Victor de l'Aveyron

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Premier portrait de Victor, décrit comme ayant 26 cicatrices tant au corps qu'à la tête.

Victor de l'Aveyron est un des cas d'enfant sauvage, qui serait né vers 1790 dans le Tarn et qui s'est réfugié dans l'Aveyron.

Biographie[modifier | modifier le code]

Découverte[modifier | modifier le code]

En 1797, un enfant d'environ 9-10 ans est aperçu dans le Tarn, mais ce n'est que deux ans plus tard qu'il sera attrapé par des hommes et des chiens après s'être bien débattu, escorté au village de Lacaune et recueilli par une veuve. L'enfant ne se nourrit que de végétaux crus, ou qu'il a cuits lui-même.[réf. nécessaire] Il fugue au bout d'une semaine.

En 1799, durant l'hiver, l'enfant passe du Tarn à l'Aveyron. Le 6 ou le 8 janvier 1800, un enfant nu, voûté, aux cheveux hirsutes, est débusqué par trois chasseurs. Il s’enfuit, sort des bois et se réfugie dans la maison du teinturier Vidal, à Saint-Sernin-sur-Rance. Il ne parle pas et fait des gestes désordonnés. D'après Dagognet, « il marche à quatre pattes, se nourrit de plantes, est velu, sourd et muet[1]. » Il est envoyé trois jours plus tard dans un orphelinat de Saint-Affrique, puis le mois suivant (4 février 1800) à Rodez.

Chez le docteur Itard[modifier | modifier le code]

C’est l'abbé Bonnaterre, naturaliste, qui le récupère et l’emmène à l’École centrale. Le ministre Lucien Bonaparte réclame son transfert à Paris. Il arrive donc dans la capitale le 6 août 1800. Le voilà livré à la curiosité de la foule et des savants. Toutes sortes d’hypothèses, même les plus absurdes, ont été formulées à son sujet. En particulier, on ne sait pas si son retard mental était dû à son isolement ou si un handicap mental préalable avait conduit à son abandon vers l’âge de deux ans.

En 1801, Victor est confié au docteur Jean Itard. Personne ne croit à sa réinsertion sociale, mais Itard s’attelle à la tâche. Il publiera un mémoire la même année et un rapport en 1806 sur ses travaux avec Victor de l’Aveyron[2]. Pendant cinq années, il travaille à la réinsertion sociale de cet enfant, mais considère comme un échec personnel son incapacité à parler.

Victor est confié à une certaine madame Guérin qui le soigne pendant 17 ans, de 1811 à sa mort en 1828, dans une maison de l’impasse des Feuillantines à Paris.

Autour de Victor de l’Aveyron[modifier | modifier le code]

Lucien Malson, Les Enfants sauvages[modifier | modifier le code]

Lucien Malson publie les écrits du docteur Itard qui cherchait à humaniser le garçon. Il remarque les difficultés qu’il a éprouvées à faire retrouver à l’enfant une sensibilité, des sentiments, une faculté de raisonnement, mais surtout à lui apprendre à communiquer. Itard se demande finalement s’il n’aurait pas mieux valu le laisser dans la forêt. Lucien Malson écrira :

« L’homme en tant qu’homme n’est qu’une éventualité, c’est-à-dire moins, même, qu’une espérance. »

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Statue[modifier | modifier le code]

Une statue, dédiée à « Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron », a été érigée à Saint-Sernin-sur-Rance. Elle est l’œuvre du sculpteur Rémi Coudrain[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Malson, Les Enfants sauvages, ed. 10/18, 1964
  • Serge Aroles, L'Énigme des enfants-loups. Une certitude biologique mais un déni des archives, 1304-1954, 2007
  • F. Perea et J. Morenon, « Le sauvage et le signe. Les enseignements de l'histoire de Victor de l'Aveyron », dans la revue Nervure, Journal de psychiatrie, tome XVII no 9, décembre 2004 - janvier 2005
  • Thierry Gineste, Victor de l'Aveyron : dernier enfant sauvage, premier enfant fou, Hachette Littérature, coll. « Pluriel », 2006 (ISBN 2010213777)
  • T. C. Boyle, L'Enfant sauvage (nouvelles), traduction Pierre Demarty, Grasset, 2011 (Wild Child & Other Stories, 2010)
  • (en) R. Shattuck, The Forbidden Experiment: the Story of the Wild Boy of Aveyron. New York: Kodansha International, 1980

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Dagognet, « Le docteur Itard entre l'énigme et l'échec », préface à Jean Itard, Victor de l'Aveyron, éditions Allia, Paris, 2009, p. 7.
  2. Jean Itard, Mémoire et Rapport sur Victor de l'Aveyron (1801 et 1806) (BNF-Gallica).
  3. La statue sur le site de Rémi Coudrain.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]