Vieux breton
| Vieux breton Henvrezhoneg |
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| Langues filles | moyen breton |
| Parlée en | France |
| Région | Bretagne |
| Classification par famille | |
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| Codes de langue | |
| ISO 639-3 | obt |
| Linguasphere | 50-ABB-ba |
| IETF | obt |
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Le vieux breton (henvrezhoneg en breton) est le nom actuellement donné à la langue bretonne armoricaine d'avant l'an 1100.
Le plus ancien texte contenant du breton est le manuscrit de Leyde datant de la fin du VIIIe ou du IXe siècle.
Il est suivi par le moyen breton.
Sommaire |
[modifier] L'inscription de Lomarec
La transcription la plus ancienne en vieux breton a été retrouvé à l'intérieur d'un sarcophage dans une chapelle près du village de Lomarec dans la commune de Crac'h, près d'Auray : « irha ima in ri », soit en breton moderne : « amañ emañ ar roue » (notez le remplacement du mot celtique ri (cf le gaélique et le gaulois rix) par l'emprunt du mot roue), ce qui signifie « ici repose le roi ». L'inscription étant datée du siècle du roi Waroc'h, certains pensent qu'il fut enterré ici. Les éléments à l'appui de cette thèse sont :
- l'étymologie d'Auray, dont une hypothèse y voit la signification de « cour royale » (du latin « aula regia »).
- la date de la fondation d'Auray : une motte féodale y aurait existé dès le Ve siècle
[modifier] L'inscription de Gomené
Ou inscriptions des Aulnays. La plus vieille inscription en breton peut se voir sur un monument en granit : « Ced parth so »[1]
[modifier] Évolution du vieux breton
Entre le gaulois et le britonique existe quelques difference alors:
- Le son KS est devenue s en gaulois et h en britonnique. (a ne pas confondre avec le S indoeuropéen qui est alors encore prononcé S en gaulois et en brittonique.)
étrangement certains mots bretons ont subit l'evolution gauloise: ukso→ a-us.
- Le son u devient i en britonnique et u ou o en gaulois. (dinan.....verdun)
[modifier] À partir du Ve siècle
- Les consonnes k, t, p, g, d, b, m, quand elles sont entre deux voyelles ou une voyelle et une consonne liante (l, m, r, n), évoluent en g, d, b, c'h, th doux, bh. (Un peu comme l'accent américain d'aujourd'hui influence l'anglais: bedeur pour prononcer better)
Ces évolutions ne sont pas marqués dans l'écriture sauf quand les scribes font des fautes. (comme si par exemple un écrivain écrivait sozie au lieu de sosie). C'est d'ailleurs pour cela que l'on sait que ces consonnes avaient évolué malgré l'orthographe.
[modifier] À partir du VIe siècle
- Le s évolue en h : *sintos→ hint (sentier, chemin) ; *salannos→ holen. Pourtant certains mots vont conserver le s initial (seizh, sunan, saotr...)
- Les consonnes doubles explosives evoluent: pp→f (ph) ; tt→th; cc→c'h
cattos→ cath (chat)
succo→ soc'h (le truc de fer qui laboure le sol dans une charrue)
- Les double consonne avec une consonne liante devant (l, n, m ou r) et une consonne explosive derrière (k, t ou p) font egalement évoluer cette derniere consonne.
rk→rc'h Marcos...Marc'h
rp→rf
rt→rth nertos → nerth ( nerzh, force)
lk→lc'h
lp→lf
- Les doubles consonnes kt et pt evoluent en c'ht puis en eth, ith (fruct- →froueth; lact- → laeth)
- La contamination (influence d'une voyelle sur une autre) fait se fermer des voyelles ouvertes ( o, a ) quand elles sont devant une voyelle fermée (i, y, e).
ex: *bucolio→ bucelio→ bugel (enfant)
ex: doniu→deniu→den
ex: gallit→ gell (forme irrégulière de gallout à la 3ème personne du singulier)
- disparition de la dernière syllabe.
L'ancien breton, au départ, avait son accent sur l'avant dernière syllabe. peu à peu, la force de cet accent fait disparaître la dernière syllabe.
L'accent restant au même endroit, il est désormais sur la dernière syllabe.
eclesia→ iliz
durnos→durn→dorn etc...
Ces dernieres syllabes, memes si elles ont disparus, continuent de provoquer des mutation aujourd'hui sur les mots qu'ils suivent. Ce sont des syllabes fantômes.
[modifier] Période du VIIe siècle, du VIIIe siècle et du IXème siècle
Peu de changements influencent alors la langue.
- La contamination des voyelles fermées (i, y, e) sur des voyelles ouvertes ( o, a ) continue.
monid → *menid kolin→kelenn nouid→*evid
- paradoxalement, certaines voyelles commencent à s'ouvrir.
le vieux breton hésite entre le u (prononcer ou) et le o pour certains mots:
dorn, durn ( dourn) ; but ( bout), bot ; dubr (doubr), dobr.
Le I ouvert commence a devenir e (é)
monid→ menid→mened
louinid→leuinid→leuened (joie)
- Des nouvelles diphtongues apparaissent:
le é: devient oï le è: devient Oï (o ouvert)
- le son h venu du g commence a disparaitre en fin de mot après une voyelle.
tig→tih→ti (maison Brog→broh→bro
Cependant, après une voyelle liante comme r ou l, ce même h se renforce en c'h
lerg→lerh→lerc'h dalg→dalh→dalc'h
dans certains coins cette prononciation rg est resté: bourg ou argant dans le sud
[modifier] IXe siècle
A partir du IXe siècle, dans une partie de la Bretagne, l'accent commence peu à peu à se déplacer de la dernière syllabe pour se fixer, comme avant le 6eme siecle, sur l'avant derniere syllabe,. Mais cela seulement dans certaines partie du domaine bretonnant. (surtout le nord). Au sud, dans le pays vannetais et nantais [2], l'accent reste sur la dernière syllabe.
Cette accentuation sur l'avant dernière syllabe se retrouve également en Cornouailles et en Pays de galles. Certains pensent que c'est l'accentuation des verbes et de leur conjugaison (qui étaient toujours restés sur l'avant dernière syllabe) qui fit évoluer les mots vers cette accentuation. Au XIIe siècle, le changement d'accent est terminé, à priori..
[modifier] Xème-XIème siècle
- le uu débutant un mot se renforce à partir du Xème siècle: il devient gu, go
uuin→guin uuerth→guerth
- Le I long et court va devenir e.
hint→hent
karantid→karantez
A cause de cela, la différenciation entre le singulatif masculin -in(n) et le singulatif féminin -en(n) va disparaitre pour devenir -enn.
- le o court qui vient du brittonique a fini de se transformer en e (é)
to→te ( tu) com→ken
- le o long brittonnique devient eu.
mor→meur bore→beure brotr→breur Caradog→caradeuc
- la contamination continue
les voyelles courtes (i, y, e) continuent de parachever leur oeuvre de fermer les voyelles précédentes dans certains mots (mais pas dans le vannetais ni dans le nantais).
melin→milin
[modifier] Sources
[modifier] Références
- Catherine Bizien-Jaglin, Patrick Gallou et Hervé Kerébel, Carte archéologique de la Gaule : Côtes-d'Armor, Paris, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 2002, 410 p. (ISBN 978-2-87754-080-3) (LCCN 2007459546) [lire en ligne (page consultée le 7 février 2011)], p. 154
- Fait peu connu, le breton a longuement été parlé en Loire Atlantique vers Guérande, Guéméné-penfao, Guenrouet et certainement par une partie de la population de Nantes
[modifier] Bibliographie
- Léon Fleuriot, Le vieux breton, Éléments d'une grammaire, Paris, Klincksieck, 1964.
- Léon Fleuriot, Dictionnaire des gloses en vieux breton, Paris, Klincksieck, 1964.
- Léon Fleuriot, A Dictionary of old breton - Dictionnaire du vieux breton, Toronto, Prepcorp Limited, 1985. Apparemment réédition de l'ouvrage paru en 1964.
- Vocabulaire vieux-breton, avec commentaire, contenant toutes les gloses en vieux-breton, gallois, cornique, armoricain, connues, précédé d'une introduction sur la phonétique du vieux-breton et sur l'âge et la provenance des gloses, F. Wiever, 1884. Consultable dans la bibliothèque numérique de l'Université Rennes 2
[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
- Vieux gallois (Hen Gymraeg)
- Manuscrit de Leyde
- linguistique