Vladimir Dekanozov

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Vladimir Georgievich Dekanozov (Dekanozishvili) (Владимир Георгиевич Деканозов (Деканозишвили), né en juin 1898 à Bakou dans l'Empire russe, actuel Azerbaïdjan - mort le 23 décembre 1953 à Moscou en Union soviétique) était un révolutionnaire, diplomate et fonctionnaire soviétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un proche ami de Béria[modifier | modifier le code]

D'origine géorgienne, son nom de naissance est Dekanozishvili, qu'il russifie quand il entre en politique, pour se démarquer de toute tendance au nationalisme géorgien. Il étudie la médecine à l'université de Saratov, puis à celle de Bakou. Il rejoint l'Armée rouge en 1918, adhère au parti bolchévique, et se fait comme ami Béria. Sa carrière décolle avec celle de son ami. Il rejoint alors la Tchéka, tout en commençant par occuper des fonctions officielles dans sa région d'origine : en Géorgie, en Azerbaïdjan, puis dans tout le Caucase et enfin à l'échelle de l'URSS. Il resta toujours membre actif des services de sécurité, en passant de la Tchéka au GPU, puis au NKVD, en survivant à toutes les purges qui affectent ses services et en suivant exactement la carrière de Béria.

Il est nommé au début des années 1930 vice-président du Conseil des commissaires de Géorgie.

Il est nommé directeur du Département Étranger du NKVD en 1938, à la fin des Grandes Purges.

De 1939 à 1945[modifier | modifier le code]

De 1939 à 1945, il est vice-commissaire du peuple aux affaires étrangères, sous l'autorité de Molotov, avec un interruption de janvier 1940 à juin 1941, où il officie en Lithuanie et en Allemagne. Il est en effet chargé d'instaurer le gouvernement soviétique de Lituanie en juin 1940. Il y constitue un gouvernement composé des rares communistes locaux et de socialistes de gauche qu'il choisit lui-même et il laisse croire dans un premier temps que l'agriculture lituanienne ne sera pas collectivisée pour désamorcer tout risque de révolte. Dès l'intégration de la Lituanie à l'URSS, en juillet 1940, il rentre à Moscou.

Il est nommé ambassadeur de l'URSS à Berlin en octobre 1940. De très petite taille (environ 1,50 m), il commence par subir les humiliations d'Hitler qui le fait systématiquement escorté lors des audiences officielles par des SS beaucoup plus grand que lui.Totalement dépourvu d'expérience internationale - il n'a jamais quitté l'Union Soviétique - il y fait preuve du même aveuglement que Staline sur les preuves de plus en plus évidentes de la menace allemande ; il va même jusqu'à refuser de recevoir un militant communiste du KPD, clandestin, ouvrier d'imprimerie, qui apporte à l'ambassade un des neuf exemplaires originaux du plan Barbarossa ; il écarte systématiquement les avertissements de son propre attaché militaire sur les préparatifs allemands qu'il qualifie d'intoxication britannique ; au début juin 1941, de passage à Moscou, il refuse d'entendre l'avertissement de son homologue allemand, l'ambassadeur von der Schulenburg, très hostile à cette guerre et qui fait état, à mots couverts, du projet d'agression. Lors du déclenchement de l'opération Barbarossa, le ministre des Affaires étrangères allemand, Ribbentrop, lui remit en personne la déclaration de guerre ; outré par la mauvaise foi du ministre qui affirme que l'action de la Wehrmacht est purement défensive à cause d'une « menace soviétique », il lui aurait répondu : « "vous paierez très cher cette agression ! ».

En 1943, il se rend en Suède, ce qui laisse supposer l'établissement de contacts avec l'Allemagne pour une paix séparée, option que Staline n'a jamais complètement exclue, ne serait-ce que pour faire pression sur les Alliés.

De 1945 à 1953 : déchéance et mort[modifier | modifier le code]

Compromis dans une affaire de mœurs, il est rétrogradé au poste de vice-président du ministère de la radiodiffusion.

En mars 1953, peu après la mort de Staline, son protecteur Béria le fait nommer ministre de l'intérieur et de la sécurité de Géorgie (étant rappelé que Beria était ministre de l'intérieur de l'URSS]].

En juin de la même année, il est arrêté en même temps que Béria. Très compromis avec les crimes considérables de son mentor géorgien, il est fusillé en décembre 1953 après un procès sommaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pavel Soudoplatov, Missions spéciales, Le Seuil, 1994, notice biographique des dirigeants d'URSS et des chefs des services de renseignement, p. 593.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Son destin n'est pas sans rappeler celui de :

Liens externes[modifier | modifier le code]