Vin québécois

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Le vin québécois est le vin du Québec. Il est produit de façon artisanale dans les régions des Cantons de l'Est, de la Montérégie, de la Capitale-Nationale, des Basses Laurentides, de Lanaudière et du Centre-du-Québec. L'on trouve même quelques vignobles dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Deux associations représentent les quelque 125 vignerons québécois :

  • Association des vignerons du Québec (AVQ) [1]
  • Vignerons indépendants du Québec (VIQ) [2]

Histoire[modifier | modifier le code]

Vitis riparia sur l'île aux raisins dans le parc national des îles Boucherville

Lorsque Jacques Cartier explore le fleuve Saint-Laurent, il note la présence de vignes sauvages (vitis riparia)(vignes des rivages) sur l'Île d'Orléans, en Nouvelle-France et c'est pour cette raison qu'il lui donna le nom d'L’Isle de Bacchus, en 1535, une référence au du dieu romain de l'ivresse[1],[2].

En 1608, lorsque Samuel de Champlain s'installa sur le site de la future ville de Québec, il y planta des vignes françaises (vitis vinifera) et constata qu'elles ne survivent pas à l'hiver du pays. De petits vignobles apparaissent tout de même dans la colonie au fils du temps. On continua donc les vinifications avec les vignes arbustives locales, mais en 1664, force fut de constater qu'elles ne donnaient qu'un vin âcre et teinturier. Les colons se mirent à faire du vin avec le raisin sauvage mêlé à autres petits fruits. Ce ne fut pas meilleur[2].

La récolte du raisin sur hautain au Québec à la fin du XIXe siècle

En 1731, les Sulpiciens de Montréal possédaient un vignoble de trois arpents fournissant le vin de messe nécessaire à tous les offices de la religion catholique[3]. D'autres religieux, les Jésuites, se lancèrent à leur tour dans la viticulture et importèrent plusieurs cépages en provenance d'Europe. Ils périclitèrent. Ce qui contraignit aubergistes, religieux et gens fortunés à importer des vins de France et d’Espagne. En 1739, la Nouvelle-France bu 775 166 flacons de vin. La population adulte étant alors de 24 260 personnes, cela représentait à 32 litres. À titre de comparaison, en 1992, la consommation moyenne des Québécois ne fut que de 14 litres par personne et par an[2].

L'emmaganisage et le tri du raisin en Montérégie
Vendange inespérée

Lors de la Conquête par l'Angleterre et jusqu'à la Confédération, en 1867, ce furent les alcools qui prirent le pas sur le vin. Les Anglais durant cette période avaient interdit tout commerce avec la France. Mais un renouveau eut lieu dans le dernier quart du XIXe siècle. La viticulture qui avait vivoté jusqu'en 1864, prit son essor quand le gouvernement du Québec subventionna la culture de la vigne en faisant venir des hybrides des États-Unis. En Montérégie, dans les années 1880, Charles Gibbs de Saint-Paul-d'Abbotsford cultiva, sur le versant du mont Yamaska, 47 variétés de raisins provenant d'hybrides nord-américains et de croisements européens. Il a en pépinière 30 000 plants de vigne mais ne vinifie pas lui-même. Mais cette orientation fut contrariée tant par le soutien discontinu de l'État dû aux alternances gouvernementales et les pressions politico-religieuses anti-viticulture[2].

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les échanges ayant repris avec la France, l'exportation du vin augmenta de façon constante. Les années de guerre et la prohibition aux États-Unis firent privilégier les échanges avec l’Europe. La viticulture québécoise périclita. Elle fut sauvée par l'arrivée d'immigrants comme les Italiens, les Portugais et les gens d’Europe centrale, qui se lancèrent dans culture de la vigne[2].

Durant les années 1970, les jeunes Québécois purent plus séjourner en France et en Europe. La découverte des vins du vieux Continent incita quelques-uns à se lancer dans une viticulture de qualité sans l'aide des gouvernements québécois et canadien, qui pourtant, à la même époque, subventionnaient massivement les cultures fruitières[2].

Joseph-O. Vandal est considéré comme le père de la viticulture moderne au Québec. Avec quelques collaborateurs, il fonda le 2 novembre 1979 l’association des viticulteurs du Québec dont les objectifs sont le développement et la promotion de la vitiviniculture au Québec. Pour ce faire, le Vignoble communautaire de Bourg-Royal à Charlesbourg fut planté en 1983. Avec l’aide de Mario Cliche, enseignant à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe et lui-même spécialisé dans les croisements de la vigne, il développa en 1985, soit au bout de quarante ans de labeur, le premier véritable hybride rustique de vigne : le vandal-cliche[4]. Ce cépage blanc a été obtenu à partir des cépages grands-parents aurore, chancellor, Prince of Wales et vitis riparia. Le plant atteint à maturité une hauteur de 2 m et une largeur de 1 m[5],[6].

On assiste à une nouvelle expansion depuis le début des années 1980. Au XXIe siècle, il y a une cinquantaine de vignobles au Québec, tout au long et au sud du fleuve Saint-Laurent, et une production de 40 000 bouteilles/an. Il est à souligner que lors des concours internationaux, les vins québécois ont remporté plus de 140 médailles en seize ans[2].

Climat et sol[modifier | modifier le code]

La vallée laurentienne, située au sud de la province, est une région fertile où la vigne sauvage et d'autres petits fruits poussent naturellement en abondance. Cependant, l'hiver de quatre mois qui sévit dans cette région au climat continental humide (sous-types Dfa et Dfb) gèle le sol profondément, chose à laquelle la plupart des vignes ne survivent pas. Les vignerons du Québec disposent d'une période de six mois pour accomplir ce qui prend normalement de 11 à 12 mois à accomplir dans les régions viticoles plus chaudes.

Cépages[modifier | modifier le code]

Comme tous les cépages du monde, les cépages cultivés au Québec, qu'ils soient noirs ou blancs, sont sélectionnés lorsqu'ils se montrent aptes à résister aux maladies et à fournir une bonne production. Cependant, le climat particulier du Québec, avec ses hivers très froids, son sol gelé plusieurs mois durant l'année, d'importantes accumulations de neige, et la possibilité d'un regel au printemps, impose des contraintes supplémentaires aux vignerons. Les principaux cépages cultivés sont des cépages hybrides et rustiques qui peuvent résister à des températures hivernales de -30 C. Les principaux sont: Frontenac, Seyval, Vandal-Cliche, Vidal blanc, de Chaunac, Maréchal-Foch, Sainte-Croix, Sabrevois, Saint-Pépin[7]

Régions viticoles[modifier | modifier le code]

Le Québec compte huit régions où l'on cultive la vigne, soit les Cantons-de-l'Est, la Montérégie, la région de la Capitale-Nationale, les Basses-Laurentides, Lanaudière, les Bois-Francs, l'Outaouais et le Témiscamingue. Il y aussi quelques vignobles dans les régions aussi nordiques que le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Le vignoble le plus septentrional est le vignoble Carpinteri à Saint-Ulric, près de Matane (Latitude 48° 51' 0" N).

Types de vins[modifier | modifier le code]

En 2009, on dénombrait 238 vignobles pour une superficie totale de 631 hectares[8]. Ils élaborent plus de 400 produits à base de raisins rouges et blancs dont des vins secs, vins demi-secs, vins doux, vins prestiges, vins de vendange tardive, vins de glace, vins mousseux, vins aromatisés, vins fortifiés et des mistelles.

Certification[modifier | modifier le code]

L'Association des vignerons du Québec a instauré un programme de certification des vins du Québec (http://www.vinsduquebec.com/fr/-vins-certifies-la-certification.html) afin de garantir la provenance des vins.

Distribution[modifier | modifier le code]

La vente de vin au Québec est régie par un monopole: la Société des alcools du Québec (SAQ). Il y a 78 vins québécois sur les rayons de la SAQ (juillet 2013)[9]. On y trouve aussi 390 alcools du terroir[10]. Ces produits peuvent aussi être achetés chez les producteurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site des vignerons du Québec, Histoire
  2. a, b, c, d, e, f et g Historique du vignoble de la Nouvelle-France
  3. Les fruits du Québec, p. 42
  4. Joseph-O. Vandal sur potagersdantan.wordpress.com, consulté le 9 septembre 2011
  5. La vigne Vandal-Cliche sur potagersdantan.wordpress.com, consulté le 9 septembre 2011.
  6. (en) Wineries using the Vandal Cliche Grape, consulté le 9 septembre 2011.
  7. http://www.viticultuream.ca/tableaurusticite.html
  8. http://www.agrireseau.qc.ca/petitsfruits/documents/Portrait%20de%20la%20viticulture%20au%20Qu%C3%A9bec.pdf
  9. http://www.saq.com/webapp/wcs/stores/servlet/SearchDisplay?searchType=&categoryIdentifier=06&showOnly=product&langId=-2&beginIndex=0&tri=&metaData=YWRpX2YxOjA8TVRAU1A%2BYWRzX2YxOV9udGtfY3M6Q2FuYWRh&pageSize=&catalogId=50000&searchTerm=*&sensTri=&pageView=&facet=ads_f3_ntk_cs%253AQu%25C3%25A9bec&storeId=20002
  10. http://www.saq.com/webapp/wcs/stores/servlet/SearchDisplay?pageSize=20&searchTerm=*&catalogId=50000&showOnly=product&beginIndex=0&langId=-2&storeId=20002&facet=ads_f4_ntk_cs%3AAlcool%2Bdu%2Bterroir&title=title-alcools-du-terroir

Bibliographie[modifier | modifier le code]