Viol en réunion

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Le viol en réunion est une qualification pénale dans le droit français décrivant un acte de viol commis par plusieurs personnes agissant comme auteurs ou complices.

Ce que dit la loi[modifier | modifier le code]

Le viol en réunion est retenu par la justice française comme circonstance aggravante du viol réprimé par l'article 222-23 du code pénal pour décrire « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice ». L'expression « viol collectif » et plus récemment « tournante » sont en usage dans le public.

Le viol en réunion est puni en France d'une peine allant jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

Peu de victimes de viol en réunion déposent plainte. On peut voir quatre raisons à cela :

  1. Pression psychologique (honte de n'avoir pas su dénoncer les faits rapidement, pouvant donner à croire que la victime était effectivement consentante)
  2. Crainte de représailles physiques
  3. Chantage et pression des agresseurs (photos utilisées autant pour qu'elle se soumette à nouveau que pour la contraindre au silence)
  4. Difficulté à s'extraire du quartier durant le délai de l'enquête de police

Analyses[modifier | modifier le code]

Des sociologues mettent l'accent sur un effet de groupe : selon eux, l'ami de la jeune femme ne pourrait la protéger de ses amis sans se désavouer vis-à-vis d'eux. Jean-Jacques Rassial, psychologue universitaire membre du B'nai B'rith, y voit plutôt une sorte de rite de passage, où le jeune homme montre que son respect de la bande passe pour lui avant celui de son amie ou des lois.

Flemming Balvig, criminologue à l'université de Copenhague, envisage également cette hypothèse qu'il ramène à l'essor d'un système de type tribal propre aux agglomérations mal sécurisées.

La liberté sexuelle traditionnelle du Danemark prend par ailleurs de court un certain nombre de jeunes gens venant de familles non danoises pratiquant pour des raisons historiques et culturelles une morale sexuelle tout à fait opposée.

La Norvège se trouve en butte au même problème.

Le phénomène dit des « tournantes »[modifier | modifier le code]

Le mot « tournante » est apparu dans la presse française en décembre 2000 pour décrire les viols en réunion, notamment dans les banlieues pauvres. De 2001 à 2003 les médias français ont beaucoup plus traité ce sujet que précédemment, puis beaucoup moins depuis 2004[1].

Le phénomène médiatique correspond à une panique morale.

Description[modifier | modifier le code]

Une expertise réalisée par un psychiatre auprès de la Cour d’Appel de Paris concernant les auteurs des viols en réunions et d'agressions sexuelles (portant sur 52 cas) indique que ceux-ci ont entre 13 et 26 ans avec un pic à 16 ans ; l'âge moyen de ce type d'agresseurs étant plus jeune que pour d'autres types d'agressions sexuelles.

En 2001, la juge Sylvie Lotteau, du tribunal de Bobigny, décrit ainsi les tournantes : « Une fois qu'une jeune fille est devenue l'amie de l'un des membres d'une bande, les autres membres se partagent ses faveurs, en général avec le consentement de son ami, mais pas de la victime. Il faut donner une appréciation négative de la jeune fille — déjà fragilisée car souvent fugueuse, issue de familles déstructurées — pour dire après qu’elle était forcément consentante ».

Un procès ayant eu lieu en 2001 concernait onze violeurs d'une jeune fille de 14 ans dans une cave. Les délinquants ne manifestaient pas de compassion particulière pour leur victime, mais étaient en revanche devant une audience venue nombreuse les soutenir, d'après Le Monde. C'est cet événement qui décida le monde politique à prendre en compte cette question, poussé par le mouvement Ni putes ni soumises.

Autres aspects[modifier | modifier le code]

Des viols collectifs ont été commis dans différents conflits armés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les « tournantes » : mythes et réalités, Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique, par Laurent Mucchielli, juin 2005, consulté le 5 mai 2011.