Who's Next

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Who’s Next

Album par The Who
Sortie Août 1971
Enregistré De mars à mai 1971
Durée 43:35 (album original)
Genre Rock
Producteur The Who
Glyn Johns
Label Track
Decca
Polydor
Critique

Albums par The Who

Who’s Next est un album du groupe de rock britannique The Who paru en 1971. L’album a été classé à la quatrième place du Billboard, atteignant même le #1 en Grande-Bretagne ; il comprend plusieurs titres qui ont connu le succès dans les hit-parades, comme Won't Get Fooled Again, Baba O'Riley et Behind Blue Eyes. Il est classé 28e au classement Rolling Stone des 500 meilleurs albums de tous les temps.

Genèse et enregistrement[modifier | modifier le code]

La genèse de Who's Next commence avec un projet vaste et compliqué qui fut abandonné.

Cet album prend ses sources dans le projet Lifehouse, abandonné. Pour ce projet, Townshend enregistrera d'ailleurs des bandes "démo" dans son studio personnel, jouant de tous les instruments. Curieusement, les démos s'avèreront extrêmement proches du résultat final : l'interprétation par tout le groupe. Townshend avait décrit ce projet comme un opéra-rock futuriste, enregistré en direct, mais constituant également la musique d'un film. Ceci se montra particulièrement impraticable à plusieurs niveaux. S'ensuivit une perte de confiance du groupe, ainsi qu'une querelle entre Pete Townshend et le manager Kit Lambert. Des années plus tard, Townshend avoua que l'échec du projet le mena au bord du suicide[1] (lors d'une fête donnée par les Who dans un immeuble à dix étages, Townshend s'approcha de la fenêtre avec la ferme intention de sauter dehors avant d'être arrêté par un des fêtards) et de la dépression nerveuse.

Plusieurs pistes furent enregistrées à New York, mais le groupe revint en studio avec le producteur Glyn Johns avant de repartir à zéro. Bien que le projet Lifehouse ait été abandonné, des bribes de cette œuvre réapparurent sur ce qui allait être Who's Next. Un passage de Pure and Easy — chanson décrite par Townshend comme le pivot central de Lifehouse - réapparaît dans les lignes finales de The Song Is Over. Un concept initial de Lifehouse était de créer un synthétiseur capable de s'alimenter des données personnelles de membres du public pour créer des musiques[1]. Il a beaucoup été cru que ce sont les statistiques vitales [Quoi ?] de Meher Baba qui ont généré la piste jouée par le synthétiseur dans Baba O'Riley[2].

Cependant, l'abandon du projet permit aux membres du groupe d'acquérir une certaine liberté, puisqu'ils purent se concentrer sur les morceaux individuels.

Bien que le projet initial de Townshend ait échoué, il continua de développer le concept, le revisitant dans plusieurs albums. De surcroît, les compositions de Pete Townshend destinées à Lifehouse et abandonnées pour Who's Next serviront à alimenter la discographie des Who jusqu'au décès de Keith Moon en 1978.

Réception[modifier | modifier le code]

Who's Next est l'un des plus grands succès critiques et populaires du groupe. D'autre part, c'est le seul album du groupe à avoir atteint la première place des ventes dans la patrie des Who, la Grande-Bretagne. Également, il atteint la quatrième place aux États-Unis, renouvelant la performance de Tommy deux ans plus tôt. Le critique réputé Robert Christgau donna un "A", soit l'une des plus hautes notes de son système de notation. L'album fut également très bien reçu par Rolling Stone et d'autres ouvrages spécialisés[3].

Certaines chansons, dont Baba O'Riley, devinrent des classiques pour les radios FM américaines, et furent diffusées de nombreuses fois. Cet album a un ancrage très particulier dans la culture populaire ; certains titres servent de bande originale à des films ou à des séries télévisées. Les exemples les plus typiques en sont les séries américaines Les Experts : Miami et Les Experts : Manhattan, dont les génériques sont accompagnés respectivement de Won't Get Fooled Again et Baba O'Riley.

Les opinions des membres du groupe divergent à son sujet : Roger Daltrey estime que Who's Next est, et de loin, le meilleur album jamais enregistré par le groupe[4]. Le chanteur pense que seul Who's Next a su cristalliser la puissance du groupe en concert avec le raffinement du studio. Pete Townshend exprime quant à lui son amertume face à l'échec du projet Lifehouse, qu'il estimait être le pinacle de sa carrière. Ce qui ne peut être discuté, c'est que ce disque représente un des chef-d'œuvre des Who et un album qui marqua durablement son époque ainsi que la sphère de la musique populaire. Par exemple, les synthétiseurs allaient rapidement devenir une composante essentielle de la musique rock ; il convient de se rappeler que les Who furent parmi les premiers promoteurs de ce nouvel instrument. L'année 1971 fut marquée par la parution de nombreux albums de grande qualité : on peut citer Sticky Fingers des Rolling Stones, Led Zeppelin IV de Led Zeppelin, Meddle des Pink Floyd ou What's Going On de Marvin Gaye. Le rock avait atteint une maturité et une envergure stupéfiantes au début des années 1970, et ce fut en partie grâce aux Who et à Who's Next.

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

L'album a été immédiatement reconnu pour le son dynamique et unique. Il est tombé fortuitement à un moment où de grands progrès avaient été faits en ingénierie sonore depuis la décennie précédente, et juste après la démocratisation des synthétiseurs. Le résultat était proprement stupéfiant à l'époque, sans précédent dans la musique rock (bien que mal apprécié par certains fans des Who de l'époque). Cependant, le son agressif de cet album tranche avec des moments de picking à la guitare acoustique ; et le chant arrogant de Roger Daltrey alterne avec des moments plus calmes et introspectifs.

Townshend utilisa les synthétiseurs de différentes manières : comme un effet de bourdon sur plusieurs chansons, comme Baba O'Riley et Won't Get Fooled Again, et, d'autre part, dans un rôle plus délicat, comme dans l'introduction de Bargain ; enfin comme imitateur de sons, comme dans The Song Is Over, où le son ressemble à celui d'une bouilloire en ébullition. Townshend utilisa également un effet appelé Envelope Follower dans la chanson Going Mobile pour moduler le spectre de sa guitare, donnant ainsi un son couinant qui dégénère en gargouillement à la fin du morceau.

L'album débute avec l'innovant Baba O'Riley, avec Townshend au piano et Dave Arbus (d'East Of Eden) au violon. Nommé ainsi en référence à Meher Baba (gourou de Townshend) et Terry Riley (figure incontournable de la musique avant-gardiste), la piste réunit les expérimentations de Townshend sur le synthétiseur et des textures exotiques avec le son hard-rock traditionnel. Autres chansons caractéristiques : la ballade Behind Blue Eyes et la piste finale de l'album, l'épique poids-lourd rock Won't Get Fooled Again.

Pochette[modifier | modifier le code]

Sur la couverture de l'album, les membres du groupe remontent leur braguette après avoir uriné sur un monolithe.

La pochette de l'album montre une photographie, prise à Easington Colliery[5], avec le groupe venant juste d'uriner sur un grand monolithe situé sur un terril. D'après le photographe Ethan A. Russell (qui réalisa par ailleurs le livret de photos de Quadrophenia), la plupart des membres étaient incapables d'uriner, alors de l'eau de pluie fut prise d'une boîte métallique pour réussir l'effet désiré. La photo est souvent prise comme une référence au monolithe découvert sur la Lune dans 2001, l'Odyssée de l'espace, qui parut trois ans plus tôt.

Le groupe était en route, rentrant d'un concert à Sunderland, le 8 mai 1971. John Entwistle et Keith Moon discutaient de 2001, l'Odyssée de l'espace, lorsqu'ils aperçurent des blocs servant à maintenir des terrils, avant de remarquer leur ressemblance avec le monolithe extraterrestre décrit dans 2001. Pete Townshend a dit que c'était une pique lancée contre Stanley Kubrick qui avait refusé de diriger le film Tommy, mais cette information est sujette à caution, le guitariste ayant peut-être plaisanté. D'aucuns prétendent que Lifehouse était une version dystopique de 2001 : L'Odyssée de l'espace, mais cette interprétation semble hasardeuse[6].

Une précédente maquette de couverture montrait des femmes nues grotesquement obèses ; elle a été publiée autre part mais n'a pas servi pour cet album. Un autre projet de pochette montrait le batteur Keith Moon (jamais lassé de ce genre de facéties), habillé de lingerie noire, avec un fouet de corde, et une perruque brune ; elle figure au centre de l'édition en CD. La photo présente au dos de la pochette, représentant les membres du groupe dans une arrière-salle remplie de chaises, a été prise en coulisses à Leicester le 4 mai 1971.

Liste des titres[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites par Pete Townshend, sauf indication contraire.

Album original[modifier | modifier le code]

  1. Baba O'Riley – 5:07
  2. Bargain – 5:34
  3. Love Ain't for Keeping – 2:11
  4. My Wife (John Entwistle) – 3:41
  5. The Song Is Over – 6:16
  6. Getting in Tune – 4:49
  7. Going Mobile – 3:43
  8. Behind Blue Eyes – 3:45
  9. Won't Get Fooled Again – 8:33

Bonus de la réédition de 1995[modifier | modifier le code]

  1. Pure and Easy (version inédite) – 4:22
  2. Baby Don't You Do It (version inédite) (Brian Holland, Lamont Dozier & Edward Holland, Jr.) – 5:14
  3. Naked Eye – 5:31
  4. Water (version inédite) – 6:25
  5. Too Much of Anything – 4:25
  6. I Don't Even Know Myself – 4:56
  7. Behind Blue Eyes (version inédite) – 3:28

Édition Deluxe[modifier | modifier le code]

Disque 1[modifier | modifier le code]

  1. Baba O'Riley – 4:59
  2. Bargain – 5:34
  3. Love Ain't for Keeping – 2:11
  4. My Wife (John Entwistle) – 3:41
  5. The Song Is Over – 6:16
  6. Getting in Tune – 4:50
  7. Going Mobile – 3:43
  8. Behind Blue Eyes – 3:39
  9. Won't Get Fooled Again – 8:38
  10. Baby Don't You Do It (version inédite) (Brian Holland, Lamont Dozier & Edward Holland, Jr.) – 8:21
  11. Getting In Tune (outtake) – 6:33
  12. Pure and Easy – 4:33
  13. Love Ain't for Keeping – 4:06
  14. Behind Blue Eyes (outtake) – 3:30
  15. Won't Get Fooled Again (outtake) – 8:48

Disque 2 (Live au Young Vic Theatre, Londres, 26 avril 1971)[modifier | modifier le code]

  1. Love Ain't for Keeping – 2:57
  2. Pure and Easy – 6:00
  3. Young Man Blues (Mose Allison) – 4:47
  4. Time Is Passing – 3:59
  5. Behind Blue Eyes – 4:49
  6. I Don't Even Know Myself – 5:42
  7. Too Much of Anything – 4:20
  8. Getting In Tune – 6:42
  9. Bargain – 5:46
  10. Water – 8:19
  11. My Generation – 2:58
  12. (I'm A) Road Runner (Bo Diddley) – 3:14
  13. Naked Eye – 6:21
  14. Won't Get Fooled Again – 8:50

Musiciens[modifier | modifier le code]

Reprises[modifier | modifier le code]

Plusieurs chansons de l'album sont reprises dans des séries TV : Baba O'Riley dans Les Experts : Manhattan (générique) et Dr House (saison 1), 1001 pattes ; Won't Get Fooled Again dans Les Experts : Miami (générique).

La chanson Behind Blue Eyes a été reprise par le groupe Limp Bizkit en 2003.

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Who's Next, The Who, 1995, 1971, Pete Townshend, 3–7, livret de l'album, MCA Records, MCAD-11269
  2. Pete's Equipment, Lowrey Berkshire Deluxe TBO-1
  3. Il est d'ailleurs présent dans l'ouvrage Rock'n'Roll, la discothèque idéale - 101 disques qui ont changé le monde de Philippe Manœuvre
  4. Voir DVD sur l'enregistrement de Who's Next, Eagle Entertainment [lire en ligne]
  5. Ville minière du comté de Durham. (en)
  6. Notes sur Who's Next sur Thewho.net [lire en ligne]