Viols d'enfants : la fin du silence ?

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Viols d'enfants : la fin du silence ? est un reportage télévisé suivi d'une discussion, diffusé en 2000 sur France 3 dans l'émission Paroles d'enfants, réalisé par les journalistes Pascale Justice, Stéphane Taponier et Cécile Toulec, et présenté par Élise Lucet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le reportage évoque des allégations de viols pédophiles dont auraient été victimes un frère et une sœur, désignés dans le reportage sous les pseudonymes de Pierre (né en 1989) et Marie (née en 1986), et qui affirment que leur père et d'autres adultes les auraient violés à différentes reprises durant des cérémonies à caractère sectaire. Le reportage évoque l'existence d'un réseau pédophile qui bénéficierait de protections au sein des instances dirigeantes de la justice et de la politique française (thèse développée dans le reportage) mais fait aussi part de doutes des magistrats chargés de l'affaire sur la réalité des allégations.

Le reportage fut diffusé le 27 mars 2000 en fin de soirée[1].

Ce reportage sera le sujet d'une importante polémique quant à la rigueur de son contenu.

L'émission[modifier | modifier le code]

Les témoignages[modifier | modifier le code]

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Les témoignages et dessins des enfants, entrecoupés de pleurs, révèlent des rites pédo-sectaires : hommes et femmes en robe blanche ou rouge à bords dorés, arborant sur leur poitrine le symbole d'un triangle dans un cercle, tenant parfois des crucifix, iront jusqu'à décapiter des enfants devant eux et à placer leur têtes sur des piques, autour d'une grande statue centrale. De nombreuses personnes auraient été présentes. Une salle où les hommes violeraient les petites filles et une autre où des femmes violeraient des petits garçons est alors décrite. Les enfants auraient également subis des séances d'hypnose au pendule. Les dessins ont été recueillis par le docteur pédopsychiatre Pierre Sabourin. En octobre 1996, la mère porte plainte à la brigade de protection des mineurs contre son mari, un ostéopathe parisien. Le dossier est alors confié à un juge d'instruction qui met le mari sous écoute téléphonique. Certains de ses amis sont alors identifiés et reliés à l'affaire.

La transcription des bandes des écoutes téléphoniques du père durant l'émission révèlerait qu'il aurait été tenu au courant de l'enquête. La première confrontation père-fille se déroule sans l'avocate de celle-ci, Maître Catherine Lardon-Galeote, le 5 mars 1997. Le père est mis en examen le lendemain. La justice l'autorise à revoir ses enfants un mois après sa mise en examen. En avril 1998, la juge d'instruction confronte à nouveau père et enfants, en présence d'un avocat choisi par la justice, Maître Patricia Guertzon-Blimbaum. Selon Marie, la juge aurait omis de faire inscrire des éléments dont elle aurait témoigné, et son avocat n'aurait rien dit, et lui aurait même conseillé de laisser tomber l'affaire car sinon la justice allait encore devoir l'ennuyer avec les procédures. Dans le reportage, l'avocate s'étonne de ses accusations. Selon Philippe Mazet, chef du service de pédopsychiatrie à l'hôpital de la Salpêtrière, qui ne sera pas entendu par la justice, le témoignage des enfants est crédible.

Selon le sociologue Paul Ariès, leur témoignage est crédible, moyennant une analyse rigoureuse du témoignage tenant compte qu'ils ont peut-être été drogués. Le témoignage étant donc à prendre avec précautions. Pour maître Monique Smadja-Epstein, l'avocat du père des enfants, c'est leur imagination qui est en cause. Le 30 novembre 1998, la juge d'instruction ordonne un non-lieu dans l'affaire. La mère fera recours contre cette décision, avec l'appui du député vaudois Georges Glatz et de son association (Comité international pour la dignité de l'enfant, CIDE) basée à Lausanne, qui permettra d'établir des liens entre cette affaire et celle de « Sylvie » (prénom fictif attribué dans l'émission), une Alsacienne, pour l'affaire dont la mère a porté plainte en août 1997 en mettant en cause son mari, le grand-père et la grand-mère de l'enfant, qui auraient conduit Sylvie à Paris pour des soirées du même genre que celles de Pierre et Marie, qui se révèleront être exactement les mêmes soirées. Ainsi, Pierre et Marie reconnaitront sur photos les abuseurs de Sylvie qui reconnaitra sur photo les abuseurs de Pierre et Marie, dans les locaux du CIDE.

Le CIDE écrira alors au procureur du tribunal de grande instance de Paris pour lui signifier un élément nouveau dans le dossier, justifiant un recours contre le non-lieu précédemment décidé. Sylvie désignera dans son témoignage l'assassinat d'une enfant, une certaine Marguerite. Sylvie a désormais une peur panique de tout ce qui ressemble à un homme qu'elle ne connait pas. Dans un enregistrement sur répondeur fait par un ami du père sur son téléphone, cet ami évoque la préparation de « weekends diaboliques ». Après avoir désigné un juge d'instruction pour s'occuper de l'affaire, la justice confiera la garde au père. Selon Marc Montagnon, procureur adjoint au tribunal de grande instance de Strasbourg, le dossier a donné lieu à un va-et-vient inhabituellement long entre les parquets de Paris et Strasbourg pour instruire l'affaire. La mère de Sylvie s'enfuit alors avec ses enfants à l'étranger. La mère de Pierre et Marie, malgré l'aide du CIDE, verra son recours débouté le 6 mai 1999, la mise en examen de son mari levée et la garde des enfants rétablie pour lui. Elle partira alors s'établir à l'étranger.

Le débat[modifier | modifier le code]

En fin d'émission, un débat modéré par Élise Lucet s'ensuivit. Parmi les invités : la députée socialiste et ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports Frédérique Bredin, la thérapeute familiale Martine Nisse, le commissaire de la sureté Jean-Yves Leguennec, Martine Bouillon, Georges Glatz, député au Grand Conseil du canton de Vaud et délégué du CIDE[2]. Ce dernier évoque l'affaire de Zandvoort. Il explique une partie du fonctionnement de l'économie lucrative de ces réseaux pédophiles, évoquant des snuff movies sur DVD d'enfants violés et tués vendus 20 000 francs suisses sous le manteau, sans apporter aucune preuve, ses propos ont motivé une réaction de la justice française[3].

Suites[modifier | modifier le code]

Martine Bouillon, substitut du procureur de Bobigny et administratrice de l'association La Voix de l'enfant, auteur de Viol d'anges chez Calmann-Lévy en 1997, affirma au cours de l'émission « avoir eu connaissance, en région parisienne, de charniers d'enfants », affaire pour laquelle une instruction était censée être en cours. Ce qui fut infirmé par les autorités judiciaires[4] en la personne de Madame la ministre de la Justice, Élisabeth Guigou, qui a démenti l'existence d'une enquête judiciaire en cours sur la découverte d'un charnier d'enfants en Seine-et-Marne. Tous les parquets de la région Île-de-France ont formellement démenti cette information[5].

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a apporté ses réserves sur l'émission quant à la citation des écoutes téléphoniques qui, sorties de leur contexte, pouvaient voir leur sens modifié ainsi que pour les propos de la magistrate Martine Bouillon[6].

Une partie de l'émission Arrêt sur images du 21 mai 2000 fut consacrée à analyser l'émission de FR3.

Notes et références[modifier | modifier le code]