Victor Khrapounov

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Victor Khrapounov est l'ancien maire d’Almaty, accusé de plusieurs abus administratifs, puis résidant à Genève, en Suisse.

Vie, carrière[modifier | modifier le code]

Victor Khrapounov naît le 24 novembre1948 dans le village de Priëdgornoïé dans le nord-est de la République soviétique socialiste du Kazakhstan, dans une région pourtant dominée[pas clair] par l’ethnie russe, dans une famille de fonctionnaires. Son père avait été grièvement blessé au champ de bataille pendant la Seconde Guerre mondiale pour devenir invalide pour le reste de sa vie. Quant à son fils, celui-ci termine ses études au sein du collège d’industrie et de technologie à Oust-Kaménogorsk, centre administratif et ville principale de la province. Après avoir obtenu son diplôme, il déménage à Almaty, où il travaille comme mécanicien dans la centrale d’électricité thermique pendant la journée en continuant ses études à l’Académie de technologie électrique pendant la soirée[1].

Au même temps, l’éducation académique devrait être accompagnée par l’entrée dans les cadres de la jeunesse dorée communiste, formalisée dans le mouvement du Komsomol, afin de s’assurer d’une carrière professionnelle et une position dans l’établissement public - voire le Parti communiste. Il fut ainsi que pendant sa longue double carrière M. Khrapounov deviendrait président du Comité du Parti dans le quartier de Lénine dans la capitale, puis vice-président du Conseil municipal, puis président du Comité exécutif du Conseil. Suivant l’indépendance, il devint premier maire-député, poste qu’il occuperait entre 1991 et 1995, avant d’être nommé ministre d’énergie et de charbon et après une réorganisation administrative ministre d’énergie et de ressources naturelles. Vers la fin de 1997 à ;a suite d’une crise économique qui avait mené le Kazakhstan jusqu’au bord de l’abîme, il recevait la position de maire d’Almaty[2],[3].

En 2004, il quitta la mairie d’Almaty pour devenir gouverneur de la Province d’Est du Kazakhstan. En 2007, il rentra au sein du cabinet comme ministre de mesures d’urgence. Avant la fin de l’année, il abandonnerait pourtant toutes ses fonctions publiques et irait en retraîte[3].

Enquêtes, accusations, inculpations[modifier | modifier le code]

En mai 2011, la police judiciaire du Kazakhstan annonça l’ouverture d’une enquête fiscale, suivi par une enquête criminelle au cours de l’été, contre Victor Khrapounov et nombre de ses anciens associés, pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, abus de fonctions publiques, faux en écriture et une belle douzaine d’infractions associées. Plus tard, le parquet annonce des inculpations correspondantes, suivi par un mandat d’arrêt via Interpol en février 2012.

Selon des enquêtes menées par des journalistes d’abord, puis par la police et le parquet, M. Khrapounov a fondé une société privée, VILED International Unlimited, afin de ramasser des actifs acquis sous des licences établies par lui-même. Au cours de 2002, le maire dynamique[Quoi ?] transfèrerait l’entreprise tous les titres lui appartenant au nom de sa jeune femme Leïla. Plus de 12 objets de grande envergure dans le quartier d’affaires huppé au sud du centre-ville d’Almaty ont et plusieurs autres sur la colline de la montagne plus loin ont été identifiés comme avoir été détournés de telle façon[4].

Par exemple, deux zones protégées connues sous le nom de Wood Fairy Tale et Oak Grove furent rachetées par une compagnie contrôlée par VILED, Gulmira Ltd. Sous la direction d’un associé des Khrapounov appelé Chélibéïev, pour une somme dérisoire d’une belle douzaine de milliers d’euros tout ensemble. Une autre compagnie impliqué dans ce type de transactions était Phoenix Unlimited sous la direction d’un autre complice du maire, un certain G. Moukachev. Tout sur ces terrains, une fois rachetés, fut rasé sans merci : des arbres (y compris des vieux pommiers très précieux), des jardins d’enfants, des maisons de pensionnaires - sans la moindre compensation pour les victimes. Les palais de kitsch et complexes de luxe puis construits sur les sites furent revendus - évidemment très chers - aux nouveaux riches.

Dans sa position, Victor Khrapounov était pourtant obligé de préserver la paix avec ses concurrents. Ceux étaient nombreux et puissants. Entre eux, une entreprise contrôlé par un groupe d’investisseurs dont la plupart était d’appartenance ethnique coréenne nommé KUAT Holding était le numéro un en termes de capital - et de poids. Etabli en 1992 avec le but de s’emparer d’actifs vendus par l’état, ces seigneurs s’aventuraient dans l’immobilier à partir de 2002 avec la compagnie subsidiaire KUAT Corporation[5].

À part de ces affaires, les procureurs du Kazakhstan affirmeraient qu’ils auraient retrouvé le nom de Victor Khrapounov et ses associés dans les dossiers concernant le scandale autour le nouveau terminal de l’aéroport international d’Almaty. En 1996, au lendemain de l’implosion de la caisse publique, le porte-drapeau du Kazakhstan, créée en 1992, fut transformée en entreprise privée, bien que pour le moment l’état restait le propriétaire unique. Vers 2000, Air Kazakhstan passerait en banqueroute. De façon similaire, l’aéroport d’Almaty fut transformé en entreprise de «joint-stock» - Almaty Airport. En 1997, Viktor Khrapounov fit son entrée à l’Hôtel de Ville en métropole. En avril 1999, il transférait la majorité des actions d’Almaty Airport à une nouvelle entreprise ouverte, Almaty Airport International - pour des raisons non-dévoilées. Trois mois après, le bâtiment principal fut ravagé par une incendie dont la cause n’a jamais été vérifiée. En novembre 2001, tandis que les travaux d’un nouvel édifice central tardaient et les factures s’accumulaient, 66 pour cent d’AAI furent transférés à une autre nouvelle entreprise, International Airport.

Quant à la reconstruction, elle serait complétée vers la fin de 2004, deux ans en retard. Encore plus curieux: Proyektstalkonstruktsyié, le contractant principal des travaux du nouvel aéroport, présenterait une facture finale de 52 millions de dollars, au lieu des 21 millions dans le contrat. On soupçonnerait plus tard qu’une partie de la différence finissait au compte (suisse?) de la famille Khrapounov. Selon ce que des instructeurs judiciaires du Kazakhstan ont conclu sept ans plus tard, Proyektstalkonstruktsyé était la propriété nominale d’un certain Abaï Karimsakov à travers son entreprise Kazan To. Sa sœur Tyéka Karimsakova était une haute fonctionnaire dans l’administration municipale. Mais en vérité, Kazan To était sous le contrôle d’une compagnie appelée Phoenix, propriété de la famille Khrapounov[5].

Arrivée en Suisse[modifier | modifier le code]

Selon les dossiers jusqu’à présent dévoilés par les autorités kazakhes, VILED a été vendu, peu après Viktor Khrapounov a quitté l’Hôtel de Ville d’Almaty, à une entreprise appelée System Oil LLS, soupçonnée d’avoir été sous contrôle directe ou indirecte des Khrapounov. Puis, la moitié des actions dans une autre firme-écran du couple, Ayt Housing Complex LLP, subsidiaire du Swiss Phoenix Holding, l’entreprise transnationale des Khrapounov utilisée comme plaque-tournante afin de mettre les revenus des ventes illégales à l’abri, a été vendu à une firme locale dont l’identité n’a pas été dévoilée. Revenus encaissées pour les transactions: près de 9 millions de dollars (EU). Et il y en a été davantage: ainsi, le rachat d’une troisième firme sous contrôle des Khrapounov, Building Service Company LLP, aurait apporté dans l’ordre de 18 millions de billets verts[6].

Ainsi, toujours selon les enquêtes, la somme de 42 millions de dollars a été accumulée sur une compte bancaire au nom de Mme Leïla Khrapounova sur une compte bancaire au sein de la banque kazakhe Eurasia Bank, puis transmise à des comptes au sein de nombre de banques européennes accessibles en Suisse. Mais cela n’a point été tout. Parmi les revenus générées par des autres transactions, on trouve $7.5 millions récupérées par le rachat d’une autre compagnie appartenant aux Khrapounov, Asia Holding Development LLP, par une entreprise qui s’appelle Elias Import Export LLP. Les actifs impliqués comprennent trois sites de construction de haute gamme à Almaty d’une valeur nette d’au moins $100 millions tout ensemble[7].

En août 2008, un Toupolev 154 transportant le couple Khrapounov, dont les enfants étaient d’ores et déjà sur place, aussi bien que 154 tonnes de «bagage» voire de la joaillerie, de l’or, des pierres précieuses, des meubles et des œuvres d’art antiques et d’autres « biens personnels », atterrissait à l’aéroport de Genève. Depuis lors, toute la famille reste en Suisse. Sa fortune a été estimée de l’ordre de 300 à 400 millions de francs suisses par Bilan.

Dans un entretien où il « tord le cou aux rumeurs », Khrapounov-père expliquerait tout sans pourtant rien préciser : « Pour acheter la maison, notre fille - citoyenne suisse, mariée et mère de deux enfants - a dû contracter une hypothèque. Nous avions envisagé d’y vivre tous ensemble, avec nos trois enfants et leurs familles respectives, mais la situation a changé. Quant à l’avion que nous avons affrété, c’était un vol charter de la compagnie d’aviation kazakhe et c’était la manière la plus économique de transporter nos affaires, y compris nos archives, jusqu’en Suisse. Le montant de notre fortune est bien exagéré par le magazine Bilan, qui a dû baser son calcul sur tous les bénéfices hypothétiques de toute la famille à l’avenir »[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]