Veratrum viride

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Veratrum viride, appelé vérâtre vert ou tabac du diable est une espèce de plantes de la famille des Liliaceae selon la classification classique ou de celle des Melanthiaceae selon la classification phylogénétique.

C'est une grande plante vivace et spectaculaire, à rhizome, formant généralement de grandes colonies. Sa tige est non ramifiée, verte, robuste et bien droite pouvant atteindre 1 à 1,5 m de hauteur. Les feuilles sont grandes et peuvent facilement atteindre une trentaine de centimètres de long. Les fleurs sont jaune citron ou vert-lime, à queues courtes et fortes.

Habitat[modifier | modifier le code]

Elle pousse surtout sur les rivages des cours d'eau, dans la zone de débordement printanier, autour des marais et dans les pâturages. Certains pâturages de la vallée de la rivière Saint-Charles dans la ville de Québec en sont d'ailleurs complètement envahis.

Pousses de Vérâtre vert sur les rives de la rivière Saint-Charles

On retrouve le Vérâtre vert sur la côte est de l'Amérique du Nord ainsi que sur la côte ouest [1]. Sur la côte est, la limite nord est inconnue, mais la plante se trouve dans le bassin de la rivière Hamilton, au-delà des sources de la rivière Moisie jusque dans la région du lac Wabush (Labrador) ; elle existe dans la vallée de la Matapédia, mais elle est apparemment absente de la Gaspésie, de la Côte-Nord et d'Anticosti[2].

Toxicité[modifier | modifier le code]

La substance toxique, présente dans toutes les parties de la plante mais en concentration plus importante dans le rhizome, est la vératridine ou vératrine (C_{36}H_{51}NO_{11}), un alcaloïde.

L’ingestion de Vérâtre vert entraîne des brûlures d’estomac, rapidement suivis par des nausées et des vomissements évacuant le poison. Si celui-ci n’est pas complètement rejeté, des sueurs froides et le vertige s’emparent de l’intoxiqué ; la respiration devient difficile, causant une sensation d’étouffement. La mort survient par asphyxie ou par arrêt cardiaque[3].

Utilisation médicinale[modifier | modifier le code]

La vératrine a déjà été recommandée pour traiter les palpitations nerveuses, les convulsions épileptiques, certaines névralgies, la paralysie, la coqueluche, la goutte, l'hydropisie, etc., mais son efficacité pour traiter ces maladies, excepté certaines formes de névralgies sévères, n'est pas bien démontrée[4].

Utilisation traditionnelle[modifier | modifier le code]

Les Amérindiens (Cherokee et Iroquois) de l'est de l'Amérique du Nord utilisaient cette plante comme analgésique pour traiter le rhumatisme, les symptômes de la grippe ainsi que pour aider à soigner des problèmes de peau et de nature orthopédique[5]. Le Vérâtre vert était aussi utilisé lors de l'élection d'un nouveau chef. Les candidats ingéraient la racine et le dernier à vomir était élu[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom générique viendrait du latin vere : vraiment et atrum : noir (allusion à la couleur de la racine de l'hellébore). L'épithète viride signifie vert (à cause de la couleur des fleurs).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Flora of North America », sur http://www.efloras.org (consulté le 22 juin 2009)
  2. Frère Marie-Victorin, Flore Laurentienne, Les Presse de l'Université de Montréal,‎ octobre 1995 (réimpr. 3e édition)
  3. a et b Lucette Durand, France Morissette et Gisèle Lamoureux, Plantes sauvages comestibles, Le groupe Fleurbec,‎ 1981
  4. Henriette Kress, « Henriette's Herbal Homepage », sur http://www.henriettesherbal.com, Henriette Kress,‎ 1995-2009 (consulté le 23 juin 2009)
  5. « Flora of North America », sur http://www.efloras.org (consulté le 5 juillet 2009)