Vol 626 Yemenia

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Vol 626 Yemenia
L'Airbus A310 impliqué (ici en 2005)
L'Airbus A310 impliqué (ici en 2005)
Caractéristiques de l'accident
Date 30 juin 2009
Phase Approche
Type Erreur de pilotage
Site Océan Indien, au large de Mitsamiouli (Comores)
Passagers 142
Membres d'équipage 11
Morts 152
Blessés 0
Survivants 1
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Airbus A310-300
Compagnie Yemenia
Nº d'identification 7O-ADJ
Localisation
Coordonnées 11° 18′ 59″ S 43° 19′ 37″ E / -11.316483, 43.32698611° 18′ 59″ Sud 43° 19′ 37″ Est / -11.316483, 43.326986  

Géolocalisation sur la carte : Comores (administrative)

(Voir situation sur carte : Comores (administrative))
Vol 626 Yemenia

Le vol 626 Yemenia était le vol régulier entre l'aéroport international El Rahaba de Sanaa (Yémen) et l'aéroport international Prince Saïd Ibrahim de Moroni (Comores), dont l'appareil, mis en location par ILFC[1], s'est abîmé dans l'océan Indien le 30 juin 2009.

Le vol de la compagnie Yemenia sur Airbus A310-300 s'est abîmé à 8 milles (environ 15 km) de Mitsamiouli, Grande Comore, le 30 juin 2009, avec 142 passagers et 11 membres d'équipage[2] à bord.

Appareil[modifier | modifier le code]

L'Airbus A310-300, enregistré sous le numéro 7O-ADJ et le numéro de série fabricant 535, est sorti de chaîne en 1990. Il a d'abord volé pour la compagnie française Air Liberté immatriculé F-GHEJ jusqu'en 1995, puis pour le mexicain Aerocancun, enregistré VR-BQU, puis VP-BQU, et fut vendu en 1998 à la compagnie Passaredo Transportes Aereos (Brésil), immatriculé PT-PSE. Acquis l'année suivante par Yemenia, il comptait 51 900 heures de vol effectuées au cours de 17 300 vols[3]. Selon le secrétaire d'État aux Transports français, Dominique Bussereau, « de très nombreux défauts (avaient été) constatés » sur l'appareil en 2007 par la Direction générale de l'Aviation civile française, auxquels viennent s'ajouter d'autres manquements constatés de 2005 à 2008 en Allemagne et en Italie[4]. Sans être inscrite sur la liste noire, Yemenia faisait l'objet d'un contrôle renforcé et devait être auditionnée prochainement par Eurocontrol[5]. La Commission européenne avait mis, en 2008, la compagnie Yemenia sous surveillance. Elle lui reprochait de nombreux manquements aux règles de sécurité internationale. La compagnie avait été sommée de présenter un ensemble de « mesures correctives ». Le premier plan présenté en mai 2008 avait été jugé « insuffisant » par l'exécutif européen. Ce n'est qu'après des discussions et un nouveau rapport, à l'automne, que la Commission européenne avait marqué son « satisfecit »[6]. Néanmoins, Yemenia avait satisfait aux contrôles de l'IATA Operational Safety Audit[4].

Propriétaires de l'avion[7].
Date N° d'immatriculation Opérateur
30 mai 1990 F-GHEJ Air Liberté
23 septembre 1996 F-GHEJ Location par International Lease Finance Corporation
8 février 1997 VR-BQU Aerocancun
mars 1997 VR-BQU Adorna Airways
3 novembre 1997 VR-BQU Aerocancun
Mai 1998 N535KR Location par ILFC
26 juin 1998 PP-PSE Passaredo Transportes Aéreos
septembre 1999 7O-ADJ Yemenia

Vol[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de passagers avaient d'abord emprunté un A330 qui assurait le vol Yemenia 749, parti lundi à h 55 de l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris, pour se rendre, via Marseille, à Sanaa, au Yémen, où ils avaient embarqué à bord de l'A310 assurant le vol IY626, dont l'arrivée à Moroni était prévue à h 30 locales (22 h 30 UTC).

Accident[modifier | modifier le code]

L'avion a disparu des écrans radar vers h 51 (22 h 51 UTC) alors qu'il se trouvait en phase d'atterrissage vers l'aéroport international Prince Said Ibrahim. L'approche sur l'aéroport de Moroni est connue pour être délicate. La piste est située au bord de l'océan entre les villages de Ntsaoueni au nord et Hahaya au sud sur la côte ouest de l'île. Seule la piste 02 face au nord possède une approche aux instruments (ILS), or, il y avait à l'heure de l'accident un fort vent du sud. Le message météo « metar » fait état d'un vent du Sud de direction 210 de 46 km/h avec des rafales à 65 km/h. L'approche devait donc se faire sur la piste 20, dépourvue du système ILS avec un vol à vue selon la procédure MVI (manœuvre à vue imposée) sous le contrôle du seul équipage, l'aéroport ne possédant pas de radar d'approche. Sur cet aéroport, la manœuvre est rendue plus délicate par la proximité du volcan Karthala qui crée des phénomènes aérologiques imprévisibles pouvant créer des turbulences et cisaillements. Le dialogue entre la tour de contrôle et l'avion ainsi que les boîtes noires devront confirmer si l'appareil a bien remis les gaz et entamé une approche par le Nord avant de percuter l'océan au large de Mitsamiouli. L'enquête devra établir si la perte de contrôle de l'avion par l'équipage peut être due à un défaut de coordination efficace avec la tour de contrôle à l'instar de l'accident du vol 604 Flash Airlines de 2004 en Égypte[1].

Survivants[modifier | modifier le code]

La seule survivante du vol 626 Yemenia est une jeune fille de 13 ans, Bahia Bakari. L'adolescente a été retrouvée agrippée à des débris qui flottaient sur l'océan. Elle n'avait pas de gilet de sauvetage. Treize heures après le crash, elle a été retrouvée par des pêcheurs qui s'étaient portés au secours des disparus. Le bateau qui les transportait a accosté à Port Moroni à 19h25 heure locale, d'où Bahia a été menée à l'hôpital local[8].

Recherches de l'appareil et des boîtes noires[modifier | modifier le code]

Depuis le 30 juin 2009, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de La Réunion (CROSS RU) coordonne le dispositif de recherche international civilo-militaire[9], dans lequel sont intégrées les Forces armées de la zone sud de l'océan Indien[10],[9]. Le 2 juillet 2009, Ahmed Abdallah Sambi, président de l'Union des Comores, a appelé la communauté internationale à « renforcer les moyens de recherche »[11], avant d'embarquer le lendemain à bord de la frégate de surveillance Nivôse (F732) de la Marine nationale française[12].

Recherches aériennes[modifier | modifier le code]

Un vol de reconnaissance effectué par un avion de la compagnie Air Services Comores a localisé les lieux du crash au large de la ville de Mitsamiouli dans le nord de la Grande Comore[13]. L'armée de l'air française apporte son soutien au départ de l'île de La Réunion en envoyant un C-160 Transall médicalisé de la base aérienne 181 participer aux opérations de secours avec à son bord des plongeurs, du personnel médical et six tonnes et demie de matériel, dont deux embarcations pneumatiques de type Zodiac[14]. Le Transall effectue des survols de la zone pour tenter de localiser les corps des victimes et les débris de l’appareil. Un hélicoptère Panther de l'aviation navale française, basé sur la frégate Nivôse, appuie le Transall dans ses missions de patrouille aérienne. Un C-130 Hercules de l'US Air Force participe également aux recherches[9]. Selon le ministre des Transports de l'Union des Comores, l'équipe américaine aurait repéré le 4 juillet 2009 le premier débris de l'appareil[15], plus un coussin aux couleurs de Yemenia[16].

Recherches maritimes[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 2009, l'armée nationale de développement a envoyé des vedettes rapides dans une zone située entre le village de Ntsaoueni et l'aéroport de Moroni[17]. La marine nationale française a dépêché des moyens navals à partir de Mayotte et de la Réunion. Du 1er au 6 juillet 2009[18], le patrouilleur La Rieuse (P690) ratisse la zone pour tenter de localiser des victimes et des débris[9]. La frégate Nivôse, qui participait à la force européenne antipirates Atalanta, a été déroutée et est arrivée sur zone dans la nuit du 1er au 2 juillet 2009, où elle coordonne les moyens maritimes et aériens[9]. Elle est remplacée à partir du 7 juillet 2009 par son sister-ship le Floréal (F730)[18]. De même, la frégate Maestrale (F570) de la Marina militare italienne, également en provenance de la mission Atalanta, a participé aux recherches jusqu'au 5 juillet 2009[18].

Le Bambo, remorqueur de la Somarsal à Mayotte, a été envoyé vers la zone du crash avec à son bord des plongeurs, des gendarmes et des légionnaires du détachement de la Légion Étrangère de Mayotte et des parachutistes du 2e RPIMa. Il est accompagné du patrouilleur Atsanta de la Marine malgache.

Le thonier français Via Mistral a participé un temps aux recherches[12].

L'équipe française de plongeurs effectue des recherches approfondies le long de la côte de Grande Comore à bord de Zodiacs[9].

Le 5 juillet 2009, le Bureau d'enquêtes et d'analyses français (BEA) confirme que le signal des deux balises acoustiques de l'appareil a été repéré[19].

Néanmoins, les fonds marins de la zone supposée du crash ne sont pas cartographiés. Aussi, le 4 juillet 2009, la marine nationale française dépêche le navire océanographique Beautemps-Beaupré (A758) avec à son bord 20 personnels du Service hydrographique et océanographique de la marine, lequel arrive sur zone le 17 juillet 2009[18],[20],[21]. Jusqu'au 23 juillet 2009, ce dernier effectue des relevés bathymétriques, qui révèlent, « outre une profondeur de 1 200 mètres, un fond sous-marin de nature rocheuse avec une déclivité importante », ainsi que des relevés hydrographiques côtiers et des mesures de courant. Selon le ministère de la Défense français, « ces données conditionneront le choix du robot sous-marin qui sera employé dans les futures opérations de récupération des enregistreurs de vol »[22].

Le 8 juillet 2009, la marine nationale française dépêche la frégate Floréal[20] vers l'île de Mafia, à près de 800 kilomètres du lieu du crash, où la police tanzanienne affirme avoir repêché des débris portant l'inscription « Deutsche Airbus GmBH » ainsi que 21 corps[23].

Le 20 août 2009, le navire EDT Ares, affrété par le BEA, arrive sur place avec à son bord un robot sous-marin américain. Il repêche six corps le 22 août 2009[24] ainsi que les boîtes noires, le Digital Flight Data Recorder (DFDR), qui enregistre les données du vol, remonté à la surface le 21 août 2009, ainsi que le Cockpit Voice Recorder (CVR), qui enregistre les conversations du cockpit, repêché le 29 août 2009[25].

Enquête[modifier | modifier le code]

L'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (ANACM) est l'organisme permanent chargé des enquêtes sur les accidents et les incidents graves en transport public et en aviation générale qui surviennent sur le territoire comorien[26].

Le 30 juin 2009, le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) annonce qu'il envoie sur place des enquêteurs[27], qui, au nombre de quatre, commencent leur travail le 4 juillet 2009[28]. Le 1er juillet 2009, trois juges d'instruction du tribunal de grande instance de Bobigny sont cosaisis de l'enquête, et une information judiciaire pour homicide involontaire est ouverte[29].

Fin septembre 2009, sur la base d'éléments communiqués aux familles par le BEA, une erreur de pilotage est évoquée. L'avion n'aurait pas suivi la trajectoire suggérée par le contrôle au sol et serait arrivé trop rapidement, alors que soufflait un vent de 40 nœuds[30].

Le 22 octobre 2009, l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale rend public les quinze dernières minutes d'enregistrement du Cockpit Voice Recorder. L'enregistrement ne révèle pas de bruit d'explosion, mais montre une augmentation du niveau de bruit ambiant dans la cabine de pilotage vers 11 minutes avant impact[31]. Néanmoins, le même jour, l'agence de presse gouvernementale yéménite Saba, à la suite du quotidien Asharq al-Awsat en juillet, évoque la « plausibilité de l’hypothèse du missile, d’autant plus que les autorités comoriennes affirment que la marine française effectuait des manœuvres militaires dans la zone de l’accident à cette époque. Ce que l’ambassadeur français aux Comores aurait reconnu[32]. »

En mars 2011, un rapport commandé par le parquet de Bobigny mentionne des erreurs de pilotage concernant, selon la presse, « les exigences des procédures d’atterrissage notamment en ce qui concerne le positionnement des becquets et sur la vitesse, trop faible en cas de problème[33]. »

Identification des victimes[modifier | modifier le code]

Depuis le 1er juillet 2009, le parquet d'Aix-en-Provence a mis en place une cellule d'identification des victimes, chargée des prélèvements ADN sur les familles des disparus[29]. À Mitsamiouli, a été installé un poste médical avancé pour accueillir d’éventuels survivants et les corps des victimes[9]. Au 12 juillet 2009, seuls trois corps[34] et une jeune survivante de douze ans[35] ont été retrouvés. Au total, 17 corps ont été repêchés dans les eaux de la Tanzanie et sont enterrés dans un cimetière commun[36].

Nationalités du personnel navigant et des passagers[modifier | modifier le code]

Le commission d'enquête mise en place par le Yémen a annoncé la nationalité du personnel navigant. Le ministère de la Défense yéménite a par ailleurs révélé la nationalité de 82 passagers[37],[38].

Nationalité Nombre de passagers Membres d'équipage Total
Drapeau des Comores Comores 54 0 54
Drapeau de la France France 26 0 26
Drapeau du Canada Canada 1 0 1
Flag of Palestine.svg Palestine 1 0 1
Drapeau du Yémen Yémen 0 6 6
Drapeau du Maroc Maroc 0 2 2
Flag of the Philippines.svg Philippines 0 1 1
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 0 2 2
non communiqué 60 0 60
Total 142 11 153

Conséquences[modifier | modifier le code]

Manifestations[modifier | modifier le code]

À la suite du crash, le 30 juin 2009 au soir, des heurts ont eu lieu devant l'ambassade des Comores à Paris[réf. nécessaire]. Les 1er et 6 juillet 2009, des originaires des Comores ont bloqué à Roissy l'embarquement d'un vol de la compagnie Yemenia à destination de Sanaa avec escale à Marseille[39],[40]. Le 1er juillet 2009 à Marseille, une centaine de personnes d'origine comorienne a contraint deux agences de voyage du centre-ville qui vendent des billets de la compagnie Yemenia à fermer[41]. Le 4 juillet 2009, au moins 10 000 personnes ont défilé à Marseille en hommage aux victimes[15],[42]. Le lendemain, 5 000 autres manifestaient à Paris pour demander, notamment, l'arrêt des vols de la compagnie Yemenia vers les Comores[43].

Réactions[modifier | modifier le code]

Hommage à Paris, un an après le crash. Au centre, en noir, la rescapée Bahia Bakari.

Le 3 juillet, le président des Comores Ahmed Abdallah Sambi a décrété un deuil national de 30 jours en hommage aux victimes[44].

Yemenia a proposé le 9 juillet 2009 deux vols gratuits pour Moroni aux familles des victimes, ces vols étant effectués par une autre compagnie et ne faisant pas escale au Yémen[45].

Hommages[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet 2009, le Président de la République a assisté à une cérémonie religieuse à la Mosquée de Paris[46]. Quelques jours plus tard, le Premier Ministre se rend aux Comores[47].

Le 19 septembre 2009, une minute de silence et d'autres manifestations de solidarité sont organisées au début d'un match de football de l'équipe de Marseille, ville où avaient embarqué plusieurs victimes[48].

Le 27 juin 2010 une cérémonie est organisée à Paris en présence de 500 personnes, dont la jeune Bahia Bakari.

En 2011, Soprano fait référence à l'accident dans sa chanson Hiro.

En juin 2011, pour un devoir de Mémoire, l'écrivain franco-comorien Salim Hatubou publie L'avion de maman a craché (Hommage littéraire aux victimes du crash du 30 juin 2009) aux éditions Coelacanthe qui regroupe huit récits récontés par des enfants sur cette tragédie, dont le texte Je voulais juste aller voir mon papy lu par l'auteur à Marseille lors de l'hommage rendu à Marseille par « Marseille Espérance » puis relu par le député Renaud Muselier à l'Assemblée nationale française avant de poser sa question au gouvernement.

Suites du crash[modifier | modifier le code]

Une réflexion est engagée en France et en Europe sur le fait que puissent être vendus des billets pour des séjours dont une partie est assurée par des vols qui seraient interdits au départ d'un pays européen. En réponse à une question du député socialiste Daniel Goldberg le 1er juillet 2009, le secrétaire d'État aux transports Dominique Bussereau a répondu : « Nous allons (…) nous battre avec les Européens au niveau mondial (…). L'organisation de l'aviation civile n'a pas de pouvoirs pour obliger un pays à faire telle ou telle modification [car] tous les Etats dans le monde, y compris les plus pauvres et les moins organisés, veulent garder leurs prérogatives régaliennes. C'est cette chaîne-là qui est inacceptable[49] ». La France a demandé la création d'une liste noire mondiale des compagnies aériennes qui présentent des risques. Cependant, l'OACI a émis des réserves sur un tel projet[50].

Les enquêteurs français du BEA ont adressé en juillet 2011 une lettre à leurs homologues des Comores leur demandant de conduire l'enquête dans « le respect des dispositions internationales » regrettant qu'« aucune mesure » pour améliorer la sécurité n'ait été prise deux ans après l'accident. Le directeur du BEA fait référence à un rapport d'étape, publié par les Comoriens en juin 2011, resté non publié et s'étonne qu'un certain nombre de paramètres de vol et de « faits établis » soient omis de ce document. Quelques semaines plus tôt, le ministère français des Transports avait déploré le manque de coopération des enquêteurs comoriens avec leurs homologues français, puis peu après les autorités françaises ont dénoncé de « graves entorses » aux règles de l'OACI de la part des autorités comoriennes[51]. Les autorités yéménites, associées aux Comores pour la direction de l'enquête exigent la lecture de enregistreurs des conversations du cockpit voice recorder dans un laboratoire autre que celui du BEA, qui n'a pas pu les exploiter. Ces mémoires ont alors été transmises à un laboratoire américain mais ce dernier n'a pu lire qu'une des deux mémoires. Or le Yémen exige que soit extraite la dernière mémoire avant de tirer les conclusions de l'enquête, bien que l'erreur de pilotage ne semble guère faire de doute. « À ce jour, il n'a pas été possible de trouver un laboratoire pour le faire », indique la présidence des Comores dans une lettre adressée à Daniel Goldberg qui déplore que « Pour le moins, le Yémen ne fait pas preuve d'une entière bonne volonté afin qu'on obtienne le résultat de l'enquête[52]. »

Le rapport de la commission d'enquête est finalement rendu public fin juin 2013 lors de la visite officielle du président de l'Union des Comores Ikililou Dhoinine au président de la République François Hollande. Selon ce rapport, issu d'une lecture des enregistreurs par les enquêteurs français puis - à la demande des Comores - américains, l’accident est dû « à des actions inadaptées de l’équipage sur les commandes du vol ayant amené l’avion dans une situation de décrochage qui n’a pas été récupérée »[53],[54].

Le 3 août 2013, l’Airbus 330-200 immatriculé 70-Adp du vol IY629 de la compagnie Yemenia est immobilisé par les autorités comoriennes après la découverte d'une fuite de carburant sur l'appareil au moment de l'atterrissage[55].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Un Airbus A310 disparaît aux Comores », Air et Cosmos, no 2179,‎ 3 juillet 2009 (ISSN 1240-3113) :

    « L'A310 accidenté, qui appartenait au loueur ILFC, portait le numéro de série 535 »

  2. (fr)« Crash d'un Airbus aux Comores », Le Quotidien de La Réunion,‎ 30 juin 2009 (lire en ligne)
  3. (en) « Yemenia (Yemen Airways) Flight IY626 accident near the Comoro Islands », sur airbus.com, Airbus,‎ 30 juin 2009 (consulté le 30 juin 2009)
  4. a et b Alain Dupuis, « Yemenia certifiée jusqu’en juin 2010 », Journal de l'île de La Réunion,‎ 2 juillet 2009 (lire en ligne)
  5. « Accident de l'A310 de Yemenia », sur itele.fr, I-Télé,‎ 30 juin 2009 (consulté le 30 juin 2009)
  6. Nicolas Gros-Verheyde, « Yemenia avait failli être mise sur « liste noire » de la CE: le rapport », sur www.bruxelles2.eu, Bruxelles2 / L'Europe de la Défense,‎ 30 juin 2009 (consulté le 30 juin 2009)
  7. (en) « Accident description », sur Aviation-safety.net, Aviation-safety,‎ 30 juin 2009 (consulté le 30 juin 2009)
  8. « Girl survives Yemen plane crash », BBC News,‎ 1er juillet 2009 (consulté le 1er juillet 2009)
  9. a, b, c, d, e, f et g « Comores : Intervention à la suite d’un accident aérien (point de situation du 02/07/09) », sur defense.gouv.fr, ministère de la Défense français,‎ 2 juillet 2009 (consulté le 3 juillet 2009)
  10. « Comores : intervention à la suite d’un accident aérien », sur defense.gouv.fr, ministère de la Défense français,‎ 30 juin 2009 (consulté le 30 juin 2009)
  11. « Déclaration du Président de la République lors de sa visite au poste d’intervention avancé », sur beit-salam.km, Présidence de l'Union des Comores,‎ 2 juillet 2009 (consulté le 4 juillet 2009)
  12. a et b « Accident d’avion aux Comores : le Président Sambi à bord du Nivôse », sur defense.gouv.fr, ministère de la Défense français,‎ 5 juillet 2009 (consulté le 5 juillet 2009)
  13. « Localisation du lieu de l’accident de l’Avion de la Compagnie Yemenia au large de la ville de Mitsamiouli dans le Nord de l’Ile de Ngazidja », sur beit-salam.km, Présidence de l'Union des Comores,‎ 30 juin 2009 (consulté le 30 juin 2009)
  14. « Le Transall a décollé pour les Comores », Le Quotidien de La Réunion,‎ 30 juin 2009 (lire en ligne)
  15. a et b (en) Mohammed Sudam, Raissa Kasolowsky, Sophie Hares et Charlotte Penchenier, « Rescuers find debris of Yemenia aircraft-ministry », sur reuters.com, Reuters,‎ 4 juillet 2009 (consulté le 6 juillet 2009)
  16. (fr)« Un coussin, un sac à dos, c'est tout », Le Quotidien de La Réunion,‎ 5 juillet 2009 (lire en ligne)
  17. Ahmed Ali Amir, « Un A310 s'abîme près des Comores, 152 disparus, un survivant », sur reuters.com, Reuters,‎ 30 juin 2009 (consulté le 30 juin 2009).
  18. a, b, c et d « La recherche de l’épave s’annonce longue et difficile », Journal de l'île de La Réunion,‎ 7 juillet 2009 (lire en ligne)
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  20. a et b « Comores : intervention à la suite d'un accident aérien (point de situation du 08/07/09) », sur defense.gouv.fr, ministère de la Défense français,‎ 8 juillet 2009 (consulté le 9 juillet 2009).
  21. « Crash Yemenia : un navire français aux Comores pour les boîtes noires », sur google.com, AFP,‎ 18 juillet 2009 (consulté le 18 juillet 2009).
  22. « Comores : mission accomplie pour le Beautemps-Beaupré », sur defense.gouv.fr, ministère de la Défense français,‎ 28 juillet 2009 (consulté le 29 juillet 2009).
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  31. (fr)Ph.Larue et D.Trossero, « Yemenia Airways : les révélations de la boîte noire », La Provence,‎ 23 octobre 2009 (lire en ligne)
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  41. (fr) Floriane Barthez, « Vidéo - Crash de l'Airbus : des familles accusent la compagnie aérienne », La Provence,‎ 1er juillet 2009 (lire en ligne)
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  47. « François Fillon va se rendre aux Comores », France 2,‎ 7 juillet 2009 (consulté le 27 juin 2010)
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  54. « Yemenia Airways : quatre ans après le drame, le rapport enfin publié ! », Blog de Daniel Goldberg,‎ 17 juin 2013 (consulté le 5 août 2013)
  55. « Transport aérien : un Airbus 330-200 de Yemenia a été cloué au sol samedi à l’aéroport de Moroni », Alwatan.net,‎ 5 août 2013 (consulté le 5 août 2013)

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