Vladimir Dimitrijević

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Vladimir Dimitrijević en 1983

Vladimir Dimitrijevic, né à Skopje le 28 mars 1934 et mort à Armes, dans la Nièvre le 28 juin 2011, est un libraire et éditeur vaudois d'origine serbe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très bon élève féru de littérature, son père est fait prisonnier politique pendant le régime communiste et lui conseille de s'exiler. Vladimir Dimitrijevic part de son pays après son baccalauréat ès lettres à Belgrade. Il arrive en Suisse en 1954, devient ouvrier d'usine horlogère à Granges puis employé de librairie à Neuchâtel (1958) puis dans la librairie Payot à Lausanne (1962)[1].

Passionné de littérature, il fonde en novembre 1966 à Lausanne sa propre maison d'édition : L'Âge d'Homme[2] avec l'appui de Dominique de Roux des éditions de L'Herne. Il entreprend alors de rééditer l'édition intégrale du Journal intime d'Henri-Frédéric Amiel[3].

À partir de 1973, il dirige la collection « Slavica reprints » avec Jacques Catteau et Georges Nivat. C'est à lui qu'on doit la découverte de nombreux écrivains slaves, certains dissidents, parmi lesquels Vassili Grossman, Milos Tsernianski ou Alexandre Zinoviev[4],[5]. En 1977, la publication du roman satirique d'Alexandre Zinoviev, interdit en URSS, Les Hauteurs béantes connaît un important succès de librairie.

Ses centres d'intérêt dépassent largement le domaine de la littérature slave. Il permet à des auteurs, tels que Pierre Gripari ou Vladimir Volkoff, négligés par les plus grandes maisons d'édition, d'être connus du grand public. C'est encore lui qui publie en français l'œuvre majeure de l'écrivain italien Eugenio Corti, Le Cheval rouge.

Au début des années 1980, il ouvre une librairie L'Âge d'Homme à Lausanne, où il réside. À Paris, sa librairie se trouve à l'angle de la place Saint-Sulpice et de la rue Férou.

Étant lui-même l'auteur de plusieurs ouvrages dont on retiendra des essais sur la Yougoslavie tels que Yougoslavie. La stratégie de l'aveuglement, publié par l'Institut serbe de Lausanne en 1992 mais surtout La vie est un ballon rond (La Table ronde, 1998), hymne au football, riche de saillies comme cette analogie: « Un bon joueur est comme don Quichotte : il est bizarrement fait. Il est maladroit, il est filiforme, mais il est un excellent footballeur. » Avec Jean-Louis Kuffer, il publie en 1986 un livre d'entretiens, Personne déplacée.

Dans les années 1990, sa condamnation des raids de l'OTAN sur la Serbie, son pays d'origine, et son attitude ambiguë face au nationalisme serbe déclenchent la polémique[6]. Il a notamment été soupçonné d'avoir facilité le passage de jeunes volontaires monarchistes français vers la Serbie avec l'aide de Sylvain Roussillon, un responsable royaliste rencontré à Belgrade en 1991[7] fait assimiler cet opposant au communisme en Yougoslavie à un soutien de Slobodan Milosevic[8],[9].

Parmi ses autres occupations, il est le directeur de publication de la revue Politica Hermetica, il préside l'« Association Les Amis de Pierre Gripari », dont il fut le principal éditeur. Il collabore à plusieurs revues et journaux.

Il meurt dans un accident de voiture (collision frontale avec un tracteur) le 28 juin 2011[10], alors qu'il conduisait sa camionnette chargée de livres. Parti de Lausanne, il se rendait à Paris, via Clamecy, où il devait s'arrêter dans un entrepôt de sa société[11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Personne déplacée. Entretiens avec Jean-Louis Kuffer, Lausanne - Paris, P.-M. Favre, 1986.
  • À la rencontre de Georges Haldas. Essais et témoignages, publié à l'occasion du 70e anniversaire de Georges Haldas, ce volume a été préparé par les soins de François Debluë et Jean Vuilleumier, en collaboration avec Vladimir Dimitrijevic, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1987.
  • Yougoslavie. La stratégie de l'aveuglement, publié par l'Institut serbe de Lausanne, Lausanne - Paris, l'Âge d'Homme, 1992. Extraits de : L'Idiot international, juillet 1992.
  • La Vie est un ballon rond, Paris, Éditions de Fallois, 1998 ; rééd. Paris, la Table ronde, 2006, (ISBN 978-2710328728).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lydwine Helly, Vladimir Dimitrijevic, fougeux fondateur des Éditions l’Age d’Homme, Canal Académie, 13 novembre 2011
  2. « L'Âge d'Homme ou la passion d'éditer »,Présentation des Éditions de l'Âge d'Homme
  3. Anne Cottier-Duperrex, « L'aventure de l'édition intégrale du Journal intime d’Henri-Frédéric Amiel »article en ligne
  4. http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110630.OBS6164/vladimir-dimitrijevic-est-mort.html
  5. Vladimir Dimitrijevic savait maîtriser le temps Georges Nivat, Le Temps, 8 août 2011
  6. « Du flou à L'Âge d'Homme » (L'Hebdo 3 mai 2001)
  7. Notice de Biblimonde.com.
  8. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f5713386-b9fc-11e0-851d-ec67c3f3ac80%7C3#.UsqOotLuKdQ]
  9. http://acadgaul.free.fr/Let180699%20dossier/Let180699/Serbie.html
  10. « Les Éditions L'Âge d'Homme perdent Vladimir Dimitrijevic, leur âme », ActuaLitté, 29 juin 2011
  11. http://www.lejdc.fr/editions_locales/clamecy/accident_mortel_a_armes_la_victime_etait_l_editeur_vladimir_dimitrijevic@CARGNjFdJSsBHh8EAhw-.html

Liens externes[modifier | modifier le code]