Vladimir Dahl

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dahl.
Portrait de Vladimir Dahl par Vasily Perov.

Vladimir Ivanovitch Dahl (en russe : Владимир Иванович Даль, souvent retranscrit Dal ou Dal’ ; ce nom de famille est d'origine danoise) est un lexicographe et écrivain russe né le 10 novembre 1801 à Louhansk, en Ukraine, et mort à Moscou le 22 septembre 1872.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vladimir Dahl est le fils de Johan Christian von Dahl, un médecin danois[1] (1764 - 21 octobre 1821), qui avait obtenu la citoyenneté russe en 1799 sous le nom de Ivan Matveevitch Dal' (Иван Матвеевич Даль), et de Maria Khristoforovna Freytag. Il eut trois frères, Karl, Pavel et Lev, nés en 1802, 1805 et 1807. Alors que Vladimir n'avait que quatre ans, la famille s'installa à Nikolaïev.

Dahl entre en 1818 à la Faculté de médecine du collège militaire des Cadets et devient médecin des armées. Très tôt attiré par les contes populaires, il se fait d'abord connaître en publiant des contes et récits réalistes dans le style de Gogol, publiés sous le pseudonyme du « Cosaque de Lougansk ».

En 1833, Dahl épouse Ioulia André (1816-1838), une connaissance de Pouchkine. Le couple s'installe à Orenbourg, où il donnera naissance à deux enfants.

En 1838, il est élu à l'Académie des sciences de Russie.

Dahl, médecin de formation, est aussi célèbre pour avoir accompagné Alexandre Pouchkine dans sa longue agonie, après son duel fatal en janvier 1837.

Devenu veuf, il se remarie en 1840 avec Ekaterina Lvovna Sokolova (1819-1872), fille d'un héros de la guerre de 1812, et qui lui donnera trois filles: Maria, Olga et Ekaterina.

Il a une première attaque à l'automne 1871 ; peu avant sa mort en septembre 1872, il se convertit du luthéranisme à l'orthodoxie.

Il est enterré au cimetière Vagankovo de Moscou.

Le lexicographe[modifier | modifier le code]

C'est à son Dictionnaire raisonné du russe vivant, paru en quatre tomes entre 1863 et 1866, qu'il doit la notoriété. Cette œuvre recense notamment plus de trente mille proverbes et dictons russes. Dahl élabora cet énorme ouvrage en interrogeant des soldats des quatre coins de l'Empire russe, lors de diverses campagnes militaires auxquelles il participa, ainsi qu'à l'occasion de voyages à travers le pays. Le dictionnaire de Dahl est toujours considéré comme la référence en la matière, même si une grande partie des expressions recensées est désormais devenue désuète. Alexandre Soljenitsyne (qui en a recopié des centaines de définitions sur de nombreux petits carnets alors qu'il était en relégation) et Vladimir Nabokov, notamment, en ont fait l'éloge.

Antisémitisme ?[modifier | modifier le code]

Vladimir Dahl a longtemps été considéré comme l'auteur d'un rapport intitulé Investigation sur le meurtre de bébés chrétiens, pour l'utilisation de leur sang, par les Juifs. Cette pseudo-enquête sur les sacrifices humains dont se rendraient coupables les Juifs est un produit typique de l'administration russe pendant le règne répressif de l'empereur Nicolas Ier (des rapports de la même époque sur la secte des Skoptzy, qui croyaient à la purification par la castration, reprennent les mêmes accusations dénuées du moindre fondement). Il n'est pas clair dans quelle mesure Dahl a participé à cet ouvrage mais le rapport semble surtout avoir été l'œuvre d'un autre fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, administration pour laquelle Dahl travaillait à l'époque. Cependant, lorsque le document, d'abord diffusé à dix exemplaires en 1844, est republié vers 1880, il est présenté comme l'œuvre de Dahl (entretemps décédé). Ce rapport antisémite fut décisif pour la propagation en Russie de la légende des crimes rituels, et est notamment invoqué dans le cadre de l'affaire Beilis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey, Dictionnaire amoureux des Dictionnaires, Plon, 2011 (ISBN 978-2-259-20511-5)

Article connexe[modifier | modifier le code]