Victor Marie d'Estrées

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Victor Marie d'Estrées
Duc d'Estrées
Victor Marie d'Estrées par Nicolas de Largillière
Victor Marie d'Estrées par Nicolas de Largillière

Surnom Maréchal de Cœuvres
Maréchal d'Estrées
Naissance 30 novembre 1660
à Paris
Décès 27 décembre 1737 (à 77 ans)
à Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Arme Armée royale
Marine royale
Grade Maréchal de France
Vice-amiral du Ponant
Années de service 16761731
Conflits Guerre de la Ligue d'Augsbourg
guerre de Succession d'Espagne
Commandement Flotte du Ponant
Distinctions Grand d'Espagne
Chevalier de la Toison d'or
Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit
Autres fonctions Codirecteur de la Compagnie des Indes
Gouverneur de Nantes et du pays nantais
Lieutenant général de Bretagne
Vice-roi de la Nouvelle-France
Membre de l'Académie des sciences, de l'Académie française et de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
Famille Maison d'Estrées

Victor Marie d'Estrées, comte puis duc d'Estrées (1723), comte de Cœuvres et seigneur de Tourpes, né à Paris le 30 novembre 1660 et mort à Paris le 27 décembre 1737, est un militaire français des XVIIe et XVIIIe siècles. Fils du maréchal Jean II d'Estrées, il débute dans l'infanterie avant d'intégrer la Marine royale dans laquelle il combat pendant la guerre de Hollande. La paix revenue, il prend part à des opérations en Méditerranée contre les barbaresques sous les ordres du « Grand Duquesne ». Il sert sous Tourville au début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, avant de revenir dans l'armée de terre. Il est au cap Béveziers, en 1690, il bombarde la côte espagnole l'année suivante et participe à la capture du convoi de Smyrne au large de Lagos en 1693.

Au début de la guerre de Succession d'Espagne, il est chargé de conduire Philippe V à Naples pour qu'il s'y fasse reconnaître comme roi des Deux-Siciles. Le succès de cette mission lui vaut la grandesse d'Espagne. Il est élevé à la dignité de maréchal de France en 1703. Désigné comme mentor du comte de Toulouse, il participe à la bataille de Velez-Malaga, ce qui lui vaut d'être fait chevalier de la Toison d'or et « général des mers d'Espagne ». En 1705, il tente de maintenir le siège de Barcelone mais doit céder. À la mort de son père, il devient vice-amiral du Ponant, gouverneur de Nantes et pays nantais, lieutenant général de Bretagne et vice-roi de la Nouvelle-France

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et débuts[modifier | modifier le code]

Victor Marie d'Estrées descend de la Maison d'Estrées, une famille noble qui a donné au royaume de France un grand nombre d'officiers généraux. Son grand-père François-Annibal d'Estrées (1573 – 1670) est maréchal de France. Il descend par sa grand-mère maternelle, Marie de Béthune (1602-1628) de la Maison de Béthune, plus anciennes et illustres maisons de France et d'Europe.

Son père Jean II d'Estrées (1624-1707), est lui aussi maréchal de France et vice-amiral du Ponant. Ce dernier épouse Marguerite Marie Morin (†1714) en 1658. De cette union naissent :

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Débuts pendant la guerre de Hollande[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Hollande.

Victor Marie d'Estrées commence sa carrière dans l'infanterie au sein du régiment de Picardie, en 1676, il fait campagne en Flandre en 1677. Seignelay le fait ensuite passer dans la Marine royale et il participe avec son père à la guerre de Hollande (1672-1678). Il prend part à la bataille de Tobago (3 mars 1677) aux Antilles comme commandant de vaisseau avant d'être chargé d'opérations en Méditerranée.

En 1682-1683, il participe aux bombardements d'Alger sous les ordres de Duquesne, en 1684 au siège de Luxembourg et reçoit la survivance de la charge de vice-amiral à la mort de son père. Au printemps 1688, il prend part au combat de Tourville contre l'amiral espagnol Don Papachino.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de la Ligue d'Augsbourg.
Bataille de Barfleur par Richard Paton.

Au début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il s'engage comme volontaire dans l'armée de terre et il est blessé pendant le Siège de Philippsburg en 1688. Il retourne alors dans la Royale. En 1690, il commande le vaisseau Le Grand et l'arrière-garde à la bataille du cap Béveziers, composée de vingt navires. Il s'y distingue ainsi qu'au débarquement de Teignmouth où il détruit un certain nombre de navires anglais. Chargé par Louis XIV de la flotte du Levant, il commande ensuite à nouveau en Méditerranée où, en mars 1691, sous les ordres du maréchal de Catinat, il participe à la prise de la ville et du comté de Nice, bombarda Oneglia, passe sur les côtes d'Espagne, puis au bombardement de Barcelone et d'Alicante en juillet 1691[1]. Lors de la campagne de 1692, il devait, avec l'escadre de Méditerranée, rejoindre Tourville à Brest mais il est retardé par le mauvais temps et n'arrive qu'après le combat de Barfleur. En mai 1693, il coopère au siège de Rosas puis rallie Tourville au cap Saint-Vincent et l'aida à s'emparer à Lagos du convoi anglo-hollandais venant de Smyrne. En 1697, il contribue au blocus et à la prise de Barcelone.

En 1698, il épouse Lucie Félicité de Noailles (née en 1683), fille du maréchal-duc Anne Jules de Noailles et de la duchesse, née Marie-Françoise de Bournonville. Ils n'ont pas d'enfants.

Guerre de Succession d'Espagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Succession d'Espagne.

Au début de la guerre de Succession d'Espagne, il est chargé de conduire Philippe V à Naples en avril 1702 pour qu'il s'y fasse reconnaître comme roi des Deux-Siciles. Il rallie Cadix où il commande un moment une imposante flotte franco-espagnole. Le succès de cette mission lui vaut la grandesse d'Espagne.

En 1703, il est nommé maréchal de France, d'abord sous le nom de maréchal de Cœuvres, puis sous celui de maréchal d'Estrées à la mort de Jean II d'Estrées en 1707. Il ne devient duc d'Estrées et pair de France qu'en 1723. Il est fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit en 1705.

Bataille de Vélez-Malaga, 24 août 1704

En 1704, Victor Marie d'Estrées est désigné comme mentor du comte de Toulouse, amiral de France. Il participe à la bataille de Velez-Malaga (24 août 1704), ce qui lui vaut d'être fait chevalier de la Toison d'or et le titre de « général des mers d'Espagne ». L'année suivante, il tenta d'assurer le siège de Barcelone mais doit s'éloigner devant une escadre anglaise. Sous la Régence, il devient président du conseil de la marine (septembre 1715) puis membre du conseil de Régence. Il est nommé ministre d'État en 1727. Mais les fonctions de gouvernement ne lui réussissent guère. Son esprit est confus et il s'avère incapable d'expliquer simplement une affaire en conseil.

Charges ultérieures et honneurs[modifier | modifier le code]

À la mort de son père, il devient vice-amiral du Ponant, gouverneur de Nantes et pays nantais, lieutenant général de Bretagne et vice-roi de la Nouvelle-France. Louis XV lui donne en toute propriété l'île de Sainte-Lucie, dans les Antilles. Il est également codirecteur de la Compagnie des Indes, fonction qui lui permet d'amasser une très grande fortune grâce au système de Law.

Il consacre sa fortune à acquérir d'importantes collections d'objets d'art et de livres, qu'il accumule dans son hôtel, rue de l'Université (Hôtel de Noailles) et dans son château de Nanteuil-le-Haudouin. Il possède également le château de Bagatelle, dans le Bois de Boulogne. Il a la réputation d'acheter sans bien savoir quoi, et d'entasser les objets sans les regarder ni les ranger ; selon Saint-Simon, ses « cinquante-deux mille livres toute sa vie restèrent en ballots ».

En 1707, à l'occasion de son voyage à Paris, le tsar Pierre le Grand vient lui rendre visite. Il est élu membre de l'Académie des sciences en août 1707, de l'Académie française en mars 1715 et de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1726.

En 1731, il se démet de sa charge de vice-amiral et se retire jusqu'à sa mort, survenue à Paris, le 27 décembre 1737.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Nom du prince et blasonnement
Orn ext VAF maréchal-duc et pair OSE.svg
Blason François Hannibal d'Estrées (v.1573-1670).svg
Armes de Victor Marie d'Estrées (1660-1737), comte d'Estrées, puis duc d'Estrées et pair de France, comte de Coeuvres et seigneur de Tourpes, Maréchal de France et Vice-amiral de France, chevalier du Saint-Esprit (reçu le 2 février 1705)

Ecartelé : 1 et 4, d'Estrées ; 2 et 3, de La Cauchie.[2]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Guérin 1851, p. ??.
  2. Michel Popoff et préface d'Hervé Pinoteau, Armorial de l'Ordre du Saint-Esprit : d'après l'œuvre du père Anselme et ses continuateurs, Paris, Le Léopard d'or,‎ 1996, 204 p. (ISBN 2-86377-140-X)

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens 
  • M. d'Aspect, Histoire de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, vol. 3, Paris, chez la veuve Duchesne,‎ 1780 (lire en ligne), p. 314
  • Léon Guérin, Histoire maritime de France,‎ 1851
  • Léon Guérin, Les marins illustres de la France, Belin-Leprieur,‎ 1845 (lire en ligne), p. 453-505
  • René Biet, Éloge historique de Victor Marie Duc d'Estrées,‎ 1738 (lire en ligne)
  • Amédé Gréhan, La France maritime, vol. 2 (lire en ligne), p. 385-388
  • Louis Moréri, Le grand dictionnaire historique ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée, chez Jean-Baptiste Coignard,‎ 1725 (lire en ligne), p. 907-908
Ouvrages du XXe siècle 
  • Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale : 1715-1774, Librairie de l'Inde,‎ 1990
  • Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières. 1715-1789, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2003 (ISBN 2221048105)

Liens externes[modifier | modifier le code]