Vesti la giubba

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Vesti la giubba (littéralement Mets la veste) est un air pour ténor, chanté dans l'opéra Pagliacci de Ruggero Leoncavallo, une œuvre créée en 1892.

Cet air est considéré comme « un des morceaux les plus célèbres de l'opéra italien » [1]. Il est très souvent chanté dans les récitals. De nombreuses reprises et allusions ont eu lieu au cinéma et dans la musique.

Contexte[modifier | modifier le code]

Fichiers audio
Vesti La Giubba chanté par Enrico Caruso (extrait de Pagliacci), 17 mars 1907
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Vesti la giubba se situe à la fin du premier acte de l'opéra. Cet air est chanté par Canio après qu'il a découvert l'infidélité de sa femme. Canio y exprime toute sa douleur alors qu'il se prépare à monter sur scène pour faire rire le public. Dans cet air, Canio s'adresse à Pagliaccio, le personnage fictif qu'il s'apprête à incarner.

Il faut ajouter, pour mieux comprendre cet air, qu'en italien Pagliaccio traduit en français par « Paillasse » signifie « clown », « bateleur », « pitre », « guignol ».

Signification[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une variation à propos du thème principal abordé par Diderot dans son Paradoxe sur le comédien, le clown tragique devant faire rire mais pleurant en réalité sous son masque.

Livret[modifier | modifier le code]

Original
Traduction en français

Recitar! Mentre preso dal delirio,
non so più quel che dico,
e quel che faccio!
Eppur è d'uopo, sforzati!
Bah! sei tu forse un uom?
Tu se' Pagliaccio!


Vesti la giubba,
e la faccia infarina.
La gente paga, e rider vuole qua.
E se Arlecchin t'invola Colombina,
ridi, Pagliaccio, e ognun applaudirà!
Tramuta in lazzi lo spasmo ed il pianto
in una smorfia il singhiozzo e 'l dolor

Ah, ridi, Pagliaccio,
sul tuo amore infranto!
Ridi del duol, che t'avvelena il cor!

Jouer ! alors que pris de délire
je ne sais plus ce que je dis,
et ce que je fais !
Et pourtant, tu dois... fais un effort !
Ah ! n'es-tu pas un homme ?
Tu es Paillasse !


Mets la veste,
enfarine-toi le visage.
Le public paie, et ils veulent rire.
Et si Arlequin te vole Colombine,
ris, Paillasse, et tous applaudiront !
Transforme en rires les affres et les pleurs,
en une grimace les sanglots et le chagrin !

Ah ! ris, Paillasse,
De ton amour brisé,
Ris de la douleur qui te ronge le cœur !

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kobbé, Tout l'opéra, Paris, Robert Laffont, 2000, p. 415.