Vladimir de Pachmann

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Vladimir de Pachmann

Vladimir de Pachmann, né le à Odessa (Empire russe) et décédé le à Rome, est un pianiste russe d'origine allemande qui vécut en Italie. Il n'a laissé que quelques enregistrements mais il était, à l'époque, très réputé pour sa poésie au piano, tout particulièrement dans Chopin. Il a marqué les esprits du fait de son comportement tout à fait excentrique sur scène. « Il embrassait par exemple sa main droite après un trait réussi en s'exclamant : Bravo Pachmann![1] »

Biographie[modifier | modifier le code]

Il reçoit ses premières leçons de piano de son père, professeur à l'université d'Odessa et violoniste amateur, et complète sa formation au Conservatoire de Vienne, où il remporte une médaille d'or dans la classe de Joseph Dachs, (1866-1868)[2], (élève de Tausig et du célèbre théoricien du piano, Czerny) pour le piano et dans celle d'Anton Bruckner pour la formation théorique. Sa première apparition sur scène date de 1869[3], à Odessa, mais ses prestations en public ne l'empêchent pas de poursuivre des études approfondies[4]. Il triomphe dans ses tournées aux États-Unis et en Europe où « il fait sensation autant par ses apartés dont il accompagne de plus en plus fréquemment avec l'âge son jeu, que par la virtuosité et le toucher infiniment nuancé qu'il prodigue dans ses interprétations de Chopin[5] ». Certains de ses enregistrements ont été conservés, dont le premier date de 1907.

En début de carrière, il provoqua l'admiration de Liszt qui affirma un soir de concert : « Ceux qui n'ont jamais entendu jouer Chopin, vont l'entendre ce soir »[3]. Ce que ses contemporains semblent avoir retenu de lui, outre sa formidable qualité pianistique, est sa manière de se tenir sur scène. En effet, ponctuant ses interprétations de maintes coupures, il n'hésitait pas à s'adresser à son auditoire, multiplier les gestes expressifs ou encore murmurer durant les morceaux. C'est ainsi que George Bernard Shaw souligna : « Il a construit sa renommée grâce à des spectacles de pantomime, avec accompagnements de Chopin[6].» Pachmann, s'il était réputé dans Chopin, joua aussi abondamment la musique de son ami Liszt, qu'il était un des seuls à défendre aussi ardemment, de Mendelssohn, Raff, Schumann, mais aussi les classiques : Haydn, Mozart ou Beethoven. Il s'intéressa à Bach et Scarlatti, mais, parmi les compositeurs de son temps, détesta Brahms, si bien qu'il déclara à un brillant interprète après un concert : « Vous jouez magnifiquement Brahms. Il ne le mérite pas d'être joué de cette façon[7]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de la musique sous la direction de Marc Vignal, Larousse, Paris, 1987, p. 603, (ISBN 2035113061)
  2. Marc Vignal, Larousse 1987, ibid.
  3. a et b Marc Vignal ibid
  4. Vignal Ibid
  5. Marc Vignal, Larousse, 1987, p. 603, op. cit.
  6. (en): Georges Bernard Shaw sur Pachmann
  7. (en) : voir Pachmann et Brahms

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark Mitchell, Vladimir de Pachmann: a piano virtuoso's life and art, Bloomington, Indiana University press,‎ 2002, 231 p. (ISBN 0-253-34169-8)