Vol spécial

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Vol spécial est un film documentaire suisse réalisé par Fernand Melgar, sorti en 2011[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Tourné durant neuf mois au Centre de détention administrative de Frambois à Genève, le film montre le quotidien du personnel et des détenus de l'un des vingt-huit centres d'expulsion pour étrangers en situation irrégulière de Suisse[2]. À ce titre, Fernand Melgar se situe avec ce film dans la continuation de son précédent documentaire, La Forteresse[3].

Accueil[modifier | modifier le code]

Présenté lors du Festival international du film de Locarno, le film a reçu le Premier Prix du jury des jeunes et le Prix du Jury Œcuménique[4]. Peu après la proclamation de ces résultats, le président du jury, Paulo Branco, a créé une polémique en qualifiant le film de « fasciste »[5],[4] et d'« obscène »[6], l'accusant notamment de faire preuve de « complaisance envers les institutions »[7] et de « complicité avec les bourreaux »[6]. Branco a ainsi fustigé le fait que l'on voit dans le film les images d'un immigré décédé, et que l'on assiste aux réunions durant lesquelles la date des renvois est décidée par le personnel du centre, au détriment des détenus qui sont ensuite filmés lors de l'annonce de l'expulsion. Fernand Melgar a répondu au premier élément en signalant que l'immigré décédé n'apparaît jamais à l'écran puisqu'il n'était pas détenu à Frambois, au deuxième élément en expliquant que les détenus savaient que l'équipe de tournage connaîtrait la date de l'expulsion avant eux, et qu'ils avaient accepté d'être filmés[6].

Une autre critique formulée par la suite est que l'on ignore tout du passé criminel de certains détenus[8]. Philippe Leuba a ainsi dit regretter que Melgar n'ait fait aucune mention du lourd casier judiciaire d'un détenu camerounais. En Suisse alémanique, David Keller, président de l’Association des offices cantonaux de migration, et Martina Caroni, professeure de droit à Lucerne, ont reproché au film d'affirmer que « des milliers de personnes sont enfermées sans décision de justice pour la seule raison d’être en situation irrégulière dans le pays », affirmation jugée incorrecte[9].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Denis Jutzeler, On nous tue en silence, Paris, Van Dieren, 2011.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Vol spécial sur l'Internet Movie Database
  2. Synopsis sur le site officiel du film
  3. « Vol spécial rend un visage aux damnés de l'immigration » sur letemps.ch, le 6 août 2011
  4. a et b « Le film documentaire qui fait polémique » sur lemonde.fr, le 20 août 2011
  5. « Locarno, le dogme et le cœur », sur letemps.ch, le 15 août 2011
  6. a, b et c « C'est Calmy-Rey qu'on traite de collabo », sur letemps.ch, le 18 août 2011
  7. « Vol spécial, le film de la discorde » sur letemps.ch, le 24 août 2011
  8. « L'allusion au passé délictueux d'une majorité de détenus tient cependant en une seule phrase (« certains ici ont commis des délits ») prononcée par Geordry. En revanche, de nombreux détenus assènent longuement qu'ils n'ont pas de casier, qu'ils n'ont commis aucun délit en Suisse », dans L'Hebdo du 6 octobre 2011.
  9. « Nouvelle salve contre Vol spécial de Fernand Melgar », sur 24heures.ch, le 2 octobre 2011