Vice-premier ministre du Canada

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Le poste de vice-premier ministre du Canada (en anglais: Deputy Prime Minister of Canada) est un poste honoraire dans le gouvernement canadien. C'est le Premier ministre qui accorde ce titre à un membre de son Cabinet. Il n'a aucune position en droit et aucune tâche ou responsabilité n'y est formellement rattachée. Il s'agit donc d'un poste sans portefeuille, auquel le premier ministre peut adjoindre des tâches spécifiques. À l'exception de Herb Gray et, pour une brève période, John Manley, tous les vice-premiers ministres ont détenu un portefeuille ministériel en même temps que ce titre.

Le premier ministre actuel Stephen Harper n'a pas nommé de vice-premier ministre. Il n'y avait pas non plus de telle position dans le gouvernement éphémère de Joe Clark. La dernière vice-première ministre du Canada était Anne McLellan.

Contrairement au vice-président des États-Unis, le vice-premier ministre n'assume pas automatiquement le poste de premier ministre si le premier ministre meurt ou démissionne. Dans l'éventualité d'une mort ou démission soudaine d'un premier ministre, le parti ou la coalition au pouvoir choisit un chef intérimaire ; dans les cas ou la démission est annoncée d'avance, ils convoquent un congrès à la direction. Une fois en fonction, le nouveau chef serait appelé par le gouverneur général du Canada à former un gouvernement. Ceci n'est jamais arrivé au Canada, qui n'a d'ailleurs jamais eu de premier ministre intérimaire. D'ailleurs, aucun vice-premier ministre n'a succédé directement à un premier ministre sortant. Un seul ancien vice-premier ministre, Jean Chrétien, est devenu premier ministre par la suite, mais près d'une décennie après la fin de son mandat de vice-premier ministre.

Lorsqu'un premier ministre n'a pas l'intention de chercher à se faire réélire, la chose est habituellement annoncée longtemps à l'avance. Les courses au leadership afin de déterminer le successeur du premier ministre sont généralement tenues dans les derniers jours du mandat du chef sortant, et sont traditionnellement un processus long et hautement compétitif.

Si toutefois le premier ministre meurt, ou démissionne sans en faire l'annonce, l'absence de succession directe peut créer des situations inhabituelles. Par exemple, après la mort de sir John A. Macdonald, le Canada était sans premier ministre pendant neuf jours, tandis que le gouverneur général consulta les membres du gouvernement et de l'opposition sur la question de remplaçants possibles (la tradition de sélection par le caucus du gouvernement n'avait pas encore été établie). Dans les provinces canadiennes, les décès et les démissions soudaines sont plus courants, et dans de tels cas il apparaît qu'une convention constitutionnelle ait émergée selon laquelle un caucus extraordinaire du parti nomme généralement un premier ministre intérimaire qui occupe la fonction et les responsabilités de premier ministre jusqu'à ce qu'un successeur permanent lui soit trouvé.

La position de vice-premier ministre fut créé par Pierre Trudeau en 1977, principalement pour reconnaître les longues années de service d'Allan J. MacEachen. Trudeau avait précédemment accordé le titre de ministre senior à un membre de son cabinet. Paul Hellyer portait le titre de ministre senior avant de démissionner du cabinet de Trudeau.

Les responsabilités officielles du vice-premier ministre sont de répondre de la politique gouvernementale à la période des questions et de présider au Cabinet du Canada en l'absence du premier ministre. Une vice-première ministre, Sheila Copps, suscita la controverse en 1993 en affirmant simplement qu'elle était « aux commandes » des affaires gouvernementales lorsque le premier ministre, Jean Chrétien, était à l'extérieur du pays en visite d'État.

Lorsque Stephen Harper est devenu premier ministre, bien qu'il n'ait pas nommé de vice-premier ministre, il accorda tout de même à deux de ses ministres un statut spécial dans la hiérarchie gouvernementale. En vertu d'un décret daté du 6 février 2006 — le jour de l'entrée en fonction de Harper — « dans le cas où le premier ministre est dans l’impossibilité d’exercer les fonctions de sa charge », Lawrence Cannon, puis Jim Prentice, puis la balance du cabinet dans l'ordre de préséance "est autorisé à exercer ces fonctions au nom du premier ministre". [1]

Peu après la décision de Harper de ne pas nommer de vice-premier ministre, Sheila Copps, travaillant maintenant comme journaliste pour le Groupe Sun Media, écrit une chronique sur la sélection de son cabinet. Elle faisait valoir que bien que le poste de vice-premier ministre est uniquement cérémonial, très souvent, la tâche du vice-premier ministre était de protéger le premier ministre des dommages politiques que la période des questions peut infliger à un chef.

Voir aussi[modifier | modifier le code]