Wesley Clair Mitchell

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Wesley Clair Mitchell (5 août 187429 octobre 1948) est un économiste américain connu pour ses travaux empiriques sur le cycle et pour avoir dirigé pendant ses deux premières décennies le National Bureau of Economic Research.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mitchell est né à Rushville, Illinois, second enfant et aîné des garçons d'un ancien docteur de la guerre de Sécession devenu fermier. Très rapidement, il eut à prendre des responsabilités dans sa famille ce qui ne l'empêcha pas d'aller étudier à l'Université de Chicago dont il fut docteur en 1899.

Parmi ses professeurs, les plus notables furent Thorstein Veblen et le philosophe John Dewey. Bien qu'ils eurent une influence sur la pensée de Mitchell ce fut Laughlin (un spécialiste des affaires monétaires opposé à la théorie quantitative de la monnaie) qui dirigea sa thèse. À cette époque, Les États-Unis hésitaient entre une monnaie papier inconvertible, l'or, l'étalon-or et le bimétallismeor/argent.

Mitchell fut : enseignant en économie à Chicago (1899-1903), professeur assistant (1903-1908) puis professeur (1909-1912) d'économie à l'Université de Berkeley, conférencier invité à l'Université Harvard (1908-1909), maître de conférences (1913) puis professeur (1914-1944) à l'Université Columbia. Il est également un des fondateurs de la The New School of Social Research où il enseigna entre 1919 et 1922. À partir de 1920, il travailla pour le National Bureau of Economic Research dont il a été directeur de la recherche jusqu'en 1945.

Mitchell a aussi travaillé pour le gouvernement durant la Première Guerre mondiale. Il a également servi dans plusieurs comité gouvernemental : il a été président du President's Committee on Social Trends (1929–33). En 1923-4 il a été président de l'American Economic Association. À partir de 1941, il a participé à la Foundation for the Study of Cycles.

C'est grâce au National Bureau que Mitchell eut une grande influence. Ses plus importants partenaires furent Arthur F. Burns et Simon Kuznets qui dans son autobiographie reconnait "sa grande dette intellectuelle à Mitchell."

Œuvre[modifier | modifier le code]

Mitchell et la monnaie[modifier | modifier le code]

La thèse de Mitchell portait sur l'histoire des greenbacks (A History of Greenbacks). Il étudiait les conséquences économiques de la monnaie papier inconvertible (les greenbacks) émis durant la guerre de Sécession. Sa thèse fut suivie par une autre étude sur la monnaie : Gold Prices and Wages Under the Greenback Standard.

Mitchell et le cycle économique[modifier | modifier le code]

Le cycle économique, alors un problème important allait occuper Mitchell le restant de sa vie. Son œuvre majeure Business Cycles, est parue en 1913. La préface commence ainsi :

« Ce livre offre une description analytique du processus compliquée par lequel des saisons de prospérité des affaires, de crise de dépression et de renaissance surviennent dans le monde moderne. Le matériau utilisé consiste principalement en données sur les marchés et statistiques concernant les cycles des affaires survenus depuis 1890 aux États-Unis, en Angleterre en Allemagne et en France. »

Pour Milton Friedman « Mitchell est généralement principalement considéré comme un empiriste plus que comme un théoricien ». De fait Mitchell a d'abord fait un travail empirique sur les cycles des affaires et son œuvre au National Bureau of Economic Research a d'abord été empiriste. S'il s'est toujours intéressé à la théorie comme le montrent ses cours sur l'histoire de la pensée économique, pour Moore[1], la théorie endogène des cycles basée sur la dynamique interne du capitalisme est à bâtir.

Mitchell et l'institutionnalisme[modifier | modifier le code]

Selon Mark Perlman[2] « Pour Mitchell l'économie institutionnelle consistait dans l'étude du contexte historique comme la base et l'arrière-plan de l'interprétation des phénomènes économiques (production et distribution).L'étude du contexte historique exigeait de mesurer les variables adéquates ou leur "proxies". La mesure quoique quantitative n'était jamais mécanique; le chercheur devait toujours chercher la signification qui dans la pensée de Mitchell était un phénomène culturel »

Histoire de la pensée économique[modifier | modifier le code]

Mitchell a donné des cours sur « Formative Types of Economic Thought » qui ont été publiés après sa mort. fait aussi des contributions importantes à l'histoire de la pensée économique

Principales publications de Mitchell[modifier | modifier le code]

  • A History of Greenbacks, University of Chicago Press, 1903. ISBN 978-0-548-15056-6
  • Gold Prices and Wages Under the Greenback Standard, University of California Press, 1908. ISBN 978-0-678-00200-1
  • Business Cycles, University of California Press, 1913. ISBN 978-0-8337-2407-6
  • The Making and Using of Index Numbers, Bulletin of the US Bureau of Labor Statistics, 1915. ISBN 978-0-678-00098-4
  • Business Cycles: The Problem and its Setting, New York: National Bureau of Economic Research, 1927. ISBN 978-0-405-07608-4
  • The Backward Art of Spending Money: and other essays, New York: McGraw-Hill, 1937. ISBN 978-0-7658-0611-6
  • Measuring Business Cycles (with A.F. Burns), New York: National Bureau of Economic Research, 1946. ISBN 978-0-87014-085-3
  • What Happens During Business Cycles, New York: National Bureau of Economic Research, 1951. ISBN 978-0-87014-088-4
  • Types of Economic Theory from Mercantilism to Institutionalism, ed. Joseph Dorfman, 2 vols. New York: Augustus M. Kelley, 1967. (Reconstructed from Mitchell's lecture notes). ISBN 978-0-678-00234-6

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geoffrey H. Moore, 2008, Mitchell, Wesley Clair, New Palgrave 2°édition
  • Arthur F. Burns (ed.) Wesley Clair Mitchell: the Economic Scientist New York: National Bureau of Economic Research, 1952. Ce livre contient une bibliographie del'œuvre de Mitchell. Burns a été gouverneur de la Réserve fédérale des États-Unis de 1970 à 1978.
  • Mark Perlman (1992), « Understanding the « Old » American Institutionalism », Revue d'économie politique n°102 (2) mars-avril 1992.
  • Simon Kuznets (1949) Wesley Clair Mitchell, 1874-1948: An Appreciation, Journal of the American Statistical Association, 44, 126-131.
  • Joseph Schumpeter (1950) Wesley Clair Mitchell (1874-1948), Quarterly Journal of Economics, 64,139-155.
  • M. S. Morgan A History of Econometric Ideas, Cambridge 1990. Morgan compares Mitchell's approach to business cycles with both earlier and later approaches.
  • Maucourant J."Wesley Clair Mitchell, critique paradoxal de l'utilitarisme benthamien" 1993, vol. 27, n° 12, p. 171-182.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Moore, 2008, p.627
  2. Mark Perlman, 1992, p.287

Liens externes[modifier | modifier le code]