Victor de Fay de La Tour-Maubourg

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Marie Victor Nicolas de Fay de Latour-Maubourg
Image illustrative de l'article Victor de Fay de La Tour-Maubourg

Surnom Latour-Maubourg
Naissance 22 mai 1768
La Motte-de-Galaure (Drôme)
Décès 11 novembre 1850 (à 82 ans)
Dammarie-lès-Lys (Seine-et-Marne)
Origine Drapeau de la France France
Arme cavalerie
Grade général de division
Années de service 1782
Distinctions marquis
Comte de l'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de l’ordre de la Réunion
Grand-croix de Saint-Louis
Chevalier du Saint-Esprit
Hommages Arc de Triomphe de l'Etoile, 17e colonne. "L Tr MAUBOURG"
Autres fonctions Gouverneur des Invalides

Marie Victor Nicolas de Faÿ de Latour-Maubourg dit Victor de Faÿ de Latour-Maubourg (ou La Tour Maubourg), né à La Motte-de-Galaure le 22 mai 1768, mort à Dammarie-lès-Lys le 11 novembre 1850, est un militaire et homme politique français qui exerça son activité pendant les périodes de la Révolution et de l'Empire, tout comme son frère, Charles César de Fay de La Tour-Maubourg (1756-1831). Il est général de division en 1807, et ministre de la Guerre de 1819 à 1821.

Enfance[modifier | modifier le code]

Il passe son enfance au château de Maubourg (Haute-Loire), mousquetaire de la reine à 14 ans, il émigre avec le reste de sa famille en 1792.

Sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Il rejoint Napoléon Ier. Aide-de-camp dans l'expédition d'Égypte, il devient colonel à la bataille d'Austerlitz et y reçoit le grade de général de brigade le 24 décembre 1805. Il fait ensuite la campagne de Prusse et de Pologne. Blessé au combat de Dreypen, il est promu le 14 mai 1807 au grade de général de division. Il est blessé de nouveau à la bataille de Friedland. Il se signale en Espagne en 1808 à la tête de la cavalerie de l'armée du Midi, fait la campagne de Russie, commande le 1er corps de cavalerie en 1813, et il est chargé de l'escadron sacré, composé uniquement d'officiers de cavalerie. Il se couvre de gloire à Dresde et surtout à la bataille de Leipzig où un boulet de canon lui emporte la cuisse. Voyant son domestique pleurer, il lui dit : « Console-toi, mon ami, le mal n’est pas si grand pour toi… Après tout tu n’auras plus qu’une botte à cirer »[1]. L’amputation est pratiquée par le célèbre chirurgien des armées impériales, Dominique Larrey qui note dans ses mémoires : « Il reçut un boulet de petit calibre qui lui fracassa le genou droit, blessure grave qui nécessita l’amputation de la cuisse, réclamée par le blessé lui-même : je la pratiquai immédiatement sous le canon de l’ennemi. Elle fut faite en moins de trois minutes. »[2]

Sous la Restauration[modifier | modifier le code]

Latour-Maubourg adhère à la déchéance de l'Empereur et est nommé pair de France le 2 juin 1814 par Louis XVIII. Il ne remplit aucune fonction pendant les Cent-Jours. En 1817, il est créé marquis. Il occupe les fonctions de Président du Comité de Cavalerie, Ambassadeur à Londres, et ensuite Ministre d'État et ministre de la Guerre de 1819 à 1821 dans le cabinet d'Élie Decazes et d'Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu. Dans ses Mémoires, le comte d’Agoult rapporte que, ministre de la Guerre, Victor de Latour-Maubourg présente à Louis XVIII un document visant à réduire le nombre des Maréchaux de France. Le roi lui dit : « Je signe avec regret cette ordonnance car j’avais l’intention de vous nommer Maréchal. » Le ministre avait fait son devoir, note le comte d’Agoult, et n’accèda jamais à cette dignité suprême[3]. On lui doit l'ordonnance du 25 octobre 1820 portant réorganisation de l'infanterie française. Il est nommé en 1821, gouverneur des Invalides.

Personnage sévère, ce grand soldat était probablement plus à l’aise sur les champs de bataille que dans les salons. Le comte de Basterot, neveu du marquis César-Florimond de Latour-Maubourg, raconte l’anecdote suivante : « Victor de Latour-Maubourg se trouva invité à un repas où se firent les mêmes extravagances (vaisselle et cristaux brisés). Impassible tant qu’avait durée la scène de destruction, il se leva au moment où ces enragés de convives n’eurent plus rien à briser, mais un couteau entre ses dents, montant sur la table sans dire un mot, grimpa dans le lustre auquel personne n’avait pensé et s’étant mis à califourchon sur la partie la plus élevée, coupa la corde à laquelle était suspendu ce lustre… après quoi il se dépêtra comme il put, prit son sabre et son chapeau et, plus ou moins meurtri ou blessé, s’en alla sans proférer une parole »[4].

Il refuse de reconnaître la monarchie de Juillet et devient Gouverneur du duc de Bordeaux en exil. Il décède dans son château du Lys à Dammarie-lès-Lys en 1850.

Grand-croix de l’ordre de la Réunion par Napoléon Ier, il sera nommé grand-croix de la Légion d'honneur (23 août 1814[5]), chevalier du Saint-Esprit et grand-croix de Saint-Louis par Louis XVIII.

« Gloire sans nuage »[4], Victor de Latour Maubourg semble avoir été particulièrement apprécié par ses contemporains. Arthur Wellesley de Wellington avait une haute opinion de lui et l'invita durant son ambassade à Londres[4], Chateaubriand, de son côté, note dans les Mémoires d'outre-tombe au Livre 21, Chapitre 6 : « J’ôte mon chapeau en passant devant lui, comme en passant devant l’honneur ».

Il avait épousé une Hollandaise dont il n’aura pas d’enfant. Protestante, elle se convertit au catholicisme après son mariage. Le comte d’Agoult rapporte que « Madame de Maubourg fut atteinte d’hydropisie à l'époque de la Restauration. L’archevêque de Paris lui parla du prince abbé de Hohenlohe qui jouissait dans l’Église d’une réputation de sainteté et s’offrit pour servir d’intermédiaire. L’abbé répondit qu’il célèbrerait pendant neuf jours la messe à l’intention de Madame de Latour-Maubourg. Il indiquait l’heure pour qu’elle pût s’unir par la prière. Le neuvième jour, elle alla communier. À partir de ce moment-là, le mal cessa et elle recouvra toute sa santé ! »[3]

Un portrait de Victor de Latour-Maubourg et une gravure représentant César de Latour-Maubourg sont conservés à la National Gallery de Londres. Victor de la Tour-Maubourg figure également sur le tableau du Sacre de Charles X à Reims, de François Gérard, conservé au château de Versailles.

Victor de Latour-Maubourg donnera son nom à un grand boulevard parisien, une station du métro de Paris ainsi qu'à une caserne à Valence (Drôme), aujourd'hui Centre universitaire Latour-Maubourg.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'anecdote est rapportée, entre autres, par Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe
  2. D. Larrey, Mémoires de Chirurgie Militaire et Campagnes
  3. a et b Ch. d’Agoult, Mémoires
  4. a, b et c F. J. de Basterot, Souvenir d’enfance et de jeunesse
  5. « Notice no LH/948/65 », base Léonore, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]