Verre églomisé

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Un Verre églomisé par Jonas Zeuner

La technique du verre églomisé remonte à l'Antiquité. Elle consiste à fixer une mince feuille d'or ou d'argent sous le verre ; le dessin est exécuté à la pointe sèche et maintenu par une deuxième couche ou une plaque de verre. Cependant le procédé est fragile, d'une part le support est le verre et d'autre part, l'or a tendance à se déliter avec le temps et en raison de la chaleur, qu'elle vienne du chauffage ou des rayons du soleil.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'antiquité, les artisans égyptiens savaient déjà souder au feu des feuilles d'or entre deux pellicules de verre.

Lors de la Renaissance, la technique est utilisée dans la décoration des cabinets : des panneaux ornés de rinceaux et d'arabesques sur fond doré habillent les façades des tiroirs. Dès le XVIIIe siècle, siècle des lumières, la technique se répand en Europe sur le couvercle de bibelots, de bonbonnières, tabatières et sur des miroirs. Ce procédé était utilisé en Bohême sous le nom de Zwischengoldglasser.

En France, c'est Jean-Baptiste Glomy (vers 1711-1786), encadreur parisien des rois Louis XV puis Louis XVI, qui remit ce procédé à la mode. Il utilisa notamment cette technique pour agrémenter l'encadrement de ses gravures en les entourant d'un filet d'or, donnant par la suite son nom au procédé. Il l'appliqua au passe-partout des gravures et connut un tel succès, surtout à partir des années 1780, que le verre églomisé perpétua désormais son nom.

Au XIXe siècle, divers décorateurs combinèrent cette dorure avec de la gravure et des peintures toujours sous verre. Ils réalisèrent ainsi des ornements destinés à couvrir le plafond, les murs et la devanture des magasins. De véritables chefs-d'œuvre ont égayé les rues du Paris de la Belle Époque puis de toutes les grandes villes du monde. Ils portent les signatures oubliées d'Anselm, Benoist et fils, Panzani, Raybaud, Thivet, Dailland, Dewever et de bien d'autres. Le procédé a aussi été utilisé sur des médaillons et même des tableaux entiers. Beaucoup de ces témoins ont été sacrifiés à la modernité.

Au début du XXe siècle, le procédé a commencé à être utilisé malgré sa fragilité, pour les enseignes de magasins, composées de lettres dorées sur fond noir. Durant les années 1930, le procédé est repris dans l'ameublement de style Art déco. Un exemple en est visible au musée des Années 1930 de Boulogne-Billancourt. Un des exemples les plus grands et des mieux conservés, réalisé par Robert Pansart en 1955-1956, se trouve toujours dans l'Ancien Théâtre Municipal de Poitiers.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claudine Reinharez et Josselyne Chamarat, Boutiques du temps passé, Paris, Presses de la Connaissance,‎ 1977 (ISBN 2-85889-017-X)
  • Martine Lusardy et Joséphine Marino, Passeurs de lumières : peintures sous verre : art populaire, art contemporain, Paris, Halle Saint-Pierre,‎ 1996, 120 p. (ISBN 2-9510472-0-7)
    Exposition à la halle Saint-Pierre du 2 septembre 1996 au 18 février 1997.
  • Françoise Lechien-Durant, Ferdinand Pire Ferdinand : églomisés, la vie sous verre, Bruxelles, Éditions Delta,‎ mardi 20 avril 1999, 128 p. (ISBN 2-8029-0142-7)
    Publié à l'occasion de la rétrospective organisée à l'hôtel de ville de Bruxelles du mercredi 21 avril au vendredi 14 mai 1999 et consacrée à ses dix ans de travaux de recherche sur la peinture sous verre églomisée.
  • Bulletin trimestriel du GERPM-SC, « « Ferdinand Pire Ferdinand nous dévoile ses secrets d'Atelier ou la belle histoire de l'Églomisé », « Bref historique de la peinture sous verre », « Technique de la peinture sous verre », « La peinture sous verre en tant qu'Art majeur » », Sgraffito, no 36,‎ octobre - novembre - décembre 2003, p. 10-18 [détail des éditions]

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