Vladimir Antonov-Ovseïenko

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Vladimir Antonov-Ovseïenko

Vladimir Alexandrovitch Antonov-Ovseïenko (en russe : Владимир Александрович Антонов(-Овсеенко) ; en ukrainien : Володимир Антонов-Овсєєнко), né le 9 mars 1883 et mort le 10 février 1938, est un dirigeant bolchevique et diplomate soviétique d'origine ukrainienne. Il est exécuté pendant les purges staliniennes. Il est le père d'Anton Antonov-Ovseïenko.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils d'officier, Antonov-Ovseïenko entre à l'école des cadets de Voronej. Il quitte l'armée, adhère dès 1901 au mouvement révolutionnaire et rejoint en 1903 le parti menchevique.

Durant la révolution russe de 1905, il essaie de soulever deux régiments d'infanterie en Pologne, mais échoue. Expert militaire, il est chargé de préparer l'insurrection de Sébastopol en Crimée, mais échoue également. Arrêté à plusieurs reprises, condamné à mort, il parvient toujours à s'échapper. Mais la traque policière se faisant de en plus prégnante, il s'exile en 1910 à Paris.

C'est en 1913 qu'il se rapproche de Léon Trotsky. Pendant la Première Guerre mondiale, il fonde avec Manouilski le journal internationaliste Golos, publié à Paris, et dirige celui qui le remplace, Nache Slovo. Il retourne en Russie en mai 1917 et rejoint le Parti bolchevik le mois suivant. Celui-ci fait appel à lui pour préparer l'insurrection militaire de Petrograd.

Actions durant la Révolution d'Octobre[modifier | modifier le code]

Au sein du Comité militaire révolutionnaire, il dirige avec Podvoïski les principales opérations militaires, et en particulier la prise du palais d'Hiver et l'arrestation du gouvernement provisoire (révolution d'Octobre).

Le militaire bolchévique[modifier | modifier le code]

Vladimir Antonov est désigné au comité militaire au Conseil des commissaires du peuple et acquiert rapidement des responsabilités importantes au sein de l'Armée rouge. En décembre 1918, il reçoit le commandement de l'Armée rouge sur le front ukrainien. L'armée s'empare de Kharkiv, où le pouvoir soviétique en Ukraine est proclamé. En 1918 et 1919, Antonov-Ovseïenko supervise la lutte contre les armées blanches et nationalistes en Ukraine, permettant la création de la République socialiste soviétique d'Ukraine. À la fin de la guerre civile russe, Antonov-Ovseïenko est chargé de la région de Tambov, réprimant la révolte de Tambov de 1920-1921 aux côtés de Mikhaïl Toukhatchevski.

Demeuré proche de Trotsky malgré certaines divergences, il est placé par ce dernier en 1922 à la tête de la direction politique de l'armée. Étant l'un des dirigeants les plus en vue de l'Opposition de gauche, lors de la chute de cette dernière il est relevé de ses fonctions par Joseph Staline, qui le fait affecter au service diplomatique. Il y demeure après son ralliement au secrétaire général du comité central du Parti communiste en 1928.

Carrière de diplomate[modifier | modifier le code]

Il est ambassadeur de l'Union soviétique successivement en Tchécoslovaquie, en Lituanie et en Pologne.

En 1934, il devient procureur général de la République socialiste fédérative soviétique de Russie.

Consul général à Barcelone à partir de 1936 et ambassadeur de fait dans une Catalogne presque indépendante, il y dirige l'approvisionnement de l'aide soviétique à la Seconde République espagnole.

Arrestation et exécution[modifier | modifier le code]

Il est rappelé à Moscou en août 1937. Arrêté le 12 octobre 1937 durant les Grandes Purges, il est condamné à mort pour « activité terroriste » par le Collège militaire de la Cour suprême de l'URSS le 8 février 1938 et fusillé le 10 février à Kommounarka, près de Moscou[1].

Il a été réhabilité par le même Collège militaire en février 1956.

Son parcours n'est pas sans rappeler celui de son collègue Nikolai Krylenko, « vieux bolchevik » comme lui, qui après avoir exercé d'éminentes responsabilités, a fini exécuté.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ru) Liste des victimes de la terreur politique en URSS sur le site memo.ru.