Vercingétorix (Millet)

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Vercingétorix
Image illustrative de l'article Vercingétorix (Millet)
Vercingétorix près du site archéologique d'Alésia « La Gaule unie, formant une seule nation, animée d'un même esprit, peut défier l'univers »
Artiste Aimé Millet
Date 1865
Type Statues en tôles de cuivre battues
Technique Sculpture
Dimensions (H) 6,6 m
Localisation Alésia près d'Alise-Sainte-Reine en Bourgogne (France)
Coordonnées 47° 32′ 19″ N 4° 29′ 26″ E / 47.538561, 4.49057547° 32′ 19″ N 4° 29′ 26″ E / 47.538561, 4.490575  

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Vercingétorix (Millet)

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Vercingétorix (Millet)

Vercingétorix est une statue du sculpteur Aimé Millet, qui domine le village d'Alise-Sainte-Reine en Côte-d'Or en Bourgogne depuis 1865, du haut du mont Auxois, site pratiquement certain de l'oppidum gaulois d'Alésia, célèbre par son siège (siège d'Alésia) et la défaite de Vercingétorix qui marque profondément l'histoire de France.

Caractéristiques de la statue[modifier | modifier le code]

La statue participe à un monument commémoratif imposant constitué d'un socle en granit de Saulieu et pierre de Pouillenay de 7 mètres de hauteur, dessiné par Eugène Viollet-le-Duc[1] et portant un bandeau de bronze sur lequel on peut lire « La Gaule unie, formant une seule nation, animée d'un même esprit, peut défier l'univers », une phrase qu'aurait prononcée Vercingétorix devant ses troupes à Avaricum, selon Jules César, et rapportée dans de Bello Gallico, VII, 29. En dessous : « Napoléon III, empereur des Français, à la mémoire de Vercingétorix ».

La statue elle-même est haute de 6,60 m et pèse environ cinq tonnes [2]. Elle est creuse et formée de tôles de cuivre battues et repoussées fixées sur un bâti de poutrelles comme la statue de la Liberté de New York. Elle a été construite à Paris et exposée au palais de l'Industrie lors du Salon de 1865[3] puis transportée[4] et installée le 27 août 1865 à l'extrémité Ouest du mont Auxois, dominant le champ de bataille (site archéologique d'Alésia).

Vercingétorix est représenté d'une façon romantique, présenté comme un archétype de ce que les Français de l'époque connaissaient ou imaginaient du gaulois : moustaches tombantes, longs cheveux hirsutes, attitude morne (visage emprunté à Napoléon III et qui exprime la résignation après la défaite) et collier de perles. De nombreux anachronismes dans son vêtement et ses accessoires apparaissent aujourd'hui à la lumière de nos connaissances archéologiques, notamment le collier de perles de pure fantaisie, les bandelettes qui enserrent ses braies appartiennent au début du Moyen Âge ou son épée et sa cuirasse qui sont copiées sur des modèles de l'âge du bronze soit plus de 500 ans antérieurs à l'époque de Vercingétorix[5].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Statue d'Arminius, jeune chef des tribus germaniques (Hermannsdenkmal, achevé en 1875).

Admirateur de Jules César (en tant que porteur de civilisation sur des terres considérées alors comme barbares), l'empereur Napoléon III contribue à la redécouverte et à la mise en valeur de l'histoire des peuples gaulois. Il avait pris à cœur de retrouver le site du siège d'Alésia[6] et fait exécuter d'importantes fouilles archéologiques qui donnèrent les résultats escomptés. L'érection de la statue, illustrant aussi les aspirations politiques de l'empereur, légitimait en quelque sorte ses vues sur l'histoire. Il a d'ailleurs donné ses traits au chef gaulois et la statue a été financée sur ses fonds personnels[7].

Cependant, certaines critiques furent émises sur le style du travail de Millet, Charles Lecomte de Nouy déclara que Millet « a été saisi d’une ambition supérieure à ses moyens[8]. » D'autres comme Théophile Thoré, par ailleurs anti-bonapartiste, trouva que « Ce long tuyau de cuivre ne signifie rien du tout… La vérité est que la grande et patriotique figure du défenseur de la Gaule contre l’empire romain n’a pas été sentie poétiquement par Millet[9]. »

Après la défaite de 1871, la figure de Vercingétorix devint une icône du héros national, utilisée dans le sentiment de revanche contre les Allemands, la force symbolique du monument du mont Auxois se renforça et les critiques se turent.

À partir de 1841, commence en Allemagne, l'érection d'une imposante statue d'Arminius, chef qui libéra, à partir de 9 ap.J.C., les peuples germains soumis à l'Empire romain au-delà du Rhin. Haute d'une cinquantaine de mètres, la statue en bronze riveté constitue le Hermannsdenkmal. Le monument est terminé en 1875, en pleine époque des nationalismes européens. Ce projet a sans doute inspiré Millet et Napoléon III, le mythe d'Arminius engendrant en réaction celui de Vercingétorix sur l'autre rive du Rhin.

Autres statues de Vercingétorix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La statue de Vercingétorix sur le site du Muséoparc d'Alésia.
  2. Adolphe Joanne et J. Ferrand Itinéraire de Paris à la Méditerranée, Hachette et cie 1867 p.145
  3. Présentation de la statue au salon de 1865
  4. Diverses anecdotes liées à son transport sur le site du Muséoparc d'Alésia (pdf)
  5. [PDF]Une statue emblématique
  6. Il joue un rôle important dans la mise sur pied d'une véritable archéologie nationale, avec la création du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et l'essor donné aussi aux fouilles de Gergovie et Bibracte.
  7. Vercingétorix Conférence de Christian Goudineau le 8 août 2010
  8. document Muséoparc d'Alésia
  9. Ibid.
  10. Notice sur le site e-monumen.net
  11. Notice sur le site e-monumen.net

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Jagot, « Le Vercingétorix d'Aimé Millet (1865), image équivoque du premier héros national français » , dans Histoire de l'art, no 57, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]