’imprécision plus ou moins légère.

Exemple 1 : Mon projet nécessite un investissement de un million d'euros, à un cheval près. Note : dans cet exemple, l’usage de à la louche est également approprié.

Exemple 2 : Mon compte rendu est conforme à ce qui a été dit, à deux ou trois vaches près.

  • Le poil près : unité d'estimation fine, le plus souvent par défaut. Les sous-multiples sont le quart de poil près et le micropoil près.

Lorsque le degré de précision requis confine aux limites du commensurable, le recours aux deux unités dérivées que sont le poil de cul près et le poil de cuisse de grenouille près, voire son sous-multiple le quart de poil de cuisse de grenouille près, devient indispensable. Exemple : aujourd’hui, j'ai fait mes heures de boulot, à un poil près.

Note 1 : L'exemple met en évidence une notion d'incertitude par défaut, mais pas trop.

Note 2 : Il est intéressant que l'expression : « un poil dans la main » qualifiant - non une estimation - mais une constatation, peut être appuyée par « le poil de baobab dans la main » pour caractériser un désintéressement total (et donc, une valeur immense) à tout travail.

  • La poussière : unité d'ajustage de haute précision. Compte tenu de son extrême finesse, elle est toujours utilisée au pluriel pour affiner la mesure grossière d’une grandeur par un système conventionnel.

Exemple : Un tuyau de 32 mm de diamètre, et des poussières.

  • La « et des brouettes » : unité d’ajout de quantité inversement précise par rapport à la poussière.

Le chouilla ou un choille : unité d’ajustage fine (et relativement faible), mais de précision inconnue, moins précise que la poussière.

  • La broutille : unité d'ajustage un peu moins fine que la poussière. Elle est préconisée lorsque la mesure ne requiert pas une précision du feu de dieu, mais permet (dans certains cas) un décompte possible.

Exemple : Un déficit de un million d'euros, et des broutilles.

  • Le pouième : unité générique d’estimation/ajustage pouvant se substituer au poil près et à la poussière : une grandeur peut être estimée au pouième près et une mesure ajustée avec quelques pouièmes. Elle admet une forme adjective, pouièmesque, qualifiant une grandeur frisant l’impalpable.

Exemple 1 : Les bénéfices de la boîte ont été pouièmesques cette année. Note : Le pouième peut également être employé comme subdivision fine d’une unité conventionnelle, permettant d’en améliorer sensiblement la précision. Exemple 2 : Le PC a planté un pouième de seconde avant que je ne sauve mon doc.

  • Le pouce : unité d’ajustage indiquant que la mesure d’une grandeur par un système conventionnel est donnée par défaut, et qu’il convient d’y apporter plus de précision si l’on veut être sérieux.

Exemple : Un steak de 200 grammes, et le pouce.

Unités de longueur et de distance[modifier | modifier le code]

Le mètre et son cortège de multiples et sous-multiples est l’unité de longueur des systèmes conventionnels qui devrait s’appliquer sans partage.

On voit immédiatement le caractère artificiel et imprécis de cette rigidité injustifiée : aux grandes distances, il est abandonné au profit de l’année-lumière ou du parsec, tandis qu’à l’autre bout de l’échelle il est supplanté par le micron ou l’angström.

La pifométrie qui ne saurait s’accommoder d’une telle pagaille a délibérément adopté un système plus restreint mais combien plus riche et judicieux !

  • Le bout de chemin  : unité de distance parcourue ou à parcourir raisonnablement supportable. Les multiples sont le bon bout de chemin et le sacré bout de chemin.

Exemple : Pour aller bosser, je dois faire un bon bout de chemin.

  • La trotte : unité équivalente au bout de chemin, mais en moins supportable. Ses multiples sont la bonne trotte ou la sacrée trotte.

Exemple : Avec cette grève des transports, ça me fait une sacrée trotte pour rentrer.

  • comme ça : unité non dénommée exprimée par un geste des deux mains placées parallèles, bras tendus, les paumes face à face. L’usage de cette unité est recommandé lorsque que la mesure a été effectuée sans témoin, car elle se prête particulièrement bien à l’exagération (d'origine supposée Méditerranéenne).

Exemple : Machin a un poil dans la main comme ça !

  • tataouine-les-oies ou perpète-les-oies, voire Perpète-lès-Alouettes : double unité de lieu et de temps : unité de lieu distant, très précise, reconnue par toute personne sachant lire une carte, mais toujours impossible à pointer et incluant une notion de temps infinie pour s’y rendre.

Exemple : Mon boss m’a encore envoyé a tataouine-les-oies.

  • Le pétaouchnock : unité de très grande distance à laquelle est associée une notion d'incertitude sur la destination.

Exemple : Tels que je les connais, ils vont nous coller la prochaine réunion à pétaouchnock.

  • à Chailles: unité de distance, temps et de localisation approximative, n'indiquant d'ailleurs ni la distance, ni l'orientation pour atteindre ledit lieu.Cette unité est spécifique à chaque région, et change généralement de « terme » : c'est le nom d'un village lointain, perdu ou égaré.

Exemple : Je me suis baladé du côté du village de X. Réponse entendue : mais c'est à Chailles ça ! Attention toutefois, il est tout-à-fait possible de se garer à Chailles, il y a des places de parking. Et puis au moins à Chailles, on n'est pas à Poil.

Unités de volume[modifier | modifier le code]

  • La dose : cette unité de mesure du système pifométrique, bien que d'un emploi simple pour les spécialistes avertis, pose de redoutables problèmes de compréhension aux linguistes chargés de son interprétation, en raison de son double sens possible : unité de volume ou unité de valeur. Quelques caractéristiques permettent toutefois de construire un arbre de décision pour le traduire.

Utilisée comme unité de volume, et quelles que soient les caractéristiques régionales des locuteurs, la dose représentative d'une unité de volume est toujours employée au passé.
Exemples :
    • « Roaah, fatche de cong, putaing, hier j'ai pris ma dose, cong » (parlé Carpentrassien)
    • « Ouh, mais çui-ci, il n'aurait donc pas pris sa dose, non ? » (parlé du Faouët)
    • « Le keum, la dose ki s'est pris ! » (parlé de certaines[10] banlieues de la région parisienne)
À l'inverse, la dose en tant qu'unité de volume n'est jamais utilisée avec des temps futurs. La prédiction de prise de dose pourra s'exprimer par exemple par les expressions suivantes : « Té, c'est sa fête ? Alors j'y vais » ; « Çui-ci, ses parents y font quoi? Ah c'est bien, on pourrait l'inviter, non ? » ; « Le keum, y m'a dit qu'y venait juste là parce qu'il kiffait la beuh. »
Quelques structures linguistiques permettent malgré tout de résoudre le problème d'interprétation.
Toutefois, dans certains cas assez rares, seule une connaissance précise du contexte permet de comprendre si la dose est une unité de valeur ou de volume. Par exemple, dans le même contexte d'une phrase proférée en milieu d'entreprise, on pourra juger que :
  • Un employé sortant à 18 heures d'un entretien avec son supérieur hiérarchique, ou de toute autre réunion de travail, et répondant à une question : « Ouh là, merci, j'ai eu ma dose » fait probablement référence à une valeur du système pifométrique ;
  • Le même employé, présent à 18 heures lors d'une célébration quelconque au sein de l'entreprise (départ en retraite, anniversaire de la petite chienne du chef de service, arrivée d'une nouvelle machine à café,...) et prononçant exactement la même phrase « Ouh là, merci, j'ai eu ma dose », se réfère probablement à une unité de volume du système pifométrique.

Unités de temps[modifier | modifier le code]

Le temps, grand seigneur de la physique, est une grandeur toute subjective, pour ne pas dire relative.

C’est pourquoi il intéresse au premier chef la pifométrie. Mais bien entendu, les unités qu’elle a adoptées n’ont strictement aucun rapport avec le sablier, le cadran solaire, le chronomètre et autre horloge atomique. Le temps passe, c’est certain, mais de quelle manière ? C’est de cela qu’il est important de rendre compte.

  • un bon moment : unité de temps classique, employée uniquement pour le passé, avec une notion d’action terminée, sans point sur la durée de longueur de l’action.

Exemple : Il est monté il y a déjà un bon moment.

  • Le bout de temps : unité de temps classique, employée aussi bien pour le passé que pour l’avenir, avec une notion de légère longueur. Les multiples sont le bon bout de temps et le sacré bout de temps.

Exemple 1 : Ça fait un sacré bout de temps que j'aurais dû boucler ce dossier.

Exemple 2 : Il va attendre un bout de temps avant d’avoir sa rallonge.

  • L'éternité : unité considérée comme synonyme du bout de temps mais qui ne s’applique que si ce dernier a été ou sera vraiment difficilement supporté.

Exemple : Ça fait une éternité que j'attends une promotion.

  • L'instant : unité strictement équivalente au bout de temps et à l’éternité, mais qui accorde à l’intervalle mesuré un préjugé de décontraction, d’aisance et de légèreté.

Exemple : Je me remets au boulot dans un instant, le temps de finir mon verre. Note : les trois définitions précédentes montrent bien que la pifométrie ne se limite pas à mesurer une grandeur, mais qu'elle en précise aussi la qualité.

  • Le laps de temps : unité jadis réservée à une élite mais qui tend à se démocratiser. La certitude apaisante qu’elle induit par essence peut être corrigée en lui associant l'adjectif « certain », ce qui, paradoxalement, lui confère une certaine imprécision, voire une imprécision certaine.

Exemple : Entre la donnée d’un ordre par le gradé et son exécution par le bidasse, il s’écoule un certain laps de temps.

  • Le bail : unité s’appliquant toujours au temps passé, avec une connotation de longueur regrettable.

Exemple : Ça fait un bail qu'on n'a pas eu de pot dans le service, dis donc !

  • La paye : unité équivalente au bail, qui pourrait faire référence à la durée toujours trop longue qui s’écoule entre deux versements de salaire. S’emploie dans les mêmes conditions.

Exemple : Ça va faire une paye que Machin n’a pas allumé son PC.

  • La bourre (être à ...) : expression de temps de retard, précédent une explication hasardeuse.

Exemple : Je suis à la bourre... Note : Enchaînements possibles : j« ’ai paumé mes clés », « je suis tombé en panne », « ma tante est morte », « mon réveil a pas sonné », « j’ai été enlevé par des ET » (attention : peu crédible)...

  • (1) dans ta face ou dans ta gueule : unité de mesure décroissante - strictement militaire - toujours précédée d’un nombre. La plupart du temps, décrit un nombre de jours avant un évènement précis (souvent, la quille).

Exemple’ : Dix dans ta face !

  • (2) dans ta face ou dans ta gueule ou de près : unité de mesure percutante, croissante, décrivant, par un excès d'humeur de l'interlocuteur, sont désir de communiquer avec un tiers.

Exemple 1 : Cinq dans ta face ? (souvent précédée de « t'en veux ... ») = une baffe !

Exemple 2 (un dérivé) : tu veux en voir cinq de près ?

  • La minute : unité de temps à venir, utilisée pour une mesure a priori. Pour une mesure a posteriori, la minute est qualifiée de coiffeur. Malgré ce que laisse supposer une homonymie aussi fâcheuse que fortuite, cette unité n’a aucun rapport avec la soixantième partie de l’heure (voir ci-dessous). Ses sous-multiples sont la petite minute et la seconde, mais ils n’apportent rien sur le plan de la durée.

Note : la minute peut s’employer au pluriel, mais cette opération relève plus de la poésie que de l'arithmétique (voir règle 1).

Exemple : « Je vous appelle dans une minute », ou bien « Je vous appelle dans une petite minute », ou bien « Je vous appelle dans trois minutes », ou bien « Je vous appelle dans une seconde » ne constitue qu'une suite de promesses, généralement non tenues, qui n'ont aucune différence temporelle relative entre elles.

  • L'heure : unité de temps passé ou à venir, en général difficilement supporté et souvent subjectivement amplifié. Les multiple et sous-multiple, la bonne heure et la petite heure, n'apportent aucune information de durée supplémentaire mais servent à nuancer le degré du désagrément subi.

Exemple 1 : Tu veux bien prendre mes appels ? Je m’absente une petite heure.

Exemple 2 : « Ça fait des heures que je suis sur ce dossier » peut signifier qu'on a passé effectivement des heures à faire autre chose de non nécessairement plus urgent. Note : Le caractère subjectif est encore renforcé lorsque la mesure concerne une quelconque attente. Au-delà d’une certaine exaspération, proche de l’hystérie, l’utilisation de la plombe est recommandée.

Exemple 3 : « Je suis à vous dans une minute » et « Ça fait une plombe que j’attends » peuvent très bien correspondre à une même durée pour le fonctionnaire et l’usager.

  • La plombe : unité de durée, soit juste inférieure à l’infini, soit employée comme synonyme de l'heure.

Exemple : « Ça fait des plombes que j’attends. »

  • Le siècle : unité de durée assez proche de la plombe ou légèrement supérieure selon les représentations individuelles. Une erreur courante est de confondre le siècle employé par les historiens, du siècle employé en pifométrie. Une analyse sémantique de l'axiome « Je vais quand même pas attendre trois siècles » montre que le locuteur serait éventuellement prêt à en attendre deux, ce qui compte-tenu de l'espérance de vie humaine prouve à l'évidence la présence de deux notions différentes. Il n'en est pas de même de la plombe où de l'heure, puisque la sémantique axiomatique de la proposition « Je ne vais pas attendre trois plombes » est souvent invalidée, en particulier dans les services des urgences hospitaliers[11].

Unités de vitesse[modifier | modifier le code]

La sagesse populaire fournit de nombreux termes pour suggérer la vitesse : « à toute berzingue », « à toute pompe », « plein pot », « à fond les manettes », « à fond la caisse », « à donf », « à fond les gaz », etc.

Certes respectables, ces termes ne sont cependant que des métaphores et il faut se garder de les assimiler à d’authentiques unités.

Il n'existe qu'une seule unité de vitesse pifométrique :

  • La (une) de ces vitesses : unique unité de vitesse d’emploi universel.

Exemple 1 : J'ai torché mon rapport à une de ces vitesses ! Note : Dans sa grande lucidité, le système pifométrique envisage la vitesse du temps. D'aucuns objecteront bêtement sans réfléchir que T.T -1 correspond à une grandeur sans dimension. Mais il y a T et T, un temps qui passe et un temps pour tout. Si tout le monde sent bien le temps s’écouler plus ou moins vite, seul le pifométricien a songé à en évaluer la vélocité. De sorte que, bien avant Einstein, la pifométrie a exhibé la relativité du temps. C’est là un de ses titres de gloire, et non le moindre…

Exemple 2 : le week-end est passé à une de ces vitesses ! On peut aussi noter ces deux unités de vitesse temporelle, l'une instantanée, l'autre supposée négative :

  • (en) un clin d'œil : unité de vitesse utilisée pour exprimer une période temporelle très courte, voir, instantanée (donc ~nulle).

Exemple : J'ai fini mon boulot en un clin d'œil

Note 1 : Cet exemple met en évidence de façon magistrale l'étroitesse de l'écart séparant la notion de vitesse de celle de temps.

Note 2 : Il ne faut alors pas confondre avec le  »en un coup de cuillers à pot" qui indique alors un effet de rapidité et de facilité d'exécution (Corollaire : t'es trop fort !).

  • Remonté le temps : notion de vitesse extrème, principe de temps de calcul de parcours d’une distance (généralement en voiture) plus cours que la plus courte des mesures précédemment relevée ! (aussi associée à une notion de risque).

Exemple : La vache, pour arriver à l’heure, j’ai remonté le temps avec ma titine.

Note : l'exemple précédent est alors inévitablement et invariablement suivi par « Question : et ça t'a couté combien ? Réponse : 3 points et 125 euros ! » (il s'agit alors ici d'une simple (et navrante) constatation, et non d'une mesure quelconque ! De plus, les deux derniers chiffres sont arbitrairement pris pour l'exemple, et dépendent justement de deux choses : de la « durée » de ladite « remonté du temps » et d'un facteur indépendant externe : la police).

Unités monétaires[modifier | modifier le code]

Bien que foncièrement désintéressée, la pifométrie ne pouvait ignorer, pour une raison évidente de crédibilité, les grandeurs monétaires, encore que  »grandeur" ne soit pas toujours le terme adéquat pour désigner ici la chose mesurée : consulter sa feuille de paye, par exemple. Mais on ne parle jamais de  »minceur monétaire", qui serait pourtant plus approprié en l’occurrence.

  • La pincée : unité de base qui peut, éventuellement, s’exprimer par le geste consistant à frotter le pouce sur l’index replié. Son multiple est la bonne pincée, qui représente une partie non négligeable d’un budget moyen.

Exemple : Le fisc m’en a encore piqué une bonne pincée.

  • La poignée : unité polyvalente pouvant mesurer une somme dérisoire lorsqu’elle s’applique à la menue monnaie, ou une somme substantielle lorsqu’elle s’applique à des coupures. Son sous-multiple est la petite poignée, franchement méprisable. Ses multiples sont la bonne poignée et la sacrée poignée, qui se haussent à l’extrême limite des possibilités d’un budget moyen.

Exemple 1 : Ma prime ? Une poignée de francs ! Note : Ladite poignée est environ 6,5 fois moins volumineuse en euros. ‘‘Exemple’’ 2 : Le nouveau portable du chef a coûté une bonne poignée de fric à la boîte. Le paquet : unité utilisée pour mesurer des montants hors de portée d’un budget moyen, à tel point que pour le commun des mortels, son usage est restreint aux transactions plus ou moins louches : un paquet d’argent peut être perdu, volé, soutiré, touché, palpé, détourné, dissimulé, encaissé, blanchi, dilapidé, mais rarement honnêtement gagné. Ses multiples, le bon paquet, le gros paquet et le sacré paquet, servent à nuancer le caractère exorbitant et/ou immérité, voire frauduleux, du pactole. Exemple 1 : Le patron va palper un gros paquet en stock-options.

Exemple 2 : La boîte gaspille un sacré paquet de fric en publicités débiles.

  • Clous : unité monétaire de valeur négligeable, presque nulle (inférieur aux Roubles, c'est pour dire !).

Exemple : Ça vaux des clous !

  • Douille (ça ...) : <unité> expression de prix excessif.

Exemple : Ça douille ce truc !

  • que dalle (ça coûte ...) : notion de <presque> gratuité d'un produit, ou, en fonction dudit produit, d'un prix négligeable par rapport au prix de référence.

Exemple : Ça coûte que dalle ce truc !

  • Brouzoufs : <unité> monétaire imaginaire utilisée pour indiquer une quantité relativement importante sans en préciser la valeur ou le poids, ni même connaître la valeur initiale (c'est une estimation à vu de nez), indiquant souvent une incrédulité ou une forte impression.

Exemple 1 : Ça doit coûter un max de brouzoufs cette chose !

Exemple 2 : Ça doit rapporter pas mal de brouzoufs ce boulot !

Exemple 3 : Ça se voit, ce mec est bourré de brouzoufs, c'est même pas croyable !

Unités de température[modifier | modifier le code]

Dans le système pifométrique, toutes les unités de température sont historiquement exprimées en termes zoologiques. Homme de bon sens, le pifométricien se garde bien, en effet, d’exposer inconsidérément son propre pifomètre. Ces unités somme toute naturelles ne présentant pas de problème majeur d’utilisation, quelques exemples suffiront au propos : Exemples : Un froid de loup ou de canard ; une fièvre de cheval ; une chaleur de lapin, employé surtout dans sa forme adjective : chaud comme un lapin.

D’autres unités de températures sont liées aux régions et autres expressions locales :

  • ça meule : unité d’expression de grand froid sec (provenace : Lorraine).
  • ça caille  : unité d’expression de froideur humide (et son superlatif fort).

Et le classique mais tout aussi inquantifiable :

  • (il) fait froid : unité d’expression relative à la personne l'utilisant, et nécessitant un retour par l'affirmative ou la négative de la part d'un tiers.

Exemple : Il fait froid ce matin, n'est-ce pas ? Réponse possible : Moi, j'trouve pas...

Unités diverses[modifier | modifier le code]

  • perpette : unité de temps / espace.

Exemple 1 : Je ne resterai pas dans cette boîte jusqu’à perpette.

Exemple 2 : À chaque mission, ils m’envoient à perpette (les oies).

  • La giclée : unité de volume. Ses multiples sont la bonne giglée et la vieille giclée, qui fait sans doute référence au bon vieux temps où l’on ne lésinait pas sur la marchandise.

Exemple : Je lui ai mis une bonne giclée dans la mécanique.

  • La noix : unité de volume culinaire. Son sous-multiple est la noisette.

Exemple : Ce serait plus agréable avec une noix de beurre.

  • Shlingue : unité de  »senteur", qualifiant à l'extrême une puanteur hors mesure (et son superlatif toujours au singulier un max).

Exemple : Ca shlingue ce truc.

  • Le coup : unité de force. Son sous-multiple est le petit coup, ses multiples le bon coup (n’y voir aucune allusion flatteuse) et le grand coup.

Exemple : L’armoire n’a pas bougé d’un centimètre. Pousse un grand coup !

  • De la merde : unité de négation, associée a un produit de consommation.

Exemple : C’est encore de la merde.

  • La mouise ou la misère ou quelle chiotte ! : unité d’expression de situation, s'applique à une  »ambiance" (et ses superlatifs grosse ou mega).

Le terme quelle chiotte ! s'utilise directement pour ponctuer une situation, et non dans une phrase. Exemple 1 : c'est la grosse misère au boulot en ce moment...

Exemple 2 : il pleut encore aujourd'hui. Quelle chiotte !

  • La loose : unité (Franglaise) d’expression de situation, s'applique à un échec (et son superlatif ultime).

Exemple : c'est la loose ultime...

  • Quelle merde : unité d’expression de situation (et son superlatif mega)

Exemple : quelle (mega-)merde ce programme.

  • Le peu, quoi ou le peu, mince : unité de travail.

Exemple : Ton rapport n’avance pas. Travaille un peu, mince !

Note : le terme « mince » est parfois remplacé par un autre substantif de même initiale datant du cambronnien.

  • La raclée : unité d’énergie cinétique. Ses multiples sont la bonne raclée et la sacrée raclée. Au pluriel, l’unité s’exprime en  »de ces" raclées.

Exemple : On a pris une de ces raclées au rugby.

  • La châtaigne : unité de quantité d'électricité. Ses multiples son la bonne châtaigne et la sacrée châtaigne.

Exemple : J'ai pris une bonne châtaigne en essayant ce ...3 de câble.

Note : synonyme éventuel : la bourre. À utiliser avec circonspection, l’expression bonne bourre se référant à une activité totalement étrangère au propos de ce document.

  • La p.tain de sa mère : unité de quantification du niveau maximum de gravité d’une situation.

Exemple : Je suis encore tombé sur un p.tain de sa mère de problème aujourd’hui.

  • La p.tain de sa race : unité similaire a la p.tain de sa mère, mais incluant une notion de supériorité et de zone d’influence.

Exemple : Je suis encore tombé sur un p.tain de sa race de problème liée à ces p..... de virus.

  • Pêchu : unité décrivant un niveau de difficulté élevé -terme militaire, étendu aux civils-

Exemple : Je me suis tapé la montée du col Tartanpion, pêchu la ballade !

  • RAS (Rien à Signaler) : unité/expression réciproque -d'origine militaire- signifiant une absence d’un évènement.

Exemple : L’adjudant au trouffion : RAS ? - Le trouffion à l’adjudant : RAS !

  • Octet (l’... du non-informaticien) : base de calcul de taille d’occupation, coefficient de 2, démultipliée en kilo (1024), méga, giga, etc... mais approximée aux multiples de 10 !
  • Bille : unité de qualification de niveau de connaissance

Exemple : T’es une vraie bille toi !

  • La chandelle : unité d'intensité lumineuse. Cette unité, sans doute mal adaptée aux mesures courantes, s’emploie systématiquement avec un facteur 36 (cas unique d’inadaptation pifométrique).

Exemple : J'ai pris une bonne châtaigne en essayant ce ...3 de câble. J’en ai vu 36 chandelles !

Unités d'estimation de qualité[modifier | modifier le code]

Unités appliquées à la quantification de la qualité d'un résultat, d'un produit ou même d'une personne. On distingue divers qualificatifs, souvent liés à des marques de produits connus.

Il est aussi important de préciser que ces qualificatifs changeant selon les années, peuvent acquérir des sens positifs ou négatifs, et donnent alors la mesure de l'impression personnelle de l'observateur.

  • <nom de marque> : (exemple) unités appliqués à l'automobile :

Exemple 1 (années 1980): Mon 4x4 est encore tombé en panne. T'as une Lada !?!

Exemple 2 (années 1990 et 2000): Ma voiture est encore tombée en panne. T'as une Peugeot !?!

  • de la balle ! ou de la bombe ! : unités appliqués un film, un projet, une personne, etc... souvent précédé de  »c'est" (peut être appuyé par  »vraiment") et optionnellement suivi de  »ce truc" ou  »cette chose" (et pouvant même alors être suivi par  »tu devrais essayer")

Exemple 1 : Ce jeu... c'est vraiment de la balle, ce truc ! Tu devrais essayer !

Exemple 2 : Cette fille, c'est d'la balle ! ou c'est d'la bombe !

Note : Dans ce dernier exemple, l'expression est positive dans la bouche de celui qui l'annonce, et est pratiquement toujours négativement perçue par la personne visée. De plus, le terme  »Tu devrais essayer" ne s'applique que très rarement, car peu seyant aux bonnes mœurs.

  • Jette (ça en ... un max) : unité d'impression extrême et généralement positive sur une action, une chose, ou un vêtement.

Exemple' : Ce jeans avec ces pompes, ca en jette un max !

  • Arrache (ça ...) ou déchire (ça ...) : unité d'impression positive (ex. 1) ou négative (ex. 2), selon la constatation (ex. 3) initiale de l'observateur (impression relative). S'applique à une action, une chose, ou autre.

Exemple 1 : Cette musique, ça déchire !

Exemple 2 : T'as vu cette fille comme elle est habillée, ça arrache !

Exemple 3 : T'as déjà goûté le wasabi ? ça arrache (vraiment la gueule) !

  • Sacrée : (prise séparément, sans autre unité de mesure) unité de quantité d’impression personnelle d'un évènement. Unité d'impression, à la base, positive.

Exemple : J’ai passé une sacrée soirée.

  • (son) pesant de cacahouète : unité d'impression et d'admiration de la valeur d'une chose. Cela n'a aucun rapport avec l'arachide, ni le poids ou le volume que cela peut représenter.

Exemple : Cela vaut vraiment son pesant de cacahouète !

Note : ne pas confondre avec « le rapport à la choucroute » qui n'indique pas de quantité, mais simplement le fait que la conversations semble n'avoir ni queue ni tête.

Unités maritimes[modifier | modifier le code]

Ces quelques pittoresques unités sont exclusivement en usage dans le milieu maritime et n’évoquent probablement rien pour le terrien moyen.

Exemple : On rappellera à ce propos le proverbe Breton sur la hauteur du fond marin : Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer (= hauteur d'une patte de mouette // une quille ?!)

Mais ce document ne pouvait s’achever sans un hommage au pionnier de la pifométrie, Jean Blanchard, capitaine de vaisseau honoraire dans la Royale.

  • la trouée : unité de longueur
  • la moque : unité de volume
  • le corne-cul : unité de vent
  • le foutro : unité de mauvais temps

Unité « universelle »[modifier | modifier le code]

Le présent document ne peut pas, en fin de compte, ignorer l’unité dite « universelle », le viron, toujours utilisée au pluriel.

Cette unité - issue de la métrologie pifométrique des pêcheurs amateurs - s’applique à priori aux longueurs et aux masses, mais peut être généralisée à toutes les grandeurs et durées.

Exemple 1 : J’ai pêché un poisson qui pèse, en virons, 3,5 kg

Exemple 2 : Sans exagérer, ma carpe, elle fait en virons 90 cm

Domaines d'utilisation[modifier | modifier le code]

Le pifomètre est un outil officiel dans les domaines suivants :

L'utilisation du potentiomètre permet d'en relativiser l'incidence car souvent : il jura mais un "potar" qu'on ne l'y prendrait plus.

Il est couramment utilisé :

Analyse pifométrique[modifier | modifier le code]

Les lois fondamentales de l'analyse pifométriques sont :

  1. Une grandeur pifométrique n'est pas un invariant.
    Elle dépend ainsi de l'observateur. Exemples : Le tortionnaire estime la durée de son action à « quelques heures », la victime à « perpète ». Le temps d'attente « un quart d'heure » donné par un coiffeur dure « deux plombes ». Le cadre qui possède une « poignée » de fric n'a que « trois fois rien » d'après l'actionnaire. Albert Einstein résume ainsi ce principe de relativité : « Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. »
  2. Une unité pifométrique ne se représente pas comme un opérateur linéaire.
    Par exemple, « Trois minutes s'il vous plaît » ne correspond pas à 1,5 fois « Deux minutes ! » et peut même parfois être égal à « Deux secondes ! »
  3. La valeur d'une unité pifométrique n'est pas standardisée.
    Elle dépend des conventions choisies par l'observateur au moment de la mesure.
  4. Deux mesures d'une même grandeur donnent nécessairement deux résultats distincts.
  5. Chaque mesure pifométrique est réalisée avec une précision relative, appelée intervalle de confiance pifométrique.
    Cet intervalle dépend d'un grand nombre de paramètres. Par exemples :
    • selon la région  : le "pas gaïre a bisto de nas", soit "pas beaucoup à vue de nez" pour nos chers occitans.
    • selon l'éducation : le "grosso modo dans la moyenne", soit "peut mieux faire" pour une prof de latin.
    • selon le métier et/ou la situation : le "y sont autant que nous à une vache près", soit "qu'est ce qu'on va se prendre" pour un caporal de la vieille garde à Waterloo en 1815.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Blanchard, Le système pifomètrique, Marine, volume 16, numéro1, janvier-février 1972
  • Jacques Perret, Rôle de plaisance (les fondements de la pifomètrie)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trésor de la langue française informatisé, entrées « pif » et « mètre »
  2. Trésor de la langue française informatisé, entrée « pifomètre »
  3. Dictionnaire des synonymes de l'Université de Caen, entrée « blair »
  4. L'utilisation conjointe du doigt et de l'œil présente un paradoxe : alors qu'il n'est pas possible de mesurer un objet « au doigt et à l'œil » , suivre une méthode de mesure « au doigt et à l'œil » aboutit souvent à des résultats très fiables.
  5. Voir le cas du doigt de porto : le doigt, utilisé comme étalon de mesure, présente la propriété d'être inclinable. Alors qu'initialement le doigt représentait une mesure fixe de 1,85 cm, un quart de rotation autour de la jonction métacarpe/phalange, dite aussi flexion interphalangienne proximale lui permet de couvrir l'ensemble des mesures comprises, dans le système métrique, entre environ 1 cm et 10 cm. On se réfèrera à la règle de l'intangibilité du produit scalaire en pifométrie pour comprendre que deux doigts de porto donneront un résultat égal, et n'atteindront jamais 20 cm.
  6. Système d'Unités Pifométriques, référence UNM 00-003 - octobre 2007, 19 pages, [lire en ligne]
  7. Système d'Unités Pifométriques, référence UNM 00-000 - avril 1996, 12 pages, [lire en ligne]
  8. Système d'Unités Pifométriques, référence UNM 00-001 - janvier 2002, 13 pages, [lire en ligne]
  9. « La pifométrie bientôt normalisée - L’UNM lance sa première enquête publique », sur le site officiel de l'union de normalisation de la mécanique (UNM) (consulté le 12 octobre 2011)
  10. Ce parlé n'est pas typique de l'ensemble des banlieues de la région parisienne, puisque qu'on peut trouver, avec le même signifié, des expressions équivalentes du type « Mère, je crains fort fort d'avoir abusé de la dive bouteille, et vous m'en voyez tout marri. » (parlé de NAP).
  11. A contrario, ce raisonnement par l'absurde ne s'applique pas aux siècles, dans leur acception historienne : en tous cas, aucune étude académique n'a rapporté de tels cas, les cadavres éventuels étant généralement dégagé bien avant la fin du laps de temps invoqué. Toutefois, ce type de cas a pu être rapporté a posteriori par des auteurs de la locution eux-mêmes, bien qu'avec une réduction de la durée (« J'chais pas ce qu'ils foutent aux urgences, j'ai attendu un siècle ») ce qui tendrait à confirmer la présence de deux unités de mesure différentes