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Oran

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la ville portuaire du nord-ouest de l'Algérie. Pour les autres significations, voir Oran (homonymie).
Oran
En haut, les deux Lions de l'Atlas de l'hôtel de ville (Auguste Cain, 1889), au centre, obélisque de la place du 1er-Novembre (Jules Dalou, 1898), fort et chapelle de fort de Santa Cruz (XVIe siècle), mosquée du Bey Othmane (1792), en bas, vue générale
En haut, les deux Lions de l'Atlas de l'hôtel de ville (Auguste Cain, 1889), au centre, obélisque de la place du 1er-Novembre (Jules Dalou, 1898), fort et chapelle de fort de Santa Cruz (XVIe siècle), mosquée du Bey Othmane (1792), en bas, vue générale
Blason de Oran
Noms
Nom algérien وهـران
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Oranie
Wilaya Oran
Daïra Oran
Président de l'APC Boukhatem Noureddine
2012-2017
Code postal 31000
Code ONS 3101
Indicatif 041
Démographie
Gentilé Oranais(e)
Population 609 940 hab. (2008[1])
Densité 9 530 hab./km2
Population de l'agglomération 1 000 000 hab.
Géographie
Coordonnées 35° 42′ 10″ N 0° 38′ 57″ O / 35.702788, -0.64925635° 42′ 10″ Nord 0° 38′ 57″ Ouest / 35.702788, -0.649256  
Altitude Min. 0 m – Max. 429,3 m
Superficie 64 km2
Divers
Saint patron Sidi el-Houari
Budget 4,8 milliards de DA en 2008[c 1]
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya d'Oran.
Localisation de la commune dans la wilaya d'Oran.

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Oran

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Oran

Oran (en arabe : وهران et oranais, Wahrān وهرن), surnommée « la radieuse » (en arabe : الباهية, el-Bāhia), est la deuxième ville d’Algérie[2] et une des plus importantes du Maghreb. C'est une ville portuaire de la mer Méditerranée, située au nord-ouest de l'Algérie, à 432 km de la capitale Alger, et le chef-lieu de la wilaya du même nom, en bordure du golfe d'Oran.

La ville est située au fond d'une baie ouverte au nord et dominée directement à l'ouest par la montagne de l'Aïdour (ou Murdjajo), d'une hauteur de 420 mètres, ainsi que par le plateau de Moulay Abdelkader al-Jilani. L'agglomération s'étend de part et d'autre du ravin de l'oued Rhi, maintenant couvert.

Fondée en 902 par les Andalous, Oran connaît une succession de dynasties arabo-berbères. Occupée par les Espagnols en 1509, elle est définitivement reconquise en 1792 par le bey Mohamed El Kebir et devient le siège du beylik de l'Ouest. Pendant la colonisation française, elle connait un développement rapide, et devient la deuxième ville d'Algérie. Après l'indépendance, elle demeure la capitale de l'Ouest du pays et le principal centre financier, commercial et industriel[3].

En 2008, la commune comptait 609 940 habitants[1], alors que la population de l'agglomération oranaise était d'environ 1 000 000 habitants[4].

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Oran se trouve au bord de la rive sud du bassin méditerranéen ; elle se situe au nord-ouest de l'Algérie, à 432 km à l'ouest de la capitale Alger. La ville s'élève au fond d'une baie ouverte au nord sur le golfe d'Oran ; elle est dominée à l'ouest par la montagne de l'Aïdour (429 m d'altitude) qui la sépare de la commune de Mers-el-Kébir. Au sud, elle est bordée par les communes d'Es Senia, par le plateau de Moulay Abdelkader al-Jilani (Moul el Meida), et, au sud-ouest, par une grande sebkha. La ville de Bir El Djir constitue sa banlieue est.

Oran, l'Aïdour, le port.
Oran et sa région en 1942.
Communes limitrophes de Oran
Mers-el-Kébir Mer Méditerranée Bir El Djir
Misserghin Oran Bir El Djir
Misserghin, Es Senia Sidi Chami

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : climat méditerranéen.

Oran bénéficie d'un climat méditerranéen[5] classique marqué par une sécheresse estivale, des hivers doux, un ciel lumineux et dégagé[6]. Pendant les mois d'été, les précipitations deviennent rares voire inexistantes, et le ciel est lumineux et dégagé. L'anticyclone subtropical recouvre la région oranaise pendant près de quatre mois. En revanche la région est bien arrosée pendant l'hiver. Les faibles précipitations (420 mm de pluie) et leur fréquence (72,9 jours par an) sont aussi caractéristiques de ce climat.

Données climatiques à Oran.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5 7 8 10 13 17 19 20 17 13 9 7 12
Température moyenne (°C) 10 12 13 15 18 21 24 25 23 18 15 12 17
Température maximale moyenne (°C) 15 16 18 20 22 26 29 30 28 23 20 16 22
Précipitations (mm) 60 50 50 30 20 0 0 0 10 30 60 70 420
Source : Weatherbase, statistiques sur 21 ans[7].
Diagramme climatique
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Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La question de l'approvisionnement en eau a toujours joué un rôle capital car les eaux dont la ville dispose ont toujours été de quantité insuffisante, et sont souvent très chargées de sel[8]. En raison du faible taux de précipitations, les ressources souterraines n'offrent pas à la ville un moyen d'approvisionnement suffisant. En 2002, la wilaya d'Oran est parmi celles d'Algérie qui comptent le moins de forages. Seuls 18 forages en exploitation sont inventoriés[9].

Oran est alimentée en eau par plusieurs barrages notamment ceux du bassin hydrographique de l'Oued Tafna, situé à environ 80 km à l'ouest de la ville[10] et sur le fleuve Cheliff à environ 200 km à l'est de la ville. Ce nouvel ouvrage, entré en fonctionnement en 2009, doit fournir annuellement 110 millions de m3 d'eau pour la wilaya d'Oran[11].

La wilaya d'Oran est également équipée de plusieurs usines de dessalement et prévoit la construction d'une unité à Magtaa d'une capacité de 500 000 m3/jour[12],[13].

La grande Sebkha au sud d'Oran, dans le bassin hydrographique d'Oranie Chott Chergui, est soumise à la Convention de Ramsar[14].Elle est alimentée par un réseau hydrographique complexe venant du Murdjajo au nord et du Tessala au sud. Ce réseau hydrographique fait l'objet de tractations entre les partisans du développement des riches plaines agricoles environnantes d'une part et les défenseurs de l'écosystème d'autre part. La partie septentrionale de la Sebkha a tiré profit de l’expansion et du développement de la ville d’Oran et de son activité industrielle. Celle-ci est maintenant la source d'une pollution importante qui accentue la salinisation de la Sebkha. La partie méridionale est au contraire faiblement exploitée et les infrastructures y sont peu développées.

Le manque d'informations et d'études sur les eaux souterraines et de surface de ce lac ont poussé le Ministère des Ressources en Eau à commander en 2002 une étude globale autour de ce thème[15].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Les flamants roses affectionnent particulièrement la Sebkha d'Oran.

La ville d'Oran ne recèle aucune zone d'intérêt écologique particulier. À ses abords immédiats, l'Aïdour et la grande Sebkha présentent une faune et une flore méditerranéennes caractéristiques.

Les flancs de l'Aïdour sont plantés en pin d'Alep sur une surface de 668 hectares[16]. On y rencontre également des figuiers de Barbarie et des agaves notamment aux abords immédiats du fort de Santa Cruz.

La grande Sebkha est constituée d'une fine pellicule d'eau salée dépourvue de végétation. Cependant, aux environs immédiats de la Sebkha se développe une végétation adaptée au climat sec et à la terre salée de la zone. On y trouve des suæda maritimes, des juncus et de petites touffes de Chamærops humilis. Quelque rares tamaris poussent sur la rive.

Dans la région oranaise, la Sebkha semble être le lieu privilégié des espèces migratrices venant de Gibraltar à l'Ouest. C'est notamment le cas des limicoles, des grues et des flamants roses qui affectionnent particulièrement les zones humides et de très faible profondeur. La présence de flamants roses et de tadornes de Belon est particulièrement développée sur la Sebkha[17].

Topographie[modifier | modifier le code]

La carte d'Oran en 1942 et ses relevés topographiques

Latitude : 35 ° 691′ N - Longitude : O ° 642′ W Altitude moyenne : environ 60 m.

La ville s'étend de part et d'autre du ravin de l'oued Rhi, maintenant couvert, au pied de l'Aïdour et sur une surface d'environ 75 km2[18]. La hauteur de la ville augmente de manière importante une fois passée la zone portuaire. Le front de mer est construit 40 m au-dessus des flots, les falaises de Gambetta culminent à plus de 50 m. La ville monte en pente douce. Elle atteint 70 m sur le plateau de Kargentah, puis 90 m dans la proche banlieue de Es Senia[19].

La ville est essentiellement construite sur un plateau calcaire, le Murdjajo ainsi que ses abords sont fait d'une couche marno-diatomitique recouverte d'une complexe carboné[20].

Variations d’altitude
Lieu dans la ville Altitude
Port 0 m[19]
Falaises 50 m[19]
Kargentah 70 m[19]
Es Senia 90 m[21]
Sebkha 110 m[22]
Aïdour 429,3 m[19]

Transports[modifier | modifier le code]

Local[modifier | modifier le code]

Tramway dans le centre-ville

La ville dispose de moyens de transport limités, qui ne couvrent pas suffisamment les zones suburbaines. L'entreprise ETO (Entreprise du transport oranais) a acquis des bus neufs pour couvrir 70 % de la demande, ce qui reste insuffisant au regard du nombre d'usagers et notamment d'étudiants qui fréquentent les deux grandes universités de la ville.

Cette situation a évolué avec la mise en œuvre du tramway d'Oran. La ligne comporte 31 stations réparties sur 18,7 kilomètres. Ses terminus sont Es-Sénia au Sud, et Sidi Maarouf à l'Est, et la ligne dessert le centre-ville (place du 1er novembre). L'inauguration prévue en 2009 a dû être retardée. Elle a eu lieu le 1er mai 2013[23].

Une ligne de métro serait projetée pour 2014 (voir métro d'Oran)[24].

National et international[modifier | modifier le code]

Les deux principaux moyens de transports pour rejoindre Oran sont l'avion et le bateau. L'aéroport international Ahmed Ben Bella est à 12 km du centre-ville et des ferries assurent des liaisons depuis le port d'Oran vers les villes européennes de Marseille, Sète, Alicante et Almería via les compagnies nationales Algérie Ferries ou la SNCM.

Bien que reliée au réseau marocain, la gare ferroviaire ne dessert que des villes algériennes notamment Alger et Tlemcen. La frontière terrestre algéro-marocaine est actuellement fermée.

En 2010 a été inauguré la plus longue ligne ferroviaire d'Algérie, Oran-Béchar, qui s'étend sur 700 km[25]. Le tronçon Tabia-Béchar a été construit et raccordé au tronçon déjà existant, celui de Oran-Tabia. Avec une vitesse de 160 km/h, ce train permettra un désenclavement des populations de l'Ouest algérien et surtout du Sud-ouest algérien.

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

Arrondissements et quartiers[modifier | modifier le code]

Vue générale d'Oran : La chapelle de Santa Cruz, la statue de la Vierge Notre-Dame du Salut et le port
La mairie d'Oran, construite en 1886.
Article détaillé : quartiers d'Oran.

Oran est divisée en douze arrondissements également appelés « secteurs urbains ». Chaque arrondissement ou secteur a sa propre antenne communale, administrée par un délégué communal élu qui gère les affaires administratives, techniques, politiques et sociales.

Le quartier historique par excellence est Sidi El Houari que l'on appelle aussi « les bas quartiers ». Il est considéré comme « le vieil Oran » et recèle à ce jour l'empreinte des diverses occupations qu'a connues la ville : espagnole, ottomane et française.

Arrondissements d'Oran[modifier | modifier le code]

Les quartiers et arrondissements d'Oran.
Anciennes et nouvelles appellations des arrondissements d’Oran
Arrondissement Ancienne appellation Nouvelle appellation
1    Lamur El-Hamri
2    La Marine Hai Imam El-Houari
3    Protin Es-Saada
4    Saint-Eugène, Delmonte, Les Castors, Petit Lac Al-Maqarri
5    Medioni, Lyautey, Lamur, Saint-Hubert El-Hamri
6    Boulanger, Choupot, Magnan, Sananès El-Badr
7    Carteaux, Point du Jour, Gambetta, Falaises Es-Seddikia
8    Canastel El-Menzeh
9    Miramar, Bel Air, Saint-Pierre El-Emir
10    Maraval, Cuvelier, les Palmiers El-Othmania
11    Cité Petit, Planteurs Bouamama
12    Eckmühl, Saint-Antoine. Muhieddine

-Les anciennes appellations sont les plus utilisées par les Oranais.

Arrondissement historique[modifier | modifier le code]

L'arrondissement de Sidi El Houari est le centre historique de la ville. Il se situe au nord ouest de la ville, le long du Ras el Aïn, sur les flanc du Murdjadjo et donne sur la Méditerranée. Il porte les traces du passage de plusieurs civilisations : espagnole, turque et française. On y trouve des fortifications espagnoles du XVIe siècle, la mosquée du Pacha du XVIIIe siècle, Cadi Boulahbal, saint patron de la ville, y est enterré dans un mausolée (Goubba) édifié en 1793 par le Bey ottoman « le borgne » qui y a également fait construire son palais. Enfin, on peut y voir l'ancienne préfecture française du XIXe siècle boulevard Stalingrad.

Quartier La Calère Basse et La Calère Haute en Espagnol (La Calaira) arrondissements de Sidi El Houari qui est située au pied du Djebel Murdjajo. Ce quartier construit par les Espagnols était un ancien quartier de pêcheurs au centre historique et patrimonial d’Oran détruit en 1980. L’historique d’Oran fait de La Calère le premier quartier d’El Bahia.

Communes périphériques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wilaya d'Oran.

La Wilaya d'Oran porte le numéro 31. Elle compte 25 communes périphériques à Oran qui en regroupent plus de la moitié de la population. Oran est la deuxième ville d'Algérie, mais la plus grande commune pour ce qui est de la population.

Oran capitale économique de l’Oranie.

Agglomération oranaise[modifier | modifier le code]

La métropole oranaise comporte plusieurs communes, dont deux, agglomérées à la ville.

Bir el-Djir constitue la principale ville dans la banlieue immédiate à l'est d’Oran hors des arrondissements. Baptisée Arcole à l'époque coloniale, la commune est située à 8 kilomètres du centre-ville. C'est une ville restée essentiellement agricole jusqu'à la fin des années 1980. Elle accueille aujourd'hui une population de 118 000 habitants, et devient un pôle majeur de l’agglomération oranaise. Elle abrite plusieurs sièges d’entreprises à l'architecture moderniste comme les bâtiments de Sonatrach, le nouvel établissement hospitalier universitaire « 1er novembre 1954 », le Palais des Congrès, des instituts d'enseignement supérieur et la Cour de Justice. On y projette la construction d'un stade olympique de 50 000 places. Bir el Djir comporte également une technopôle, où se trouvent notamment le nouveau siège du Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC)[26] d'architecture andalouse, ainsi que le siège du Centre de développement des satellites (CDS) qui dépend de l'Agence spatiale algérienne[27].

La ville d'Es Senia est également limitrophe d'Oran. Connue sous le nom de La Sénia à l'époque coloniale, elle est située au sud, à 7 kilomètres du centre-ville. Elle abrite l’aéroport international, des zones industrielles ainsi que plusieurs instituts universitaires et centres de recherche comme le Centre d'études maghrébines en Algérie (CEMA)[28]. Elle sera le terminus du Tramway d'Oran.

Officiellement, le développement de l’agglomération oranaise, ou « Grand Oran » (ou encore Groupement Urbain d'Oran - G.U.O[29]), est défini par un plan directeur d’aménagement et d’urbanisme délimité en 1998. Son périmètre est constitué dans les quatre communes d'Oran, Bir el Djir, Es Senia et Sidi Chami[4].

D'autres communes plus éloignées font partie de l'aire d'attraction de la ville, sans toutefois faire partie de l'agglomération. C'est notamment le cas de Aïn-el-Turk et de Mers el-Kébir. La première ville se situe au nord-ouest d’Oran à 15 km du centre d'Oran. Il s'agit d'une station balnéaire qui comprend plusieurs édifices hôteliers et complexes touristiques. Le paysage de cette commune change grâce aux nombreux projets entrepris : réseau autoroutier, stations balnéaires, hôpitaux, etc. À 8 km de cette commune se trouve la station balnéaire des Andalouses.

La commune de Mers el-Kébir se situe au nord-ouest d’Oran à quelque 7 kilomètres du centre-ville. C'est le siège de la marine nationale algérienne, et son port est une importante base navale.

À l'est d'Oran, se trouvent les villages de Canastel, Ain Franin et Kristel.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville, avec les deux lions symboles de la ville depuis 1888 et œuvre du sculpteur français Auguste Cain.

La forme originelle du nom de la ville d'Oran, Wahran, est un toponyme berbère. Etymologiquement, il s'agit du génitif, autrement appelé complément du nom, dont la marque, ici, est le préfixe w, du nom ahr (sing.), ahran (plur.), qui signifie lion[30],[31],[32].Une des formes attestées, Ouadaharan, indiquerait une construction « Ouad + Aharan » (Rivière des lions)[33],[34].

La prononciation du nom tend à se déformer en Wahren comme en attestent diverses chansons[35].

Les derniers lions de cette côte méditerranéenne furent chassés dans la montagne voisine d'Oran dénommée « montagne des Lions », également connue sous les termes « Djebel Kar », le massif des amas de pierres[33]. Le nom français « montagne des lions » laisse penser que des lions y vivaient encore au début du XIXe siècle. Plusieurs épisodes de chasses ont été rapportés, tant par les Espagnols au XVIe siècle[a 1] que par les Français jusque dans les années 1840[a 2]. Les derniers évènements liés à des lions près d'Oran datent de 1939[a 2].

Différentes légendes oranaises lient le nom de la ville avec des lions. Dans la légende mystique, un lion fut aperçu sur la tombe du saint patron Sidi El Hourari[a 3]. Cependant, la tradition attribue le nom de la ville au songe du fils du Vizir de Cordoue :

« On raconte qu'un jeune homme, Djaffar fils du vizir de Cordoue, avait fui par la mer la tyrannie de son père opposé à son mariage avec la femme qu'il aimait. S'ensuit une histoire de tempête, de vision de deux lionceaux, de songes prémonitoires, enfin de naufrage sur une superbe plage déserte qui ne pouvait pas s'appeler autrement, encore de nos jours, que la plage des Andalous[36]. »

— Pierrette Letourmy Aurin

Le nom Oran apparaît pour la première fois dans un portulan génois en 1384[37].

Un village séparé d'Oran et nommé Ifri est signalé sur les cartes jusqu'au XVIIIe siècle[38]. Il est situé contre l'Aïdour au sud d'Oran, dans ce qui est aujourd'hui le quartier des planteurs. Ifri signifie « la caverne »[33] en berbère. Le toponyme est sans doute lié aux nombreux abris dans les collines environnantes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Oran

De très nombreux ouvrages ont été consacrés à Oran, une ville dont les auteurs et chercheurs reconnaissent « le caractère insaisissable ». Beaucoup d'écrivains et d'historiens concluent qu'il faudrait des centaines de livres, peut-être, pour cerner toutes les subtilités d'Oran, ce qui explique la profusion d'ouvrages sur la ville. Certains en racontent l'histoire à travers les siècles et en soulignent l'historicité ; d'autres narrent la vie quotidienne d'Oran et des Oranais[39].

Oran est un lieu de rencontre des cultures, qui conduit à l'effacement des origines. Il y a eu de la place dans cette ville pour toutes les professions de foi, et sans doute l'esprit de tolérance oranais vient-il des épreuves que la ville a endurées à travers les âges. Le dialogue des civilisations s'y est affirmé malgré les drames d'une histoire mouvementée[40].

Oran avant Oran[modifier | modifier le code]

Période préhistorique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Berbères.

Le site d'Oran fut un lieu d'activité humaine préhistorique comme l'ont révélé les fouilles archéologiques entreprises aux XIXe et XXe siècles. Les vestiges de plusieurs occupations humaines et pré-humaines furent découverts en Oranie. Les artefacts d'hominidés à Tighennif près de Mascara remontent à 400 000 ans, ainsi que les occupations de grottes du Cuartel, de Kouchet El Djir et des carrières d'Eckmühl remontant aux époques Paléolithique et Néolithique.

Il y a environ 21 000 ans, le groupe des Ibéromaurusiens voit le jour. À 120 km au sud ouest d'Oran, dans la région d'Oujda, la grotte de Taforalt recèle le plus important gisement connu datant de cette époque. Cette civilisation se maintient et se répand sur l'ensemble du Maghreb avant de se métisser progressivement vers le neuvième millénaire avant notre ère avec les populations capsiennes pour former les ancêtres des Berbères et Touaregs.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Localisation des cités romaines de l'Afrique romaine

L'installation dans la région des Phéniciens dont on peut étudier l'immense nécropole des Andalouses date de la période punique entre le VIe et Ier siècles av. J.-C..

Alors que les Phéniciens avaient choisi la crique de Madagh à l’ouest d’Oran pour y installer leur comptoir, les Romains préférèrent développer le site de Portus Magnus à 40 kilomètres à l’est, sur la ville actuelle de Bethioua[41]. Le port d'Oran ainsi que Mers-el-Kébir étaient connus sous le nom de Portus Divini (Port divin).

La région d'Oran, alors nommée Unica Colonia[42], est réputée pour sa douceur de vivre et sa prospérité[a 4]. De nombreuses statues antiques retrouvées dans l'oranais peuvent être vues au musée Ahmed Zabana. Au IIe siècle, la région voit une immigration juive depuis la Cyrénaïque et l'Égypte à l'instar du reste du Maghreb[43],[44].

La présence romaine induit vraisemblablement l'arrivée de chrétiens comme l'attestent de nombreux restes du IVe siècle dont certains sont visibles au musée d'Oran[a 4]. C'est elle également qui induit l'arrivée tardive des premiers Juifs, qui n'est bien attestée qu'au Bas-Empire, d'abord dans les villes du littoral[43].

Disparition de la Unica Colonia[modifier | modifier le code]

À la chute de l'Empire romain, la ville s'éteint sous les coups de l'occupation vandale en 445, de la reprise de la ville par les Byzantins en 533, de la peste Justinenne à partir de 541, puis de la conquête arabe en 645[45].

Fondation d'Oran[modifier | modifier le code]

Au début du Xe siècle, après plusieurs siècles d'abandon, il ne restait rien du Portus Divini. La situation dans la région est confuse et laisse les criques de cette côte sans aucune juridiction stable, ni aucun contrôle officiel[a 5]. Le royaume Rostemides dominant la région est en proie aux combats contre les Fatimides et aux difficultés internes. Il n'est pas en mesure de défendre ses intérêts.

Pour les pouvoirs en place, la zone presque déserte d'Oran est d'un intérêt secondaire et reste sans contrôle.

D'autre part, les côtes du Maghreb étaient utilisées périodiquement par les marins de Pechina, alors sous domination d'Al Andalous, pour commercer avec le royaume Rostemides, sa proche capitale Tahert[a 6] et la ville de Tlemcen. Peu à peu ces implantations devinrent permanentes. Parallèlement, les émirs omeyyades de Cordoue souhaitaient s’installer sur les côtes africaines. Aux premiers signes de dislocation de l’empire abbasside, les Arabes d’Andalousie, au faîte de leur puissance, choisirent de développer des comptoirs commerciaux sur la côte nord-africaine.

Ainsi Oran fut fondée en 902[46] par les marins Andalous Mohamed Ben Abou Aoun et Mohamed Ben Abdoun et un groupe de marins, appuyés par les émirs de Cordoue[37],[47] et après avoir obtenu le consentement des Nefzas et des Mosguen faisaient partie de la grande tribu berbère des Azdadja qui occupait le Sahel d'Oran selon El Bekri . Ils fondèrent la ville pour commercer avec Tlemcen en développant l'occupation de la baie abritée de Mers el-Kébir.

Dynasties arabo-berbères[modifier | modifier le code]

Peu après sa fondation, Oran devient un objet de conflit entre Omeyyades de Cordoue et Fatimides. La ville est prise et reprise au cours d'un conflit qui durera de 910 à 1082[48]. Dès l'an 1000, la communauté juive est présente et structurée à Oran[b 1]. À cette époque, la valeur stratégique d'Oran dépasse celle d'Alger et de Tlemcen[5]. En 1077, la ville tombe sous le contrôle du fondateur de la dynastie des Almoravides, Youssef Ibn Tachfin, et subit cette souveraineté pendant 68 ans. En 1145, Oran est prise par les troupes Almohades de Abdl al Mumin Ibn Ali déjà victorieuses à Tlemcen, lorsque l'émir almoravide Ibrahim Ben Tachfin et sa favorite Aziza sont tués lors de leur retraite en tombant avec leur cheval du haut d'une falaise de la montagne Murdjajo[a 7], alors qu'ils comptaient rejoindre le port de Mers el-Kébir où ils devaient embarquer pour l’Andalousie[49].

En arrière plan, Bordj El-Mehel (tour des Cigognes), ou Rozalcazar puis Château-Neuf sous les Espagnols et les Français

Sous le règne almohade, la ville connait une longue période de stabilité et de prospérité de plus d'un siècle au cours de laquelle sont développés le port et des chantiers navals[37]. Malgré des persécutions sous les Almohades, la communauté juive se développe, et entre le XIIe siècle et le XIVe siècle, les Juifs de la Méditerranée occidentale commercent avec les Juifs d'Oran[b 1].

L'empire almohade qui domine le Maghreb plusieurs décennies s'émiette peu à peu pour finalement donner naissance à trois dynasties locales : Hafsides en 1230, Zianides en 1235 et Mérinides en 1258. Oran devient Zianide dès 1228, quand elle tombe entre les mains de Yaghmurasen. Plus tard la ville est prise par les Mérinides, et Abou El Hassan vient y résider en 1347[50].

« En moins d'un demi-siècle, dit M. L. Fey[51], Oran passa neuf fois sous différents pouvoirs... Ben-Abbad réussit à se maintenir à la tête du gouvernement oranais, à la condition qu'il se reconnaîtrait vassal du royaume hafside (1437) ». Oran accueille dans ses murs à cette époque, le célèbre Mohammed IX al-Aysar, surnommé le gaucher et quinzième roi de Grenade, obligé de fuir devant ses sujets insurgés. À la mort de Ben-Abbad, Oran obéit aux Zianides de Tlemcen. Sous cette nouvelle domination, Oran jouit d'une grande prospérité ; elle devient le centre d'un commerce très actif et très étendu. Marmo et Alvarès Gomès en rendent témoignage[51]. « L'ivoire, les dépouilles d'autruche, les peaux de bœuf tannées, la poudre d'or, les céréales étaient d'inépuisables sources de richesses pour les habitants, qui excellaient aussi dans la fabrication des étoffes de laine et dans celle des armes blanches. Les Vénitiens, les Pisans, les Génois, les Marseillais et les Catalans achetaient à l'envi ces produits, écoulant par contre des étoffes, des verroteries, de la quincaillerie grossière et du fer. » Oran compte alors 6 000 maisons, des mosquées splendides, de vastes entrepôts commerciaux et de nombreux superbes édifices. Plusieurs édifices remarquables datent de cette époque, comme les fortifications de Mers El Kébir et probablement des donjons du Rozalcazar.

Au XIVe siècle, Oran devient un centre intellectuel[50]. Plusieurs écrivains y séjournent et en vantent les attraits :

Carte des relations commerciales d'Oran au XIVe siècle
  • Ibn Khaldoun : « Oran est supérieure à toutes les autres villes par son commerce. C'est le paradis des malheureux. Celui qui arrive pauvre dans ses murs en repart riche »[52].
  • Al Idrissi : « Wahran est près du bord de la mer, elle fait face à Alméria sur la côte d'Andalousie dont elle est séparée par deux journées de navigation. Marsa El Kébir est un port sans pareil sur tous les rivages de la Berbérie. Les navires d'Andalousie y viennent souvent. On trouve à Wahran, des fruits à profusion. Ses habitants sont des hommes d'action, puissants et fiers »[53].
  • Ibn Khémis : « Les deux villes frontières qui m'ont plu dans le Maghreb sont Oran de Khazer et Alger de Bologhine »[53],[54].
  • Léon l'Africain : « Oran est une grande cité bien fournie d'édifices et de toutes sortes de choses qui sont séantes à une bonne cité, comme collèges, hôpitaux, bains publics et hôtellerie, la ville étant ceinte par ailleurs de belles et hautes murailles »[53].

Lors de la première expulsion en 1391 de juifs d'Espagne, les Séfarades prennent le chemin du Maghreb. En 1492, à la suite du décret de l'Alhambra, Séfarades et Marranes embarquent dans 25 navires au port de Santa Maria à Cadix à destination d'Oran[b 1].

À cette époque, Oran est une République maritime, une cité-État se comportant en principauté détachée du royaume zianide[5]. La ville est en guerre contre les souverains de Tlemcen et les habitants refusent d'avoir un gouverneur au sein de la cité. Ils choisissent chaque année un Juge Souverain ainsi que des assesseurs pour le gouvernement de la ville. Les pouvoirs de la cour de Tlemcen sont limités à la perception de l'impôt[55].

Deux phases d'occupation portugaise de la ville au XVe siècle sont signalées par quelques auteurs: de 1415 à 1437 et de 1471 à 1477[56].

À partir de 1493, Oran accueille un nombre important de réfugiés grenadins chassés par la Reconquista. L'envie de vengeance, de reconquête, et le grand nombre de réfugiés vont faire de la côte algérienne le point de départ d'un grand nombre d'attaques contre l'Espagne chrétienne. Au début du XVIe siècle, les rois catholiques au sommet de leur puissance, vont ordonner en retour l'annexion de nombreux ports d'Algérie.

L'appui militaire ottoman chasse les Espagnols de tous les ports conquis, à l'exception de ceux d'Oran (1509-1708) et de Mers el-Kébir (1505-1792)[57].

Période espagnole[modifier | modifier le code]

Au mois de juillet 1501, quatre ans avant les Espagnols, les Portugais lancent une expédition pour tenter d'accoster sur la plage des Andalouses[58]. L'opération tourna au désastre. Il faut attendre le débarquement de Mers-el-Kébir, en 1505, pour voir l'Espagne s'engager dans la première expédition organisée contre Oran.

Oran compte alors 6 000 feux, soit environ 25 000 habitants. Au lendemain de sa chute, le 17 mai 1509, Oran est désertée de ses habitants et totalement occupée par les troupes espagnoles. « C'est la plus belle ville au monde », s'écrie le cardinal Jiménez de Cisneros après avoir vu la ville qu'il vient d'annexer pour le compte des rois catholiques[a 8]. Cette même année, il fait construire sur les ruines de la mosquée Ibn El Beitar l'église Saint-Louis qui domine la vieille ville.

Lampe nasride pillée d'une mosquée d'Oran par les Espagnols.
Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre).

En 1554, le gouverneur comte d'Alcaudete fait alliance avec le sultan saadien Mohammed ech-Cheikh contre les Ottomans alors installés à Alger, et parvient à maintenir la présence espagnole.

Les Espagnols procèdent à des travaux de restauration de la forteresse destinée à loger les gouverneurs de la ville. « Les fortifications de la place se composaient d'une enceinte continue, surmontée de fortes tours espacées entre elles, du château proprement dit, ou casbah ». Le gouverneur espagnol « établira son quartier général dans ce donjon »[59]. Au XVIe siècle, les Espagnols font d’Oran une place forte et construisent une prison sur un éperon rocheux près de la rade de Mers El Kebir, avant que le marquis de Santa Cruz n'entreprenne en 1563 la construction d'un fort à son nom au sommet de l'Aïdour, baptisé Murdjadjo par les nouveaux maîtres de la ville[60]. En 1568, la ville reçoit la visite de Don Juan d’Autriche.

À partir de 1609, à la suite d'un décret d'expulsion d'Espagne, plusieurs vagues de Morisques débarquent à Oran et beaucoup s'établissent dans les environs[61]. En 1669 c'est au tour des Juifs, traités d'ennemis de la religion, d'être expulsés des quartiers de Ras El Ain et du Ravin Blanc. Certains s'établissent dans la montagne de La Corniche Supérieure.

Malgré ses fortifications, la ville est l'objet d'incessantes attaques jusqu'au pied même des remparts. 1708, le Bey ottoman Mustapha Ben Youssef annexe la ville qui devient pratiquement déserte. Les Espagnols la récupèrent en 1732. Oran retrouve alors pour quelques années une croissance continue qui l'oblige à se développer hors de ses murs. Les remparts sont peu à peu démolis. En 1770, Oran compte 532 maisons particulières et 42 édifices, une population de 2 317 personnes plus 2 821 déportés libres qui vivent du négoce. Entre 1780 et 1783, Charles III d'Espagne propose à l’Angleterre d’échanger Oran contre Gibraltar. Mais en 1790 un tremblement de terre et l'incendie qui s'ensuit font plus de 3 000 victimes et détruisent complètement la ville.

La ville est devenue trop périlleuse et trop onéreuse à reconstruire et à défendre pour le roi d'Espagne Charles IV ; il entame des discussions de plus d'un an avec le Dey d'Alger pour la lui céder. Après un long siège et un nouveau tremblement[réf. nécessaire] de terre qui désorganise les défenses espagnoles, un traité est signé le 12 septembre 1791 et les Espagnols évacuèrent la ville l'année suivante. Le Bey de Mascara Mohamed Ben Othman, dit Mohamed El Kébir, prend possession d'Oran.

Période ottomane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régence d'Alger.
Carte de la baie d'Oran en 1725 d'après le cartographe hollandais Johannes van Keulen

Après une première annexion de la ville entre 1708 et 1730, le Dey d'Alger négocie entre 1790 et 1792 la cession de la ville et en fait la capitale du beylik de l'Ouest jusqu'en 1830 au détriment de Mascara.

Le 8 octobre 1792, il accorde diverses faveurs aux Juifs pour qu’ils se réinstallent à Oran. En 1793 s'achève la construction de la Mosquée du bey Mohamed el Kébir, qui servit de Médersa et de cimetière familial au bey. En 1793 toujours, le bey fait reconstruire le mausolée (Goubba) du saint patron de la ville Sidi El Houari. En 1794, des pèlerins venus de la Mecque apportent une nouvelle épidémie de peste et la ville redevient pratiquement déserte.

En 1796, la mosquée du Pacha, nommée en l'honneur d'Hassan Pacha, dey d'Alger, est construite par les ottomans avec l'argent provenant du rachat des prisonniers espagnols, après le départ définitif de ces derniers.

Colonisation française[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Prise d'Oran et Algérie française.

Occupation de la ville[modifier | modifier le code]

Article connexe : Conquête de l'Algérie.
Armoiries de la ville d'Oran pendant l'administration Française.
Le fort de Santa Cruz, la façade maritime d'Oran, et la montagne des lions.

Le 4 janvier 1831, Le général comte Charles-Marie Denys de Damrémont, chef de l'expédition entre dans Oran qui porte encore les stigmates du tremblement de terre de 1790 qui l'a en grande partie détruite. Le 17 août, le général Faudoas y installe une garnison, dont le 4e bataillon de Légion étrangère et fait de la ville la tête de ligne de la pénétration du Sud Oranais. Un premier recensement de 1831 indique que la ville compte 3 800 habitants dont 3 531 juifs formant une écrasante majorité. Les premières mesures de l'administration militaire sont de raser les habitations qui masquent la vue à l'Est entre Château Neuf et le Fort Saint Philippe, puis au coteau du Ras El Ain pour réduire les risques d'embuscades.

À partir du 17 avril 1832, des combats sporadiques éclatent entre les troupes de la garnison, sous les ordres du général Boyer et des rebelles commandés par Mahi el Din et son fils Abd el-Kader. Le 11 novembre une attaque de grande envergure est repoussée par la garnison commandée par le chef de bataillon Cros Avenas. Des tribus de la région de Mascara proclament Abd El Kader, fils de Mahi el Din, leur sultan, à 24 ans; il dirige le soulèvement contre la conquête coloniale française.

Dès 1834, celui-ci commence son œuvre avec le traité Desmichels, puis étend son emprise lorsqu'en mai 1837 le Traité de Tafna lui reconnaît le titre d’Émir et consacre son autorité sur la majeure partie des provinces algéroises et oranaises, aux exceptions des villes d'Oran, Mostaganem et Arzew. Abd El Kader groupe ses territoires, assied sa puissance politique et unifie administrativement les populations dans un sens égalitaire et populaire contre les Français.

Le 31 janvier 1838, la ville est érigée en commune de plein exercice.

Développement et peuplement[modifier | modifier le code]

Place du 1er novembre (ex. Place d'armes) avec l'obélisque et la Gloire Ailée (Jules Dalou) datant de 1898 et commémorant Sidi-Brahim (1845).

Entre 1841 et 1847, le général Lamoricière réorganise la ville par la création de quartiers (village nègre, ville nouvelle), le déplacement de populations autochtones, puis l'adaptation de la ville à la politique de colonisation de peuplement. C'est ainsi qu'Oran voit une vague d'immigration européenne : 47 300 Français venus d'Alsace, des Vosges, du Dauphiné et du sud de la France, 31 000 Espagnols, 8 800 Maltais, 8 200 Italiens et 8 600 Suisses et Allemands. La ville est décimée par une grave épidémie de choléra (du 11 octobre au 17 novembre 1849, 1 817 décès sont déclarés à l’état civil) avant de recevoir dix ans après une vague de migrants juifs de Tétouan.

Devant la rapide croissance d'Oran le développement d'un port adapté à l'envergure de la ville est décidé. Les premiers travaux commencent en 1848. Ils ne finiront que lors de la décolonisation, en 1962, et donnent son aspect actuel au port.

L'empereur Napoléon III séjourne en 1865 à l'Hôtel de la Paix[b 2] et offre la nationalité française aux Juifs et Musulmans, ainsi qu'aux étrangers justifiant de trois années de résidence en Algérie[62]. Ce décret provoque des résistances parmi les colons et il faudra attendre le décret Crémieux du 24 octobre 1870 pour permettre à 37 000 Juifs d'Algérie de passer du statut de sujet français à celui de citoyen. Comme en métropole, Oran suit à cette période le développement de l'antisémitisme politique.

L'Hôtel de ville d'Oran et les deux lions de bronze datent de la Troisième République. La construction débutée en 1882 fut achevée en 1888 avec la pose des deux statues animalières du sculpteur Auguste Cain (1889). Dix ans plus tard, un monument commémorant la bataille de Sidi-Brahim (1845) fut érigé en face de l'Hôtel de ville. Situé sur la Place d'armes (rebaptisée Place du 1er novembre à l'indépendance en 1962), le monument comporte un obélisque de 8 m de haut surmontée d'une Gloire Ailée, allégorie du sculpteur français Jules Dalou (1898)[63].

Tournant du siècle[modifier | modifier le code]

À partir de 1890, la ville connait une croissance continue. La ville dépasse les 100 000 habitants au changement de siècle. À l'étroit à l'intérieur de ses remparts, elle sort de ses limites, se développe sur le plateau vers Karguentah. De nombreux faubourgs se créent : Saint-Antoine, Eckmuhl, Boulanger, Delmonte, Saint-Michel, Miramar, Saint-Pierre, Saint Eugène, Gambetta. Elle devient le lieu d'une activité intense :

  • dans les jardins de l’orphelinat de Misserghin, le frère Clément crée la clémentine en 1892 ;
  • en 1930, le port d’Oran dépasse en tonnage celui d’Alger ;
  • entre 1930 et 1932, plusieurs records aériens mondiaux de durée et de distance en circuit fermé sont établis sur l'aérodrome d'Es Senia.

Oran est la cinquième ville de France[a 9]. L'immigration espagnole y a été très importante au XIXe siècle en provenance de la région d'Alicante, de Valence et de Murcie[64] et a laissé des traces dans la villes avec les arènes d'Eckmuhl. En 2014, les vieux Oranais, au lieu de dire dinar, disent duro, pour parler de leur monnaie. Des républicains espagnols émigrent également à Oran pendant la guerre civile espagnole (1936-1939). Parmi les Européens d'Algérie célèbres originaires d'Oran, il faut citer Emmanuel Robles, qui est l'auteur de Saison violente[65]. Comme le premier homme de son ami Albert Camus, il s'agit d'une quête du père, référent majeur dans la culture hispanique alors que la mère est la gardienne des traditions.

Débarquement des troupes américaines à Oran.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seconde Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale Oran est le lieu de plusieurs évènements majeurs. Le 3 juillet 1940 a lieu la bataille de Mers el Kebir. Une escadre britannique attaque une escadre française au mouillage. Cette canonnade entraîne la perte du cuirassé Bretagne. Le croiseur de bataille Dunkerque, le cuirassé Provence et le contre-torpilleur Mogador sont mis hors de combat. Ce combat cause la mort ou la disparition de 1 297 marins ainsi que 351 blessés.

Le 8 novembre 1942, se déroule à Alger, Casablanca et Oran, l'opération Torch. Après 2 jours de durs combats entre les forces de Vichy et les alliés, dont la supériorité en hommes et en matériels est écrasante, Oran capitule le 10 novembre. Le même mois, les Américains débarquent dans la baie, point de départ de la Campagne de Tunisie puis de celle d'Italie.

En 1942, les habitants de l’Est d’Oranie fuient en masse vers la ville d’Oran. La ville incapable de les accueillir devient insalubre, et les migrants sont surnommés Chéragas[66]. En 1943, le café El-Widad est créé par un groupe de militants nationalistes en plein centre-ville européen. Cet établissement va jouer un important rôle dans le développement du patriotisme algérien. Au fil du temps, il devient un centre de regroupement des différentes tendances représentatives des partis indépendantistes de l'époque.

Après guerre et prémices de la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Après les Massacres de Sétif et Guelma, le 8 mai 1945, les familles oranaises adoptent des orphelins venus de l’est du pays. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, et à la veille de la guerre d'Algérie, Oran est démographiquement la ville la plus européenne de l'Algérie ; c'est aussi celle où la population d'origine espagnole a la plus forte prépondérance numérique. En 1948, la ville compte 352 721 habitants. La population oranaise originaire d'Espagne est estimée à 65 % du total des Européens, eux-mêmes plus nombreux que les musulmans[67].

En mars 1949, Ahmed Ben Bella et Hocine Aït Ahmed, responsables du PPA, préparent depuis « l'hôtel de Paris » le cambriolage de la poste d’Oran. Ce vol rapporte 3 070 000 francs et sert de trésor de guerre initial au FLN.

Quant à la population de la ville, selon Benjamin Stora :

« Il serait erroné de considérer ceux que l’on appellera plus tard les « pieds-noirs » comme un « peuple » homogène. Très souvent, par leur situation sociale, ils se heurtent à une couche sociale constituée de gros propriétaires fonciers. Mais en dépit de ces oppositions, ils sont unanimes, et particulièrement à Oran, où ils sont majoritaires, à défendre leurs privilèges, qui rendent le plus petit fonctionnaire français supérieur à n’importe quel Algérien musulman. Leur unité est due à une peur commune de la majorité musulmane[68]. »

Si la troisième république excluait de la politique les « indigènes »[69], ce statut est aboli en trois temps par la Quatrième République qui leur reconnait pleinement l'accès à la nationalité le 7 avril 1946, puis impose l'année suivante l'égalité politique et l'égal accès aux emplois du service public. Bien que l'application de la loi ne soit pas complète[70], la situation politique évolue avec l'élection de députés « indigènes » à Oran. Une des figures les plus importante est Chérif Sid Cara, député Oranais qui devient sénateur, secrétaire d'état, puis coprésident du comité de salut public algérien avec le général Massu.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Algérie.
Larbi Ben M'Hidi, commandant de la wilaya d'Oran

Le 1er mai 1952 des émeutes troublent la tranquillité de la ville.

« En 1954, la droite et la gauche se disputent ainsi comme dans n’importe quelle grosse ville française. Sans vraiment prêter attention à l’électorat "indigène". »

— Benjamin Stora[71]

Le 1er novembre 1954 marque le début officiel de la Guerre d'Algérie. Larbi Ben M'Hidi commande la Wilaya v qui englobe toute l'Oranie. À cette époque le FLN dispose de 50 à 60 hommes dans l'Oranie[72]. Il laisse le commandement de la Wilaya à Boussouf au début de l'année 1957[73]. Ahmed Zabana fut désigné responsable de la zone de Zahana (Saint Lucien) 32 km dans la banlieue d'Oran. Il est chargé de préparer la révolution avec le nécessaire en hommes et munitions[74]. Le 8 novembre 1954, dans les environs d'Oran se déroule la bataille de Ghar Boudjelida à El Gaada 40 km dans la banlieue d'Oran, au cours de laquelle Ahmed Zabana est capturé après avoir été atteint de deux balles. Il est incarcéré à la prison d'Oran, puis transféré à la prison Barberousse (Serkadji) avant d'être exécuté le 19 juin 1956[75]. Il fut le premier condamné à mort de la Guerre d'Algérie[76]. Deux ans plus tard, Cheriet Ali Chérif est le dernier combattant à être exécuté par la guillotine.

Le 26 juin 1956, le 14e R.C.P. de Toulouse débarque à Oran. La flotte basée à Mers el Kebir participe à l'interception de plusieurs cargaisons d'armes livrées depuis le bloc soviétique, notamment à l'arraisonnement de l'Athos le 16 octobre 1956[72]. Lors de la visite du général de Gaulle en Algérie, entre le 9 et le 13 décembre 1959, les violentes manifestations dans la ville provoquent plusieurs morts. Le « non » au référendum de 1961 sur la paix en Algérie provoque un état de siège. Des incidents fomentés par le FLN éclatent à Oran. Ils font 25 morts. Les Européens quittent les quartiers musulmans.

Dans la ville à majorité européenne, l'OAS est particulièrement violente et s'attaque à la population d'Oran y compris les Européens en désaccord avec elle. La ville est l'ultime refuge de l'organisation. En décembre 1961, elle tue le colonel Rançon, chef du 2e Bureau d'Oran. Alors qu'en 1962 les Français ont accepté par référendum le principe de l'autodétermination de l'Algérie, les affrontements entre musulmans et Européens éclatent à Oran. Le 13 janvier 1962, un commando OAS exécute 3 membres du FLN dans la prison d'Oran, le lendemain, 4 fugitifs sont assassinés[77].

Au printemps et durant l’été, les Européens et les Musulmans pro FLN se livrent aux pires horreurs de la guerre d’Algérie : de sanglants combats opposent les forces de l’ordre et les membres de l’OAS. Le 26 juin, ces derniers incendient le port d'Oran et font exploser 2 voitures piégées dans les quartiers musulmans. On déplore 23 morts et 32 blessés. Le mois suivant, des incidents entre l'OAS et les forces de l'ordre éclatent en marge de l'arrestation du chef de l'organisation en Oranie, le général putchiste Edmond Jouhaud. Quatre jours plus tard, cette organisation tente de soulever les Européens pour chasser les Algériens d'Oran. Fin avril, une bataille éclate entre les gendarmes et l'OAS. Le 14 juin, le général Ginestet et le médecin-colonel Mabille sont assassinés. Trois jours plus tard, l'OAS capitule à Oran[72].

L’historien algérien Saddek Benkada estime le nombre des victimes civiles algériennes de l'OAS à 859, entre le 1er janvier et le 30 juin 1962. Le 28 février 1962, au mois du ramadan, une explosion simultanée de deux voitures piégées, dans le quartier musulman de Medina Jdida fait 78 morts, sans compter les corps non identifiables[78].

Indépendance[modifier | modifier le code]

Le 5 juillet 1962, alors que toute l'Algérie fête son indépendance, un drame se déroule à Oran, c'est le massacre d'Oran[79]. La foule se lance dans un massacre vengeur d'occidentaux. Le général Katz refuse d'intervenir. Le lieutenant Rabah Kheliff, musulman de 29 ans à la tête de 300 soldats, pose un ultimatum à un détachement de l'ALN et réussit à libérer 400 des Européens retenus en otage. Condamné à mort par le FLN, il se réfugie en France[80],[81].

Les accords d'Évian prévoient la location de la base navale de Mers El-Kébir et de ses annexes militaires pour 15 ans. Elle sera rétrocédée en 1967.

Des émeutes de la faim éclatent le 7 janvier 1964 à Oran. Plusieurs centaines d'Oranais manifestent contre le chômage, la vie chère et la rareté des produits alimentaires. A coups de barres de fer, de pavés et de chaînes de vélo, ils affrontent les forces de police. Quelque 300 manifestants sont appréhendés et aussitôt déférés devant deux tribunaux spéciaux[82].

Le 17 juin 1965, Oran abrite le match amical du siècle opposant l'Algérie au Brésil, joué au Stade Ahmed-Zabana devant 60 000 spectateurs. Ahmed Ben Bella, le premier Président de la république algérienne, et ancien joueur de l'Olympique de Marseille, est présent.

Durant les années 70 l’industrie pétrolière s’est installée à Arzew. Les autorités de l'époque détournent une partie des eaux du barrage de la Tafna vers la zone industrielle et le port d’Arzew situé à 50 km de la ville d’Oran pour assurer les exportations de pétrole et de gaz, privant la capitale de l'Ouest algérien d'une grande quantité d'eau douce.

Au début des années 80, les autorités ont démoli illégalement le quartier de La Calère (La Calaira en espagnol). C'était un quartier situé au pied du Murdjajo et construit par les Espagnols lors de leur présence dans la ville. Cet ancien quartier de pêcheurs du centre historique et patrimonial d’Oran était considéré comme le plus ancien quartier d’El Bahia.

La quasi-totalité des grandes salles de cinéma ferment leurs portes. C'est le cas de « l'Empire », « l'Escurial », « le Régent », « le Colisée », « le Balzac », « le Lynx », « le Club » et « le Century ». Les cinémas des quartiers subissent rapidement le même sort. Ils sont tous fermés et convertis à des activités artisanales et commerciales. C'est le cas des cinémas de quartier « Le Mondial » (Choupot), « Luxe » (Lamur), « Magique » (Saint-Antoine), « Lido » (Gambetta), « capitole » (Boulanger), « Alcazar » et « Olympia » (Saint-Eugène), « Studio » (Saint-Pierre).

Monument aux morts d'un attentat de l'OAS à la place populaire Tahtaha dans le quartier Mdina Djdida
Article détaillé : Guerre civile algérienne.

Le début des années 90 voit une vie politique dominée par les conservateurs religieux. La victoire du FIS en décembre 1991 au premier tour des élections législatives, puis l'annulation du scrutin au lendemain du vote, mèneront à des manifestations politiques de toutes tendances à Oran comme dans le reste de l'Algérie.

À partir de 1992 débute une longue période de violences. Elle oppose l'État aux ultra-conservateurs religieux qui forment des groupes armés. Oran est relativement préservée de ces violences qui déchirent le pays. Elle verra néanmoins certains de ses célèbres citoyens tués à cause de l'intolérance : Abdelkader Alloula, considéré dans tout le Maghreb comme l'un des plus populaires dramaturges, est assassiné le 10 mars 1994 ; le 29 septembre de la même année, Cheb Hasni, Roi du Raï, est à son tour la victime de terroristes.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Population totale[modifier | modifier le code]

À la veille de la colonisation française, il y avait à peine 18 000 habitants à Oran et dans ses faubourgs. Alors que, pendant ses périodes fastes, la ville ne semble pas avoir accueilli plus de 30 000 habitants[b 3], la population oranaise double ce chiffre seulement 50 ans après l'arrivée des Français. Moins de 70 ans après le début de la colonisation, Oran passe le cap des 100 000 personnes pour devenir la cinquième ville française. Une grande partie des européens installés à Oran sont en réalité d'origine espagnole[83]. Au début du XXIe siècle, elle est l'une des grandes agglomérations du Maghreb et se rapproche régulièrement de 1 000 000 d'habitants intramuros.

Depuis 1831, la population ne connait qu'une seule phase de contraction importante : lors de la guerre d'Algérie, après les accords d'Évian, la population européenne abandonne la ville. La moitié d'Oran se retrouve alors désertée et les logements laissés vides sont rapidement réinvestis après l'indépendance.

Population de la commune d'Oran de 1831 à 2010
1831 1876 1886 1896 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1948 1953 1954
18 000 45 640 63 929 80 981 101 009 118 023 138 212 145 183 187 981 217 819 352 721 415 299 299 008[84].
1955 1960 1966 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010
286 000 305 000 326 706[84] 385 000 466 000 537 000 604 000 647 000 675 000 706 000 765 000 852 000
Recensements avant 1955[b 3] ; recensements à partir de 1955[85].

Évolution des populations à Oran[modifier | modifier le code]

Évolution de la population à Oran. On note clairement la période de la guerre d'Algérie en 1954

Dès 1832 la ville est très majoritairement européenne. Le recensement de 1921 compte 138 212 habitants dont 20 059 Algériens et 118 153 Européens, soit plus 85 % d'Européens.

Conséquence de la loi d'immigration de 1889, la population augmente rapidement. Quarante ans après, en 1961, le chiffre total de la population passe à 433 000 personnes. Mais alors que la population européenne a à peine doublé, augmentant à 213 000 personnes, la population algérienne est multipliée par onze en passant à 220 000 personnes. Si Oran reste en 1954 la plus européenne des villes d'Algérie avec 64,5 % de sa population européenne dont une majorité d'Espagnols, elle attire les populations du Sud. En 1961, le rapport de force démographique est légèrement inversé en faveur des populations algériennes et Oran doit sa croissance démographique beaucoup plus aux Algériens, qui ont récupéré les maisons abandonnées par les Européens[86].

À la veille de la guerre d'Algérie Anne-Marie Duranton-Crabol[87] affirme que « Oran était donc une ville européenne. », suivant en cela Benjamin Stora[88]. Ce rapport démographique explique selon elle la forme particulière que revêtit ici la violence de la guerre d'Algérie. Michel Coquery note qu’« Oran […] s’était crue longtemps une ville seulement européenne. En moins de vingt ans, elle est devenue une ville où la population musulmane est plus nombreuse que celle de Constantine »[89]. Ses estimations contredisent les idées reçues.

Le début de la guerre d'Algérie provoque le départ de 200 000 Européens, les populations investissent la ville coloniale ; c'est la fin d'une dualité de la population oranaise. Dans un premier temps, l'appropriation est seulement physique et démographique[90].

Population actuelle[modifier | modifier le code]

Origine de la population actuelle[modifier | modifier le code]

Une étude en 2007[91] sur un échantillon de 102[92] individus a été effectuée et révèle que les populations algériennes et oranaises étaient pour plus de 78 % d'origine berbère ou moyenne-orientale. La dualité de la population de l'époque coloniale n'existe plus.

Origines berbères Moyen-Orient européen Sub-Saharien Non classés Total
pourcentage de la population 50,9 % 27,4 % 12,8 % 7,8 % 1,1 % 100 %

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Autres points notables[modifier | modifier le code]

Le taux le plus faible de consanguinité en Algérie, a été enregistré à Oran avec un taux de 18,5 %[93].

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires d'Oran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires d'Oran.

Le premier d’entre est Benabdallah, nommé directement après l’indépendance en juillet 1962. Une année après, le 18 juin 1963, Boudraâ Bel Abbès l’a remplacé. Le quatrième président de la délégation spéciale que la mémoire de ses collaborateurs retient encore est Seghier Ben Ali. Il a été précédé par Brahim Tayeb Mokhtar, dont le règne n’a duré que quelques mois. Le 20 juillet 1965, Seghier Ben Ali a été installé. Il sera deux ans plus tard élu comme premier maire de la ville d’Oran.

Économie[modifier | modifier le code]

Tableau général[modifier | modifier le code]

Palais des congrès, à l'Est de la ville

Oran est un pôle économique important, comme le démontre l'organisation de cinq manifestations d’envergure mondiale en l’espace de 18 mois (2009-2010)[94] ; notamment la 16e Conférence et Salon International sur le Gaz Naturel Liquéfié (GNL16), et se sont tenus entre le 18 et le 21 avril 2010[95].

La ville jouit d'une grande attractivité économique et industrielle. La capitale de l'Ouest attire beaucoup d'investisseurs et d'hommes d'affaires, elle occupe une place de choix sur l'échiquier économique national. C'est un pôle d'attraction économique et industriel comprenant pas moins de trois zones industrielles : celle d'Arzew avec 2 610 hectares, de Hassi Ameur avec 315 ha et celle d'Es Sénia avec 293 ha. Elle dispose par ailleurs de 21 zones d'activité réparties à travers cinq communes[49].

Secteurs d'activité[modifier | modifier le code]

Après l'échec du modèle socialiste et des industries industrialisantes l'Algérie a changé de système économique en 1988 pour aller vers l'économie de marché. Cette mutation a favorisé l'investissement privé dans une économie d'État planifiée depuis 1962.

Le secteur secondaire occupe une place essentielle dans le paysage économique oranais. L'industrie pétrochimique, ses dérivés énergétiques et plastique dominent le paysage économique. La présence d'hydrocarbures a permis le développement d'industries consommatrices d'énergies comme l'industrie sidérurgie et celle des matériaux de construction. Quelques autres secteurs sont bien représentés : les industries textile et agro-alimentaire. Dans ces activités le secteur public reste en monopole dans la plupart des domaines. Le secteur privé n'étant représenté que dans la plasturgie, l'agro-alimentaire, ainsi que dans les industries du bois et du papier.

Si le secteur secondaire reste important et largement dominé par le secteur public, le secteur tertiaire est en croissance rapide et est essentiellement le fait d'acteurs privés.

La ville est également un haut lieu touristique. De nombreux touristes viennent découvrir ou redécouvrir cette cité méditerranéenne. « Rien n'est plus beau, rien n'est plus significatif pour celui qui aime du même amour l'Afrique et la mer Méditerranée que de contempler leur union du haut de Santa Cruz...Ce tas de monnaies blanches jetées au hasard, c'est Oran ; cette tache d'encre violette c'est la Méditerranée ; cette poussière d'or sur un miroir d'argent, c'est le sel de la plaine à travers le soleil »[45]. Oran n'a pas perdu de son charme, depuis l'époque où Jean Grenier a couché ces mots sur du papier.

L'agglomération d'Oran compte quinze[96] Zones d'Expansion Touristique (ZET)[97].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Patrimoine architectural et urbanisme[modifier | modifier le code]

Paysage urbain[modifier | modifier le code]

Vue sur Oran depuis les hauteurs occidentales de la ville

Si le quartier historique mêle les architectures espagnole, turque et française, le plateau de Karguentha, avec ses immeubles hausmaniens et son front de mer inspiré de celui de Nice est représentatif de l'architecture française.

Au lendemain de l'indépendance, les plans d'équipement des communes, le plan triennal et le premier plan quadriennal ont eu très peu d'influence sur l'extension et l'urbanisation de la ville vidée de la majorité de ses habitants. L'administration achève les programmes du plan de Constantine et reconvertit quelques espaces militaires en bâtiments universitaires.

Avec le deuxième plan quadriennal, le PMU en 1975 et le PUD en 1976, l'urbanisation prend un nouvel essor. Ces développements se font dans la continuité des plans d'urbanisation coloniale. Ils conservent les mêmes formes et les mêmes axes. En conséquence, les résultats se situent dans la lignée des villes françaises à la même époque. De 1978 à 1991, l'extension d'Oran est marquée par l'urbanisation de la deuxième couronne en 1986, la construction des ZHUN et de quelques lotissements.

La ville bloquée par l'Aïdour à l'ouest continue de s'étendre à l'Est. L'absence de planification urbaine provoque la paupérisation et l'exclusion des quartiers ouest (Planteurs, Ras El Ain et Sidi El Houari). Le tissu urbain historique dépérit. L'agglomération se développe autour des villes coloniales récentes comme Alberville, Fernanville ou Bir El Djir.

La pression démographique constante entraîne un important déficit de logements. Les programmes locaux se sont avérés nettement sous-dimensionnés. Dans le cadre du programme présidentiel du million de logement, la commune d’Oran a acquis un important parc de nouveaux logements et a pu loger ou reloger des familles vivant dans des logements insalubres ou précaires (Raz el Aîn, Planteurs). Ce programme reste toutefois très insuffisant au regard de la surface d'habitat précaire d'Oran. Bloquée par l'Aïdour, la ville se développe vers l’est. À l’ouest, le quartier de Sidi El Houari bénéficie d'un plan de sauvegarde du bâti historique. Ce plan concerne les parties historiques et les monuments du quartier, au détriment du bâti résidentiel, ainsi que les vestiges archéologiques[98].

En 2008, les routes, les voiries et l'infrastructure en général sont sous-dimensionnées par rapport à la population de la ville et souffrent d'importants manques d'entretien et d'investissements. Un programme de réhabilitation et d'investissement a été lancé.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Dans une ville où le mélange des religions a longtemps été la norme, il est naturel de rencontrer des lieux de cultes variés. Oran compte des édifices pour les trois religions du livre. Des trois mosquées historiques, deux sont situées dans le vieux quartier Sidi El Houari. La mosquée du Pacha a été construite en 1797 sous le règne du bey Mohamed El-Kèbir sur ordre de pacha Baba Hassane, et la mosquée Sidi el Houari en 1799[99]. Quant à la mosquée du Bey, qui fut construite en 1793, hors de la ville, sur le plateau de Karguentah[100], elle est située Bd. de Tripoli dans le quartier "El Emir"[101].

Les deux principaux lieux de cultes chrétiens sont la cathédrale et la Chapelle Santa Cruz. La cathédrale d'Oran de style romano-byzantin, fut édifiée de 1904 à 1913. Son grand orgue Cavaillé-Coll-Mutin fut inauguré le 3 février 1918[102].

La chapelle de Santa Cruz fut construite en 1850 en contrebas du fort de Santa Cruz, après l'épidémie de choléra de 1849 qui avait fait plusieurs centaines de victimes. Elle est dédiée à la Vierge (Notre-Dame du Salut). La statue originale de la Vierge rapatriée en 1962 est dans une chapelle construite dans une grotte à Nîmes.

Enfin, la grande synagogue fut construite entre 1880 et 1917 sur le plateau Kargentha.

Il est à noter que la cathédrale fut transformée en bibliothèque en 1983. En 1975 la synagogue devient la mosquée Abdellah Ben Salem, du nom d'un un riche juif médinois converti à l'Islam. Enfin les offices à la chapelle Santa Cruz sont anecdotiques.

Les Saints patrons et mausolées[modifier | modifier le code]

La ville d'Oran compte plusieurs saints patrons auxquels sont dédiés des mausolées ((ar) koubba) et dont le plus célèbre est Sidi El Houari dans le vieux quartier qui porte son nom (anciennement appelé La Casbah). Le mausolée est reconstruit en 1793 par le bey ottoman appelé le borgne.

L'imam Sidi El Houari, de son vrai nom Mohammed Ben-Omar El houari est né en 1350 dans le village Sour près d'Aïn Tedles dans la wilaya de Mostaganem. Il s'installe à Oran dès son jeune âge. Il décède le 12 septembre 1439 et sera enterré, selon ses vœux, avec son disciple et non moins compagnon Sidi Saïd à El-Ammria à l'ouest d'Oran.

La koubba dédiée à al-Jilani Moul El Meida aurait été édifiée en 1425 par l’un des disciples d'Abou Madyane, Saint réputé de Tlemcen, qui mourut subitement avant d’arriver à l’oued Isser. Les disciples de Abou Madyane auraient installé sur les hauteurs de petites koubbas, principalement dans la région d’Oran, en souvenir de leur professeur et imam éminent Abdelkader al-Jilani, enterré à Bagdad.

Les saints patrons de la ville sont référencés dans la liste déroulante suivante:

Les vieux cimetières d'Oran[modifier | modifier le code]

Parmi les cimetières de la ville d’Oran, on cite celui de Sidi El Ghrib au quartier les Planteurs (Haï Si Salah) qui est le lieu d’enterrement des musulmans, il est l'un des plus anciens. Il existe aussi le cimetière privé de Sidi Fillali au quartier les Planteurs (Haï Si Salah). Ce cimetière ne recevait que les familles oranaises de souche. On peut citer le petit cimetière très discret des Mozabites au quartier de Ras El Aïn.

Le cimetière de Sidi El Bachir au quartier Plateaux ex:Saint Michel est l'un des plus anciens mais qui n'existe plus, El Melh au quartier Lyautey (El Hamri)et Moul-Douma dans le quartier Ras El Aïn (Bouamama) qui a été fermé au profit du Cimetière Aïn El Beïda.

L'administration coloniale française a réservé dans le domaine des Bendaoud au quartier Sananés un cimetière qui abrite les tombeaux de Mustapha Ben Ismail ami de la France (tué par les troupes de l'émir Abdelkader), chef de la tribu des Douairs, et de Benaouda Mazari, chef de la tribu des Zmalas.

Il existe à Ras El Aïn l'un des plus anciens cimetières du XVIe siècle qui date de l'occupation espagnole classée site historique dénommé "cimetière des concessions dit des cholériques. Un autre cimetière chrétien qui se trouve à proximité du quartier Lamur (El-Hamri), aussi celui d'un cimetière israélite près de Médina Jedida et Le cimetière Américain militaire au quartier Petit Lac (Hai Daya).

Autres lieux notables[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hôtel de ville d'Oran.

Le théâtre, ou opéra municipal[modifier | modifier le code]

Un petit théâtre[103], situé sur la place de l'Hôtel de Ville, et dont la façade s'orne d'un balcon à colonnade, et que surmontent deux petits dômes en forme de clocheton et un groupe statuaire représentant des allégories de la musique, de la déclamation, du drame et de la comédie, remplace depuis 1907 l'antique et pittoresque « casino Bastrana » qui servait de théâtre à la ville d'Oran. Cet édifice est mis en œuvre en 1905 par Hippolyte Giraud, homme de culture et aimant les arts, et maire d'Oran de 1905 jusqu'à sa mort survenue en 1907. Une première inauguration, le 10 décembre 1907, est interrompue en raison de l'inachèvement des travaux, les autorités et les invités en grande tenue pris dans la poussière et le vacarme des tapissiers et des ouvriers encore à l'œuvre. Et enfin, le 29 octobre 1908, le théâtre est inauguré officiellement. Les statues allégoriques ainsi qu'une gracieuse statue de « Source » ornant le promenoir du théâtre, sont l'œuvre de Louis Fulconis, grand prix de Rome, né à Alger en 1851, et mort à Oran en 1913[104].

Espaces verts[modifier | modifier le code]

La promenade de Létang est un ensemble de jardins en terrasse au pied du Château neuf. Les jardins sont plantés d'espèces variées et dominent la mer. La promenade est nommée d'après le Général Georges de Létang en 1837 qui initia sa construction. Elle fut classée monument historique en 1932.

L'Aïdour est un lieu privilégié de ballades pour les Oranais. Ils peuvent y découvrir le fort et la chapelle de Santa Cruz, domine la mer et la ville dans une végétation méditerranéenne, notamment des pins d'Alep, des figuiers de Barbarie et des agaves. L'accès se fait par la route, par des sentiers ou par téléphérique.

La gare

Gare ferroviaire[modifier | modifier le code]

L'architecture de la gare d'Oran construite lors de la colonisation française reprend les symboles des trois religions du livre. Ainsi son aspect extérieur est celui d'une mosquée, où l'horloge a la forme d'un minaret ; les grilles des portes, fenêtres et plafond de la qoubba (dôme) portent l'étoile de David ; alors que les peintures intérieures des plafonds portent des croix catholiques.

Fortifications[modifier | modifier le code]

Oran abrite la plus grande concentration de forts militaires d'Afrique[b 4]. Les fortifications qui entourent Oran se répartissent en deux groupes :

  1. celles qui dominent le ravin à l'Est, dont les principales étaient les châteaux de Saint-Philippe, Saint-André et Rosalcazar ;
  2. celles de l'Ouest, bâties sur le pic de l'Aïdour, les châteaux de Santa-Cruz et de Saint-Grégoire.

Tous les grands forts de la ville étaient entourés de fossés profonds, dont le bord était garni d'énormes palissades armées de fer.

Porte d'Espagne[modifier | modifier le code]

Située dans la vielle Casbah, la porte d'Espagne est l'un des plus importants vestiges encore préservés de l'architecture espagnole à Oran. Elle fut exécutée en 1589 sous l'ordre du capitaine général Don Pedro de Padilla. Malheureusement, les riches écussons qui en ornent le faîte ont subi des dégâts irréversibles[b 5].

Arènes[modifier | modifier le code]

Arènes d'Oran

Symbole par excellence de la forte présence espagnole à Oran, la ville possède des arènes[105], ce qui est rare en Afrique (Tanger et Melilla[106] en possèdent également), et avait, durant la colonisation française, une bonne réputation tauromachique.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Musée Ahmed Zabana

Le musée Ahmed Zabana[107], ancien musée Demaeght est créé en 1885[108] par la Société de géographie et d’archéologie de la province d’Oran. Les bâtiments actuels datent de 1933. Le musée est depuis 1986 sous la tutelle du ministère de la Culture et a été rebaptisé « musée national Ahmed Zabana ». Il comporte sept sections centrées sur Oran et sa région : beaux arts, El Moudjahid, numismatique, préhistoire, vieil Oran, ethnographie et histoire naturelle.

Le Musée du Moudjahid d’Oran se situe dans le quartier de l'USTO, il recouvre la mémoire physique de la lutte pour l'indépendance nationale durant la Guerre d'Algérie.

Musique[modifier | modifier le code]

Si l'éveil musical de la ville remonte à l'entre-deux-guerres et au phénomène de citadinisation du bédouin, avec des chanteurs comme Cheikh Hachmi Bensmir ou Cheikh Hamada, le style oranais, Wahrani, est plus récent. Il allie l'art du melhoun avec des éléments bédouins et espagnols, et se veut plus universel. Il est remis à la mode dans les années 1960 par des chanteurs tels que Ahmed Wahby et Blaoui El Houari avant d'être développé plus tard dans la chanson oranaise (Cheikh Fethi, par exemple).

Oran, capitale du raï[modifier | modifier le code]

Oran est la capitale du raï, style musical issu d'anciennes traditions algériennes. Comme le chant wahrani, les chant bédouins, le raï a longtemps été considéré comme une musique vulgaire avant d'être développé dans les années 1960 et 1970 par des chanteurs comme Bouteldja Belkacem et Senhaji Mohamed. Le style a été révolutionné par des musiciens arrangeurs oranais (Mohammed Maghni, Rachid Baba Ahmed) dès le début des années 1980.

Ce style musical, véhiculant des messages hédonistes et contestataires, a été dans un premier temps méprisé par les autorités algériennes avant d'être associé à la culture algérienne dans son ensemble.

Festivals et évènements[modifier | modifier le code]

Logo du festival national de la chanson Raï

Oran organise plusieurs festivals. Les plus célèbres sont sans doute le Festival du Raï et le Festival d'Oran du Film arabe qui sont organisés chaque année à Oran[109].

Le Festival de la musique et de la chanson oranaise impose à chaque artiste de participer avec au moins une nouvelle chanson. Il a lieu peu après le festival de la chanson Rai, du 26 au 31 août. Enfin, le salon national de la peinture des enfants est organisé par l'association Le Libre pinceau à la maison de la culture Zeddour Mohamed Brahim Kacem. Il regroupe des enfants des 48 wilayas algériennes, soit en moyenne 3 000 enfants.

Le Festival du conte organisé depuis 2007 à Oran par l'association Le Petit Lecteur qui regroupe des conteurs de tout le bassin méditerranéen.

Le Pocket films festival Algérie organisé depuis 2010 par les Centres culturels français d’Oran et de Tlemcen avec l’aide de l’association Génération oranaise, est un concours de films tournés avec téléphone mobile et caméra d’appareil photo numérique[110].

On notera aussi l'organisation du Festival de Yennayer, l'An amazigh (Berbère) organisé par l'Association Culturelle Numidya, avec la participation du HCA et de divers acteurs sociaux, chaque 7 au 12 janvier, cette année, c'est la 2964.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Oran est un pôle universitaire important[c 3], la ville et sa banlieue comptent plusieurs universités telles que l'université d’Oran-Es-Sénia[111], l'Université des Sciences et Technologies[112], conçue par l’architecte japonais Kenzo Tange, ainsi que l'École nationale polytechnique d'Oran (ENPO)[113]. La ville abrite enfin plusieurs établissements d’enseignement supérieur tels que l'Institut national des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication[114], l'Institut hydrométéorologique de formation et de recherches (IHFR) à vocation africaine, l'Institut des sciences médicales, l'École préparatoire aux sciences et techniques et l’Institut des langues étrangères (ILE).

La ville comporte par ailleurs de nombreuses écoles de commerce et de gestion, on peut citer l'École de formation en gestion, informatique et commerce Ibn Sina (EGIC Ibn Sina), l'Institut de développement des ressources humaines (IDRH) et l'Institut international de management (INSIM)[115],[116].

Lors de l'année universitaire 2007/2008, Oran comptait 63 094 étudiants[117].

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

En dehors des bibliothèques universitaires, Oran compte cinq bibliothèques principales :

  1. La bibliothèque régionale d'Oran est installée depuis 1983 dans l'ancienne cathédrale. Elle compte une médiathèque au sous-sol et possédait en 2006 un nombre de 60 000 ouvrages[c 4] ;
  2. La bibliothèque municipale, située dans une aile du Palais des Beaux-Arts, abrite 29 000 volumes et quelques manuscrits arabes[118] ;
  3. La bibliothèque biomédicale d'Oran, créée en 1990 par le Conseil du Diocèse. Le développement et la gestion est confiée à la communauté des « Pères blancs »[119] ;
  4. Le Centre d’Informations scientifique et de Documentation (CISD), médiathèque du CRASC[120].
  5. L’Institut Cervantes d’Oran a sa propre bibliothèque, qui comprenait en 2007 2 500 documents de la culture espagnole et hispano-américaine[57] ;
  6. La bibliothèque du Centre Culturel Français compte également un vaste trésor d'ouvrages dans la langue française dans les différents domaines culturel, scientifique, littéraire et technique[121].

Elle compte une bibliothèque jeunesse associative créée et gérée par les membres de l'association Le Petit Lecteur, première bibliothèque consacrée exclusivement au public jeunesse de 4 à 16 ans.

Oran en littérature[modifier | modifier le code]

De nombreux écrivains ont fait d'Oran le théâtre de scènes de leurs livres. Le célèbre hidalgo Don Quichote de Cervantes fait étape à Oran[122]. Une partie du roman Clovis Dardentor de Jules Verne se déroule dans la ville.

Les plus célèbres des références sont sans doute signées par Albert Camus dans son roman La Peste et dans son essai L'Été.

On retiendra aussi les romans de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit et Les anges meurent de nos blessures. Voir aussi D'ocre et de cendres : femmes en Algérie, 1950-1962 de Michèle Perret et du point de vue iconographique Oran, la mémoire de Kouider Metair.

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Fêtes populaires[modifier | modifier le code]

La fête du jour de l'an berbère Yennayer appelée localement Ennayer héritée de l’époque berbère pré-islamique est toujours célébré à Oran, à l'occasion de cette fête les oranais préparent un plat traditionnel « cherchem » un mélange de blé, fèves et pois chiche cuits à l'eau, ils achètent pour la soirée des figues sèches aux châtaignes, des cacahuètes, des noix de cajou, des noisettes, des pistaches, de la « halwa » turque, etc. et les enfants attendent cette fête comme celle de l'Aïd el-Fitr ou l'Aïd el-Adha. Même si cette fête est rejeté aujourd'hui par certains courants religieux, son ampleur est très grand dans la ville[124].

Vie quotidienne à Oran[modifier | modifier le code]

Oran, ville libérale[modifier | modifier le code]

La société Oranaise a la réputation d'être libérale et ouverte d'esprit comparativement aux autres villes du pays[125], Ce qui lui vaut beaucoup de critique à l’intérieur même de l’Algérie. Lors des fêtes, la consommation de bière en public n'est pas une exception[125] et les fêtards sont désinhibés.

La ville est restée la capitale du Raï, cet musique qui fait partie intégrante du patrimoine Oranais, divulgue des paroles qui peuvent « choquer » les mentalités les plus conservatrices en Algérie, les paroles crue qui peuvent parler de sexe, d'amour, d'adultère… C'est par exemple le cas de Cheb Khaled lorsqu'il chante

derna l'amour fi baraka mranika

« Nous avons fait l'amour dans une maison abandonnée »

Au plus fort de la guerre civile alors que cette musique était surnommée « cor du diable » ((ar)mizmar echaytane) ou encore « Sodome de la côte »[125] par les islamistes du GIA. La libéralité et l'ouverture d'esprit de la population oranaise lui ont permis de traverser cette période avec moins de dommages que le reste de l'Algérie.

Havre de paix et de tolérance pour les oranais, la ville est vivement critiquée de l'extérieur pour sa libéralité. En effet, il n'est pas rare de voir des jeunes filles vêtue légèrement, des couples, des femmes au bord des terrasses de café. Sa réputation attire à elle des commerces, interdits ailleurs, dont les clients traversent parfois le pays entier. La prostitution, plus visible ici que dans le reste du pays[125], focalise les critiques et les dénigrements. Cependant Oran reste une ville ouverte et cosmopolite.

La prostitution est activement combattue par les services de gendarmerie[c 5] dans le cadre de la lutte contre la délinquance et des trafics.

Sport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport à Oran.

Oran a toujours compté une multitude de clubs et associations sportives. En 1897 elle a vu naître le premier club de foot d'Afrique et du Monde arabe, le Club Athlétique Liberté d'Oran (CALO) fondé par les colons européens de l'époque.

En mai 1956, les clubs et associations musulmanes de toute l’Algérie ont boycotté les compétitions officielles. Le Nidam FLN organisa alors un tournoi entre les formations des hawma (quartiers) d’Oran comme Médioni, M’dina J’dida, Lamur et de la périphérie El Karma, Sidi Chahmi, Douar Es Senia, Sig, ainsi que d’autres équipes régionales comme USM Bel-Abbès.

Le Mouloudia Club d'Oran est un club omnisports, il est aujourd'hui le club phare de la ville. Il est le doyen de la D1 et a gagné de nombreux titres nationaux et internationaux. L'équipe est domiciliée au stade Ahmed-Zabana d’une capacité de 40 000 places, ainsi qu'à la salle omnisports (palais des sports) pour les autres sports. L'autre grand club omnisports de la ville est l'ASM Oran créé en 1933 et domicilié au stade Habib-Bouakeul d’une capacité de 20 000 places.

Les autres clubs qui jouent plus ou moins un second rôle sont l'USM Oran, le SCM Oran et le RCG Oran.

Le Marathon international d'Oran est un évènement annuel, à la fois sportif et festif.

Gastronomie oranaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine algérienne.
La pêcherie

D'une manière générale, la cuisine oranaise est méditerranéenne, nord-africaine, influencée par la cuisine du sud de l'Espagne et, dans une moindre mesure, par la cuisine française. Oran est à l'origine de plusieurs mets comme la karantika et la mouna. La ville a également adapté plusieurs plats espagnols tel le gaspacho oranais, régionaux comme l'harira et les escargots lors de la colonisation française.

Paradoxalement l'oranais, tartelette à l'abricot et à la crème inventée à Oran sous la colonisation française, est peu connu à Oran.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Oran est jumelée avec les villes suivantes :

Personnalités nées à Oran[modifier | modifier le code]

Parmi les Oranais célèbres, on remarque ceux qui ont permis à la ville d'obtenir son surnom de capitale du Raï. On notera également la fin tragique de certains d'entre eux, comme Cheb Hasni, lors de la guerre civile des années 1990.

Albert Camus a fait de long séjours à Oran qui sert de cadre à son roman La Peste.

De nombreuses personnalités françaises du monde de la recherche, de la création littéraire ou artistique, du spectacle et de la politique sont originaires d'Oran. C'est notamment le cas des personnes contemporaines citées dans la liste déroulante ci dessous.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Oran.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Cruck : Oran et les témoins de son passé, Heintz Frères, 1959.
  • P. Ruff : La domination espagnole à Oran, 1554-1558, Éditions Bouchène.
  • L'Algérie vue du ciel, par Yann Arthus-Bertrand, 2005.
  • Oran, mémoires en images en cédérom, par Kouider Métaïr, éditions Association Bel Horizon de Santa Cruz, 2005.
  • Oran, la mémoire, par Kouider Métaïr, éditions Association Bel Horizon de Santa Cruz, 2004.
  • Oran, face á sa mémoire, éditions Association Bel Horizon de Santa Cruz, 2003.
  • Guide des monuments historiques de la ville d'Oran, éditions Association Bel Horizon de Santa Cruz, 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya d'Oran, sur le site de l'ONS.
  2. « Géographie et climat d'Algérie »,‎ 2010
  3. http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20130801trib000778597/oran-voudrait-devenir-la-barcelone-du-maghreb.html
  4. a et b Abdellah Messahel, Une périurbanisation officielle dans un site contraignant: Le cas de Nedjma dans l’agglomération oranaise, Espace populations sociétés, janvier 2008, §1 (introduction), mis en ligne le 1er juin 2010, consulté le 17 février 2011..Lire en ligne
  5. a, b et c « Assises du tourisme »,‎ 2008
  6. « studentsoftheworld, Algérie »,‎ 2002
  7. « Oran, Algeria », sur www.weatherbase.com (consulté le 28 avril 2011).
  8. Augustin Bernard, Oran, étude de géographie et d'histoire urbaines,‎ 1939 (ISBN 9789961953310), p. 414
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  103. Belle série de photos sur ce site
  104. Eugène Crück, Oran et les témoins de son passé, Oran 1959, p. 59-52
  105. Inaugurées le 29 mai 1910, les arènes d'Eckmühl prennent la suite d'arènes situées au faubourg Gambetta, inaugurées le 28 juillet 1907 (source: Revue mondaine oranaise, 28/07/1907 et 28/05/1910)
  106. Melilla renoue avec la fiesta brava après 37 ans de disette
  107. « Musée national Ahmed Zabana »
  108. Le 5 mai 1885 - Source : Bulletin de la Société de géographie et d'archéologie de la province d'Oran - Tome XVIII° 1898 - page XIV Lire en ligne
  109. « Festival d'Oran du Film Arabe »
  110. Le Festival Film Pocket 2010 en Algérie
  111. « Université d'Oran Es-Senia »
  112. « Université des sciences et technologies »
  113. « École nationale supérieure enseignement technique »
  114. « Institut national des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication »
  115. « Institut de développement des ressources humaines »
  116. « INSIM Oran »
  117. (fr) Direction de la Planification et de l'Aménagement du Territoire de la Wilaya d'Oran « Enseignement supérieur »
  118. « villedoran.com »
  119. « africa mission »
  120. « Présentation du CISD »
  121. « Centre culturel français »
  122. Miguel de Cervantes, L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, t. 2 (lire en ligne), chap. 17 (« Où se manifeste le dernier terme qu'atteignit et que put atteindre la valeur inouïe de don Quichotte, dans l'heureuse fin qu'il donna à l'aventure des lions »)
  123. Le générique (Oran à l'aube), les scènes d'enfance, et la scène finale de ce film sont situés et tournés à Oran.
  124. http://www.djazairess.com/fr/lefinancier/4070
  125. a, b, c et d « Article Le Point:"Oran: La ville sans tabous" »
  126. « Note de synthèse sur les relations Bordeaux-Oran »
  127. Villes jumelées avec Durban
  128. « Accords ou jumelages entre Oran et le Grand Lyon »
  129. « Coopérations internationales de Sfax »
  130. Algérie Presse du 2 avril 2013
  131. L'Encyclopédie canadienne, encyclopédie de la musique au Canada, notice « Jean Paul Sevilla » ; Lire en ligne.
Notes se rapportant à 

Alfred Salinas, Oran la joyeuse : mémoires franco-andalouses d'une ville d'Algérie, Paris, L'Harmattan,‎ 2004 (ISBN 2-7475-6585-8)

  1. op. cit. p.  13
  2. a et b op. cit. p.  14
  3. op. cit. p.  267
  4. a et b op. cit., p. 98.
  5. op. cit., p. 35.
  6. op. cit., p. 39.
  7. op. cit., p. 44.
  8. op. cit., p. 118.
  9. op. cit., présentation du livre par l'auteur.
Notes se rapportant à 

Houari Chaila, Oran, Histoire d'une ville, Edik,‎ 2002, 2e éd. (ISBN 9961-31-006-3)

  1. a, b et c op. cit., p. 91.
  2. op. cit., p. 21.
  3. a et b op. cit., p. 13.
  4. op. cit., p. 226.
  5. op. cit., p. 31.
Notes extraites du journal El Watan
  1. op. cit., « APC d'Oran, les dépenses pourraient atteindre 4,8 milliards de dinars »,‎ 2008
  2. op. cit., « Arênes d'Oran probable réouverture en 2005 »,‎ 2004
  3. op. cit., « Les débats pour la première fois en dehors de la capitale »,‎ 2007
  4. op. cit., « Cathédrale du sacré-cœur, un chef-d’œuvre en péril »,‎ 2006
  5. op. cit., « Une traque sans merci »,‎ 2009
Port et front de mer
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