Vitalien (général)

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Vitalien (en latin Flavius Vitalianus) est un général byzantin d'origine scythe du VIe siècle, révolté contre l'empereur d'Orient Anastase de 513 à 518.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'épisode de la révolte de Vitalien s’inscrit dans le cadre de la querelle monophysite. Anastase avait suivi la politique de Zénon en se tenant aux positions défendues par l’Hénotique, acte législatif interdisant que les divergences concernant la nature du Christ soient évoquées, mais Anastase n’en soutient pas moins les monophysites, ce qui avait provoqué la résistance des chalcédoniens et le soulèvement de Vitalien. Dès juillet 518, Justin abrogera l’Hénotique, rétablira les relations avec Rome, ordonnera à tous les évêques de reconnaître les canons de Chalcédoine et exclura les monophysites de toutes les fonctions civiles et militaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vitalien est né à Zalbada en Mésie inférieure. Il est qualifiée de Geth(donc Thrace) ou de Scythe (Hun) par les sources. Sa mère est la sœur du patriarche de Constantinople Macédonius II (496-511), et son père Patriciolus serait d'origine barbare, petit-fils d'Aspar. Selon la description des chroniqueurs, Vitalien est de petite taille et bègue, mais sa bravoure et ses compétences militaires sont largement reconnues.

Carte de la Thrace, le théâtre des opérations pendant la rébellion de Vitalien.

Vitalien, qui commande les troupes impériales de Thrace, se révolte en 513, avec l'appui des orthodoxes chalcédoniens contre Anatase qui soutient les monophysites. Il réunit 50 000 à 60 000 hommes, barbares fédérés et paysans orthodoxes, et vient camper à l'Hebdomon, réclamant la suppression du Trisagion monophysite et le rappel de Macedonius et de Flavien d'Antioche. Il s'éloigne au bout de huit jours après les promesses de l'empereur de mettre fin au schisme monophysite mais reste en arme[1].

Anastase nomme ensuite magister militum pour la Thrace un officier civil du nom de Cyrille, qui bat d'abord Vitalien, mais qui bientôt se laisse surprendre près d'Odessus, est pris et mis à mort.

Anastase envoie alors l'armée byzantine des provinces orientales, forte de 65 000 hommes, qui après un premier succès, subit une défaite complète à l'automne 513 ; Hypatius, son général, neveu de l'empereur, est fait prisonnier[2].

Une ambassade d'Anastase est capturée par Vitalien à Sozopolis, avec la rançon de 1000 livres d'or destiné à la libération d'Hypatius. Vitalien franchit les Longs Murs et menace de nouveau Constantinople à la fois par terre et par mer en 514, alors que de nouvelles émeutes éclatent dans la ville. L'empereur doit lui verser 5000 livres d'or et lui donner le titre de magister militum pour la Thrace[3]. Il reconnait également le Trisagion orthodoxe, restaure les évêques chalcédoniens déposés et convoque un concile général pour le 1er juillet 515, qui ne se réunira pas[4].

Voyant Anastase ne pas honorer ses promesses, Vitalien mobilise son armée à la fin de 515 et marche de nouveau vers Constantinople. Il s'empare du faubourg de Sycae (aujourd'hui Galata), mais sa flotte est battue lors d'une bataille à l'entrée de la Corne d'Or par le syrien Marinus, qui chasse les rebelles de Sycae[5].

Vitalien se retire dans la clandestinité au nord de la Thrace, puis rentre à Constantinople à l'avènement de l'empereur Justin, qui le crée consul en 520. Il est assassiné en juillet de la même année par la faction des Bleus : on impute ce crime au neveu de l'empereur, Justinien, à qui il portait ombrage.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luce Pietri, Brigitte Beaujard, Les églises d'Orient et d'Occident, Desclée,‎ 1998 (ISBN 2718906332, lire en ligne)
  2. Mitrofan Vasilʹevich Levchenko, Byzance des origines à 1453, Payot,‎ 1949 (lire en ligne)
  3. Joan Mervyn Hussey, The Cambridge medieval history, Volume 2, CUP Archive,‎ 1967 (lire en ligne)
  4. Georges Tate, Justinien: l'épopée de l'Empire d'Orient, 527-565, Fayard,‎ 2004 (ISBN 2213615160, lire en ligne)
  5. Jacques Jarry, Hérésies et factions dans l'empire byzantin du IVe au VIIe siècle, Paris, Institut français d'archéologie orientale du Caire,‎ 1968 (lire en ligne)