Villa Noailles

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Villa Noailles
La villa Noailles
La villa Noailles
Présentation
Période ou style Mouvement moderne
Type Villa
Architecte Robert Mallet-Stevens
Destination initiale Villa
Propriétaire Ville de Hyères
Destination actuelle Centre d'art et d'architecture
Protection  Inscrit MH (1975, 1987)
Site web www.villanoailles-hyeres.com
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Commune Hyères
Localisation
Coordonnées 43° 07′ 26″ N 6° 07′ 38″ E / 43.1240111, 6.12717778 ()43° 07′ 26″ Nord 6° 07′ 38″ Est / 43.1240111, 6.12717778 ()  

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Villa Noailles

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Villa Noailles

La villa Noailles, dont le noyau initial est construit de 1923 à 1925 à Hyères, dans le département du Var, est l'œuvre de l'architecte Robert Mallet-Stevens, avec la collaboration de l'architecte local Léon David, notamment pour les extensions et annexes réalisées jusqu'en 1933.

La Villa[modifier | modifier le code]

La commande[modifier | modifier le code]

Commandée par Charles, vicomte de Noailles et sa femme Marie-Laure de Noailles, mécènes et amis des grands noms de l'art moderne, la villa est l'une des premières constructions françaises du style moderne. Elle est représentative des principes du mouvement rationaliste, par sa recherche d'une luminosité maximale, la fonctionnalité de l'habitation et son économie décorative.

Dans sa correspondance avec l'architecte, Charles de Noailles précise : « Je ne pourrais jamais supporter quoi que ce soit dans cette maison ayant un but seulement architectural et je cherche une maison infiniment pratique et simple, où chaque chose serait combinée du seul point de vue de l'utilité. »

Les aménagements[modifier | modifier le code]

Sa construction comme sa décoration firent appel sur plusieurs années à certains des artistes les plus renommés de l'époque, conseillés par l’architecte, sous forme de commande spécifiques ou d'achats, réunissant sièges en tube chromé et toile, fauteuils en caoutchouc, table en tôle laquée montée sur roulettes, lampes métalliques articulées, placards muraux, etc... et de nombreuses oeuvres d'art : mobilier, de Mallet-Stevens lui-même pour la piscine avec le fauteuil « Transat » de 1923-1925 en tube de tôle laquée et toile, Marcel Breuer avec la « Chaise Wassily » de 1925 achetée pour la terrasse et l'atelier, qui comptent parmi les tous premiers meubles modernes à structure métallique, Francis Jourdain, dont une horloge murale orne chaque pièce, Pierre Chareau avec un lit suspendu dans la chambre en plein air réalisée sur la terrasse en 1928 et dotée de ferronneries escamotables dessinées par Jean Prouvé, Chareau à nouveau avec l'ameublement de la chambre de Monsieur et des sièges pour le petit salon décoré également en 1928 d'un guéridon et de tabourets de Mme Klotz, d'une cheminée de René Prou et de toiles imprimées de Raoul Dufy, Eileen Gray avec un tapis et un meuble (table de nuit?) pour la chambre de Madame dotée également d'un lit de Djo-Bourgeois, d'un fauteuil de Dominique et d'une chaise de Francis Jourdain, Charlotte Perriand avec une table de jeu pliante, Sonia Delaunay avec ses « tissus simultanés », Jean Perzel avec des luminaires, Djo-Bourgeois encore qui aménage la salle à manger en 1925, quatre chambres au mobilier intégré et un bar coloré dans les salles voûtées ou Sybold van Ravesteyn (en), qui réalise les meubles en bois et métal peints de différentes couleurs et la polychromie de la chambre d'amis du 2ème étage en 1925-1926, tandis que Theo van Doesburg avait conçu en 1924 celle d'une pièce destinée à la confection de bouquets, mobilier plus industriel provenant des firmes Smith & Co. avec des fauteuils et Ronéo avec des tables et casiers en tôle, ferronneries de Claudius Linossier avec la porte d'entrée associant cinq métaux, vitraux de Louis Barillet dans l'atelier et l'escalier, sculptures de Henri Laurens, Constantin Brancusi, Alberto Giacometti, des frères Jean et Joël Martel qui créent des bas-relief sur le pilier central du hall et un miroir polyédrique, de Jacques Lipchitz avec une oeuvre placée à la pointe du jardin cubiste réalisé par Gabriel Guevrekian, tableaux moderne notamment de Mondrian avec Composition avec gris et noir de 1925 et de Braque, etc. La villa est successivement agrandie jusqu'en 1933, pour atteindre 2 000 m2 et 60 pièces avec piscine, squash et gymnase privés. Surmontée, comme l'atelier, d'une verrière formant une composition Néo-plastique de poutres et de panneaux aux plans décalés, c'est le premier exemple d'une piscine privée couverte en France. Environ la moitié des espaces affectés au service et au logement des domestiques semblent avoir été conçus principalement par l'architecte local Léon David, qui succédera à Mallet-Stevens.

Le jardin[modifier | modifier le code]

Sur la colline du vieux château dominant la ville d'Hyères, la villa comporte également un grand jardin méditerranéen planté par le vicomte de Noailles, complété en 1925 par un jardin cubiste de Gabriel Guevrekian. Ce jardin cubiste, appelé aussi le jardin triangulaire était orné d'une sculpture en bronze de Jacques Lipchitz. Cette œuvre, qui est visible aujourd'hui au Musée d'Israël à Jérusalem, a été remplacée par un autre tirage.

Historique[modifier | modifier le code]

La villa Noailles devint le rendez-vous de l'avant-garde artistique : Giacometti, Cocteau, Picasso, Dali, Bunuel et Man Ray qui y tourna en 1928 son premier film surréaliste Les Mystères du Château de Dé (en) (ou du Dé)[1], de même que Jacques Manuel avec son film Biceps et Bijoux.

Vendue à la municipalité en 1973, la villa, inscrite en 1975 et 1987 aux monuments historiques[2], après une longue période d'abandon et de détérioration, a été restaurée en plusieurs étapes par les architectes Cécile Briolle, Claude Marro et Jacques Repiquet, pour devenir un centre d'art et d'architecture en 1996 (expositions temporaires d'art contemporain : arts plastiques, architecture, design, photo ou mode).

Aujourd'hui, dirigée par Jean-Pierre Blanc, la villa abrite chaque année le Festival international de mode et de photographie, Design Parade, ainsi que d'autres manifestations culturelles.

Notes et Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Salmon et Hubert Damisch, Villa Noailles (Hyères), Marval, 1997, 95 p.
  • Alfred Werner Maurer: Architekturikonen Provence, Côte d'Azur + Riviera, Philologus Verlag, Basel 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]