Victor Prunelle

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En M. Prune par Daumier.

Victor-Gabriel Prunelle est un médecin et homme politique français, né le 23 juin 1777 à La Tour-du-Pin, mort à Vichy le 20 août 1853.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Te deum à l'autel de la paix »
Dessin de Grandville paru dans La Caricature en novembre 1831.
De gauche à droite : L'aspergeur, le général Georges Mouton ; le diacre, le général Jean-François Jacqueminot ; un président à cheval sur le règlement, Amédée Girod de l'Ain ; 1er porteur, Clément-François-Victor-Gabriel Prunelle ; 2e porteur, Benjamin-François Levrault ; un citoyen, le roi Louis-Philippe Ier, le visage caché par un livre ; les enfants de chœur, Jean Vatout, Auguste Hilarion de Kératry, Alphonse-Marie-Marcellin-Thomas Bérenger, Antoine Gabriel Jars, Alphonse Jacques Mahul, Auguste Victor Hippolyte Ganneron ; le sous-diacre.

Il fit ses études aux facultés de médecine de Montpellier et de Paris, il en sortit médecin en 1798. En 1799, le Directoire lui demanda de rejoindre Napoléon Bonaparte en Égypte, où la peste ravageait l'armée. Mais il fut arrêté par les anglais à Malte. Il s’enfuit, parcourut l'Espagne et rentra à Paris. Il effectua une carrière militaire sous Napoléon Ier.

Rentré dans la capitale, il collabora aux Annales de Millin, à la Décade Philosophique, dans laquelle il s'attacha à vulgariser les doctrines de Kant, de Fichte et de Schelling. Il fut nommé, en 1803, bibliothécaire de l'École de médecine de Montpellier, et obtint en 1807 la chaire de médecine légale de cette même Faculté. Mandaté par Jean-Antoine Chaptal sous le Consulat, il forme, pour l’essentiel à partir des confiscations révolutionnaires, un fonds encyclopédique d’une richesse et d’une cohérence admirables pour l'école de médecine de Montpellier : 900 volumes de manuscrits, dont 650 médiévaux (59 de la période carolingienne) et plus de cent mille volumes imprimés avant le XIXe siècle - dont 300 incunables.

Il exerça ensuite la profession de professeur à la Faculté de Médecine de Paris.

Ses idées philosophiques et politiques jugées trop libérales le firent destituer en 1815 de ses fonctions de bibliothécaire, et en 1819, pour ces mêmes raisons, il fut révoqué comme professeur. Il alla alors s'établir à Lyon où ses talents et sa réputation lui firent gagner une riche clientèle. Lors de la révolution de 1830, il devint maire de Lyon et c'est sous son mandat qu'eut lieu la révolte des Canuts. Les électeurs de La Tour-du-Pin l'envoyèrent siéger à la Chambre des députés. Il parut oublier alors les idées libérales qu'ils avaient professées jusque là, pour manifester un dévouement sans bornes à la monarchie de Juillet. Il se prononça pour l'hérédité de la pairie, et vota à peu près continuellement avec le ministère.

Non réélu en 1839, il se retira de la vie politique, et alla remplir à Vichy les fonctions d'inspecteur des eaux minérales. Il devint maire de cette ville en 1848. Bien qu'il eût gagné beaucoup d'argent dans la pratique de son métier de médecin, il laissa, lors de sa mort en 1853, plus de 200 000 francs de dettes.

Mandats politiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Guiart, Le docteur Gabriel Prunelle, médecin consultant à Lyon et maire de Lyon, dans les Cahiers lyonnais d'histoire de la médecine, n° 4, octobre 1956.

Références[modifier | modifier le code]