Villa Kérylos

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Villa Kérylos
Vue aérienne de la villa Kérylos
Vue aérienne de la villa Kérylos
Présentation
Période ou style Grecque antique
Type Villa grecque
Architecte Emmanuel Pontremoli
Date de construction 1908
Destination initiale villa
Propriétaire Institut de France
Destination actuelle musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1966)
Géographie
Pays France
Localisation
Coordonnées 43° 42′ 11″ N 7° 20′ 02″ E / 43.70306, 7.3338943° 42′ 11″ Nord 7° 20′ 02″ Est / 43.70306, 7.33389  

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Villa Kérylos

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Villa Kérylos

La villa Kérylos, sise impasse Gustave Eiffel à Beaulieu-sur-Mer entre Nice et Monaco, a été construite par l'architecte Emmanuel Pontremoli entre 1902 et 1908 sur un promontoire rocheux surplombant la Méditerranée, sur la Route du bord de mer.

C'est une habitation construite et meublée sur le modèle des villas de la Grèce antique du IIe et du Ier siècle av. J.-C.. Propriété de l'archéologue, spécialiste de l'époque hellénistique, Théodore Reinach (1860-1928), elle est léguée à l'Institut de France en 1928.

Le choix d’une reconstitution antique apparaît purement comme une trame architecturale[réf. nécessaire]. La riche décoration intérieure (esprit des fresques et silhouette du mobilier) et l’austérité des façades sur mer forment un exemple d’une architecture « pittoresco-académique » à tendance néo-antique et modern style[1].

Les matériaux les plus précieux ont été utilisés : marbre de Carrare, albâtre, bois exotiques et citronnier. Les meubles en bois sont incrustés d'ivoire, de bronze et de cuir.

Histoire[modifier | modifier le code]

La villa Kérylos est le fruit de la collaboration de l’archéologue mécène Théodore Reinach et de l'architecte Emmanuel Pontremoli. Tous deux philhellènes, ils caressent le rêve de reconstituer une luxueuse maison de Délos adaptée au tout dernier confort de ce début de XXe siècle.

La construction débute en 1902 pour s’achèver en 1908 pour un coût de neuf millions de francs-or[2], pour l'essentiel assumé sur sa fortune par Fanny Kann, épouse de Reinach, nièce de Charles Ephrussi et petite-cousine de Maurice Ephrussi, dont l'épouse, Béatrice de Rothschild, avait fait bâtir une villa voisine, la villa Ephrussi de Rothschild, de l'autre côté de la baie des Fourmis au Cap Ferrat.

En grec ancien κηρύλος, kérylos, signifie « hirondelle de mer », sans doute en référence à la sterna ou à ces poissons volants, encore nombreux au siècle dernier sur les rivages méditerranéens.

À sa mort en 1928, Théodore Reinach lègue la villa à l’Institut de France. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Gestapo perquisitionne le domicile parisien de ses héritiers, confisque ses tableaux et sa bibliothèque. Les archives relatives à la construction de la villa sont également saisies et dispersées[3].

Aujourd'hui, la villa, transformée en musée, est ouverte au public ; la visite, payante, se fait à l'aide d'un audioguide gratuit. Divers événements rythment la vie de la villa de février à septembre[4].

La villa a été classée au titre des Monuments historiques le 15 septembre 1966[5].

Architecture et mobilier[modifier | modifier le code]

Dès l'entrée, dénommée Thyrôreion (loge du portier), le visiteur est accueilli par la formule grecque Xaipe (Réjouis-toi) inscrite au sol, et le ton est donné par une mosaïque alexandrine datant du IIe siècle av. J.-C. et figurant un coq, une poule et ses poussins, symboles de la famille. Sur le côté, un serpent et un sphinx en bronze, génies protecteurs du foyer, complètent le tableau symbolique, alors qu'au fond du Proauleion (avant-cour), prolongeant le Thyrôreion, une reproduction du Sophocle du Latran invite à la méditation. À l’intérieur, l’élégant péristyle ceinturé par douze colonnes de marbre blanc de Carrare forme un beau plan carré. Les fresques sur les murs illustrant des épisodes de la mythologie grecque sont peintes par Adrien Karbowsky et Gustave-Louis Jaulmes, et les stucs sont de Paul-Jean-Baptiste Gasq. La bibliothèque est la pièce la plus spectaculaire avec ses hautes armoires de chêne dessinées selon un modèle retrouvé à Herculanum en 1762[6]. Les tentures de lin remplaçant les portes sont brodées par l'atelier Ecochard de Lyon. Le mobilier dessiné par Pontremoli est réalisé par l’ébéniste Louis-François Bettenfeld. Les commodités modernes comme l’électricité, l’eau courante et le chauffage central sont habilement dissimulées sous des plaques ajourées.

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Les fresques du péristyle[modifier | modifier le code]

Réalisées selon une méthode antique, sur mortier frais enduit de poudre de marbre, à l'encaustique, elles sont l'œuvre de Gustave Louis Jaulmes et Adrien Karbowsky, tous deux élèves de Puvis de Chavannes. Les scènes ont été choisies par Théodore Reinach et inspirées de décors de vases antiques conservés dans les musées de Berlin, de Munich et du Vatican.

Les deux plus grandes représentent :


Quatre fresques plus réduites illustrent d'autres pans de la mythologie grecque :

  • de part et d'autre de l'accès au Proauleion, vu du fond du péristyle, on peut admirer :
    • à gauche un épisode de la vie d'Apollon : la dispute de la lyre avec Hermès remportée par Apollon qui devint de ce fait le dieu des poètes ;
    • à droite la préparation au sacrifice d'un taureau à l'occasion d'une fête dédiée à Dionysos au cours de laquelle le vainqueur d'un concours de poésie recevait le trépied visible derrière l'animal ; à gauche se trouve la déesse ailée de la Victoire, Niké ;
  • en face :
    • un autre épisode de la vie d'Apollon, son retour au sanctuaire de Delphes après son voyage au pays des Hyperboréens, peuple mythique ne connaissant ni la maladie, ni la vieillesse et où Apollon retourne tous les 19 ans (période de révolution complète des astres);
    • le retour d'Héphaïstos dans l'Olympe commandé par Zeus à Dionysos qui, pour ce faire, enivra le dieu forgeron et le ramena sur son âne, le cortège étant précédé d'un satyre.

Statuaire[modifier | modifier le code]

Les statues antiques sont très nombreuses, la plupart étant des moulages grandeur nature[7] :

Trois galeries formant la Galerie des Antiques présentent également des copies des plus belles statues grecques grandeur nature :

Atelier de céramique[modifier | modifier le code]

L'atelier de céramique permet de vivre les gestes de artisans de l'Antiquité. Quelques objets sont présentés à la vente.

Aspects extérieurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Steve, La Métaphore Méditerranéenne: L'architecture sur la Riviera de 1860 à 1914, Éditions Demaistre, 1996, p. 125, (ISBN 2841940039).
  2. Bérénice Geoffroy-Schneiter, La Villa Kérylos, Archéologia, n° 329, p. 53
  3. Pierre Assouline, Le dernier des Camondo, Gallimard, 1997, p. 270 (ISBN 2-07-074554-6)
  4. Dossier de presse sur la villa Kérylos, p. 13
  5. « Villa grecque Kerylos, actuellement Fondation Théodore Reinach », base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Bérénice Geoffroy-Schneiter, op. cit., p. 52
  7. Dossier de presse sur la villa Kérylos, p. 16

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Chamonard et E. Pontremoli, Kérylos, Éditions des bibliothèques nationales de France, 1934, réédité en 1996 par Jeanne Laffitte, Marseille, préface de Jacqueline de Romilly, présentation de Régis Vian des Rives et Jean Leclant;
  • Jean-Claude Delorme, Maisons d'exception, éditions de La Martinière, 1994, p. 84–95
  • Laure Murat, La villa Kérylos, Beaux Arts éditions, (ISBN 2-84278-164-4[à vérifier : ISBN invalide]);
  • Régis Vian des Rives (dir.), La Villa Kérylos, Éditions de l’Amateur, 1997, préface de Karl Lagerfeld;
  • Didier Gayraud, Belles demeures en Riviera 1835-1930, p. 217-218, Éditions Giletta, Nice, 2005 (ISBN 978-2-915606-20-1);
 Axelle Corty, Collection privée 11 : Le mobilier néo-grec de Pontremoli (Connaissance des Arts, 1986 ?) ;

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Pontremoli une architecture entre éclectisme et mouvement moderne
  2. Emmanuel Pontremoli et la villa Kérylos