Walthère Damery

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Walthère Damery

Description de l'image  Damery-portrait.jpg.
Nom de naissance Walthère Damery
Naissance 1614
Liège
Décès 1678
Liège
Activités Artiste-peintre
Maîtres Antoine Durbuto
Mouvement artistique École liégeoise
Mécènes Clergé, privé
Influencé par Pierre de Cortone

Walthère Damery, né en 1614, à Liège (Belgique), et mort en 1678, est un peintre d’histoire, de paysage et de portraits. Sa production, bien que proche de la tendance classicisante du foyer liégeois, témoigne également d’une influence de l’École de peinture de Bologne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit à Liège, à proximité du couvent de Saint-Léonard. Les archives laissent non seulement apparaître une attirance du jeune Walthère pour la peinture mais évoquent également l’existence d’un Simon Damery, parent, selon certains, des Damery qui cultivait tout autant ce goût[1]. Après des études au collège jésuite de Liège, il fut confié à un peintre peu connu, Antoine Durbuto, auteur de quelques tableaux d’autels. Le jeune Damery supplanta le manque de génie de son mentor par une grande ardeur au travail.

En 1639, il se rend en Angleterre, où il ne laissa aucune trace, puis à Rome, où sa présence est attestée dans les « Stati d'anime » en 1643.

Durant son retour, son bateau est arraisonné par des corsaires et il se retrouve captif à Alger. En 1644, après son évasion (ou le paiement d’une rançon), il débarque à Toulon. Il y réalise une majestueuse « Vierge à l'Enfant vénérée par saint Cyprien et saint Honoré », toujours conservée dans la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds de Toulon.

À Paris il est engagé par des pères carmes pour décorer la coupole de leur église, l'Église Saint-Joseph-des-Carmes, première des deux seules coupoles peintes à Paris au XVIIe siècle.

L'artiste liégeois rentre dans sa cité épiscopale vers 1647. Il s'inscrit alors à la corporation des orfèvres (qui reçoit également les peintres). Une quarantaine de tableaux sont actuellement enregistrés. La plupart sont conservés dans des établissements religieux ou des collections privées de la région liégeoise.

Comme d'autres peintres liégeois de son époque, Damery a exercé son talent au profit d’établissements religieux, dans l’élan de la Réforme catholique, se mettant en évidence plus particulièrement pour ses Visions Mystiques.

L’artiste a acquis aussi des lettres de noblesse grâce à des portraits et des paysages au sujet desquels il convient de signaler ceux de membres des familles de Bocholtz et Curtius. Ainsi que d'un plafond à huit caissons (représentant les quatre saisons et les quatre éléments) qui décore une salle de l'ancienne commanderie teutonique d'Alden Biesen.

Style[modifier | modifier le code]

Doué d’un talent précoce, Damery ne put cependant pas se targuer de la même aura que son concurrent, Bertholet Flémal. De l’ensemble de sa production il ressort une certaine orientation baroque italienne et tempérée bien que s’inscrivant dans le mouvement classicisant du foyer liégeois (voir aussi : l’Ecole liégeoise de peinture). Comme la plupart des peintres de la Principauté de Liège, il exerçât son talent au profit des institutions religieuses, dans l’élan de la Contre-Réforme en peignant notamment des retables d’autel. Cependant, les historiens ont découvert tardivement qu’il avait étayé son catalogue de portraits et de paysages délicats. À ce propos huit panneaux allégoriques sur le thème des Saisons et des Éléments destinés à la commanderie teutonique des Vieux-Joncs constituent à ce jour les seuls exemples clairement identifiés de ce genre pictural dans la peinture liégeoise du XVIIe.

« Damery imita, dans ses compositions, la manière du Cortone, son maître, et l'aspect de ses peintures aux Carmes de Paris, permet de juger son talent large et facile. Le sentiment religieux y est bien compris, le ton a de l'harmonie et de la vigueur ; il réussissait particulièrement à peindre les enfants nus que l'on trouve souvent dans ses toiles ; ses fonds de paysage sont exécutés avec beaucoup de talent. Toutefois ses derniers tableaux ne valent pas ceux de sa jeunesse. »

— Ad. Siret, Ad. Siret. Biographie nationale T. IV, pp. 652 et suiv. publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897

Catalogue[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Une rue de Liège, dans le quartier d'Outremeuse, porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Siret et Villenfagne contestent que Simon soit l’oncle de Damery ; ce que Jules Helbig écrit dans son ouvrage
  2. « Notes relatives à la réunion du Collège des Bourgmestre et Échevins de la Ville de Liège du jeudi 27/10/2005, Culture, musées », sur Ville de Liège (consulté le 16 septembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walthère Damery (1614-1678), Catalogue de l’exposition Alden Biesen, centre culturel de la Communauté flamande, 27 juin-30 août 1987, Louvain - Paris, Peters, 1987, xii+225 p.
  • Pierre-Yves Kairis, Foisonnement et diversité : les peintres du XVIIe siècle, in Un double regard sur 2000 ans d'art wallon, La Renaissance du livre, Tournai, 2000, p. 321-341
  • Michel Destexhe, La peinture liégeoise, (article)
  • Ad. Siret, Biographie nationale, publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897.
  • Jules Helbig, La peinture au pays de Liège et sur les bords de la Meuse. Liège, Imprimerie liégeoise Henri Poncelet, 1903.
  • Jacques Parisse, La peinture liégeoise au XXe siècle, paru dans ACTUEL XX, Pierre Mardaga éditeur, page 10 et suiv.
  • Baron Hilarion-Noël de Villenfagne d’Ingihoul, Recherches sur l'histoire de la ci-devant principauté de Liège, Liège, 1817, II, p. 307.

Articles connexes[modifier | modifier le code]