Władysław Szpilman

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Władysław Szpilman

Description de l'image Władysław Szpilman.jpg.
Nom de naissance Władysław Szpilman
Naissance 5 décembre 1911
Sosnowiec, Drapeau de la Pologne Pologne
Décès 6 juillet 2000 (à 88 ans)
Varsovie, Drapeau de la Pologne Pologne
Activité principale pianiste, compositeur
Activités annexes Auteur du livre Le Pianiste
Années d'activité 1930-2000
Famille Andrzej Szpilman (fils)
Józef Grzecznarowski (pl) (beau-père)

Władysław Szpilman « Władek », né le 5 décembre 1911 à Sosnowiec en Pologne et mort le 6 juillet 2000 à Varsovie, est un pianiste, auteur et compositeur polonais. Interprète talentueux et compositeur prolifique, il mène une longue carrière de concertiste, et occupe des fonctions de responsabilité à la radio polonaise.

Le récit autobiographique de sa survie pendant la Seconde Guerre mondiale, publié en 1998 sous le titre Le Pianiste et adapté au cinéma par Roman Polanski, le fait connaitre après sa mort d'un large public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le no 223 de l'aleja Niepodległości (« avenue de l'Indépendance ») à Varsovie. C'est là que Szpilman se cachait lorsqu'il fût découvert par Wilm Hosenfeld.
Plaque sur la façade de l'immeuble.

Władysław Szpilman reçoit une formation musicale à l’Académie Chopin de Varsovie où il étudie le piano avec Józef Śmidowicz et Alexander Michalowski (en), élèves de Franz Liszt.

Comme tant d’autres musiciens polonais, il part pour Berlin afin de se perfectionner auprès de Leonid Kreutzer (en) et Artur Schnabel ; il étudie aussi la composition dans la classe renommée de Franz Schreker.

En 1933, il rentre en Pologne où il commence une brillante carrière de soliste, tout en donnant des concerts de musique de chambre en compagnie de violonistes renommés tels Henryk Szeryng, Roman Totenberg (en) et Ida Haendel. En 1934, il part en tournée avec le violoniste polonais émigré aux États-Unis Bronisław Gimpel (en).

Il devient pianiste officiel de la Radio polonaise (1935), compose de la musique de film (Wros en 1937, Doktor Murek (en) en 1939), et des chansons populaires qui lui apportent la célébrité. Le 23 septembre 1939, il donne un récital Chopin, avec au programme le Nocturne en do dièse mineur, lors de la dernière émission en direct de la radio polonaise. Les bombes allemandes mettent fin aux programmes qui ne reprendront que six ans plus tard, avec le même récital, toujours interprété par Szpilman.

Après la guerre, Szpilman apporte une contribution majeure à la renaissance de la vie musicale polonaise, occupant notamment la direction du département « musique » de la radio nationale jusqu’en 1963. Durant cette période, il compose plusieurs œuvres symphoniques et quelque 500 chansons, de la musique de film et des pièces radiophoniques.

Dans les années 1950, il écrit également des chansons pour les enfants, qui lui valent le prix de l'Union des Compositeurs Polonais en 1955. Il donne parallèlement des concerts en soliste et se produit avec les violonistes Bronisław Gimpel, Roman Totenberg et Tadeusz Wroński (pl).

En 1961, il fonde le premier festival polonais de musique populaire Musique sans frontières de Sopot.

Suite aux épreuves de la guerre, il ne peut reprendre sa carrière de soliste concertiste, n’étant plus en mesure d’en supporter la tension nerveuse. Mais il enregistre d’innombrables programmes en solo pour la radio (parmi lesquels de nombreuses créations) et continue à donner des concerts de musique de chambre, essentiellement avec son ami le violoniste Bronisław Gimpel avec lequel il fonde en 1963 le légendaire « Quintette de Varsovie » lequel se produit jusqu’en 1986 lors de centaines de tournées de concerts dans le monde entier.

Il meurt à Varsovie le 6 juillet 2000, à l'âge de 88 ans.

Le Pianiste[modifier | modifier le code]

Couverture du livre Śmierć miasta (« Mort d'une ville »), version originale censurée du Pianiste.
Photo de Władysław Szpilman, au musée de l'Insurrection de Varsovie.
La tombe de Władysław Szpilman au cimetière militaire de Powązki à Varsovie.

Le titre original du livre de Szpilman, paru pour la première fois en Pologne dès 1946 et racontant sa survie pendant la Seconde Guerre mondiale à Varsovie sous l’occupation allemande, est Une ville meurt[1]. Il le rédige juste après la guerre, encore sous le coup de la souffrance vécue et y rapporte l’enfer du ghetto, la déportation de sa famille au camp d’extermination de Treblinka à laquelle il a échappé de justesse : quelqu’un, ayant reconnu le musicien célèbre et admiré, l’a soustrait à la foule vouée à la mort, lors du chargement du convoi, dans l’enceinte de transit à Varsovie. Il y témoigne aussi de la solidarité d’amis polonais qui l’ont hébergé après sa fuite du ghetto, ont risqué leur vie pour lui procurer des cachettes, jusqu’à ce qu’il fût découvert peu avant la fin de la guerre par Wilm Hosenfeld, un officier de la Wehrmacht qui lui sauva la vie, alors qu’il mourait de faim dans Varsovie presque totalement détruite.

Le livre de Szpilman est victime de la censure des nouveaux dirigeants communistes car il est tout sauf politiquement correct : après les horreurs de l’holocauste, il est inacceptable de présenter un officier allemand comme sauveur, et Szpilman est contraint de transformer Wilm Hosenfeld en Autrichien. Impensable également de présenter des Polonais ou des Ukrainiens comme collaborateurs dans l’extermination des Juifs de Pologne. Pendant les décennies qui suivent, les éditeurs qui souhaitent republier l'ouvrage en Pologne se heurtent à un refus des autorités gouvernementales[2].

C’est ainsi qu’il faut attendre un demi-siècle avant que, à l’initiative du fils de Szpilman, Andrzej, le livre soit republié sous le titre Le Pianiste, tout d’abord en Allemagne. Rapidement, des éditeurs de tous les continents prennent la suite, convaincus de la nécessité de rendre accessible à un large public ce document exceptionnel sur la Shoah. Grâce au film de 2002 réalisé par Roman Polanski (voir Le Pianiste), qui reçoit de nombreux prix internationaux — dont trois Oscars —, le récit autobiographique de Władysław Szpilman est désormais connu de millions de spectateurs.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Les parents de Władysław Szpilman, son frère et ses deux sœurs sont morts en déportation.

En 1950, il épouse Halina Grzecznarowska, fille du député et maire de Radom Józef Grzecznarowski (pl). Ils ont deux fils, Christopher (1951[3]) et Andrzej (1956).

CD[modifier | modifier le code]

  • CD F.Chopin - Gesammelte Werke - National Ausgabe - F.Chopin - Klaviertrio und Introduktion und Polonaise - W. Szpilman, T. Wronski, A. Ciechanski, Muza Warszawa 1958
  • CD J. Brahms - Klavierquintett Das Warschauer Klavierquintett, Muza Warszawa 1976
  • CD Wladyslaw Szpilman - Ein musikalisches Portrait Werke von Szpilman, Rachmaninov und Chopin, Alinamusic Hamburg 1998
  • Władysław Szpilman - Portret [5 CD Box-Set] Polskie Radio Warszawa 2000
  • CD Wladyslaw Szpilman. The Original Recordings of the Pianist. SONY Classical 2002
  • CD The Pianist [Soundtrack] SONY BMG 2002
  • CD Songs of Wladyslaw Szpilman - sings Wendy Lands, Universal Music USA 2003
  • CD Works For Piano & Orchestra SONY Classical 2004
  • Władysław Szpilman - Legendary Recordings [3 CD Box-Set] SONY Classical 2005

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Władysław Szpilman, Suite. Das Leben der Maschinen für Klavier (The Life of the Machines for Piano) (1933). Boosey & Hawkes Berlin/New York 2004 (ISBN 3793130770)
  • Władysław Szpilman, Concertino, Klavier und Orchester, Klavierauszug, Schott Mainz 2004 (ISBN 379313086X)
  • Władysław Szpilman, Concertino, Klavier und Orchester, Partitur Schott Mainz 2004 (ISBN 3793130797)
  • Władysław Szpilman, My memories of you. 16 selected songs by The Pianist Władysław Szpilman Boosey & Hawkes Berlin/New York 2003 (ISBN 3793130851)
  • Władysław Szpilman, Ouverture for Symphonic Orchestra (1968)
  • Władysław Szpilman, Ballett Scene for Symphonic Orchestra
  • Władysław Szpilman, Waltz in the Olden Style (1938)
  • Władysław Szpilman, Introduction to a film (1958)
  • Władysław Szpilman, Impressions on own theme (1959)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wladyslaw Szpilman, Le pianiste, Pocket
  2. Alain Lompech, « Les raisons de vivre de Wladyslaw Szpilman », sur le site du Monde,‎ 8 juin 2001 (consulté le 30 janvier 2015).
  3. (en) « The Last Word: Christopher Szpilman », sur le site de Newsweek,‎ 23 mars 2003 (consulté le 29 janvier 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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