Virus (film, 1980)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Virus (film, 1999).

Virus

Titre original 復活の日 (Fukkatsu no hi)
Réalisation Kinji Fukasaku
Scénario Kinji Fukasaku,
Kōji Takada,
Gregory Knapp
d'après la nouvelle de
Sakyo Komatsu
Acteurs principaux

Masao Kusakari (Yoshizumi)
Bo Svenson (Major Carter)
George Kennedy (Amiral Conway)
Olivia Hussey (Marit)
Glenn Ford (Président Richardson)
Robert Vaughn (Sénateur Barkley)
Henry Silva (Gen. Garland)
Chuck Connors (Cne. Mc Cloud)
Edward J. Olmos (Cne. Lopez)
Chris Wiggins (Dr. Borodinov)
Isao Natsuyagi (Dr. Nakanishi)
Cec Linder (Dr. Latour)
Stuart Gillard (Dr. Meyer)
Takigawa Yumi (Noriko)

Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Genre anticipation
Sortie 1980
Durée 156 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Virus (復活の日, Fukkatsu no hi - littéralement "Le jour de la résurrection") est un film post-apocalyptique de 1980 réalisé par Kinji Fukasaku et dont la distribution internationale comprend Masao Kusakari, George Kennedy, Robert Vaughn, Chuck Connors, Olivia Hussey, Edward James Olmos, Ken Ogata, Sonny Chiba et Glenn Ford. Avec un budget de 16 millions de dollars, il fut au moment de sa sortie le film japonais le plus cher jamais réalisé. Il est désormais tombé dans le domaine public.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1982, un virus mortel extermine la quasi-totalité de l'humanité, seuls les habitants des bases internationales situées en Antarctique sont épargnés par la contamination. Tandis que les survivants s’organisent, ils apprennent qu’un séisme menace de déclencher les tirs nucléaires automatisés.

L'intrigue[modifier | modifier le code]

En décembre 1983 (donc 3 ans dans le futur, le film ayant été réalisé en 1980), un sous-marin nucléaire britannique, le HMS Nereid, entre dans la baie de Tokyo, qui est devenue une ville fantôme. Le capitaine Mc Cloud (Chuck Connors) envoie un drone de reconnaissance à la recherche d'éventuels survivants, seulement pour constater l'unique présence de cadavres en décomposition. À bord du Nereid, le sismologue japonais Yoshizumi (Masao Kusakari), et le Dr. Latour (Cec Linder) qui insiste pour récupérer un échantillon d'air, contenant quelque chose appelé MM.8.08 (MM88 dans la version originale).

Après le générique, le film revient un an plus tôt, en février 1982 (donc toujours 2 ans dans le futur de l'époque de la réalisation du film), à Leipzig, en Allemagne de l'Est. Le Dr. Krause, un scientifique allemand est en négociation avec un groupe d'américains. L'objet de l'échange est un échantillon de virus mortel confiné dans de la glace, le MM.8.08, créé accidentellement par un généticien américain, qui a la caractéristique d'amplifier la toxicité de tout virus ou toute bactérie entrant à son contact. Le scientifique veut que l'échantillon soit transmis à son homologue suisse, le docteur Leisenauer, afin qu'un vaccin puisse être mis au point. Krause met en garde les Américains sur le fait que le virus est la plus terrible des armes bactériologiques, un monstre qui, s'il était libéré à l'air libre, mènerait de façon certaine à une extinction totale de toutes les espèces animales. Malheureusement, les Américains sont en fait des agents secrets dont le seul but est de récupérer l'échantillon qui a été volé un an plus tôt dans un laboratoire américain. Sortis sains et saufs d'une attaque par des soldats est-allemands (où le Dr. Krause est tué), ils emportent à bord d'un avion le virus. Mais pris dans une tempête, l'avion s'écrase, la capsule étanche contenant le virus se brise et le MM.8.08 est libéré.

La disparition de l'échantillon inquiète le Dr. Meyer (Stuart Gillard), qui veut informer le président du danger que le MM.8.08 représente. Le virus, bien qu'inhibé au-dessous de -10 °C, a la capacité de se multiplier de façon exponentielle lorsqu'il est mis en température ambiante, et sa nature très contagieuse et agressive le rendrait incontrolable en quelques jours. Mais pour l'empêcher de divulguer que cette arme bactériologique demandée par le gouvernement a été volée et est portée manquante, Meyer est interné.

Quelques semaines plus tard, le monde entier est en prise avec une pandémie effroyable appelée "grippe italienne". Tous les gouvernements des cinq continents ne peuvent que constater les ravages de la maladie, qui tue par millions. À ce stade, le Sénateur Barkley (Robert Vaughn) et le Dr. Meyer informent le président américain Richardson (Glenn Ford) que la grippe italienne est en fait le MM.8.08, dont la conception et surtout le vol d'échantillon lui avait été caché. Mais il est déjà bien trop tard pour mettre au point un vaccin et enrayer la propagation du virus. Peu avant de mourir, le président contacte la station américaine Palmer en Antarctique, qui ne semble pas avoir été atteinte par le virus, celui-ci étant inihibé par le froid. Seul espoir de l'espèce humaine, Richardson recommande de ne laisser personne de l'extérieur pénétrer leur sanctuaire, et de s'organiser au mieux pour prendre un nouveau départ. Ils seront les seuls garants de l'espèce humaine et de son héritage. Avant de mourir à son tour, le général Garland (Henry Silva), lors d'un accès de paranoïa, active contre l'avis du président Richardson le système de défense ARS (Automated Reaction System), qui a pour but de déclencher l'arsenal nucléaire américain en cas d'attaque.

En moins de sept mois, la totalité de la population a disparu, à l'exception de 863 scientifiques de nationalités diverses et leur personnel qui ont survécu dans leurs bases en Antarctique, dont la station américaine Palmer. L'hiver polaire a finalement épargné ces 855 hommes et seulement 8 femmes stationnés sur le continent polaire sud. Le Nereid, qui était en mer avant l'arrivée de l'épidémie, rejoint les survivants de la base après avoir coulé un sous-marin soviétique, dont l'équipage infecté voulait faire escale près de la station Palmer, ce qui aurait condamné les seuls survivants de l'humanité.

Ces survivants, entre autres l'Amiral Conway (George Kennedy), le Dr. Borodinov (Chris Wiggins), le Dr. Nakanishi (Isao Natsuyagi), le capitaine Lopez (Edward James Olmos), et le Dr. Latour forment un gouvernement pour faire face à la réalité de leur situation ainsi qu'au problème de la survie de l'espèce humaine, bien difficile à gérer avec des centaines d'hommes pour seulement huit femmes. Le film fait un cercle complet lorsque le Nereid, sous la bannière du Conseil Fédéral de l'Antarctique, entre dans la baie de Tokyo en décembre 1983.

Au moment où le groupe de survivants commence à repeupler leur nouvelle Arche de Noë, Yoshizumi découvre que les forages pétroliers en Atlantique vont provoquer un tremblement de terre qui va secouer la côte Est des États-Unis. Ce séisme qui aurait pu paraître inoffensif pour une base polaire située à des milliers de kilomètres du continent américain, est en fait catastrophique. En effet, selon les scientifiques, le tremblement de terre serait suffisamment violent pour que l'ARS déclenché par le général Garland l'interprète comme une explosion nucléaire, et lance ses missiles sur le territoire soviétique. Les Soviétiques ayant eux-mêmes leur propre version de l'ARS, la riposte serait immédiate, et les missiles russes seraient lancés à leur tour sur leurs cibles américaines. Là encore, aucun danger apparent pour les survivants, puisque l'Antarctique est suffisamment loin des États-Unis et de l'U.R.S.S. Sauf que les Russes, ayant la certitude que les Américains possèdent une base au Pôle Sud, ont fait pointer également leurs missiles... sur la station Palmer ! Yoshizumi et le Major Carter (Bo Svenson) embarquent à bord du Nereid pour la mission de la dernière chance : retourner à Washington pour désactiver l'ARS avant que le tremblement de terre ne se produise. Avant leur départ, le Dr. Latour leur procure un prototype expérimental de vaccin qu'il a mis au point sans pouvoir le tester, qu'ils devront s'inoculer avant de débarquer sur le sol contaminé.

Le sous-marin arrive à Washington D.C., et Yoshizumi et Carter entament leur course contre la montre vers le bunker situé sous la Maison-Blanche. Ils atteignent la salle de commande de l'ARS trop tard, le Major Carter périt sous un effondrement, et finalement, les missiles américains décollent en direction de l'Union Soviétique. S'ensuit une riposte russe, qui balaye de la carte toutes les grandes villes américaines, ainsi que tous les survivants de la base polaire, exceptés quelques hommes et femmes (qui avaient quitté par précaution la base à bord d'un brise-glace en même temps que le Nereid).

Après un long trekking à travers la Cordillère des Andes pour rejoindre l'Antarctique, Yoshizumi a survécu, seul, protégé par le vaccin du Dr. Latour qui est un succès. Lorsqu'il atteint la Terre de Feu en 1988, il rencontre les quelques derniers survivants du brise-glace, dont Marit (Olivia Hussey), une veuve norvégienne dont il était tombé amoureux, après que sa compagne enceinte de lui ait succombé à Tokyo des ravages de l'épidémie.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Haruki Kadokawa, le producteur du film, était l'héritier de Gen'yoshi Kadokawa, fondateur de Kadokawa Shoten, une célèbre maison d'édition japonaise. Après la mort de son père en 1975, il décida de créer une branche de sa compagnie destinée à produire des films à portée internationale. En 1978, la production de Fukkatsu No Hi démarra. Kadokawa souhaitait que ce film soit un évènement et pour y parvenir, outre d'énormes moyens financiers pour l'époque, il fit appel à des stars américaines comme Glenn Ford, George Kennedy ou Robert Vaughn, et se lança dans une promotion internationale, avec le titre Virus pour sa sortie à l'étranger. Afin de placer le film au rang de réalisation internationale, ce seront au final 16 millions de dollars qui seront investis, le record de l'époque pour un film japonais.
  • La Marine chilienne a autorisé l'équipe du film à utiliser le sous-marin CNS Simpson pour faire le tournage à bord des deux sous-marins fictifs du film. Dans les crédits du générique de fin de la version anglaise, il apparait que le sous-marin canadien HMCS Okanagan fut aussi utilisé. Le Lieutenant-Commandant David Griffiths, officier du Okanagan, y tient d'ailleurs le rôle de premier officier du Nereid.
  • Virus a bénéficié également d'une promotion involontaire, lorsqu'un navire Suédois, le "Lindblad Explorer" qui transportait une des unités de production vers l'Antarctique pour le tournage, heurta un récif et faillit couler. L'équipage fut sauvé par la marine Chilienne.

Version longue et version courte[modifier | modifier le code]

Virus fut néanmoins un échec malgré son budget colossal. Bien qu'il fut projeté lors de séances spéciales aux États-Unis, il ne fut pas réellement distribué en salles. Il fut directement vendu aux chaines de télévision à péage, dans une version coupée ramenée à 108 minutes, alors que le film original en compte 48 de plus. C'est cette version, amputée de 30 % de son contenu et nettement inférieure à l'originale, qui est la plus connue et la plus diffusée à la télévision. Le montage est significativement différent : le film commence par le trekking de Yoshizumi dans les Andes, plaçant tout le reste du film au rang de flashback, escamote une grande partie de l'histoire d'amour entre Yoshizumi et Marit ainsi que la plupart des scènes japonaises où apparait Noriko (Takigawa Yumi), la première fiancée de Yoshizumi. Sans elles, il est impossible de comprendre l'implication et les motivations de Yoshizumi, qui apparaissent clairement dans la version longue : Yoshizumi a quitté sa compagne enceinte de lui pour s'engager dans la Navy et embarquer sur le Nereid. Noriko meurt de la grippe italienne, et Yoshizumi réalise que faire carrière n'est plus rien comparé à l'amour qui unit deux êtres. Il tente d'expier sa culpabilité en se portant volontaire pour la mission suicide à Washington. Mais celle-ci échouant, il entame un très long voyage vers l'Antarctique, afin d'y retrouver son nouvel amour.

DVD[modifier | modifier le code]

En 2002, Kadokawa Shoten édite une édition spéciale limitée en DVD (Région 2 uniquement), qui contient le film dans sa version originale de 156 minutes, la version courte de 108 minutes, et des bonus. Le DVD ne possédant aucun sous-titre anglais, une nouvelle version du film original ressort en 2006 au sein d'une compilation intitulée "Sonny Chiba Action Pack".

Liens externes[modifier | modifier le code]