Wikipédia:Fautes de français

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Cette page dresse la liste d'un certain nombre de fautes courantes en français écrit. Elle peut servir de support pour la correction des pages de Wikipédia en français, ou comme « mémo ». N'hésitez pas à ajouter vos trouvailles !

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Références externes :

Accentuation des majuscules[modifier | modifier le code]

Les majuscules en français sont toujours accentuées, y compris la préposition À comme le fait remarquer l'Académie française sur son site internet : « On veille donc, en bonne typographie, à utiliser systématiquement les capitales accentuées ».

Accueil (et non pas Acceuil)[modifier | modifier le code]

Tout comme dans « recueil » ou « cercueil », le u suit directement le c. (Il est à supposer que cette faute s'est introduite par des mots écrits à une façon similaire, p. ex. fauteuil, où le u suit la voyelle e). Si le C était suivi du e, il faudrait prononcer « acseuil », car le C devant le E se prononce comme un S (exemple : ceci, cela, etc) ; alors que devant le u, il se prononce comme un k. Moyen mnémotechnique : « C'est Une Erreur Impardonnable ». De plus ueil se prononce [œj] comme dans écueil, eil sans u précédent se prononce [εj] comme dans pareil. On peut également utiliser ce moyen mnémotechnique: "UEI - un élève intelligent ne fait jamais la faute".

Agressif (et non pas Aggressif)[modifier | modifier le code]

Le doublement de la consonne est probablement dû à l'influence de l'anglais « aggressive ». Il existe plusieurs cas similaires, comme « adresse » (« address ») et « abréviation » (« abbreviation »). À l'inverse, il existe des cas où la consonne est doublée en français, alors qu'elle est simple en anglais, comme dans appartement (« apartment ») ou ressource (« resource »).

Apporter / Amener / Emporter / Emmener[modifier | modifier le code]

On apporte une chose et on amène un être (personne ou animal) qui se déplace par lui-même et qu'on ne porte donc pas… Exemple : on "amène" la vache au taureau, on "amène" son enfant à l'école, etc.

Donc on ne dit pas « j'amène une bouteille de téquila ce soir » mais « j'apporte une bouteille de téquila ce soir ».

Moyen mnémotechnique : On mène quelqu'un par la main, et on porte quelque chose.

Par extension, emporter signifie prendre avec soi et porter ailleurs un objet inanimé ou un objet animé qui ne peut se mouvoir. Exemple: « Emportez donc un peu de tarte! » De même, emmener signifie mener avec soi une personne, un animal du lieu où l’on est vers un autre lieu. Exemple : « Emmène-moi danser ce soir. »

Après que + indicatif ou conditionnel / Après que + subjonctif[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, on ne dit pas « après que je me sois rendu compte » mais on dit bien « après que je me suis rendu compte » par exemple. Pour éviter ce problème (après que + indicatif / subjonctif), on préférera la tournure « après + infinitif passé » soit ici « après m'être rendu compte ».

Plusieurs arguments à propos de la construction du verbe après « après que » sont avancés à la page http://www.langue-fr.net/spip.php?article175. Le dictionnaire en ligne de l'Académie française précise concernant cette conjonction : « Loc. conj. Après que, suivi de l'indicatif ou du conditionnel, mais non du subjonctif. »[1]

Au jour d'aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Expression maladroite, mais correcte, car « hui » signifiant « jour», cet ajout à l'expression « aujourd'hui » apparaît donc comme superfétatoire, voire comme un pléonasme. On peut la remplacer par "à ce jour".

Au temps pour moi / Autant pour moi[modifier | modifier le code]

Cette expression, qui signifie simplement « Je me suis trompé », est issue du langage militaire. La forme « Au temps » est celle acceptée par l'Académie française. Cela vient du fait que dans une séquence d'ordres, comme à la parade (Garde à vous! Portez armes! Présentez armes! etc.), si on se trompe d'ordre, on revient "au temps précédent" et on assume son erreur.

Aux dépens de / Aux dépends de[modifier | modifier le code]

Le verbe à l'origine de cette expression est « dépenser », et non « dépendre », d'où l'orthographe « aux dépens de » ; de la même manière, un tribunal peut condamner quelqu'un « aux dépens », c'est-à-dire à rembourser les frais de justice engagés par l'autre partie.

Avoir affaire à / Avoir à faire[modifier | modifier le code]

La locution verbale « avoir affaire à » (variante : « avoir affaire avec ») signifie être confronté à quelqu'un ou quelque chose. La locution homonymique « avoir à faire à » est une faute de français[2]. La locution verbale « avoir à faire » signifie que l'on est occupé et qu'on doit faire autre chose.

Bien que / Malgré que[modifier | modifier le code]

On doit écrire et dire « bien que » mais jamais « malgré que » (bien que son usage soit hélas fréquent). Malgré doit être suivi d'un nom. Exemple : malgré la fatigue, il continua son travail. (Et jamais : malgré qu'il soit fatigué…)

Exception : l'emploi du « malgré que » suivi du verbe « avoir » au subjonctif est parfaitement correct (voir http://www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/questions-de-langue#48_strong-em-malgr-que-em-strong) (locution malgré qu'il en ait = en dépit de ses réticences ou de son opposition).

Cela dit / Ceci dit[modifier | modifier le code]

« Cela » est relatif à ce qui vient d'être dit, établi, exposé. « Ceci » indique ce qui vient, ce que l'on va montrer ou expliquer.

Exemples :

  • Je vous dis ceci : je suis fatigué.
  • Je suis fatigué, cela dit, je veux bien venir avec vous.

On ne peut donc pas dire ou écrire « ceci dit », il faut dire ou écrire « cela dit ». Le succès usurpé de « ceci dit » semble provenir de l’assonance entre « ceci » et « dit ». (Remarque : la distinction, autrefois préconisée, n'est plus guère suivie à l'usage. Dès lors, de nombreuses références considèrent comme correct l'usage de « ceci dit », « tout ceci », etc. Cf. à ce sujet le TLF / le centre national de ressources textuelles : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/ceci .)

Chiffre d'affaires (et non pas chiffre d'affaire)[modifier | modifier le code]

On écrit toujours un chiffre d'affaires avec un « s » à affaires, car il s'agit du chiffre des affaires.

Complément de nom[modifier | modifier le code]

La formation de compléments de nom se fait avec « de » ou « des ».

Ainsi on ne dit pas « la voiture à Jean » mais « la voiture de Jean ». On dira en revanche : un sac à main, et une tête à claque. Le complément de nom n'indique pas une appartenance mais l'emploi qui en est fait.

Il n'est pas non plus permis de supprimer toute préposition dans le complément de nom. Cette faute s'appelle parataxe. L'actuelle tendance à la parataxe nous donne d'innombrables expressions fautives comme : « conseiller clientèle » au lieu de « conseiller de la clientèle » ; « taxe carbone » au lieu de « taxe carbonique » ou de « taxe sur le carbone » ; « foyer étudiant » au lieu de « foyer d'étudiants » ; « Ferme célébrités » au lieu de « Ferme des célébrités ».

Dénoter / Détonner / Détoner[modifier | modifier le code]

« Ce câble, par rapport à la robustesse du casque, dénote par sa finesse. » : cette phrase ne signifie rien, du moins de probant. En effet, le verbe « dénoter » doit être suivi de la chose qu'il dénote ; il ne peut être employé seul. Dans ce cas, il aurait fallu dire « détonne », qui est hors du ton, hors tonalité, ou alors, « dénote une certaine fragilité ».

À voir également : « détoner », exploser ; « détonant », explosif.

Différent / Différend[modifier | modifier le code]

L'adjectif « différent » s'écrit avec un t. Le nom « différend » s'écrit avec un d.

Exemples :

  • Un malentendu est à l'origine du différend qui les oppose.
  • Nous étudierons les différents aspects de la question.
  • Tous ces différends sont très différents.

Attention à l'homophone « différant », qui est le participe présent du verbe différer.

Note : Pour vérifier, il faut mettre au féminin :

  • Tous ces différends sont très différents.
  • Toutes ces histoires sont très différentes.

Eh bien / Hé bien / Et bien / Eh oui / Etc.[modifier | modifier le code]

« Vous vouliez une liste des fautes les plus courantes, eh bien, la voici ! » On ne doit bien évidemment pas dire « et bien ».

Comme dans « Eh oui » ou « Eh non », il ne s'agit pas de « Et puis », mais de l'expression d'une exclamation. Éventuellement, on peut aussi dire « Hé oui » ou « Hé non ».

En tant que / En temps que[modifier | modifier le code]

La locution conjonctive « en tant que » signifie « comme » en se référant à une fonction, un rôle[3]. La locution homonymique « en temps que » est une faute de français.

Gent féminine / Gente féminine[modifier | modifier le code]

  • La gent[4] est un nom commun féminin qui signifie "la population" ou "le peuple"[5]. Il n'y a donc aucun besoin de lui ajouter un e final (qui est une faute). On dit donc: la gent masculine et la gent féminine. Pluriel: les gens. Exemple: "Bonnes gens!", "Les petites gens."
  • Attention: un adjectif ou un participe associé à "gens" sera écrit au masculin. Exemple: "Ces gens sont agressifs." ou "Quels gens accueillants!".
  • Origine de la confusion: "gentes dames" est utilisé comme adjectif dans de nombreux textes anciens, mais n'a aucun rapport avec "la gent". Gente étant synonyme de gentille (la racine en est identique) et désignant d'agréables interlocutrices. Exemple: "Gentes dames et gentils damoiseaux".

Important / Conséquent[modifier | modifier le code]

Utiliser « conséquent » dans le sens des mots « important » ou « considérable » relève du langage familier (voir la définition dans le dictionnaire de l'ATILF).

Inclus(e) / Inclu(e)[modifier | modifier le code]

Le participe passé du verbe inclure est « inclus » et non « inclu » (contrairement à exclure : exclu) : « j'ai inclus », « une chose incluse ». À l'indicatif, c'est « j'inclus », « tu inclus » et « il inclut ».

La forme « inclue » existe cependant au subjonctif : « que j'inclue ».

Pallier / Pallier à[modifier | modifier le code]

Le verbe pallier est transitif direct : il admet donc un complément d'objet direct, sans préposition. On écrit « pallier une difficulté, pallier des problèmes » et non « pallier à une difficulté, pallier aux problèmes ».

L'expression « pallier » est souvent employée oralement pour « remédier à ». Toutefois, son sens originel est différent : c'est « cacher ».

Prémices / Prémisses[modifier | modifier le code]

Ces deux mots sont des homophones, c’est-à-dire de même prononciation. Ils sont tous les deux féminins et ont un sens très proche, mais ne sont pas synonymes.

  1. Les prémices - avec un c – sont un signe avant-coureur, l’annonce ou le tout début d’un évènement ou d’un processus.
  2. Une prémisse – avec deux s – ne s’utilise qu’en rhétorique et est donc rare.

La plupart du temps, c’est donc prémices qu’il faut écrire. Exemple : les prémices habituelles de l'hiver nous ont vraiment surpris.

Se rappeler / Se rappeler de[modifier | modifier le code]

Contrairement à « se souvenir » dont le sens est proche, « se rappeler » est un verbe transitif direct : on se rappelle quelque chose ou quelqu'un, et non « de quelque chose ». Exemple : « Je me rappelle les belles vacances que j'ai passées à Venise ». De même, on ne s'en rappelle pas, mais on se le (ou la, les) rappelle. Moyen mnémotechnique: remplacer mentalement "se rappeler" par "se remémorer".

S’il / Si il[modifier | modifier le code]

Le « si » ne s’élide qu’avec « il » ou « ils ». On écrit donc toujours « s’il » et « s’ils » mais ce sont les seuls cas ; avec « elle », on écrira « si elle » en entier.

Suspens / suspense / suspend[modifier | modifier le code]

Ces mots tendent un piège :

  • L’Assemblée suspend Machin de ses fonctions.
  • Un film à suspense.
  • La question reste en suspens et non suspend (d'où l'origine des mots « suspensatoire » et « suspensif »).

Dans le registre ecclésiastique, il y a :

  • Un prêtre frappé de suspense. Ce prêtre est suspens.

Compte tenu de ce piège, il faut tout inspecter.

Tort / Tord[modifier | modifier le code]

On a bien tort d'écrire ce nom commun avec un d plutôt qu'un t (mais « ce tuyau, il le tord »).

Moyen mnémotechnique : le tort tue les tordus.

Notes et références[modifier | modifier le code]