Vicariance

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En écologie, la vicariance (du latin vicarius : « remplaçant ») est un processus pouvant causer une spéciation, elle s’oppose au phénomène de la dispersion à partir d’un centre d’origine.

Définition[modifier | modifier le code]

La vicariance est un phénomène écologique, biologique et géologique causant la séparation d’une population ancestrale en plusieurs populations dérivées (pas forcément deux populations seulement, comme le suggèrent certaines interprétations des dichotomies présentes sur les arbres phylogénétiques) suite à la formation d’une barrière, c'est-à-dire un facteur qui interrompt le flux génétique entre ces populations et les isole en aires géographiques initialement plus réduites que celle d’origine. La spéciation par vicariance a lieu lorsque cette barrière persiste suffisamment longtemps. Il s’agit alors d’un cas particulier de spéciation allopatrique. Des taxons vicariants sont donc des taxons phylogénétiquement proches mais vivant dans des aires géographiques différentes.

Vicariance et biogéographie historique[modifier | modifier le code]

La vicariance représente une explication causale à un patron de distribution biogéographique. Ce concept rappelle clairement les idées de distributions disjointes de Léon Croizat, précurseur de la biogéographie historique. Celui-ci a étudié les aires de répartition de différentes espèces végétales et animales et découvert que la répartition géographique actuelle des organismes ne reflétait pas directement leurs affinités phylogénétiques. De plus, en reliant ces aires par des tracés (« tracks »), il obtenait un nombre relativement peu élevé de tracés assemblant de nombreux groupes d’organismes différents : des tracés généralisés. Ces patterns ne correspondant pas à la géographie terrestre actuelle (traversant les océans notamment), Croizat en conclut que la configuration de la Terre avait certainement été différente dans le passé et que la Terre et la vie avaient évolué ensemble. Les idées de Croizat furent ensuite fortement soutenues par la diffusion de la théorie de la tectonique des plaques. En effet, les séparations et collisions de masses continentales représentent un mécanisme de vicariance en engendrant des barrières physiques.

Vicariance contre centre d'origine et dispersion[modifier | modifier le code]

Le processus de vicariance s’oppose à celui de la dispersion. En effet, dans le cas de la vicariance, les taxons sont isolés suite à la formation de la barrière tandis que dans le processus de dispersion, les individus colonisent une nouvelle aire en franchissant (activement ou non suivant leur capacité) cette barrière. Bien que ces deux processus ne soient pas incompatibles, les biogéographes de la vicariance n’attribuent qu’une faible importance à la dispersion, car elle est considérée comme un phénomène dépendant de chaque espèce et elle ne peut expliquer les patterns généraux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Nelson G., Platnick N.I., 1981. Systematics and Biogeography, Cladistics and Vicariance. Columbia University Press, New York. PDF
  • Janvier P et al., Coord., 2002. Biosystema 7: Systématique & biogéographie historique, textes historiques et méthodologiques. Société française de Systématique, Paris. PDF
  • Cecca F., 2002. Palaeobiogeography of marine fossil vertebrates - Concepts and methods. Taylor & Francis, London