Vera Barclay

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Vera Charlesworth Barclay (1893-1989) est la créatrice du louvetisme. Elle fut la collaboratrice de Robert Baden-Powell, le fondateur du scoutisme. Elle a écrit plusieurs œuvres, notamment sous le pseudonyme de Margaret Beech.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en Angleterre en 1893 dans une famille de huit enfants, d'un père pasteur, le Révérend Charles W. Barclay, et d'une mère écrivain, Florence Louisa Charlesworth (1862-1920), elle adhère au mouvement scout en 1912 et devient la première Scoutmistress. En 1914, elle est l'un un des premiers chefs de meute. Pendant une quinzaine d’années, et plus particulièrement pendant la guerre, elle remplacera ainsi des scoutmestres jusqu’à ce que l’on trouve un homme pour remplir la tâche.

Elle raconte elle-même en 1915 comment elle a fondé sa première meute à Hertford Heath, au Nord-Est de Londres : un des petits garçons la harcelaient quand elle s’occupait de sa troupe scoute : « Mademoiselle, mademoiselle, si les scouts veulent de nous, on est prêt. » Elle écrit : « Quand j’ai vu ces garçons hauts comme trois pommes et dépenaillés me saluer avec trois doigts, j’ai commencé à estimer que quelque chose devait être fait pour eux. » Elle consacre dès lors ses soirées du lundi, mercredi, jeudi et vendredi, ses week-ends et une partie de ses vacances au scoutisme. Elle recrute ensuite sa sœur Angela pour lui succéder à la tête de la meute.

En 1916, elle est infirmière à l'hôpital de la croix rouge de Netley, près de Portsmouth. Le 16 juin, Baden-Powell organise une réunion à Caxton Hall où il présente sa refonte du « livre pour louveteaux » car il veut y intégrer le roman Le Livre de la jungle de son ami Rudyard Kipling. Il persuade Vera de travailler avec lui à la refonte du manuel. Elle rejoint donc l’Équipe Nationale pour s’occuper de la branche louvetisme. Chaque matin, elle retrouve sur son bureau des petites notes de Baden-Powell écrites sur du papier à cigarettes (à cette époque, ce papier était utilisé comme coagulant pour les coupures dues au rasage) que ce dernier rédigeait lors de ses ablutions.

Elle évoque avec humour que ce manuel ne sera pas pour « ces personnes solennelles qui ont attendu un épais manuel décrivant la façon d’instruire un enfant de huit à douze ans ; c'est-à-dire, comment le former jusqu'à ce que le transformer en petite machine stupide ; comment écraser son esprit désireux d’apprendre sous une charge de cauchemar de précision scolaire, ces gens seront péniblement déçus. » Toutefois, elle tient à harmoniser les différentes pratiques, et se déplacera dans pas moins de 500 meutes pour apprendre le grand hurlement aux louveteaux.

Convertie au catholicisme, elle œuvre énormément pour lever les méfiances que le clergé conserve à l’encontre du mouvement scout. Elle obtiendra l’appui du cardinal Bourne, permettant ainsi un accroissement significatif de l’effectif en Angleterre.

C’est elle qui décernera au Père Sevin le titre d’« Akela leader » permettant à ce dernier de former à son tour des chefs de meute. Elle viendra d’ailleurs à Chamarande en 1923, 1925 et 1926.

En septembre 1920, elle fait ses adieux à l’équipe nationale anglaise dans un article de la gazette du siège social en annonçant son entrée chez les religieuses de la Charité (de Saint Vincent de Paul). Dans la même édition, Robert Baden-Powell la remercie chaleureusement en lui accordant le « loup d’argent » la plus haute distinction scoute pour services rendus.

Toutefois, il semble que ce ne fut qu’un essai, puisque trois ans après elle rédige encore des articles pour des revues scoutes et publie à nouveau des manuels de formation. Elle écrit beaucoup, notamment sous le pseudonyme de Margaret Beech : des livres pour enfants, mais aussi des essais religieux.

En 1931, elle quitte l'Angleterre pour s’installer en Suisse. Avant que n'éclate la Seconde Guerre mondiale, elle s'installe à Bognor Regis, près de Brighton. Pendant une partie de la guerre, elle déménage à Helmsley dans le Yorkshire, puis revient à Bognor Regis. Dans les années 1950, elle aide à faire connaître le Linceul de Turin en Angleterre et devient un des meilleurs experts anglais de l'histoire de cette relique.

Vera Barclay meurt aveugle à Sheringham dans le Norfolk, en septembre 1989, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres parues en France[modifier | modifier le code]

Note : la première date est celle de la première édition française.

  • 1923 : Vie de Florence L. Barclay - écrite par sa fille Vera Barclay. Traduit par E. de Saint-Segond ; Paris : Plon.
  • 1926 : Le Louvetisme. Comment conduire une meute (Cubbing), par Vera C. Barclay. Traduit par Louis Doliveux, commissaire des Scouts de France ; Paris : éditions Spes.
  • 1927 : Le Louvetisme et la formation du caractère (Character training in the wolf cub pack), Véra C. Barclay. traduit par Jacques Sevin ; Paris : Éditions Spes.
  • 1928 : Les Belles Aventures de Pierre le Louveteau, Vera Barclay. Traduction de Aimé Bargaud. Illustrations de Jacqueline Bournat ; Paris : Éditions du Seuil.
  • 1930 : Danny le détective (Dany the détective), Vera C. Barclay. Traduit de l'anglais par J. Tarnaud. Paris, Impr. Pascal ; Libr. de la 'Revue française' ; Alexis Redier, éditeur.
  • 1930 : Sagesse de jungle, le livre des chefs de meute (Jungle wisdom), Vera C. Barclay. Akèla Leader ; Paris : Éditions Spes.
  • 1931 : Jeux pour Mowgli, Vera Barclay ; traduit par Renée Magon de Saint-Elier, cheftaine S.D.F. Brevetée de Chamarande ; Compiègne (Oise) : Impr. de Compiègne.
  • 1932 : Histoires des saints à la chandelle. Traduit de l'anglais par Pierre Noillïc. Publié avec l'autorisation de l'auteur et de l'éditeur (Faith Press, à Londres).
  • 1933 : Le Mystérieux Vagabond. Illustrations de Pierre Rousseau ; Paris, Impr. auxiliaire Collection Le Feu de camp. Romans scouts, publiés sous la direction de André Noël et Maurice de Lansaye.
  • 1934 : Les Belles Découvertes de Pierre et de Véronique, Traduit de l'anglais par Aimé Bargaud, Illustrations par Hita ; Belfort, Société générale d'imprimerie ; Paris, Éditions 'Mariage et Famille'.
  • 1935 : La Meute de Danny, Vera Barclay. Traduit de l'anglais. Illustration de Pierre Rousseau. Paris, Impr. auxiliaire ; J. de Gigord, éditeur ; Collection 'le Feu de camp', romans scouts, publiés sous la direction de André Noël et Maurice de Lansaye. N°8.
  • 1938 : Jeux pour louveteaux (Book of cub games), Vera Barclay. Paris : Spes ; 1937.
  • 1939 : L'Homme de la tour, Traduit de l'anglais par Claude Orsent. Illustrations de Camille Alby. Publication : Paris, J. de Gigord.
  • 1939 : Le Saint Viking [Suivi de : Moines et dragons (Pères du désert). Lettre de saint Grégoire à Satan. Les Trois victoires de saint Ambroise.] Traduit de l'anglais par Claude Orsent. Illustrations de Pierre Joubert. Paris, J. de Gigord.
  • 1945 : Les Belles Vacances de Pierre, Étienne et Véronique, traduit par Aimé Bargaud. Illustré par Pierre Joubert. Paris, Éditions du Seuil.
  • 1946 : Gyp et l'anneau magique, traduit par Pierre Péron. Illustré par Raymonde Lombardin. Paris, Éditions du Seuil.
  • 1949 : Les Secrets d'un magicien (They meet a wizard), Vera Charlesworth Barclay. Texte français de Marthe Wohlers et Jacqueline des Gouttes ; dessins de Agnès Hoffet. Neuchâtel-Paris. Collection 'La Vie des bêtes'.
  • 1949 : Le Mystère du château de Meadscourt, Vera Charlesworth Barclay. Traduit de l'anglais par Pierre Péroni. Illustrations de W. L. Cable et P. Wüst. Neuchâtel, Paris ; Collection 'Jeunesse'.
  • 1950 : Trois enfants et un éléphant (They found an elephant). Illustré par Agnès Hoffet. Traduit par Marthe Wohlers ; Neuchâtel-Paris.
  • 1950 : Propos sur la méthode scoute, la discipline, la bande, l'émulation, Vera Barclay. Traduit de l'anglais par Pierre Péroni. Introduction par J. S. Wilson. Neuchâtel, Paris.
  • 1954 : Les Exploits de Jane Brooke (Jane and the pale faces). Traduction de Suzanne Dollé ; Illustrations de Françoise Bertier ; Presses de l'Ile de France (La Pierre-qui-Vire, les Presses monastiques).
  • 1957 : Cette terrible Jane, Vera C. Barclay. Traduit par Alice Caselmann ; Illustrations d'Agnès Hoffet ; Couverture de Françoise Bertier ; Neuchâtel, Paris ; Delachaux et Niestlé ; Collection 'Jeunesse'.

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]