Virus de la mosaïque du tabac

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir TMV.

Virus de la mosaïque
du tabac

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

bâtonnets du TMV
vus au microscope électronique

Classification
Type Virus
Groupe Groupe IV
Famille Virgaviridae
Genre Tobamovirus

Espèce

Tobacco mosaic virus
TMV

— auteur incomplet —, date à préciser

Le virus de la mosaïque du tabac (TMV, sigle pour Tobacco mosaic virus) est un virus à ARN qui infecte les plantes, en particulier le tabac et les autres membres de la famille des Solanaceae. Ce virus, le premier à avoir été découvert, est l'espèce-type du genre Tobamovirus, rattaché à la famille des Virgaviridae.

L’étude du virus de la mosaïque du tabac présente un grand intérêt en biologie fondamentale, dans la compréhension de la biologie des virus, l’étude des interactions hôtes-pathogènes, la biologie cellulaire. Il présente également un intérêt en biotechnologie[Lequel ?][1], plus précisément dans l'accroissement de capacité des batteries[2],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1883, Adolf Mayer décrit la maladie et montre qu’elle est transmissible entre les plantes, de façon similaire aux infections bactériennes. Dimitri Ivanovski montra, entre 1887 et 1892, que la sève des plants de tabac malades contenait un agent infectieux qui n’était pas retenu par les filtres de la bougie de Chamberland. Ivanovski pensait à l’époque qu’il s’agissait d’une toxine ou bien d’une très petite bactérie[4]. C’est le chimiste néerlandais Martinus Beijerinck qui approfondit ces travaux. Il écarta l’hypothèse bactérienne, et dénomma le phénomène Contagium vivum fluidum. En 1935, Wendell Meredith Stanley cristallisa le virus sous forme de cristaux protéiques. Mais c'est Rosalind Elsie Franklin qui en 1953 montra que ce virus ne possède qu'un brin, elle en détermina aussi l'emplacement.

Structure et génome[modifier | modifier le code]

Le virus de la mosaïque du tabac est une particule cylindrique, qui a la forme d’un bâtonnet. La capside est formée de 2130 capsomères, chaque capsomère étant formé d’un seul type de protéine, constituée de 158 acides aminés. L’ARN monocaténaire est enroulé en hélice à l’intérieur de cette capside. Le génome comporte 6400 nucléotides.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Feuille de tabac atteinte par la mosaïque du tabac

Les symptômes de la maladie sont les suivants. Les feuilles s’éclaircissent et une mosaïque de vert apparaît à leur surface. Les folioles gaufrées deviennent filiformes avec un aspect brûlé et une tendance à s'enrouler.
Le virus est présent dans le sol, les débris végétaux, les semences et les eaux souterraines. Les méthodes de prévention sont l’utilisation de variétés naturellement résistantes ou le chauffage des graines à 80 °C, pendant 24 heures, ce qui inactive le virus.

Anecdote[modifier | modifier le code]

On cite généralement le nom de la protéine (Acetylseryltyrosylseryliso...serine) du virus de la mosaïque du tabac, souche dahlemense, comme le mot le plus long de la langue anglaise, avec 1 185 lettres[5].

Liste des sous-taxons[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (3 nov. 2010)[6] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Scholthof, K.-B. G. 2004. Tobacco mosaic virus: A model system for plant biology. Annu. Rev. Phytopathol. 42:13-34
  2. Un virus biologique utilisé à bon escient pourrait augmenter par dix la capacité des batteries
  3. Virus : la capacité des batteries li-ion x10
  4. Claude Chastel (2007), La découverte d’un nouveau monde, in Pour la Science : Les Virus, ennemis utiles
  5. Ben Schott, Les Miscellanées de Mr. Schott, p.139 ; Longest word in English sur Wikipédia anglophone.
  6. NCBI, consulté le 3 nov. 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Georges Marchoux, Patrick Gognalons, Kahsay Gébré Sélassié, Virus des Solanacées: Du génome viral à la protection des cultures, Éditions Quae, coll. « Synthèses (INRA) »,‎ 2008, 896 p. (ISBN 2759200760).

Liens externes[modifier | modifier le code]