Viande in vitro

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La viande in vitro, appelée aussi viande cultivée, viande synthétique ou viande artificielle, est un produit carné réalisé par des techniques d'ingénierie tissulaire (en) qui se passent ainsi de l'utilisation de chair animale.

La viande in vitro ne doit pas être confondue avec le Succédané de viande.

Techniques[modifier | modifier le code]

Un prélèvement de muscle est effectué sous anesthésie locale sur le donneur. Ensuite, la viande est mise en culture. Plusieurs projets de recherche actuels cultivent de la viande in vitro expérimentalement à partir de cellules souches de myoblastes, mais aucune viande de ce type n'a été encore été distribuée pour la consommation publique. Dès 2008, certains scientifiques ont affirmé que cette technologie était prête pour une utilisation commerciale. Les premières viandes cultivées dans divers laboratoires avec succès ont été le poisson rouge, l'agneau et le bœuf. Le premier burger artificiel a été entièrement produit en éprouvette à partir de cellules souches de muscle de boeuf, par un laboratoire hollandais (prix de revient: 290000 euros !)[1].: il a été présenté à la presse le 5 août 2013. Pour passer au stade rentable de la production industrielle de viande synthétique, il est nécessaire d’accroître les rendements des cultures de cellules souches grâce à l’utilisation d’incubateurs géants et d’améliorer la technologie pour synthétiser une viande comestible avec ses différentes composantes nutritionnelles et sensorielles.

Environnement[modifier | modifier le code]

Une meilleure gestion de l'environnement est possible par l'inclusion de produits de ce type dans l'alimentation humaine du futur. Nombreuses sont les implications écologiques de l'élevage: consommation, production de gaz à effet de serre, etc. Les économies seraient importantes. Par rapport à une viande d'élevage, la viande in vitro demanderait :

  • 7 et 45 % en moins de l'énergie dévolue au bétail;
  • 4 % seulement de l'eau actuellement dévolue au bétail.

On entrevoit les conséquences sur la lutte contre la déforestation et l’accaparement des terres car 70 % des terres agricoles sont consacrées à l'élevage du bétail et à la culture de la nourriture du bétail. Avec le taux d’accroissement démographique actuel et la forte hausse du prix des céréales et autres denrées alimentaires de base comme lors de la crise alimentaire mondiale de 2007-2008, la viande in vitro peut devenir une solution d'avenir. D'autant que la tendance est à l'augmentation de la consommation de viande par habitant (passée en 25 ans de 30 kg à 41,2 kg par habitant, selon la FAO ; et consommation actuellement tirée par la part croissante des pays émergents tels la Chine et l'Inde).

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Une éventuelle "viande" produite in vitro pourra-t-elle être qualifiée de viande? Un chercheur répond: « Il ne s’agit pas d’une véritable viande, d’un morceau de muscle rouge strié, contractile. On a affaire à un simple amas de fibres musculaires, mais pas de viande puisqu’il manque les nerfs, les vaisseaux sanguins et les îlots de gras, si important pour les qualités organoleptiques (le goût). » [2].

Recherche[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. [Jean-François Hoquette, chercheur à l’Inra (Institut national de recherche agronomique), cité in La Croix, 6 août 2013, http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Le-debat-fait-rage-autour-de-la-viande-artificielle-2013-08-06-995327]