Victor Desarzens

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Victor Desarzens est un chef d'orchestre suisse, né le 27 octobre 1908 à Château-d'Œx (dans le canton de Vaud) et décédé le 13 février 1986 à Villette (Lavaux) (dans le canton de Vaud)

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études classiques et musicales à Yverdon-les-Bains et à Lausanne, il entre comme violoniste à l'Orchestre de la Suisse romande, puis pratique la musique de chambre. Il fonde un petit ensemble qui devient, en 1942, l'Orchestre de chambre de Lausanne (OCL). Il le dirige jusqu’en 1973.

Du 17 juillet 1945 au 4 juillet 1974, il est en correspondance directe avec le compositeur genevois établi en Hollande, Frank Martin avec qui il va entretenir de nombreuses confidences liées à l'interprétation mais aussi à la composition de ses œuvres[1] Il faut noter ici que la correspondance avec ce compositeur s'inscrit depuis mai 1911 dans les cadres de l'Association Suisse des Musiciens (A.M.S.) et a trouvé diverses occasions anticipée de collaboration[2] impliquant notamment des voisins du chef d'orchestre en Lavaux, en particulier Pierre Cérésole et la famille d'Auguste Chollet du Graboz mais aussi celles d'Auguste Clavel, d'Auguste Forel et d'Auguste Piccard, fils de Jules et père de Jacques, sans oublier le clown Grock, de son vrai nom Adrien Wettach.

S'agissant de sa collaboration avec le compositeur Frank Martin, la question de la Ballade pour violoncelle - telle qu'elle était posée face à Ansermet le 4 avril 1951[3] - s'avère enchaînée sur la mention de la relation entre cette composition et celle du Concerto pour sept instruments à vent, timbales, batterie et orchestre à cordes[4]. Mais elle ouvrait une large voie vers la composition d'un Concerto pour violoncelle dont l'inventeur était tout trouvé si l'on considère ici le scénario du film Lola Montès, avec un Peter Ustinov maniant le fouet comme un grand archet. Car il s'agissait bien d'assurer l'accompagnement musical d'un film de démonstration dédié à la sortie de route du clown précité, disparu sous les klaxons le 14 juillet 1959. De fait, Witold Lutoslawski (1970) et Frank Martin (1965/1966) accompagneront sur ce point l'action magistrale que Desarzens aura dirigé de 1945 à 1969, alliant quasi statutairement à son orchestre le concept d'un collège instrumental limité à sept pupitres solistes tous dotés de l'assurance de l'appui conjoint des timbales et surtout d'une batterie fermement établie face à la masse orchestrale.

En 1950, il devient parallèlement directeur du Musikkollegium de Winterthour, poste qu’il occupe jusqu’en 1975. Il fait de nombreuses tournées à l'étranger en compagnie de l'OCL, qui devient un ensemble réputé pour le répertoire baroque et la musique contemporaine.

Il est, avec Ernest Ansermet l'un des pionniers de l'épanouissement de la vie musicale en Suisse romande.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frank Martin, Lettres à Victor Desarzens; L'Age d'Homme, Lausanne, 1988.
  2. L'interprétation par Jeanne Haskil du concerto pour violon d'Emile Jaques-Dalcroze avec l'O.S.R. en 1927 consisterait ici le premier jalon d'une collaboration étroite sur les planches des plus prestigieuses Salles de Musique du monde et de Suisse romande en particulier.
  3. Lettre de ce jour de Frank Martin à Ernest Ansermet in Correspondance 1934-1968; La Baconnière, Neuchâtel, 1976; pp. 48-49.
  4. Cette relation est clarifiée face au chef de l'O.S.R. par une lettre du compositeur datée du 26 novembre 1949; Opus cit., pp. 46-47.

Lien externe[modifier | modifier le code]