Vesse-de-loup

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Vesse-de-loup
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Vesse-de-loup » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Vesse-de-loup perlée (Lycoperdon perlatum)
Vesse-de-loup perlée (Lycoperdon perlatum)
Taxons concernés

Dans la famille des Agaricaceae
ou Lycoperdaceae selon d'auteur:

Les vesses-de-loup sont des champignons très répandus dans les prés et les bois, facilement reconnaissables à leur absence de pied (ou du moins d'un pied et d'un chapeau séparés), à leur couleur blanche ou grisâtre, et au fait que lorsqu'ils sont vieux ils se transforment en sacs remplis d'une poussière brune, véritables petits volcans quand on appuie dessus.

Leur nom signifie mot à mot pet de loup, métaphore reproduite dans le grec scientifique lycoperdon, nom du principal genre de ces champignons. Les britanniques les appellent pour leur part puffballs, du fait qu'elles laissent jaillir des bouffées de "fumée" à la pression.

Description[modifier | modifier le code]

On a affaire à des champignons « gastéromycètes » (les guillemets indiquent que le suffixe utilisé est impropre, car on n'a pas affaire à une classe), dont la particularité est que leur basidiome (appareil reproducteur des basidiomycètes contenant les spores) se trouve protégé par une membrane appelée péridium. L'hyménium lui-même est appelé gléba. C'est cette gléba qui, en vieillissant, se transforme d'abord en une confiture olivâtre peu appétissante, puis en poussière qui jaillit à la moindre pression.

Les genres se différencient par la façon dont le péridium se déchire : soit il se forme une ouverture au sommet, transformant le champignon en « volcan » (Lycoperdon et Bovista), soit la déchirure est plus irrégulière (Calvatia et Langermannia). Selon la classification phylogénétique, les gastéromycètes formeraient le stade le plus évolué des basidiomycètes.

Ils brunissent peu à peu à maturité.

En principe, aucune vesse-de-loup n'est toxique. Cependant, l'intérêt gastronomique du champignon est limité, d'autant que seuls les exemplaires très jeunes peuvent être consommés tant que l'intérieur est blanc. Une exception : la vesse-de-loup géante.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

  • Bovista plumbea : boviste plombée. Assez commun, ce champignon se présente comme une sorte de minuscule pomme de terre, dont il a un peu la forme. La partie externe de son péridium beige se craquelle peu à peu, laissant apparaître une pellicule gris plombé, d'où son nom.
  • Calvatia excipuliformis : calvatie en coupe. Doit son nom au fait que son péridium se déchire en formant une sorte de coupe (caractéristique commune aux diverses calvaties). Jeune, le champignon est blanc, recouvert de minuscules verrues.
  • Calvatia utriformis : vesse-de-loup ciselée carpophore : prifome, parfois globleux, avec une sorte de pied radicant, vigoureux et en fuseau ; d'un blanc pur, verruqueux, puis gris ou tacheté de brun, anguleux lorsque les verrues sont tombées, s'effondrant dans la partie supérieure ; jusqu'à 15cm de hauteur et 10cm de largeur. Le glébe est d'abord blanche olivâtre, brunâtre enfin mûre, elle tombe alors en poussière ; la chaire non fertile du pied subsiste longtemps sur place. Assez rare, se trouve dans les champs. Elle est comestible mais de moindre qualité.
  • Langermannia gigantea : vesse-de-loup géante. Champignon spectaculaire, se présentant sous forme d'une boule blanche qui peut atteindre la taille d'un ballon de football, voire plus. Il est considéré comme assez rare, ce qui ne l'empêche pas de se développer parfois en groupes impressionnants dans certaines prairies. Jeune, c'est un comestible intéressant. La façon la plus simple de le préparer est d'en couper quelques tranches, qu'on fait cuire à la poêle comme des escalopes de veau.
    Vesse-de-loup perlée
  • Lycoperdon echinatum : Vesse de loup hérissée. De deux à six centimètres de haut, couleur brun et avec des aiguillons allant jusqu'à cinq millimètres.
  • Lycoperdon foetidum : Se présente sous forme d'une mini-massue de deux à cinq centimètres de haut. Le péridium est blanchâtre, puis gris-blanchâtre, couvert de verrues un peu incurvées.
  • Lycoperdon lividum ou Lycoperdon spadiceum : De deux à quatre centimètres de haut, de couleur gris-beige à brunâtre avec une surface granuleuse sans aiguillons.
  • Lycoperdon mammiforme : vesse-de-loup voilée. Même aspect général que les précédents, mais le champignon forme une sorte de mamelon, et surtout le péridium est recouvert d'un voile qui se déchire en petits flocons blancs.
  • Lycoperdon molle : Se présente sous forme d'une mini-massue de deux à sept centimètres de haut. Le péridium est crème, puis gris-blanchâtre à café au lait, couvert de très petites verrues et de granules.
  • Lycoperdon perlatum : vesse-de-loup perlée. Se présente sous forme d'une mini-massue d'environ cinq centimètres de haut. Le péridium est blanc, puis brunâtre, couvert d'aiguillons coniques entre lesquels se développent de petites verrues.
  • Lycoperdon piriforme : vesse-de-loup en forme de poire. Elle a l'aspect d'une petite poire, sa couleur est de blanche à gris-brun, son péridium est légèrement granuleux.
  • Lycoperdon umbrinum : De deux à six centimètres de haut, de couleur gris-brunâtre à brun foncé, couvert d'aiguillons d'environ un millimètre.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Lycoperdon mixtecorum et Lycoperdon marginatum sont utilisés du fait de leur propriétés hallucinogènes au sud du Mexique par les Mixtèques d'Oaxaca à des fins divinatoires[1].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Calendrier[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Montarnal, Le petit guide : Champignons (Genève, 1964; Paris-Hachette, 1969).
  • Régis Courtecuisse, Bernard Duhem, Guide des champignons de France et d'Europe (Delachaux & Niestlé, 1994-2000).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Evans Schultes, Un panorama des hallucinogènes du nouveau monde, Paris, Édition L'esprit frappeur,‎ 2000 (ISBN 978-2-84405-098-4)
  2. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 30.