Vol au-dessus d'un nid de coucou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Vol au-dessus d'un nid de coucou

alt=Description de l'image One Flew Over The Cuckoo's Nest.svg.
Titre original One Flew Over the Cuckoo's Nest
Réalisation Miloš Forman
Scénario Lawrence Hauben
Bo Goldman
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Sortie 1975
Durée 133 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Vol au-dessus d'un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo's Nest) est un film américain de Miloš Forman sorti en 1975. Il a reçu les cinq principaux oscars du cinéma dont l'Oscar du meilleur film. Il a été adapté d'un roman de Ken Kesey paru en 1962.

Le terme « cuckoo » désigne en anglais l'oiseau « coucou » et une personne mentalement dérangée, à l'image des patients de l'hôpital psychiatrique de l'intrigue. Le distributeur français n'a donc pas souhaité reprendre le titre de la traduction française originale du livre chez Stock en 1969, qui était La Machine à brouillard. Le livre fut au moment de la sortie du film réédité avec le titre de celui-ci.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Randle P. McMurphy se fait interner pour échapper à la prison alors qu'il est accusé de viol sur mineure. En attendant qu'on évalue sa santé mentale, il prend place aux « thérapies » de l'infirmière en chef, l'autoritaire et cynique Mlle Ratched, dont il cherche à révolutionner les règles. Le tempérament furieux et jovial de McMurphy entraîne bien vite les autres internés à prendre conscience de la liberté qu'on leur refuse. Mais bientôt il comprend qu'en entrant volontairement dans l'établissement il a peut-être lui-même perdu cette liberté pour toujours. Il semble se lier d'amitié avec certains des internés, surtout avec le « chef », un colosse Indien qui lui restera fidèle en amitié jusqu'au bout et qui n'apparaît pas comme un fou dangereux. McMurphy, lui, apparaît comme impulsif, pouvant devenir parfois violent. Il entraîne les autres pensionnaires à la rébellion et les amène à la désobéissance. Malgré quelques crises de violence et surtout de nerfs de la part des internés et l'intransigeance de l'infirmière, tout se passe à peu près bien jusqu'au moment où deux drames se jouent…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas avait joué le rôle de McMurphy dans l'adaptation théâtrale de Dale Wasserman (en) à Broadway en 1963. Il a par la suite acheté les droits pour le cinéma, qu'il a transmis à son fils Michael qui a lancé le projet.

Le titre fait référence à une anecdote contée dans le roman : « Chef » Bromden, quand il était petit, travaillait la prononciation de la langue anglaise avec sa grand-mère grâce à une chanson dont les derniers vers étaient Wire, briar, limber-lock / Three geese in a flock / One flew east, one flew west / And one flew over the cuckoo's nest (« trois oies dans un troupeau / une partit vers l'est, une vers l'ouest / et une passa au-dessus du nid du coucou ») ; les deux morts et l'évasion finale correspondant finalement à cette description, d'autant plus que cuckoo's nest peut être compris comme une métaphore de l'asile psychiatrique. En effet le terme « cuckoo » désigne en anglais à la fois un oiseau (le coucou) et une personne mentalement dérangée.

Ken Kesey, l'auteur du roman, a été tellement déçu du scénario du film qu'il ne l'a jamais regardé. Il a accusé le scénariste d'avoir « charcuté » son livre.[réf. nécessaire] Il est vrai que les personnages n' y ont pas l'épaisseur psychologique de ceux du roman ou de la pièce de théâtre.

Distribution[modifier | modifier le code]

Initialement, le rôle de McMurphy devait être joué par Michael Douglas, producteur du film. Miloš Forman, le réalisateur a tout de suite pensé à Jack Nicholson pour le rôle mais il était sous contrat 6 mois pour un autre film. Il a été proposé tour à tour à James Caan, Marlon Brando et Gene Hackman avant de revenir à Nicholson, Forman ne voyant personne d'autre que lui[1]. Le rôle de l'infirmière Ratched a été offert à Faye Dunaway, Colleen Dewhurst, Geraldine Page, Jeanne Moreau, Anne Bancroft, Ellen Burstyn, Jane Fonda et Angela Lansbury. Louise Fletcher a été choisie une semaine avant le début du tournage. Forman n'était pas sûr qu'elle pourrait le jouer correctement, bien qu'elle ait été auditionnée pendant six mois.

Brad Dourif, Christopher Lloyd, Will Sampson et Dean Brooks (en) ont lancé leur carrière grâce au film. Will Sampson (« Chef »), un authentique indien creek, était garde forestier dans un parc de l'Oregon près de l'endroit du tournage. Il a été choisi à cause de sa taille et de son gabarit imposant. C'est en revanche le dernier film de William Redfield (en) (Harding), mort quelques mois après la sortie.

L'actrice Anjelica Huston, qui était alors la compagne de Jack Nicholson, apparaît dans une scène de foule, mais n'a pas été créditée au générique.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a eu lieu de janvier à mars 1975, dans un hôpital psychiatrique de Salem en Oregon. L'équipe a dû composer avec quelques véritables malades mentaux. Ainsi, certains personnages secondaires dans le film sont d'authentiques patients de l'hôpital. À l'exception de la scène de pêche qui n'était pas dans le script original, et tournée en dernier à Depoe Bay, un petit port de l'Oregon, les différentes scènes du film ont été tournées dans l'ordre.

Métaphore politique[modifier | modifier le code]

Miloš Forman est particulièrement concerné par le personnage de Randall Patrick McMurphy (Jack Nicholson). En effet, on peut comparer clairement l'hôpital psychiatrique et ses résidents avec la Tchécoslovaquie, le pays d'origine du réalisateur, qu'il a fui au moment de la fin du Printemps de Prague. McMurphy est le résistant au communisme que Miloš Forman était avec ses amis. Mildred Ratched s'identifie comme le pouvoir communiste que Forman a connu. Elle représente le contrôle de l'État sur les libertés, les individus, la création. Le petit groupe de malades, qui accepte clairement sa condition sans résister et sans s'enfuir, représente la population fatiguée et misérable que le réalisateur a laissée derrière lui quand il a quitté son pays. Les deux séquences mythiques où McMurphy tente de desceller un bloc de marbre en disant « j'ai au moins essayé » et celle où il mime le commentaire d'un match de baseball inexistant devant les yeux outrés de l'infirmière sont, à ce titre, de parfaits exemples de cette résistance au pouvoir communiste dont Forman lui-même a fait preuve.

Accueil public et critique[modifier | modifier le code]

Il est classé seizième meilleur film de tous les temps d'après le site de référence IMDB avec une note de 8,7/10. L'Institut du Film Américain l'a nommé 20e plus grand film américain de l'histoire en 1998 et 33e en 2007.

Adaptations[modifier | modifier le code]

La pièce a été jouée dans de nombreux pays notamment en professionnel à Paris avec, dans le rôle de McMurphy, Michel Creton en 1974 et Bernard Tapie en 2000 ; en amateur avec Roger Lévy à la MJC de Ville-d'Avray en 1978 (avec présence de Michel Creton à une séance) puis en raison du succès en 1981 à Garches avec pour la plupart, les mêmes acteurs.

Références au film[modifier | modifier le code]

En musique[modifier | modifier le code]

  • Les chansons Welcome home (Sanitarium) de Metallica et La thérapie du groupe Doctor Flake font référence au film.
  • Le clip de la chanson Frei zu Sein du groupe de folk metal In Extremo et celui de Krazy du rappeur Lil Wayne y font également référence.
  • Dans la chanson C'est l'heure des médicaments de Psylo, la plupart des échantillons sont tirés de la version française du film.
  • Une citation de Harding peut être entendue au début The Great Wonder du groupe Dagoba, cette même citation est utilisée dans la chanson "Shadows That Move" du groupe Mastodon.

À la télévision[modifier | modifier le code]

  • Six épisodes de la série animée Les Simpson font référence au film[2], dont quatre comportant des scènes et des personnages qui en sont fortement inspirés. Particulièrement l'épisode Mon pote Michael Jackson de la saison 3, et l'épisode Poisson d’avril de la saison 4. L'épisode 20 de la saison 10 s'inspire aussi de l'œuvre : Bart est forcé de travailler dans une maison de retraite et emmène les pensionnaires faire du bateau.
  • Un épisode de Futurama (créé par Matt Groening, créateur des Simpson) fait également référence au film : Vol au-dessus d'un nid de robot (épisode 12 de la saison 3).
  • Un épisode de la série Supernatural fait référence au film : Vol au-dessus d'un nid de démons.
  • Dans un épisode de la série Homeland Carrie Mathison y fait référence.
  • Dans Les Allumés, l'épisode Mettle (saison 2, épisode 7) parodie ce film à travers les aventures de Daisy.

En jeu vidéo[modifier | modifier le code]

  • Le jeu d'aventure Runaway: A Twist of Fate fait référence au film, par le biais d'un niveau où le héros est interné dans un hôpital psychiatrique comportant de grandes similitudes avec l'œuvre de Miloš Forman.
  • Le jeu d'aventure aussi au même nom Vol au-dessus d'un nid de coucou[réf. nécessaire]
  • Les créateurs du survival-horror Silent Hill: Downpour ont confié que le film leur avait servi d'inspiration, entre autres. En outre, le nom du héros, Murphy Pendleton, fait clairement référence au film (le protagoniste se nomme McMurphy, et la prison où il était incarcéré était baptisée Pendleton).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il était une fois...Vol au-dessus d'un nid de coucou, documentaire d'Antoine Gaudemar, diffusé sur Arte le 27 juin 2011.
  2. « Vol au-dessus d'un nid de coucou dans la série télévisée Les Simpson » (consulté le 6 février 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]