Vicomté d'Aubusson

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Blason historique des vicomtes de Limoges, historique, certes, mais ne datant pas du vicomte Foucher de Limoges.

La vicomté d'Aubusson est située dans le comté de la Marche et est dépendante de la généralité de Moulins. Elle tire son nom de la ville d’Aubusson (Creuse).

Géographie[modifier | modifier le code]

Selon Alfred Leroux[1], le territoire de cette vicomté inclut la vallée supérieure de la Creuse, jusqu'aux approches de Guéret, la vallée du Thaurion et de la Vienne, ainsi que le plateau de Millevaches avec ses dépendances méridionales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis le IXe siècle, la vicomté d’Aubusson demeure plus de quatre cents ans dans le même lignage, jusqu’à ce que Raymond d'Aubusson, sans enfants, la vende au comte Hugues XI de Lusignan au désavantage de Ranulphe d’Aubusson, son frère[2]. Géraud, évêque de Cahors, écrivant en l’an 1155 à l’empereur Frédéric Barberousse pour obtenir sa mise en liberté et celle de son parent, le vicomte d’Aubusson, qui avait été fait, comme lui, prisonnier en Italie, par les gens de cet empereur, appelle le vicomte, marquis de ce pays illius terrœ marchionem[3].

Famille d'Aubusson[modifier | modifier le code]

Ranulphe Ier est établi vicomte de la Marche, en 887, par le roi Eudes Ier de France que nous voyons sur cette gravure romantique défendant son royaume.
  • III. Rainaud Ier d'Aubusson (vers 915-après 958) est cité comme vicomte d'Aubusson, après le décès de son père et de son frère aîné, dans la charte du rétablissement de l’Abbaye Saint-Augustin de Limoges en 938. Dans une charte, il est dit vicomte d'Aubusson et marquis de la Marche. Rainaud d'Aubusson et sa femme, Alsinde, qu’il a épousé vers 943/945, sont les parents de :
  • IV. Ranulphe II d'Aubusson (vers 955-1031), dit Cabridel[13] a une existence orageuse. Il passe sa vie, à partir de 996, en démêlés avec Archambaud de Comborn, auquel il dispute l'héritage de leur beau-frère commun, Aymar vicomte de Turenne. Ranulphe a épousé Aina de Turenne, l’une des filles de Bernard, vicomte de Turenne et Dode de Quercy[11], vers 985. Cabridel est d’un caractère violent et aventureux, il lui arrive plus d'une fois de tenir la campagne pour rançonner ses vassaux et ravager les monastères. Ce qui lui vaut d’être excommunié[9]. Cabridel est tué en 1031, au milieu d'une de ses expéditions, et enseveli dans l'abbaye Saint-Pierre d'Uzerche.
  • V. Ranulphe III d'Aubusson (vers 990-avant 1060) fait de nombreuses libéralités aux abbayes de Bonlieu, d’Uzerche et de Tulle. Les actes de donation constatent qu’il fait ces riches présents afin d’échapper aux censures ecclésiastiques et « de racheter l’âme de son père des peines de l’autre vie »[14]. Ranulphe III dans la même pensée rétablit le monastère de Roseille, détruit par ses ancêtres, et ses successeurs figureront presque tous dans des actes de donation faits au profit des abbayes de la Marche et du Limousin. Il meurt avant l’an 1060[9].
  • VI. Rainaud III d'Aubusson (vers 1025-30 mars 1069), marié à Adélaïs d’Huriel (vers 1040-après 1097), fille d’Humbaud, seigneur d’Huriel et de Dèce de Bourbon[7].
  • VII. Guillaume Ier d'Aubusson (vers 1060-peut-être 1106), certainement frère cadet de Ranulphe IV d'Aubusson, ne vit pas très longtemps. Il est peut-être mort en 1106, mais après 1097, car il signe cette année-là avec sa mère une donation au prieuré Saint-Denis de La Chapelle-Aude, aux confins du Berry et du Bourbonnais. Sa femme Agnès, qui devenue veuve, devient première prieure de Tusson, monastère au diocèse de Poitiers fondé en 1112[9].
  • VIII. Rainaud IV d'Aubusson fait quelques donations au monastère de Bonlieu et à celui de Bénévent. Après avoir fondé, en 1140, le monastère d'hommes de Blessac, près d’Aubusson, y prend l’habit religieux en présence de ses quatre fils et d’Agnès, sa mère, qui est elle-même prieure d'un couvent de l’ordre de Fontevrault. Blessac, enrichi par les vicomtes d’Aubusson, va renfermer depuis les tombeaux des seigneurs de cette famille[14]. Il est le mari d’Hélis de Comborn, fille d’Archambaud III de Comborn[7]. Rainaud IV d'Aubusson est mort vers 1150[11].
L’empereur Frédéric Barberousse fait mettre en prison Rainaud V d'Aubusson.
  • IX. Rainaud V d'Aubusson, dit le Lépreux (vers 1130-1201), part très jeune aux croisades, en 1145. Pendant son voyage de retour, en 1153, il trouve en Italie son parent, Hector Géraud, évêque de Cahors. Ils voyagent ensemble et ils sont arrêtés tous deux par les ordres de l’empereur Frédéric Barberousse, qui les fait mettre en prison, bien qu’il leur eût d’abord accordé un sauf-conduit. Géraud écrit à l’empereur pour réclamer sa liberté, et celle de son cousin, qu’il qualifie de vicomte d'Aubusson, marquis de cette terre. Il se plaint dans cette lettre qu’on l’eût fait prisonnier sans motif, ainsi que plusieurs moines d’Angleterre et de France, qui ne sont pas riches, mais qui appartiennent à de nobles églises et « voyageaient sous la foi de la paix ecclésiastique »[14]. Il revient à Aubusson en 1157. Il fait quelques donations au monastère de Bonlieu en 1184 et en 1200[7]. Il est vicomte d’Aubusson en 1170 et se marie avant cette date avec Matabrune de Ventadour, dame en partie de Charlus-le-Pailloux, fille d’Ebles III de Ventadour, dit le troubadour et Marguerite de Turenne. C'est de Rainaud V que datent les armes de la famille, d'or à la croix ancrée de gueules, remplaçant le sceau ancien au donjon chemisé et maçonné de sable. Il finit ses jours au monastère de Blessac, après avoir pris l'habit.
  • X. Wido ou Gui Ier d'Aubusson (vers 1165-vers 1194) dit Albucio, vicomte du vivant de son père Rainaud V qui est moine, fait un don à Blessac en 1179. Il est allé en Terre sainte, en 1188 à la troisième croisade (1188-1195). Il épouse Assalide de Comborn, fille d’Archambaud V, vicomte de Comborn de 1142 à 1151 et Jourdaine de Périgord[15]. Ils ont à leur cour Pons de Capdeuil. Gui Ier d'Aubusson fait de grands biens au monastère de Bonlieu[7].
Deuxième blason des d'Aubusson
  • XI. Rainaud ou Renaud VI d'Aubusson (vers 1185- 21 octobre 1250), vicomte d’Aubusson en 1201, participe en 1218 à la croisade contre les Albigeois. Étant sur le point de partir pour la croisade, il visite l’abbaye de Bonlieu, en faveur de laquelle, il confirme tous les dons que lui et les siens avaient faits. En juin 1226, le roi Louis VIII, par lettres patentes datées de Valence, le contraint à prêter hommage pour son château et sa vicomté au comte de la Marche, Hugues X de Lusignan. Ces lettres mettent un terme aux discussions qui s’étaient élevées entre lui et Hugues X de Lusignan. En 1233, Rainaud VI prête hommage au sire de Bourbon, cette fois pour les terres qu'il possède en Combraille et pour la baronnie de Chambon. Il se déclare dans un acte solennel homme-lige du sire de Bourbon, s’obligeant à le servir contre tous ceux qui peuvent vivre et mourir, excepté contre le comte de la Marche, son suzerain. Il meurt avant 1249[7] ou le 21 octobre 1250[11].
Armes d'Hugues XI de Lusignan, avant d'adopter celles de Lusignan à la mort de son père :Blason Lusignan.svg
  • XII. Gui II d'Aubusson (vers 1200-1266). Selon Pérathon, Gui II est présumé avoir assassiné un prieur de Felletin en 1222. Il est chevalier, vicomte d'Aubusson, et seigneur de Felletin dès 1225. Il a deux enfants avec Ahci ou Ahaci :
    • Rainaud d'Aubusson, entré dans les ordres et devenu prévôt d'Eymoutiers, septième du nom, qu’on dit avoir vendu la vicomté d’Aubusson
    • Aldengarde d'Aubusson, dame de Massignat, mariée l’an 1262, à henri de Beaujeu († 1270), seigneur d’Herment et maréchal de France puis remariée à Raoul (Guillaume)[réf. nécessaire], vicomte de la Roche d'Agoul, avec lequel elle vit l’an 1290[16].
  • XIII. Raynaud VII d'Aubusson, vicomte baron de La Borne, en 1262, il vend la vicomté d’Aubusson à Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche, et épouse, en 1275, Dauphine de La Tour, fille de Bernard, septième du nom, seigneur de La Tour d’Auvergne et de sa femme Goland. Bertrand de La Tour, chanoine de Clermont, oncle de Dauphine, lui donne, dans son testament de 1280, son château de Rota et 10000 sols tournois de dot[7].

Les Aubusson ne sont plus vicomtes. Cependant l’histoire des anciens seigneurs d’Aubusson continue à être liée aux annales de la province, dans lesquelles ils figureront souvent comme barons de la Borne ou du Monteil-au-Vicomte. Au XVe siècle l’illustration de cette famille s’accroît grâce au fameux Pierre d'Aubusson, grand maître de Rhodes, l’un des hommes de guerre les plus remarquables de son temps et qui après une vie héroïque meurt de douleurs d’avoir vu se dissoudre la ligue formée par les princes chrétiens contre l’empereur Bayezid II.

Maison de Lusignan[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Géographie historique du Limousin, Limoges, Ducourtieux et Gout, 1909.
  2. Histoire de Pierre d'Aubusson grand maistre de Rhodes - Page 24, 1739.
  3. Mémoires présentés par divers savants. - Page 304, France – 1863
  4. Le Père Anselme et Aubert de la Chenaye Desbois parlent d’un d’Aubusson connu uniquement par ses enfants et pas de Foucher de Limoges
  5. Appelé Ramnulfe, par certains généalogistes ou historiens, dont Joseph Nadaud, mais pas par le Père Anselme et Aubert de la Chenaye Desbois
  6. a et b Père Anselme (1625-1694), Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume..., tome 5, p.318.
  7. a, b, c, d, e, f et g Nadaud, Joseph, Nobiliaire du diocèse et de la…, tome I, p.46
  8. Vita Sancti Geraldi
  9. a, b, c et d Père Anselme (1625-1694), Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume..., tome 5, p.319.
  10. Aubert de la Chenaye Desbois, Dictionnaire de la noblesse, p. 967
  11. a, b, c et d Europäisch Stammtafeln III 792
  12. Christian Settipani: La noblesse du midi carolingien, études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IX° au XI° siècles.
  13. C'est-à-dire tête de Chevreau
  14. a, b et c Histoire des villes de France, avec une introduction générale pour chaque ..., publié par Aristide Guilbert, p.176.
  15. Europaïsch Stammtafeln III 770
  16. Mémoires pour servir à l'histoire de Dombes, Tome I. sur Google Livres, Marie-Claude Guigue, 1868, pages 521-522.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]