Villes du Gabon

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Cet article propose une introduction à la structure urbaine du Gabon et dresse une liste des villes les plus peuplées.

Histoire[modifier | modifier le code]

La colonisation, au milieu du XIXe siècle, induit le développement des voies de communication pour l'évacuation des produits issus de l'exploitation forestière et minière. La population, qui occupait auparavant le territoire de manière diffuse, se rapproche des ces voies de communication et des centres d'exploitation miniers et forestiers (Franceville, Moanda, Mounana…), l'activité économique tendant à concentrer la population active. Dans les zones rurales, le colonisateur français met aussi en place un politique de regroupements de villages, afin de mutualiser et rationaliser les investissements en matière d'infrastructures sanitaires, routières et scolaires entre autres ; cette politique sera poursuivie après l'indépendance[1]. Le Gabon connaît donc un mouvement d'urbanisation et d'exode rural notamment en direction des villes côtières (Port-Gentil, Libreville), où se concentrent l’activité économique et l'emploi, qui s'amplifie dans les années 1960 - 1970 et se continue au XXIe siècle[2].

Aujourd'hui le Gabon est décrit comme un pays forestier, faiblement peuplé avec une densité d'environ 5,7 hab/km2, dont plus de 80 %[3] du territoire est recouvert par la forêt, possédant le plus fort taux de superficie forestière par habitant en Afrique[4],[5].

Cependant et paradoxalement, la principale caractéristique du Gabon est le fait qu'environ la moitié de la population totale du pays vit dans une seule ville : cette population est estimée à 1,5 million d'habitants[6] et la seule ville de Libreville en accueille plus de 750 000[7]. Les deux-tiers de la population vivent dans les treize principales villes et 86 % de la population vit en milieu urbain, ce qui est un taux parmi les plus élevés d'Afrique[8],[9],[10]. La densité urbaine est élevée avec 250 à 300 habitants au km² alors que la densité rurale est de 1,1 habitants au km², comparable à celle des pays désertiques du Sahel[2].

La structure institutionnelle du pays et ses systèmes de financement font que les collectivités territoriales ont des ressources financières, humaines et techniques très faibles. Elles vivent essentiellement de transferts alloués par l'État avec des financements qui ne sont pas à la hauteur des besoins créés par une pression urbaine sans cesse grandissante[11]. L'espace urbain gabonais est fortement polarisé entre trois villes « riches », qui continuent à attirer la population (Libreville, Port-Gentil et Franceville-Moanda-Mounana) d'une part et, d'autre part, des villes et communes qui peinent à faire face à leurs obligations de base, l'assainissement notamment[12].

Villes du Gabon[modifier | modifier le code]

Légende
City locator 1.svg Libreville = Capitale
City locator 2.svg Lambaréné = Chef-lieu de province
City locator 4.svg Moanda = ville de + de 10 000 hab.
City locator 5.svg Mimongo = ville de - de 10 000 hab.

Villes du Gabon par population[modifier | modifier le code]

Rang Ville Population Province
rec. 1993 cal. 2010
1. Libreville 419 596 753 550 Estuaire
2. Port-Gentil 79 225 142 280 Ogooué-Maritime
3. Franceville 31 183 56 002 Haut-Ogooué
4. Oyem 22 404 40 235 Woleu-Ntem
5. Moanda 21 882 39 298 Haut-Ogooué
6. Mouila 16 307 29 286 Ngounié
7. Lambaréné 15 033 26 998 Moyen-Ogooué
8. Tchibanga 14 054 25 239 Nyanga
9. Koulamoutou 11 773 21 143 Ogooué-Lolo
10. Makokou 9 849 17 688 Ogooué-Ivindo
11. Bitam 7 473 13 421 Woleu-Ntem
12. Tsogni 7 226 12 977 Nyanga
13. Gamba 7 205 12 939 Ogooué-Maritime
14. Mounana 6 372 11 443 Haut-Ogooué
15. Ntoum 6 219 11 169 Estuaire
16. Nkan 6 188 11 113 Estuaire
17. Lastourville 6 053 10 871 Ogooué-Lolo
18. Okondja 5 193 9 326 Haut-Ogooué
19. Ndendé 4 500 8 082 Ngounié
20. Booué 4 200 7 543 Ogooué-Ivindo
21. Fougamou 4 100 7 363 Ngounié
22. Ndjolé 3 700 6 645 Moyen-Ogooué
23. Mbigou 3 000 5 388 Ngounié
24. Mayumba 2 900 5 208 Nyanga
25. Mitzic 2 820 5 064 Woleu-Ntem
26. Mékambo 2 800 5 029 Ogooué-Ivindo
27. Lékoni 2 600 4 669 Haut-Ogooué
28. Mimongo 2 400 4 310 Ngounié
29. Minvoul 2 100 3 771 Woleu-Ntem
30. Medouneu 1 400 2 514 Woleu-Ntem
31. Omboué 1 210 2 173 Ogooué-Maritime
32. Cocobeach 1 200 2 155 Estuaire
33. Kango 1 200 1 975 Estuaire

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Avenot 2008, p. 57.
  2. a et b Étude diagnostique, p. 15.
  3. La FAO donne le chiffre de 85 % (« Vue du Processus Programmes Forestiers Nationaux au Gabon », sur fao.org) tandis que l'annuaire statistique officiel de 2009 donne 80 % (Annuaire statistique 2009, Direction générale des statistiques du Gabon (lire en ligne [PDF]), p. 1)
  4. « La gestion durable de la forêt au Gabon : un enjeu pour l’AFD », AFD p. 3
  5. Chris Wilks, La conservation des ecosystèmes forestiers du Gabon, IUCN,‎ 1990, 215 p. (lire en ligne)
  6. Gabon = 1 564 000 hab. en 2012 selon la FAO : « CountrySTAT Gabon », FAO
  7. Libreville = 797 000 hab. habitants en 2012 : (en) « Gabon », sur populationsdumonde.com
  8. « L'urbanisation en Afrique », dans L’urbanisation en Afrique et ses perspectives, FAO,‎ 1997 (lire en ligne), chap. 2
  9. « Fiche pays Gabon » [PDF], sur e-geopolis.eu
  10. République Gabonaise, Document de Stratégie Pays 2011-2015, African Development Bank Group,‎ 2011
  11. Étude diagnostique, p. 16-17, 94, 125.
  12. Avenot 2008, p. 67.

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • République du Gabon, Ministère de l’habitat, du logement, de l'urbanisme, de l'environnement et du développement durable, Étude diagnostique pour l’élaboration d'une stratégie national d'habitat et de développement urbain au Gabon, Gouvernement de la République du Gabon, Programme des Nations unies pour le développement, Programme des Nations unies pour les établissements humains,‎ 2011 (lire en ligne [PDF]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Aimé Félix Avenot, La décentralisation territoriale au Gabon : entre mimétisme et mystification, L'Harmattan,‎ 2008, 426 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]

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